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 Frères un jour, Frères toujours ~ [ PV : Celian A. Lokhart ]

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MessageSujet: Frères un jour, Frères toujours ~ [ PV : Celian A. Lokhart ]   Mar 9 Mai - 1:37

Day 29219 : Frères un jour, Frères toujours ~

Page 46 – Chapitre 3 : Rêve et Réalité

« […] Une immense étendue d’eau claire, un bleu comme le ciel sans nuage. Les faibles rayons du soleil levant se reflètent sur les fléaux, réchauffant l’air encore humide par la fraîcheur de la nuit. Les couleurs chaudes du soleil tranchent avec les couleurs froides du lac. Le clapotis de l’eau limpide résonne doucement dans l’air matinal. À part cet agréable son des vagues qui se brisent contre le rivage, aucun bruit perturbateur n’est perceptible. Tout est calme, vraiment calme. Le très léger vent bruisse entre les feuilles des arbres entourant le lac. Cette harmonie incroyable souffle des mots reposants et rassurants. Quelques fois, l’écho des gouttes d’eau tombant des feuilles se fait entendre. Il faut tendre l’oreille pour réellement les percevoir. Quelques autres fois, le chant mélodieux d’un oiseau retentit depuis les rangées d’arbres, se mêle aux autres tempos tranquilles. Le lac respire la paix, le calme, la sérénité. Pas même une pierre rompant la surface presque plate de l’eau ne peut mettre un terme à cet orchestre en parfaite symbiose. Assis sur la rive, les pieds dans l’eau, le jeune garçon observe ce splendide spectacle en silence. Il s’en enivre pour ne jamais l’oublier. Il attend également. Il attend l’arrivée de la majestueuse créature vivant au fond du lac. Cette majestueuse créature qui l’a appelé ici, en ce jour si resplendissant, pendant son sommeil. Il s’est rendu au lac dès les premières lueurs du matin. Et cela fait déjà une bonne heure qu’il attend patiemment. La créature du lac ressemblait à un serpent ailé d’un beau dégradé de bleu foncé vers du blanc. Sa peau écailleuse brillait sous la lumière du soleil. Le serpent lui avait dit de venir ici. Pour quelle raison, il ne savait pas. Mais il était venu. »

» Je viens de fermer le roman que je suis en train d’écrire pour reprendre mon journal. J’aime noter tout ce que je fais dans ce journal, c’est amusant ! Même si parfois, c’est aussi un peu agaçant. Au moins, je ne perds pas trop le fil du temps, comme il l’avait dit ! J’avance mon roman quand j’ai du temps pour me poser et quand j’ai de l’inspiration. Et aussi, quand j’ai besoin de décrire un lieu, c’est toujours mieux d’être sur place. Et là, j’avais besoin de décrire un lac ! Difficile de se rendre au lac le plus proche quand il n’y en a que trois, à Sinnoh ! Bon, heureusement, je traînais à Voilaroc, ces derniers jours, avec Mélina. Elle me faisait visiter la ville, au cas où je ne la connaîtrais pas assez bien… au final, c’était moi qui lui montrais des lieux ‘secrets’ ! C’était drôle !

» Enfin voilà ! J’ai fini par quitter la petite famille, il y a environ trois jours. Ouais, c’est bien ce que dit mon journal ! Je ne peux pas rester éternellement chez eux, de toute façon ! Je pense vraiment que je dérange plus qu’autre chose… même s’ils ne le disent pas, et que la mère de Mélina affirme haut et fort que je suis le bienvenu quand je veux, je suis sûr que ça les ennuie un peu. Surtout de voir qu’ils vieillissent et que, pendant ce temps, je ne change pas d’un poil. Oh ! ‘Ne pas changer d’un poil’ ! C’est une expression que les humains utilisent souvent pour dire qu’on a toujours la même apparence ou le même caractère ! Donc oui, on peut dire que je ne change pas d’un poil !

» Ah ! Je dérive encore ! Désolé, désolé ! J’écrivais donc que j’ai quitté la petite famille de Mélina. Et en continuant mon chemin vers le sud, je suis passé près d’un lac. Pas n’importe lequel ! C’est le Lac Courage, le Sanctuaire de l’un de mes frères, Créfadet ! Forcément, je suis plus ou moins naturellement attiré par les Lacs de mes frères, même si ce ne sont pas le mien. Il y a toujours une sorte de bienveillance qui flotte autour de leur Lac, comme au mien, d’ailleurs. Peut-être parce que c’est là que nous avons vécu ? En tout cas, je me suis permis de m’y rendre. Je sais que je n’aime pas quand quelqu’un pénètre mon Sanctuaire. Je suppose que c’est la même chose pour Créfadet ! Mais il ne m’en voudra pas, hein ? En plus, il n’est même pas là ! Je n’ai pas la moindre idée d’où ils sont, tous les deux ! Je me sens si seul, sans eux ! Je les cherche depuis tellement d’années ! J’ai l’impression d’avoir fouillé tous les recoins de Sinnoh ! Où se cachent-ils donc ? Je n’ai même pas entendu parler d’eux à la télévision ou dans les journaux ! Je veux dire, c’est logique, d’accord, ils se font certainement passer pour des humains normaux, eux aussi. Mais tout de même ! J’aurais entendu parler d’eux quelque part, non ?

» Ou alors… ils ont quitté Sinnoh. Pourquoi auraient-ils fait ça ? C’est ici que nous vivons, que notre Sanctuaire à chacun se trouve ! On ne peut pas quitter notre région natale comme ça ! Si ? En même temps… j’aimerais bien visiter les autres régions… sauf qu’il s’obstine à m’interdire de quitter Sinnoh dès que j’approche un port ou un aéroport… c’est ennuyeux ! Je veux voyager ailleurs ! Aïe ! Tu es vraiment obligé de me mettre une claque ? Je n’ai rien fait de mal, en plus ! J’écrivais juste ce que je pensais ! En plus, je suis sûr que tu aimerais quitter Sinnoh, toi aussi ! Je te rappelle qu’on ne fait qu’un ! On a pratiquement les mêmes désirs et goûts ! Alors ne fais pas comme si tu n’en avais pas envie ! Mais aïe ! D’accord, j’arrête ! Ne me frappe pas à nouveau !

» Et voilà, je suis sûr d’avoir une marque rouge sur la joue maintenant. C’est tellement classe ! Je suis sûr que si Créfadet était là, à m’observer dans l’ombre, il rirait bien de la situation ! D’ailleurs, je tiens à noter que contrairement au héros de l’histoire que j’écris dans mon roman, je ne suis pas sur la rive d’un lac quelconque. Oui, je me répète sans doute. J’aime me répéter. Je ne suis même pas un lac qu’on pourrait qualifier de ‘normal’. Depuis quand le Lac Courage serait un lac ‘normal’, de toute manière ? Aussi, il y a une grotte, à la différence du lac de mon histoire. Il y a une grotte située au centre du Lac Courage. C’est la grotte où vivait mon frère, comme moi je vivais aussi dans une grotte ! Pourtant, nous ne sommes pas des montagnards ou des ermites. Quoique… nous sommes peut-être des ermites, en fait. Peu importe ! Je suis confortablement installé sur le sommet de la grotte de mon frère. Je ne sais pas trop, j’ai la sensation d’être plus proche de lui, en étant installé ici. J’ai la sensation qu’il pourrait apparaître d’une minute à l’autre sans prévenir. Mais c’est beau de rêver, n’est-ce pas ?

» Vraiment… je me demande où ils sont. C’est bizarre, c’est comme si mon cœur se serrait sous une étreinte invisible quand je pense à eux. Je suppose que c’est un ‘sentiment’, sauf que je ne suis pas un adepte des ‘sentiments’. C’est le domaine de Créfollet, ça. Mais ça fait ‘mal’. Si je cherche une définition proche de ce que je ressens, alors mes connaissances me donnent le mot ‘anxiété’. Apparemment, l’‘anxiété’ est un sentiment de peur, d’inquiétude et de crainte. Il apparaît lorsqu’on est confronté à une situation stressante. Ah, c’est aussi un état psychologique qui se caractérise par des troubles émotionnels et/ou comportementaux. Euh… j’ai un peu de mal à saisir. Je ne suis pourtant pas dans une situation stressante, actuellement. Au contraire, je suis bien posé, au calme, au Sanctuaire de mon frère. Oh, c’est vraiment compliqué à comprendre tout ça. Créfollet explique largement mieux qu’une définition ! Eh bien… c’est sa qualité numéro un, après tout. Ça fait si ‘mal’ de ne pas les sentir près de moi.

» Soupir. Pourquoi pas ? Ça m’arrive de soupirer, à moi aussi ! Le lever du soleil est vraiment magnifique sur l’eau. C’est amusant, on dirait que l’eau prend feu petit à petit. J’aime réellement ce spectacle, et entendre le bruit apaisant de l’eau qui se heurte contre la grotte rocheuse. Je ne sais pas trop comment, mais il parvient à me faire oublier quelques temps ce ‘mal’. Ce ‘mal’ pour tout, notamment le passé. Bon après, ça fait deux jours que je campe au Lac Courage. J’ai eu le temps d’écrire la description du lever de soleil sur l’eau. Je n’ai pas particulièrement de raison de rester plus longtemps. Cependant, j’ai toujours l’impression que quelque chose me retient ici. C’est la même chose au Lac Vérité et au Lac Savoir. Je suis bien ici. Même si je crois que je profane un peu ce lieu sacré qui appartient à mon frère. Je crois que je commence légèrement à avoir faim, aussi. En même temps, ça fait tout autant de jours que je n’ai pas mangé. Il est peut-être temps que je m’en aille.

» Hum… je pense que je peux rester encore un peu. Juste un petit peu ! Je balance mes jambes dans le vide, frôlant parfois l’eau du bout de mes bottes. Je suis venu me poser sur la grotte en lévitant. Je n’avais pas envie de salir l’eau avec mes chaussures ou quoi que ce soit ! Je jette un nouveau coup d’œil à l’astre levant avant de reposer mon regard sur mon journal. Je ne tiens pas trop à vraiment finir aveugle. Même si ça ne m’empêchera pas de voir avec ma vision mentale, ne plus voir les couleurs de la nature m’ennuieraient beaucoup. Hum… je pense que je vais me reposer un peu. Je m’allonge donc sur le dos, la tête posée sur mon sac à dos où je range mon roman, mon journal et quelques livres empruntés à la bibliothèque. Je tâtonne de la main à côté de moi pour en attraper un et l’ouvre à la première page. Il n’y a pas à dire, les conditions sont parfaites pour lire, ici.


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MessageSujet: Re: Frères un jour, Frères toujours ~ [ PV : Celian A. Lokhart ]   Ven 12 Mai - 13:29



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    Sur l’unique route qui relie Rivamar à Verchamps, le ciel nocturne mourant comme seul compagnie, j’avance. Il était temps. Temps pour moi de recommencer à bouger. Après près de vingt-cinq années de vie sous l’identité de ‘Celian’, j’ai décidé de reprendre la route. Définitivement ? Non. Absolument pas. Si je suis un être de légende avec des milliers d’années au compteur, si je suis la Volonté personnifiée, je suis et reste également Celian, le Kirlia shiny. Je n’ai plus une, mais deux familles. C’est pour cela que je ne pourrai sans doute pas partir trop longtemps ou rester... je ne sais plus. Quitter Hoenn... a été bien plus compliqué que ce que j’avais imaginé. Pourtant, il y a près de vingt-cinq ans, à la seconde où j’ai compris que ma ‘nouvelle’ famille m’emmenait loin de Sinnoh, j’ai voulu quitter ce bout de terre qui ne ressemblait en rien à ce que je connaissais. J’avais envie... Non, besoin de rentrer. De fouler les terres bordant mon lac et celui de mes frères, attiré irrémédiablement par les flots calmes et plats. Les premières années, je n’avais que cela en tête. Je devais rentrer. Je devais soigner ce ‘mal’ qui courrait dans mes veines. Le ‘mal’ d’être loin de ses êtres chers, le ‘mal’ d’être loin de ses propres murs, de ses paysages familiers. Même si le souvenir de mes derniers instants à mon lac était encore bien trop net, je ressentais ce besoin constant d’y retourner. Mais ce corps d’hybride devait d’abord ‘grandir’, mes pouvoirs devaient se ‘stabiliser’. Alors j’ai attendu, l’envie au ventre. J’ai attendu, tout en me fondant dans la société des hommes et des hybrides. J’ai attendu et je suis devenu Celian. Ah... j’ai l’impression de répondre autant par ce prénom que par mon nom réel, sans doute parce que c’est la réalité. A peine un quart de siècle -presque rien donc- et me voilà devenu un autre. Je suis bien plus attaché à ce nom et à cette identité qu’à ma précédente, quand je suis revenu sous les traits d’un prétendu ‘archéomire’. Ce qui a changé ? 

    Elle. Elle a tout changé. 

    Alors que la croissance de mon corps adolescent amorçait son terme, que de plus en plus, mes envies de voyage se faisait plus pressant -au point d’inquiéter mes parents-, elle est arrivée. Grace, ma petite Grace. Un être si petit et si fragile. Si pur, si innocent. Je n’ai pas eu besoin d’autre chose que de la tenir quelques minutes dans mes bras pour comprendre ce qui nous lie. Un lien fort et indéfectible. Un lien que j’ai toujours connu et qui me manquait terriblement. Un lien fraternel. Ça semble stupide dit comme ça, voire même sorti de nulle part, mais je ne peux tout simplement pas expliquer le ‘pourquoi’ de ce que je ressens. C’est ce que je ressens, c’est tout. Ce n’est tellement pas mon domaine et je suis tellement loin de celui qui pourrait m’en apprendre plus. Mon petit ange... elle est un petit miracle. Je ne sais pas trop pourquoi il a fallu tant d’années à mes ‘parents’ pour enfanter de nouveau. Peut-être qu’avoir donné naissance à une ‘légende’ a marqué plus qu’on ne le croit le corps de ma ‘mère’ ? Je ne sais pas très bien, je ne suis pas le mieux placé pour comprendre ce genre de mécanisme, loin de là. D’une part, c’est un corps ‘masculin’ qui m’a été attribué. Et même si j’ai vaguement appris sur les bancs de l’école le fonctionnement biologique de l’autre genre, cela ne fait pas de moi un expert, loin de là ! Ensuite, et comme tous mes semblables, je suis incapable de donner la vie. Cela ne date pas de transformation, même si mes relations charnelles n’ont commencé qu’après celle-ci, aucun ‘légendaire’ n’est capable d’une telle chose. Sans doute une volonté d’Arceus, pour que lui seul soit capable de multiplier les immortels à sa guise. Je ne veux même pas songer à la pagaille qu’une myriade de descendants ‘légendaires’ provoquerait. Il suffit d’une poignée d’entre nous pour engendrer des conflits mondiaux. C’est sans doute mieux ainsi. Puis, si c’est sa volonté, je n’ai guère à la critiquer. 

    Je l’ai fait. Hier, j’ai pris le bateau à Poivressel, direction Rivamar et surtout, direction Sinnoh. Un nécessaire de voyage -vêtements divers, strict nécessaire de camping et tout mon barda électronique- et je suis parti le cœur à la fois lourd et léger. Difficile à expliquer, ou même à comprendre. Je suis à la fois ‘triste’ d’être parti, d’avoir laissé ma famille derrière moi, d’avoir fait pleurer Grace et ma ‘mère’... mais en même temps, je suis ‘heureux’ de rentrer en mes terres. Etrange paradoxe... que je suis bien incapable de résoudre. Je n’ai pas pu leur donner les véritables raisons de mon départ. Qu’aurai-je du dire ? Que les jumeaux du ‘chaos’ marchent sur Hoenn et que l’un des deux a sans doute très envie de me faire la peau une deuxième fois ? Qu’il est assez fou et tordu pour s’en prendre à ma famille ? A n’importe laquelle d’ailleurs... Qu’une bande de fanatiques quelconques a compris qu’un des trois être de l’esprit vivait dans les alentours de Lavandia ? Qu’ils sont sans aucun doute une menace eux aussi ? Que j’ai toujours eu l’impression de ne pas vraiment être à ma place ? Que je suis un immortel qui a dévoré l’âme du petit tarsal qui aurait dû vivre dans ce corps à ma place ? Que je me dois d’aller retrouver ma véritable famille ? Je n’ai pas pu, et je doute pouvoir le faire de sitôt. Même si ma mère se doute vaguement qu’il y a autre chose derrière ce prétendu voyage à Sinnoh pour mes chroniques. C’est vrai qu’il y a de cela aussi, que j’ai terminé de faire le tour d’Hoenn et qu’il est temps pour ‘Azelf’ de changer d’air... mais c’est loin d’être la raison principale de mon départ. Je leur ai promis sur l’embarcadère, je reviendrai. Peut-être... peut-être avec ‘eux’. Je l’espère tellement. Pouvoir les retrouver, pouvoir enfin les toucher, leur parler, même juste les voir. Au fur et à mesure que je m’approchais de Sinnoh, j’ai eu l’impression que ce ‘vide’ augmentait. Ce ‘besoin’ aussi.

    Je suis arrivé le soir à Rivamar. La mégalopole est restée pareil que dans mes souvenirs d’enfance qui remonte à plus de cinquante années. La ville est toujours aussi moderne et énorme, presque étouffante. Si de nouveaux bâtiments sont apparu, je n’ai guère pris le temps de m’y attardé, préférant rejoindre le plus rapidement possible mon hôtel. Pas de soirée alcoolisée jusqu’à pas d’heure cette fois-ci. Juste quelques heures de sommeil pour mieux repartir. Rentrer chez moi et assister à un spectacle que je n’ai pas vu depuis vingt-cinq ans : un lever de soleil qui se répercute sur les eaux de mon Lac. C’est avec cette image en tête que je me suis endormi, puis éveillé, préparé, et suis reparti comme je suis venu : en coup de vent. Et c’est ainsi que je me suis engagé sur les chemins que je n’ai jamais foulé de l’existence de ‘Celian’, mais que je connais par coeur. Parti bien avant la fin de la nuit pour assister au spectacle qui chamboule mon cœur à chaque fois. 

    Au croisement de deux routes, je me stoppe. Net. Je... crois qu’il va exploser. Je... je reconnais ces lieux, je reconnais ces arbres, je reconnais ces effluves, je reconnais ces embruns, je reconnais cette brise, je reconnais ce chemin... je peux presque compter exactement le nombre de pas qui me sépare de ma destination. Je peux presque sentir sur ma peau la fraicheur de l’eau, la froideur de ma grotte, la dureté de son sol. J’y suis presque et pourtant, c’est comme si j’y étais déjà. Petit à petit l’obscurité fait place à la clarté du jour. J’y serai à temps. Je me remets en route. Je ne marche plus. Je cours. Sans même m’en rendre compte, je cours à pleine vitesse. Je dois y être à temps. Je dois voir. Je dois savoir. Je cours à en perdre l’haleine. Ce corps d’hybride manque tellement d’endurance. Mais je dois continuer. Gauche, droite, je slalome entre les arbres centenaires que j’ai vu naitre, voir même que j’ai planté pour certain. Je foule un sentier que les herbes ont pratiquement entièrement recouvert. Mais moi, je le ‘vois’ clairement. Il est toujours là, il sera toujours là. Passé et présent se mêlent dans un flou indescriptible. Un dernier détour. J’y suis presque... j’y suis pres—

    J’y suis.

    J’y suis enfin. 

    Rien n’a changé.

    Merci, Dieu, rien n’a changé.

    C’est trop... trop d’un seul coup. Le spectacle termine de me couper le souffle, alors que j’en ai clairement besoin. Le soleil se lève lentement sur les eaux calmes du Lac Courage. Le chant familier des oiseaux s’éveille de la torpeur nocturne, la rosée humide s’attaque aux rebords de mon jean’s. Mon sweat bleu me tient à l’écart de la fraicheur. Le lent roulement de l’eau qui s’écrase contre le rivage se fait musique et symphonie à mes oreilles. Rien n’a changé. Tout est resté identique à mon souvenir. Rien n’a changé. Rien n’a changé. Rien n’a changé... Et alors que l’astre du matin enflamme autant mon cœur que la surface miroitante du lac, je ne peux empêcher de discrètes larmes de couler. Dieu.... Arceus, merci, rien n’a changé. Mon Lac n’a pas changé. Ah, j’étais sûr de réagir ainsi. En même temps, revenir dans ce lieu signifie tellement pour moi. Un retour aux sources, même en sachant pertinemment ce qu’il s’y est produit la dernière fois que j’ai foulé ce sol herbeux. Mais je n’y pense pas. C’est mon Lac. Je suis l’incarnation du Courage. Je suis la Volonté. Ce ne sont quelques mauvais souvenirs qui me feront fuir de mon chez moi. Je frotte mes larmes du bord de ma manche. Le sentimentalisme n’est pas mon fort pourtant.

    Cela fait... si longtemps que je ne suis pas rentré. J’ai l’impression d’avoir volontairement repoussé ces questions. Vais-je pouvoir y retrouver mes frères ? Est-ce qu’eux ont changé ? Ont-ils souffert comme moi de tous ces changements ? Ont-ils pu s’intégrer parmi les hommes ? Ont-ils été persécuté ? Trahi ? ...tués ? Et...moi ? Me trouveront ils changé ? Différent ? A quel point ? M’en voudront-ils d’être parti ? D’avoir mis si longtemps à rentrer ? M’en voudront-ils de m’être lié si fort à une mortelle ? A plusieurs même ? De ressentir pour elle ce que je ressens pour eux ? Je reste planté là de longues minutes, à scruter la surface calme et plate, à m’emplir de ce spectacle qui m’avait tant manqué. Ce n’est peut-être qu’un lac, ce n’est peut-être qu’un lever de soleil, mais c’est mon Lac. C’est mon retour en ma terre natale, pour peu que ce terme signifie vraiment quelque chose pour un être de légende. Je reste juste là, j’attends, je contemple. 

    C’est si beau... mon regard se déplace alors. De la surface, il se heurte à la naissance de ma grotte. L’entrée se situe au beau milieu du Lac, rien ne semble avoir changé... rien... ? Je fronce les sourcils. Qu’est-ce que c’est que cette forme bizarre sur le dessus de ma grotte ? Je plisse le regard, tout en avançant vers le bord de l’eau... un humain ? Non... ce n’est p--. Je me fige, yeux grands ouvert, aussi surement que les fragments de chaine rouge fichés sur mon torse s’éveillent et s’agitent. Impossible... ça ne peut signifier qu’une seule et unique chose. Une seule. Une seule. Là... là, c’est lui. Comment ? Pourquoi ici ? Pourquoi maintenant ? Je m’en fous, Dieu, je m’en fous. C’est lui ! C’est lui ! Et c’est tout ce qui compte. Mon frère. ‘Helf, mon frère. D’aussi loin... comment je peux le savoir... ? Je m’en fous. Je le sais. Je le sais, c’est tout. Je sais que c’est lui, je ne peux pas me tromper. Ma moitié, il me complète. Mon frère... juste de l’autre côté de cette étendue d’eau. Même si mon souffle n’est pas revenu tout à fait à la normale, même si mes muscles me tirent un peu, je m’en fiche. Un premier pas, je ne m’enfonce pas dans l’eau. Non, je n’ai pas à me cacher ici. Je suis chez moi. Je n’ai pas à masquer qui je suis. Il est là. Je lévite, et j’adore le faire. On pourrait presque croire que je marche sur l’eau mais non, je flotte. Même mon barda mon semble plus léger. Je dois le rejoindre, mon frère. Aussi vite qu’il m’est possible d’aller -plus vite qu’en marchant, c’est certain- je traverse la moitié de mon Lac et me précipite sur le rivage bordant l’entrée de ma grotte. Dieu... il est là... c’est lui. Je le sens. Les cristaux rougeâtres pulsent sur ma peau, de plus en plus, de plus en plus fort. Sans attendre, je me débarrasse de mon sac. Je le jette presque au sol. Peu importe que je casse quelque chose. Et je grimpe. Avec mon talent, c’est si rapide, si facile, je touche à peine la paroi de pierre. Le sommet émerge, je dois le voir. Non... je me fiche de l’aspect qu’il a. Pour moi, il est et sera toujours ce petit pokemon flottant, si semblable à moi. Pas un mot, ma gorge est trop nouée pour ça. Je pose mon pied sur le plateau surplombant le lac. Le plus beau point de vue. Combien de fois ne lui ai-je pas dit ? Que le soleil était si beau vu d’en haut ? Que mon lac était si resplendissant le matin, le midi, même le soir ? Je ne sais pas. Tellement que je ne peux plus les compter depuis des siècles. Je pose mon pied et, directement me jette sur le seul autre être vivant présent. A deux doigts de nous faire chuter, j’use de mon talent pour nous stabiliser. Je me fiche qu’on puisse nous voir, même flottant à quelques centimètres du sol. Je le prends dans mes bras et le serre fort, fort... si fort. Je l’ai cherché si longtemps. Il m’a manqué si longtemps... Mon frère. Ma moitié. Je ne veux plus le lacher. Je le serre si fort que mes bras en tremblent... seulement à cause de ça ? Dieu...Arceus... j’ai presque cru ne jamais connaitre cet instant. Je le serre, le câline, me blottit, comme si la transformation n’avait jamais eu lieu, comme si nous n’étions encore que deux modestes ‘lutins’ pas bien grand. Comme si rien n’avait changé, comme si rien ne s’était produit. Il m’a tant manqué.

    « ‘Helf...-- ! » Un sanglot me brise la voix et me coupe. Ah, ça ne m’était encore jamais arrivé. Pas aussi fort. Jamais aussi fort... mais, c’est fort. L’émotion n’est pas mon domaine, mais je ne suis pas insensible. Une deuxième fois, j’essaie d’articuler quelque chose. Mais quoi ? Il sait déjà... Bien sûr qu’il sait déjà. Bien sûr... il sait tout. Il a toujours tout su. « ‘Helf... ! ‘Helf... tu m’as manqué... ! »




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    MessageSujet: Re: Frères un jour, Frères toujours ~ [ PV : Celian A. Lokhart ]   Sam 9 Sep - 20:46
    Day 29219 : Frères un jour, Frères toujours ~

    » Hum… quelle étrange histoire ! Elle est intéressante, bien sûr. Je n’ai jamais trouvé de roman qui ne soit pas intéressant. Chaque auteur a sa vision des choses. Chaque auteur raconte les évènements de son histoire à sa manière. Bien que je possède une préférence claire pour les livres d’histoire, cela ne m’empêche en aucun cas d’apprécier les autres genres. Celui que je lis actuellement parle de trois adolescents, un garçon et deux filles, qui ont été sauvés de justesse par un vieil homme à différente époque. Il a fait d’eux, des humains à part. À l’image du monde, ils ont cessé d’exister. Ils vivent désormais dans une boucle temporelle, et veille à ce que personne ne change le cours de l’histoire. Vraiment très intéressant. Ainsi, on peut imaginer des sortes de mondes alternatifs si un évènement est modifié.

    » Par moment, je l’entends presque rire pendant ma lecture du roman, et faire quelques commentaires comme quoi, notre monde a un Gardien du Temps : Dialga. Nettement plus puissant que trois adolescents qui réparent une pauvre altération. Je ne réponds rien, me contentant de lire. Cependant, après sa remarque, une question commence à me tarauder l’esprit. Mes frères et moi sommes les Gardiens de l’Équilibre. Nous maintenons le monde tel qu’il est. Un juste équilibre, désormais ébranlé par une Guerre sans fin entre les êtres humains et les Pokémons. Nous sommes aussi le trio en mesure de contenir la puissance de Dialga et de Palkia. Nous avons comme… une obligation de les surveiller. Mais… depuis la transformation en humain… je n’ai pas la moindre idée de ce qu’il est advenu de Dialga et Palkia. Eux aussi doivent avoir une forme humaine. C’est certain, j’ai déjà pu le constater avec Reshiram ou Suicune.

    » À cause de cette question envahissant ma tête, je perds le fil de l’histoire. Alors j’abaisse mon livre et le pose ouvert sur mon torse. Puis, je lève ma main gauche devant mes yeux, l’expression neutre voire vide. Un bracelet orne mon poignet. Un bracelet composé de trois gemmes rouges, toutes trois reliées par un fil de la même couleur. Un bracelet incassable. Un bracelet impossible à retirer. Un bracelet unique. Une partie de mon corps. Une partie de mon ancienne apparence. Si, pour le commun des mortels, il semble être juste un bijou de fantaisie, pour moi, il représente bien plus. Ce bracelet, on pourrait le considérer comme des attributs de mon apparence Pokémon. En somme… de celui qui me regarde avec un air ennuyé, flottant devant mes yeux, ses petits bras croisés et les yeux fermés.

    » À mon tour, je ferme les yeux pour ne plus le voir, mais sa voix reste bien présente dans ma tête. Il m’insulte pour me préoccuper de Dialga et Palkia, alors que je ferais mieux de me préoccuper de l’Équilibre du Monde. Je soupire mentalement en guise de réponse. Je rouvre les yeux, et il a disparu. Il n’est qu’une hallucination après tout. Une hallucination qui ne peut être vue que par moi seul. Une hallucination qui me rappelle que je n’existe pas réellement. Une sorte d’‘image’ qu’il a créée pour prétendre qu’il est toujours le même. J’en suis parfaitement conscient. Et, bien que je donne l’impression d’avoir une personnalité ‘unique en son genre’, ce n’est point le cas. C’est compliqué, et un être humain ne comprendrait certainement pas du tout, si j’essayais de lui expliquer ça.

    » Soudain, mon bracelet s’illumine. Une gemme après l’autre se met à scintiller. Quand l’une s’éteint, l’autre d’à côté s’allume. Et ainsi de suite. Sans arrêt. De plus en plus vite. Et elles finissent par briller toutes en même temps. Je me redresse brusquement, faisant tomber mon journal sur mes genoux, ne quittant pas mon bracelet des yeux. Qu’est-ce que… non… est-ce vraiment possible ? Ce sentiment… quel est-il ? Je sens un sourire se dessiner sur mes lèvres. Mon cœur pulse plus vite sous ma peau. Un frisson me parcourt le dos. Mais mon regard s’éclaire de ‘bonheur’. Oui, tous ces ‘symptômes’ se réunissent sous la bannière d’un seul mot : le ‘bonheur’. Je suis heureux ! Un élan de courage m’envahit, comme si c’était le plus normal du monde ! Sauf que je ne dois ce ‘courage’ qu’à une seule et même personne ! Une seule peut m’en donner ! Créfadet ! Mon frère ! Notre frère, à lui et moi ! C’est lui ! Il est là, tout près !

    » Comment je le sais ? Eh bien, c’est une excellente question ! Et la seule réponse la plus évidente qu’il me vient, est que le lien qui nous unit, tous les trois, frères du même œuf, n’est pas complètement dissous ! Et ce lien semble s’être réfugié au cœur de la Chaîne Rouge pour se ‘protéger’, pour ne pas ‘disparaître’, car il est extrêmement important pour nous trois ! Et les gemmes écarlates réagissent à leur présence ! Je me tourne brusquement dans la direction que les gemmes m’indiquent mentalement. Les yeux grands ouverts, ma vision se retrouve obscurcie sans prévenir, tandis que je tombe en arrière lorsqu’un poids m’enlace tout d’un coup. Et je souris encore plus sous la chaleureuse étreinte. Je referme mes yeux, alors que des larmes se forment à leur coin. Ah… je suis heureux, vraiment ! Et je peux sentir que lui aussi ! Laissant mes faibles émotions – qui se révèlent étonnamment fortes en cet instant précis – me guider, je prends également mon frère dans mes bras, le serrant affectueusement.

    » Il est là. Oui, il est là. Ma vision mentale se trace dans ma tête, représente les alentours avec ses couleurs habituelles de noir et de blanc, s’arrête précisément sur un élément. Un corps humain devant moi. Et oui, je peux le dire, c’est mon frère, c’est Créfadet. Je ne peux dire exactement pourquoi, mais j’en suis sûr et certain. Et je suis persuadé que je pourrais le reconnaître au milieu d’un milliard de personnes lui ressemblant. Parce qu’il est mon frère, et personne, non personne ne pourra jamais le remplacer. Nous sommes comme les cinq doigts d’une main humaine. Inséparables. Indissociables. Il est une partie de moi, tout comme je suis une partie de lui. Je suis si heureux, si heureux… ! Je pleure ! Je sens les larmes couler le long de mes joues. Et j’entends la voix de mon frère murmurer mon nom. Sa voix cristalline – bien qu’avec un accent qui montre que lui aussi est bien devenu un humain – résonne dans l’air, me rappelant de si bons souvenirs, ceux passés avec mes deux frères : Créfollet et Créfadet. Ces moments inoubliables… et également le rappel de l’amère solitude que je ressentais sans eux, leur absence à mes côtés durant ces quatre-vingt dernières années, la peur de ne jamais les revoir.

    » L’émotion saisit mon cœur. Mais ce n’est pas ‘mal’, ce n’est pas douloureux. Je me sens… ‘bien’. Mieux que jamais auparavant. Et les larmes coulent de plus en plus, sans pouvoir s’arrêter. Je resserre mon étreinte sur mon frère, je me blottis contre lui. Là, je suis ‘bien’, là. Ah… sa présence m’a tellement manqué, à moi aussi ! À nous aussi ! Je ne veux plus jamais le voir disparaître, plus jamais ! C’est tellement bon de le revoir ! Toi aussi, il t’a manqué, n’est-ce pas ? Je peux le sentir, tu ne peux pas me mentir, sur ce coup-là ! … Oui, je le suis. Je savais qu’ils n’étaient pas morts. Ce sont mes frères, Synth. Mes frères. Un petit rire s’échappe de ma gorge. Un petit rire joyeux. C’est la première fois qu’il avoue ressentir du ‘bonheur’ ! Lui qui est toujours si dépressif !

    « ‘Fadet… ! Tu m’as tellement manqué aussi… ! »

    » Bien sûr que Créfadet m’a manqué ! Bien sûr qu’il nous a manqué ! À tous les deux, lui et moi ! Je m’écarte un peu de mon frère chéri. C’est… c’est… c’est comme le plus beau jour de ma vie ! Je l’ai cherché pendant si longtemps ! Où est-il ?! Il apparaît miraculeusement aujourd’hui ! ‘Papa’ serait-il à l’origine de ce miracle ? Aurait-il guidé mon frère jusqu’à moi ? Que ‘Papa’ soit loué ! Je suis si heureux ! Mon frère ! Il est là ! Il est vivant ! Bien que je me sois un peu écarté, je ne lui lâche pas les mains, et les larmes coulent toujours de mes yeux. Mon sourire ne s’évanouit pas, lui non plus. Je suis trop content ! J’ai toujours l’impression de ressentir un puissant ‘courage’ parcourir l’entièreté de mon corps, comme si mon frère me transmettait le sien à travers notre contact. Un ‘courage’ que je n’ai jamais pu avoir aussi fortement que lui. Un ‘courage’ que je ne peux avoir que lorsqu’il est avec moi. Un courage infaillible ! Parce qu’il est le courage !

    « ‘Fadet… ! Tu es là… ! Tu es bien là… ! Toutes ces années… »

    » … étaient insupportables sans toi ! Mais tu le sais déjà ! Car tu es mon frère d’œuf ! Je sais que tu le sais ! Je veux le voir ! Je veux le voir de mes propres yeux ! Sans craindre de lui effacer la mémoire par malheur ! Je peux, désormais, grâce à cette forme humaine ! Même s’il ne l’approuve pas, il doit reconnaître qu’il apprécie cette apparence pour pouvoir aussi profiter de la beauté du paysage, et de toute chose qui lui était faussée à cause de sa vision en noir et blanc ! Alors j’ouvre mes yeux dorés. Dorés. Comme ceux de mes frères. Et je le vois ! Ses cheveux bleus similaires à sa couleur représentative, lorsque nous étions encore sous notre forme Pokémon, rattachés en une queue de cheval. Ses yeux dorés à lui aussi. Il me semble grand. Nettement plus grand que moi, mais je ne m’en préoccupe pas. Parce que, peu importe comment il est, il reste mon frère ! Devrais-je l’appeler ‘grand-frère’ ? Alors que nous sommes comme… des jumeaux ? Non, pas besoin !

    « Je suis tellement… tellement content de te voir… ! ‘Fadet… ! »

    » Ah ! L’émotion est si forte ! Mon cœur bat si fort dans ma poitrine ! Je n’ai pas le souvenir d’avoir été si heureux ! Ou plutôt… peut-être que si… avec ‘Maman’… ou encore avec Mélina… sauf que ce n’est pas vraiment comparable ! Elles ne sont pas ma véritable famille ! Je les aime, bien sûr, et je les aimerai toujours ! Mais jamais autant… autant… autant que mes frères ! Jamais ! C’est juste impossible ! Ils sont mes moitiés, après tout ! Ensembles, on pourra ne former qu’un ! Était-ce le vœu de ‘Papa’, en nous créant ? Rêvait-il d’avoir des frères, liés comme nous sommes ? Qui sait… qui sait ce qui se passe dans la tête de ‘Papa’, parfois… et c’est sans importance pour le moment ! Car je suis avec mon frère ! Et je n’ai aucunement l’intention de le laisser partir comme ça ! Je ne le laisserai pas disparaître à nouveau ! Je ne le laisserai pas me filer entre les doigts à nouveau ! Jamais !


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    MessageSujet: Re: Frères un jour, Frères toujours ~ [ PV : Celian A. Lokhart ]   Mar 10 Oct - 1:46



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    Frères toujours !


    Lui. Lui. C’est lui ! Je peine à y croire, pourtant, je ne me trompe pas. Je ne peux pas me tromper. J’ai l’esprit plus clair en cet instant que jamais au cours de ces quatre-vingt dernières années. Comme si je venais de m’éveiller d’un trop long rêve. Mais, je ne rêve pas, pas cette fois-ci. Ce n’est pas l’un de ces cauchemars cruels qui m’a poursuivi pendant un long moment, surtout pendant ma captivité. Ce n’est pas l’un de ces songes, l’une de ces pensées qui auraient plongé n’importe qui dans une profonde dépression, qui a failli le faire d’ailleurs. Ce n’est pas une vision impalpable où je me plongeais parfois quand un sommeil centenaire m’emportait. Ce n’est pas ça. Ce n’est rien de tout cela. C’est réel. La réalité à l’état brut. Ce corps que je serre contre moi, si fort que j’ai l’impression qu’il pourrait céder, est le sien. Les questions fusent, sans doute parce que lui est présent, mais aucune des réponses ne m’intéressent réellement. Depuis quand suis-je plus fort que lui ? Depuis quand me donne-t-il la sensation d’étreindre un enfant ? Je m’en fous, Dieu, ce que je peux m’en foutre. Parce que c’est lui. Cette vague odeur de thé et de shampoing pour humain est la sienne. Depuis quand boit-il du thé ? Est-ce que ses cheveux ont la même couleur qu’avant ? Je m’en fous, Dieu, ce que je peux m’en foutre. Parce que c’est lui. Parce que cette douce chaleur qui irradie de sa peau est la sienne. Celle qui s’est emparée de mon cœur, de mes membres, de mon corps me confirme, aussi surement que les pulsations incessantes la chaine rouge, ce que je sais déjà. Là, dans mes bras, là, ce corps inconnu contre lequel je me blottis, contre lequel je pleure comme un enfant, est le sien. Et un millier de certitudes m’assaillent. Quelques soit son apparence, les décisions qu’il a pris durant ces trop longues années où nous avons été séparés, quelques soit ses actes, ses pensées, il a été, est et sera toujours mon frère. Ma moitié. Mon tout.

    ‘Helf. Créhelf.

    Je ne parviens pas à y croire, et pourtant, c’est la réalité. Je suis bel et bien là, sur la grotte surplombant mon antre et mon lac. J’ai bien assisté à ce lever de soleil, le premier en près de vingt-cinq ans. Les fragments de la chaine rouge se sont bien agités, m’indiquant la présence, l’identité de cet ‘intru’. Je l’ai bien rejoint aussi vite que ce corps trop lourd et encombrant me le permet. Et lui... ‘Helf... est bien là. A me rendre mon étreinte, à m’écouter presque sangloter dans ses bras, à ne jamais, jamais me juger pour ça. Il est bien là, je l’entends rire doucement. Je le sais heureux, au moins autant que moi. Comment ? Je le sais, c’est tout. Est-ce que je demande aux humains de m’expliquer comment ils ont appris à respirer ? Non. Cette impression, cette sensation est pareil. J’entends ce rire dont j’ai été privé trop longtemps, cette voix changée et pourtant inaltérable qui est la sienne. Ce nom... mon nom. Je pensais ne plus jamais l’entendre. Ma moitié me confirme ce que je sais déjà. Evidemment... Evidemment que je lui ai manqué. Evidemment qu’il m’a manqué. Evidemment qu’être privé de sa présence constante à mes côtés, dans mon esprit, dans mes pensées m’a manqué. Plus que simplement ‘me manquer’. Ne plus l’avoir avec moi est comme un déchirement, comme si on m’avait privé d’une partie de mon âme, d’une partie de moi. Et, en réalité, c’est le cas. Nous ne sommes toujours pas au complet, car même si une certaine émotion me submerge... nous submerge... il nous manque encore ce tier qui en est l’incarnation et la source. Je ne suis pas doué pour exprimer ce que je ressens et je sais ‘Helf encore moins doué que moi, mais je sais qu’il y pense aussi. Je le devine, je le sais, la frontière est mince. L’avoir enfin retrouvé comble un peu ce gouffre de notre séparation. Plus que un... plus que un...

    Pour la première fois depuis longtemps, j’ai l’impression d’avoir l’esprit clair. Plus... comment dire... ‘savoir’ n’est pas ma spécialité mais... Eveillé ! Voilà, plus éveillé. Comme si une parcelle de ses immenses connaissances me parvenait, pour mieux comprendre et répondre aux questions qui n’ont pas de réponses. Sensation étrange qui m’a tellement, tellement manqué. Un ‘savoir’ sans égal. Parce qu’il est le ‘savoir’. Aussi surement qu’il me transmet par sa présence une infime partie de son essence, je sais qu’un certain ‘courage’ le submerge. Je ne serai jamais son égal dans ce domaine, tout comme il ne possèdera jamais ma ‘volonté’, mais il me complète. Plus que l’on pourrait le deviner. Il me complète comme moi je le complète. Nos existences ont été créées ainsi, interdépendantes. Chacun de nous a besoin de l’autre. A croire qu’Arceus n’a pas créé trois âmes jumelles dans notre œuf, mais une seule qu’il a divisée. Pour que nous ayons sans cesse besoin l’un de l’autre, pour que nous personnifions à la perfection la complexité de cet esprit humain qu’il nous a demandé de créer. Heh... Je ne suis pas loin de la vérité, n’est-ce pas ? Mon raisonnement n’est pas si fin habituellement.
    Plus que un, et tous les trois, nous serons complet.
    Dieu... Arceus... ce que sa voix m’a manqué. Ce qu’il m’a manqué. C’est sans aucun mal que je devine ses mots, que je peux même faire plus que les deviner. Parce qu’en cet instant, nous ne formons plus qu’un. Je sais parfaitement ce qu’il ressent, puisque je ressens la même chose. Niché contre lui, comme il est niché contre moi, le cristal de ma voix s’accorde au sien et j’articule parfaitement à sa suite.

    « ... étaient insupportables sans toi. »

    Mais tu le sais déjà. Bien sûr que tu le sais déjà. Je le sens se dérober, mais je sais qu’il ne s’échappera pas. Je devine son intention et suis son mouvement, me détachant à mon tour de ce corps qui me semble si petit comparé au mien. Enfin... enfin je prends un temps pour l’observer, sans oser lâcher ses mains. Plus petit... oui, il l’est. Plus jeune également. Son apparence est plus proche de l’adolescent que de l’adulte, contrairement à moi. A-t-il... vécu des épreuves similaires aux miennes ? Est-ce son corps d’origine ? Ou celui d’un autre hybride dont il aurait consommé l’essence pour en prendre la place ? Ses traits sont fins, doux. Ses cheveux blonds, exactement comme avant. Son sourire fait écho au mien, son bonheur également. Sa silhouette est fine également, son style vestimentaire décontracté, digne de lui. Il ressemble à un humain, à un hybride, à mille lieux de sa forme précédente, mais je ne voudrai le changer pour rien au monde. C’est drôle, mais je le ‘vois’ encore comme il était avant. Un ‘lutin’ minuscule, flottant et riant. Comment le voir autrement ? Un détail accroche mon regard. Trois gemmes brillantes et rouges, reliées d’un fil de la même couleur. Trois gemmes jumelles de celle fichées sur mon torse. Mes prétendus ‘amplificateurs psychiques’, les fragments de la Chaine rouge en réalité. Alors c’est la forme que tes fragments ont adoptée ? Elle te sied, tu sais. Je peux presque te voir l’effleurer comme je le fais parfois également. Juste du bout des doigts, pour se souvenir de notre identité réelle. Je ne sais pas quel est ton ‘nouveau’ nom, si tu en as adopté un, ni ta ‘nouvelle’ identité, si tu t’es intégré parmi les humains, et à vrai dire, je m’en fous presque. Je sais que tu as ce tic semblable au mien. Un rappel de ce que nous avons été, de ce que nous sommes encore.

    Une intention se forme dans mon esprit et la scène, comme irréelle, se décompose. Va-t-il... ? Vraiment ? Lui qui a presque toujours refuser d’ouvrir les yeux devant nous de peur de nous voler la mémoire ? J’ai eu beau lui dire que nous ne craignons rien, que moi-même, je pouvais toucher mes frères sans leur dérober leur ‘volonté’. Il n’a presque jamais voulu prendre ce risque. A-t-il lui aussi été déposséder de ce pouvoir particulier ? Tout comme je peux ‘toucher’, lui peux ‘regarder’ ? Oui... Oui... C’est ça. Ses yeux clos se découvrent. Dorés, parfaitement identiques aux miens. Il ne pouvait en être autrement. Ça peut paraitre idiot, mais ce simple geste signifie tellement. Il est lourd de sens. Il me montre sa confiance, tout en me signifiant que lui aussi, est diminué par cette forme. Pas sûr que j’aurai pu le deviner en son absence, d’ailleurs. Alors qu’il prononce ces mots que je connais déjà, je sèche mes larmes de soulagement sur mon épaule et mon propre haut. Je ne suis pas du genre à pleurer facilement. On peut même dire que je ne pleure jamais. Même durant ma fuite, ma captivité, ma première mort et la seconde, je n’ai pas versé une larme. On ne brise pas la ‘volonté’ facilement. On ne me brise pas facilement. Je ne veux pas y penser. Je ne veux pas penser à ces horribles années loin de tout, et loin d’eux.

    ... Même si elles n’ont pas été toutes horribles.

    « ‘Helf, je le suis aussi. J’ai cru ne plus jamais te revoir ! »

    J’ai tant à lui dire et pourtant, je ne sais même pas par quoi commencer. Quatre-vingt ans. C’est long et pourtant, c’est très court quand on a déjà vécu plusieurs millénaires. A peine un clignement de cils. Certains de mes sommes ont duré plus longtemps que ça. C’est court, pourtant, je sais, je devine à quel point j’ai changé. Dois-je lui dire pour... pour tout ça ? Mes morts, mes conflits avec les humains, ma nouvelle famille... Ma nouvelle vie ? Sait-il pour ‘Azelf’ ? Sait-il que j’ai désormais une attache incroyable à Hoenn ? Que j’ai une autre personne que j’appelle « sœur », que je ressens comme tel ? La question, en plusieurs millénaires, ne s’est jamais posée. Peut-être sera-t-il... jaloux ? ça sonne trop étrange dit comme ça, mais je ne suis pas sûr que je ne ressentirais pas une pointe de jalousie s’il devait m’annoncer avoir adopter d’autres frères dans son cœur. Qui serai-je pour l’en blâmer ? Peut-être que lui aussi a changé ? A quel point ? Ai-je réellement envie de le savoir ? Pourrai-je encaisser s’il m’annonce l’une ou l’autre mort ? S’il m’annonce que je n’ai pas été là pour lui ? S’il m’accuse... ?

    Evidemment.

    Evidemment que je le pourrai. Ne pas encaisser, c’est fuir. C’est être lâche. S’il y a une chose que je ne pourrai jamais être, c’est lâche. Je suis le Courage. Je ne suis pas doté d’un grand courage ou autre formule préconçue que les humains ont inventé. Je suis le Courage. Dans sa forme la plus pure et la plus brute. Quelques soit les épreuves, quelques soit ce qu’Arceus a décidé de me balancer à la gueule, je me relèverai toujours pour faire face. Je peux tout encaisser, tout subir, de la part de n’importe qui, personne ne me fera flancher. J’ai tant à lui raconter, et il a tout autant à me dire. Rien de ce que j’entendrai ne me fera perdre mon sourire et ma joie de l’avoir retrouvé. Rarement, très rarement affectueux, je me surprends à exercer quelques pressions avec mes doigts sur ses paumes. Je crois que je veux toujours me convaincre de sa présence.

    « J’ai tellement de choses à te raconter... Et toi aussi je parie. » Quatre-vingt années... multiplié par deux... Combien de temps ça va nous prendre pour nous raconter tout ça ? « Dis-moi que tu as du temps, je te lâche pas avant de tout savoir... Je n’ai même aucune envie de te lâcher avant une bonne centaine d’années ! »

    Il faut dire que j’ai toujours été assez... protecteur avec mes frères. Complètement même. Si nous n’avions pas été forcé de garder nos distances, que ce soit avant ou après la transformation, je pense que j’aurais passé chaque minute en leur compagnie. Un peu étouffant peut-être. Mais avant, je dois savoir. Je le dois. Même réunis tous les deux, nous ne sommes pas au complet. Nous ne sommes pas encore complet. Pourvu qu’il en sache plus que moi. Moi qui ait plus que lamentablement échoué à les retrouver.

    « ‘Follet... Est-ce que tu sais où est ‘Follet ? Je n’ai pas pu le retrouver après notre transformation. Aucun de vous deux d’ailleurs. Après... après, disons que ça a été un peu compliqué pour moi. »

    C’est le moins que je puisse dire et ces dernières semaines n’ont pas non plus été de tout repos. Mais je suis surtout... surtout soulagé en cet instant. Soulagé et heureux.




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