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 Pourquoi la vie ressemble à un avis ? || Jasper Hodgkin || U.C

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MessageSujet: Pourquoi la vie ressemble à un avis ? || Jasper Hodgkin || U.C    Mar 20 Juin - 23:52
Jasper Hodgkin
Jasper Hogdkin (original de lui-même, artistes qui l'ont dessiné crédités dans sa signature)
Jasper Hodgkin
Bisexuel
31 ans
Dresseur humain
Fossoyeur et croquemort
Kalos, Romant-Sous-Bois
Attaques/Armes/Équipement
- Portable
- Carte dresseur
- Carte
- Pokédex
- Pokébatterie
- Pokémontre
- Sac
- Qui a besoin d'armes quand on peut avoir de formidables alliés magiques ? (En vrai il a une pelle sur lui au cas où il y aurait quelque chose à enterrer)
『 Ib 』Memory (Winter Remix)
« La vie est une flamme, et tant que je serai là, elle continuera de brûler »
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MessageSujet: Re: Pourquoi la vie ressemble à un avis ? || Jasper Hodgkin || U.C    Mar 20 Juin - 23:52
Histoire •



Acte I - Déni

Partie 1 : Il était une fois

Il était une fois Romant-Sous-Bois. C'est un village qui porte bien son nom, puisqu'il est incroyablement romantique. Certainement la ville la plus féerique de tout le monde Pokémon, sans mauvais jeu de mot. Entre les champignons géants, les jolies maisons à colombage recouvertes par la mousse et le lierre, les fleurs, le grand arbre, l'horloge à treize segments d'heure et les hybrides de type fée qui s'y rassemblent pour y vivre, on s'y croirait dans une histoire merveilleuse. Il est pourtant bien petit, et on se demande comment ce village n'est pas plus peuplé, les effets de l'attraction touristique auraient pourtant dû faire leur œuvre. Ce n'est pas le cas, il est comme magiquement protégé de tous les effets de la croissance. Et on se demande si ce n'est pas le cas, car tout le monde aimerait vivre dans un conte comme celui-ci.

Ce conte-là, il commence dans l'une des petites maisons de ce village hors du temps. Et comme dans tous les contes, le personnage principal ne connaît pas au moins l'un de ses parents. Dans le cas de Jasper, c'est les deux. Que fait-il alors tout seul, pourrait-on se demander ? Il ne l'est pas. Il a son grand-frère Devin avec lui, qui l'a élevé depuis son enfance. Il y a aussi Martial, un laporeille orphelin de leur âge, qui est lié à Devin et que Jasper considère comme un petit frère. Et quand il demande où ses parents sont allés, ce dernier répond qu'il ne sait pas, mais qu'ils les retrouveront un jour. Ou qu'ils ne vont pas tarder à revenir. Jasper joue le jeu, il attend pendant qu'il s'imagine que son frère mène l'enquête. Il ne sait pas ce que cela fait d'avoir des parents, mais on lui dit que ce sont des gens qui aiment profondément leurs enfants et qui sont toujours là pour eux. Il passe souvent des heures à regarder l'horizon pour voir s'ils reviennent.

Comme dans tous les contes, il y a une part obscure dans tout ce merveilleux. Et cette part, c'est la route quatorze. Elle pourrait être décrite comme la forêt maudite, ou le chemin vers la sombre demeure de la sorcière. Et ce n'est peut-être pas faux, car on dit que la maison abandonnée qui s'y trouve est hantée. De plus, on y trouve une végétation étouffante, des marécages dans lesquels on s'enfonce. C'est le coin préféré des hybrides spectre pour venir se détendre et surtout, il y a des souches d'arbre et des tombes à n'en plus finir. On dit que cette route est marquée par la mort et qu'elle est sa demeure.

Jasper ne pourra pas le vérifier, puisqu'il a interdiction formelle de s'approcher de la route. Il doit se contenter de jouer dans son village. Pour cela, son frère lui raconte que s'il y entre, il sera fera voler sa vie par un spectrum et ne reviendra jamais. Cela le terrifie au point qu'il en fait des cauchemars. Dans ses premières années, il n'est pas très difficile pour Jasper de rester tranquille. Il préfère profiter de son village et jouer avec sa meilleure amie, Alice, plutôt que de tenter de visiter cet endroit terrifiant. Les parents de cette dernière lui racontent la même chose. Pour jouer, il leur arrive de s'approcher de la route de quelques pas, mais c'est un simple défi, et ils reviennent immédiatement au village en riant.

« Quand je serai grande, je me marierai avec Martial et toi. Et toi ou moi on se liera à Martial, on sera des dresseurs et on ira parcourir le monde ensemble ! »

Le reste du temps, ils prennent le thé ou cuisinent de petits gâteaux avec leur ami Martial. Ils ont aussi des jeux à l'extérieur, comme tous les enfants normaux. A chat, à un deux trois soleil, à cache-cache. Il a rencontré Alice à l'école de dresseur. Cette dernière est une jeune fille blonde aux cheveux longs et bouclés, très féminine, qui aime s'habiller de jolies robes et s'endormir sous les arbres. Elle lui dit parfois qu'il devrait faire plus attention à sa coiffure, car il est toujours débraillé à force de courir de tous les côtés. Quand il l'a rencontré la première fois, elle se promenait toute seule après la classe, alors que tous les autres étaient déjà avec leur groupe d'amis. Jasper lui a proposé de jouer, le laporeille s'est joint à eux.

Devin se comporte comme un tuteur exemplaire. Il fait attention à donner la meilleure éducation possible à son petit frère. En plus de cela, il gère les dépenses, les rentrées d'argent, et travaille d'arrache-pied en tant que jardinier pour entretenir les fleurs de la ville. C'est peut-être pour cela qu'il a constamment l'air fatigué. Malgré tout, quand son petit frère lui demande s'il l'est, il a un grand sourire et il répond que non, qu'il va bien. Comme les enfants sont des antennes émotionnelles, il comprend que ce sourire est un moyen d'aller mieux quand les choses ne vont pas bien, alors il le reproduit de toutes ses dents, pour aider son frère à la moindre occasion.

C'est un enfant très épanoui, peut-être un peu hyperactif. Il ramène des résultats corrects à l'école de dresseur et d'après le médecin, il est en excellente santé. Il passe son temps à jouer avec Alice et Martial, au point qu'il passe presque tout son temps libre avec eux à courir dehors, quand il ne regarde pas l'horizon pour voir si ses parents arrivent. C'est comme s'il avait aspiré toute l'énergie vitale de son grand-frère, qui lui, a toujours des cernes creusées, un air cadavérique et un sourire tremblant. Jasper voit très bien que Devin ne va pas bien, mais il n'y a rien qu'il puisse faire, puisqu'il refuse de lui parler de ce qui ne va pas. Le plus jeune suppose que c'est parce que ses parents ne sont pas là. Et pourquoi refuse-t-il de le dire ? Est-ce pour le protéger ? Protège-t-on les gens qu'on aime en ne parlant jamais de ses problèmes? C'est une idée à creuser pour le petit Jasper.

Partie 2 : Desséliande

Quand il est assez grand pour le faire, c'est-à-dire qu'il a sept ans, Jasper et ses amis Alice et Martial décident de braver l'interdiction et de faire un tour dans la route interdite. Tout comme les enfants cessent de croire au Père Noël, ils cessent de croire aux histoires de spectrum qui volent la vie des gens d'un coup de langue. Malgré tout, ils ont un peu peur, car à cet âge, on peut s'imaginer que tout est vrai. Alice, Jasper et Martial se lancent un regard hésitant devant l'entrée. Qui sera le premier à poser le pied sur la supposée route maudite ? Aucun ne semble réellement vouloir le faire. Finalement, c'est le garçon fait le premier pas dedans, pour voir si des racines le prennent. Il semble qu'il ne se passe rien. Alice l'applaudit d'être aussi courageux, puis ils partent en courant vers les marécages et les arbres morts.

Ils continuent de courir à en perdre haleine, riant à pleine gorge, poussés par l'adrénaline et l'excitation de découvrir quelque chose de nouveau. Les branches mortes craquent sous leur pas, le sol devient plus humide, et ils commencent à s'enfoncer dans les marécages. La mort se trouve tout autour d'eux, dans les arbres, dans les tombes, et ils n'ont pas peur car leurs yeux d'enfants ne voient qu'un jeu. Ils croient apercevoir des silhouettes qui slaloment entre les arbres, mais pensent qu'il s'agit de leur imagination. Ou alors, que ce sont de simples humains ou hybrides qui se promènent. Après tout, il y a bien un trafic entre Romant-Sous-Bois et Illumis.

Ils apprennent à leurs dépens que c'est bien le cas. La nuit commence à tomber et ils se sont un peu perdus. Ils ne savent plus par où il faut aller pour retourner à Romant-Sous-Bois. Alice commence à paniquer et Martial à pleurer, ils regrettent un peu de s'être aventurés là, finalement. Le soleil descend dangereusement alors que la lune monte dans le ciel, insouciante. Alors qu'ils marchent, de plus en plus fatigués, ils finissent par s'écrouler sous un arbre et tous éclater en sanglots. Ils regrettent leur escapade et pensent qu'ils ne reverront jamais leurs parents. Alice les serre dans ses bras, et leur plainte est entendue des hybrides environnants, ceux qui viennent se détendre un peu dans un coin sombre. Qu'ils aient de bonnes intentions ou non. La plupart n'en ont pas. Certains en ont de mauvaises.

Alors qu'il pleurniche dans les bras de Martial et Alice, Jasper sent des mains froides passer sous ses bras à travers l'arbre. Il se sent soulevé contre l'écorce et s'envole sous les yeux ébahis de ses amis, lesquels après quelques secondes de réalisation, agrippent le pantalon de Jasper pour tenter de le maintenir au sol. C'est peine perdue. Il se retrouve bientôt très haut, maintenu en l'air par ces mains fantomatiques qui passent à travers les objets solides. Les enfants hurlent comme des damnés, Martial et Alice ont si peur qu'ils se mettent à courir, laissant derrière eux un Jasper qui les supplie de venir à son secours. Apparaît alors, à travers l'arbre et à côté de son visage, les cheveux violets d'un hybride spectrum au sourire malade.

« Ta vie a l'air délicieuse. »

Jasper hurle à s'en déchirer les cordes vocales pendant que le spectrum tire sa longue langue gazeuse et l'approche de son cou. Le jeune garçon ferme les yeux en se débattant de toutes ses forces, même s'il sait que ça y est, c'est la fin. Il ne reverra jamais ses frères et Alice. Il attend de sentir la langue froide sur son cou. Encore. Et encore. Mais rien n'arrive. Et finalement, au lieu de tout cela, il tombe lourdement sur le sol. Quand il ose ouvrir un œil, il aperçoit qu'un desséliande a lancé un combat avec le spectrum, le premier ordonnant à tous les arbres d'attaquer son adversaire. Japsper a un hoquet. Il s'attendait à tout, sauf à cela. Finalement, le spectrum finit par fuir en poussant un cri d'énervement.

Le désséliande s'approche de l'enfant et le relève avec les racines de l'arbre contre lequel il était plaqué il y a quelques secondes. Il qui doit avoir la trentaine. Il a beau clairement être un hybride, sa chevelure est faite de feuillages, il a quelques bouts d'écorce sur les bras et des feuilles y sont attachées. Son œil est noir et ses iris sont d'un étrange rouge. Il a d'abord un air dur, mais quand ses yeux croisent ceux de Jasper, son sourire se fait rassurant, bien qu'un peu maladroit, devant cet enfant perdu et pleurant. Il lui caresse la tête dans un geste rassurant, et lui assure que tout va bien, qu'il n'a rien à craindre tant qu'il est là.

« Je me présente, je m'appelle Gareth. Je suis de ceux qui ont décidé de vivre de la même façon que leurs ancêtres pokémon. Et en tant que tel, je me suis autoproclamé gardien de cette forêt. Sache que la vie des autres est une nourriture naturelle pour les spectrums, et malgré cette transformation malvenue que nous avons subie il y a quatre-vingt ans, et le fait que la grande majorité vive désormais comme s'ils étaient humains, il est dans l'ordre des choses qu'ils chassent pendant la nuit. Tu as été très imprudent, ce n'est pas un endroit pour les enfants. Je ne t'ai sauvé que parce que tu es très jeune. Je n'aurai pas cette clémence une seconde fois. »

Jasper acquiesce frénétiquement et remercie le désseliande d'une petite voix maladive. Ce dernier le prend dans ses bras pour le rassurer, puis lui prend la main pour le guider. Il lui demande s'il vit à Illumis ou Romant-Sous-Bois. Quand l'enfant lui répond, le desséliande a un petit rire et lui dit qu'ils sont à l’opposé, et qu'il va falloir traverser la route quatorze en entier. Aucun hybride n'ose s'approcher d'eux, ou peut-être est-ce juste qu'ils ne se soucient pas de Gareth et Jasper. C'est probablement le cas. A part quelques spectrums dissidents qui refusent de cesser de se nourrir de la vie des autres, il n'y a pas beaucoup de danger. Le jeune garçon se sent en sécurité en serrant cette main protectrice, en regardant ce visage souriant d'un air fatigué, mais bienveillant.

Et puis, on entend des voix. Devant eux, des humains en uniforme. Auprès d'eux, Alice et Martial, qui pleurent toutes les larmes de leur corps. Il y a aussi Devin, qui a l'air très inquiet. Le desséliande lâche la main du petit et le laisse s'avancer vers ses amis et la police. Il court dans leur bras, la petite fille et le laporeille le serrent très fort, son grand-frère vient se joindre au câlin collectif. Jasper veut remercier Gareth, mais quand il se retourne pour le regarder, il est déjà en train de repartir entre les arbres. Il veut partir à sa poursuite mais on le retient, Devin lui dit d'une voix brisée qu'il sera puni, et la police sourit en affirmant que tout est bien qui finit bien. Jasper s'en moque, il veut dire merci à son nouvel ami. Il n'aura pas l'occasion de le faire ce soir-là.

« Quand je t'ai raconté cette histoire pour te faire peur, je n'aurais pas cru qu'elle arriverait vraiment », tremble Devin. « Je n'arrive pas à croire qu'il reste des spectrums qui volent la vie des gens. »

Partie 3 : La tombe

Jasper est puni. Il n'a plus le droit de sortir voir Alice et Martial pendant une semaine, alors il reste chez lui à regarder des dessins animés à la télévision. Tous les jours, il harcèle son frère pour qu'il lève l'interdiction, mais il n'y a rien à faire. Il a eu bien trop peur que son petit Jasper ait failli mourir, et il veut bien lui faire comprendre qu'il est hors de question qu'il recommence. Cela ennuie embête le jeune garçon. Bien entendu, il en a assez de s'ennuyer à faire ses devoirs et à regarder la télévision, mais surtout, il veut retourner dans la route quatorze. Cette fois, tout seul.

Mais pourquoi voudrait-il faire une chose pareille ? Ne devrait-il pas être traumatisé d'avoir frôlé la mort ? C'est le cas. Jusqu'à aujourd'hui, il en fait encore des cauchemars. Mais il veut à tout prix pouvoir dire merci à Gareth. A son sauveur. Il veut pouvoir lui reparler, lui poser des questions sur le forêt, sur ce que cela fait d'être un hybride et de vivre comme les pokémon d'autrefois. Il veut que cette main rugueuse, rassurante comme le sein d'une mère, puisse encore une fois prendre la sienne pour le guider dans la forêt vers les endroits intéressants. Et peut-être qu'il puisse l'aider à protéger la forêt quand il sera grand ?

Le jour où sa punition est levée, il n'attend pas une seconde. Devin s'imagine qu'il va aller jouer avec Martial et Alice, mais rien de cela. La première chose qu'il fait, c'est partir en courant vers la route quatorze. On est encore tôt le matin, il imagine donc qu'il pourra rentrer avant qu'il fasse nuit, et ainsi éviter le spectrum si jamais il revient. Il court à en perdre haleine en criant « Gareth ! »et commence doucement à fatiguer, surtout quand il doit s'enfoncer dans le marais pour continuer d'avancer. Au bout d'un long moment à s'époumoner et à se fatiguer, il finit par apercevoir le desséliande. Il est à côté de la très vieille maison hantée et lit un livre, qu'il referme en apercevant le jeune garçon.

« Qu'est-ce que tu fais encore là ? La leçon de la semaine dernière ne t'a pas suffi ? »

Son ton est légèrement moralisateur, mais à la fois bienveillant. Le vent soulève ses cheveux verts parsemés de feuillages, et il regarde le jeune garçon avec un sourire. Il n'a pas l'air hostile à sa présence, et on croirait même qu'il est heureux d'avoir un peu de compagnie. Jasper, tout tâché de boue, s'approche du tronc coupé où est installé Gareth. Il s'y assied également. Il regarde le livre, mais ne comprend aucun des mots qui forme le titre, sauf un seul, « avalon ». Le desséliande l'éloigne du pied et reporte son attention sur le jeune garçon.

« Que veux-tu alors ? » Demande Gareth.

« Te dire merci ! Tu m'as sauvé et je te l'ai même pas dit ! » Réponds Jasper d'un ton enjoué et des étoiles plein les yeux.

« Tu n'as pas à me remercier. Je n'ai fait que sauver une âme innocente d'une âme perturbatrice, voilà tout. » Gareth détourne les yeux, son sourire calme toujours fiché sur son visage.

« Non tu as été super cool. J'aimerais bien être aussi fort que toi. Dis tu peux m'apprendre ? » Le desséliande a un petit rire.

« Pour cela il va falloir attendre que tu manges un peu de soupe.

- Non je veux pas attendre ! Je veux être comme toi tout de suite !Et j'aime pas la soupe ! »


Gareth sourit encore, le sourire qu'un père aurait envers son fils.

« Si tu veux être comme moi, regarde autour de toi. Tu vois cette maison ? Avant que je la rénove, il n'en restait quasiment rien. C'est pareil pour toutes ces tombes. Pour tous ces arbres morts. Si je ne les entretenais pas, elles tomberaient en miettes. Si je ne les coupais pas, alors ils se mettraient à pourrir au lieu de reposer à jamais en tant que souches. Il faut quelqu'un pour entretenir cette route. Il faut quelqu'un pour la garder. Elle est le lieu de repos des défunts, de ceux qui nous ont quittés. Malheureusement, personne ne semble vouloir s'en approcher, excepté les gens qui se rendent à Romant-Sous-Bois ou Illumis...

- Qui nous ont quittés ? Ils sont allés où ? C'est quoi un dé faim ? »

- Je veux dire qu'ils sont morts.

- … Oh.

- Et quand toute une famille est morte, il n'y a plus personne pour entretenir les tombes. Sauf moi et le fossoyeur du coin, qui ne fait pas très bien son job. Au fait, je ne t'ai pas demandé ton nom.

- Je m'appelle Jasper. Jasper Hodgkin ! »


Quand il entend son nom, Gareth perd son sourire et écarquille les yeux. Passée la surprise, il semble se metttre à réfléchir, et prend son menton dans sa main, comme si ce nom lui avait rappelé quelque chose d'important. Il fixe le sol et ouvre la bouche, puis la referme. Il semble chercher quelque chose à dire, et Jasper commence à réaliser que quelque chose ne va pas. Il penche la tête sur le côté pour chercher les yeux du desséliande. Ce dernier les détourne, comme s'il ne voulait pas avoir de contact visuel du moment qu'il n'a pas trouvé ce qu'il va raconter.

« Je connais ton nom. Je l'ai déjà vu.

- Déjà vu ?

- Oui. Sur une tombe. Pas Jasper, Hodgkin de Romant-Sous-Bois. J'imagine qu'il y a beaucoup de Hodgkin, mais les portraits qui sont cloués dessus te ressemble un peu.

- Quoi ? Vraiment ? »


Jasper est un peu surpris. Il n'a jamais entendu parler de membre de sa famille enterré dans la route quatorze. Du moins, Devin ne lui en a jamais parlé. Peut-être est-ce une sœur qui est morte avant qu'il naisse ? Peut-être est-ce un oncle, une tante, son grand-père ? Peut-être que sa famille entière a fait enterrer ses membres dans cette forêt, sur cette route, auprès des tombes des humains et hybrides parsemées ça et là ? Ou peut-être que c'est quelque chose de pire. Peut-être que Devin lui a menti depuis le début. Il n'a pas envie d'y penser, mais il décide quand même une chose. Il ne peut pas vivre dans l'ignorance.

« Je peux voir cette tombe? »

Gareth acquiesce. Il se relève et se dirige entre les arbres. Jasper le suit, la boule au ventre. Et si ses craintes se révélaient être justifiées ? Et si Devin lui avait réellement menti ? Pourrait-il le supporter ? Pour calmer son stress, il se triture un peu les poignets en fixant le sol. Il détourne son attention sur les longs cheveux verts du desséliande, qui ondulent délicatement au gré de ses mouvements. Puis finalement, il arrête tout mouvement et se plante devant une tombe plus grande que les autres, plutôt entretenue, sans doute de sa main. Jasper regard d'abord les portraits, qui lui ressemblent en effet, à lui et son frère. Puis il tourne son attention vers les noms.

« Ci-gisent William et Blair Hodgkin. »

Acte II - Colère

Partie 1 : La vérité

« Dis Devin, ils s'appelaient comment papa et maman ?

- William et Blair, pourquoi ? »


Jasper ne répond pas. Il se contente de fixer le vide. Son grand-frère lui demande ce qui ne va pas, et il ne reçoit aucune forme de retour. Le petit garçon est en pleine réalisation. Est-ce que Devin lui a menti ? Mais pourquoi il ne lui a pas dit la vérité depuis le début ? Pour le protéger ? Le protéger de quoi ? De ne pas espérer un retour chaque jour et chaque seconde ? Espérer un retour, et désormais apprendre qu'ils ne reviendront jamais ? Qu'ils ne reviendront jamais et qu'il n'y a rien que l'on puisse faire ? Parce que ce monde, ils l'ont quitté, et qu'il n'y a aucun moyen d'aller dans l'autre pour les chercher ?

« Comment ils sont morts ?

- Pardon ?

- Comment ils sont morts ? Il y a bien une façon.

- Je ne vois pas ce que tu...

- Je sais qu'ils sont morts ! J'ai vu la tombe ! »


Le petit a les larmes aux yeux et sa voix est légèrement brisée. Il a le ton de quelqu'un qui est frappé de plein fouet par le deuil. Pas le deuil de ses parents, il ne les connaît pas, ils ne peuvent pas lui manquer. Plutôt le deuil de l'idée qu'ils vont revenir, le deuil de ses longues journées assises à regarder l'horizon pour voir s'ils arrivent, le deuil de l'envie de les connaître un jour. Devin se mord la lèvre inférieure et détourne les yeux. Il a voulu protéger son frère et lui dire la vérité quand il sera assez grand pour l'endurer. Désormais, il a un peu honte. Il aurait dû lui dire que ses parents ne reviendraient jamais. Pas qu'ils allaient les retrouver un jour. Mais il fallait bien que cela arrive.

Un grand silence s'installe. Un silence insupportable pour Jasper. Il a l'impression que son frère est en train de chercher quoi lui dire, au lieu de directement lui faire part de ce qu'il en est. De la vérité. Qu'elle soit crue si il veut, ce n'est pas le problème. Le petit garçon est prêt à tout entendre à ce stade. Du moment qu'on lui dit ce qu'il en est. Il commence à serrer les dents. Pourquoi est-ce que Devin ne dit rien ? S'il veut lui dire ce qui est vrai, alors qu'il le fasse, pourquoi attend-il ? Il le sait, pourtant. Le plus grand finit par pousser un long soupir et se tenir le front comme s'il avait mal à la tête. Il pense avoir trouvé quoi raconter.

« D'abord, tu dois savoir que maman et papa t'aimaient vraiment. Ils étaient vraiment très heureux de t'avoir. Ils voulaient t'élever comme ils m'ont élevé. Mais voilà, la vie, c'est la vie, elle n'est pas éternelle. Quand ils sont morts, tu avais un an, et je venais d'en avoir vingt et un. J'étais vraiment pas prêt à élever un gosse et à laisser tomber mes études pour travailler, ça m'a lentement plombé le moral. Mais je t'aime tu sais. C'est parce que je t'aime que je me plombe le moral pour toi. Papa était maçon. Il entretenait la toiture d'une des maisons d'Illumis, mais là, ne me demande pas pourquoi, un homme a fait tomber son échelle. Il a été chargé pour homicide volontaire. Maman a vu toute la scène et elle a refusé de s'alimenter. J'ai trouvé une maison à Romant-Sous-Bois, un village tranquille et moins cher pour oublier, mais je crois... que je m'en suis jamais remis.

- Comment s'appelle l'homme qui a fait ça ? Pourquoi il a fait ça ?

- Je ne sais plus, mais je crois qu'il est encore en prison. Quant au pourquoi, personne n'a jamais su.

- Donc il est vivant ?

- Oui. »


Jasper trouve cela terriblement injuste. La vie est un cadeau très précieux. Le cadeau le plus précieux du monde. Il est infiniment reconnaissant envers ses parents pour le lui avoir donné. Mais on ne peut pas la voler comme cela. Il est affreux que certaines personnes se permettent de prendre ce qui est aux autres, surtout la chose la plus précieuse du monde, juste comme cela. William et Blair ont juste voulu vivre en paix et élever leurs enfants. Cet homme horrible les en a empêchés, et il a détruit la vie et la santé mentale d'un jeune homme innocent, son frère Devin. Pourtant, lui est toujours en vie. En quoi est-ce une justice ? Pourquoi l'univers ne fait-il pas justice lui-même ? Cela voudrait-il dire qu'il est injuste ?

Jasper finir par craquer. Son visage se déforme et il se met à pleurer toutes les larmes de son corps. Puis il se met à courir, sort de la maison. Son frère tente de partir après lui, mais il met trop de temps à réaliser. Le petit garçon lui claque la porte au nez et quand il l'ouvre, il semble déjà avoir disparu de vue. Il lui crie de revenir, mais rien à faire. Le petit garçon court tellement vite qu'il en perd l'orientation. Il donne des coups de pied de rage dans les cailloux qui croisent son pied dès qu'il le peut. Il n'a jamais été aussi en colère. Contre son frère, pour ne pas lui avoir dit la vérité. Contre cet homme. Et surtout contre l'univers, pour être aussi injuste. Pourquoi est-ce que les gens qui veulent vivre meurent, et ceux qui veulent prendre leur vie ne meurent pas ? Pourquoi n'y a-t-il pas de punition divine pour ce genre de comportement ? Pourquoi est-ce que de bonnes personnes doivent disparaître et de mauvaises ont le droit de rester ?

Partie 2 : Ceux qui sont partis

Il n'est pas difficile de deviner que Jasper va trouver Gareth pour se consoler. Et il revient tous les jours, dès qu'il a du temps libre. Alice et Martial se sentent délaissés, et lui demandent pourquoi il ne passe plus de temps avec eux. A cela, il leur répond qu'ils peuvent venir avec lui dans la route quatorze pour jouer avec Gareth. Il reçoit un refus catégorique. Il n'est pas question de revenir dans cette route terrifiante. Pourtant, Jasper leur assure qu'il n'y a rien de si dangereux, que ce spectrum est une exception et que la plupart d'entre eux se comportent de façon civilisée. Ils ne veulent rien entendre.

Alors pendant son temps libre, il aide Gareth. Il entretient les tombes, coupe les arbres morts, fleurit la route pour qu'elle ait l'air moins effrayante. Il se sent mieux auprès des défunts qu'auprès de ses amis et de son frère, peut-être parce qu'il est désolé pour eux et qu'il veut qu'ils reviennent de toutes ses forces. Son frère ne le punit pas, car il n'a voulu l'empêcher d'entrer sur cette route que pour éviter qu'il voie la tombe et rien d'autre. Cela dure plusieurs années. Plus précisément, la durée de ses études, jusqu'à ses quinze ans, où il obtient sa carte dresseur. Martial et Alice le délaissent car il ne passe plus de temps avec eux, alors qu'il est de plus en plus proche de Gareth, et qu'ils veulent aller parcourir le monde contrairement à lui.

Quand Jasper atteint ses dix-neuf ans, l'un des fossoyeurs de la route quatorze prend sa retraite. Jasper prend immédiatement sa place. Il peut ainsi consacrer tout son temps à enterrer les gens, à célébrer les morts, à entretenir leur tombe, à couper les arbres et à consoler la famille des défunts. Il finit par passer plus de temps auprès d'eux que des vivants. Il passe aussi son temps à voler les graines de son frère pour fleurir la route afin qu'elle ait l'air plus accueillante, mais toutes les jolies fleurs qu'il plante finissent par mourir à son grand regret. Y a-t-il quelque chose qui cloche ? Peut-être cette route est-elle vraiment maudite, comme on le lui dit dans les histoires pour enfant ?

Il rencontre beaucoup de familles en deuil, quand il fait les enterrements et les célébrations. Son cœur se brise un peu plus chaque fois qu'il rencontre un veuf, une veuve, un orphelin ou tout simplement n'importe quelle personne qui a perdu un proche, et qui vient se confier à lui en pleurant. Il les rassure avec beaucoup de bienveillance et leur jure que leur proche ira bien dans l'au-delà, et qu'il veillera sur eux là où il est. Bien entendu, il n'en sait rien lui-même, et ce qu'il ressent surtout, c'est de la colère envers ce monde injuste où tout le monde doit partir, même ceux qui ne veulent pas et qui souhaiteraient rester encore pour pouvoir réaliser leur rêve. S'en aller devrait être un choix, pense-t-il chaque fois qu'il rencontre une nouvelle personne endeuillée qui lui raconte tout ce que son proche n'a pas vécu.

Par exemple, un jour, il rencontre une femme atterrée qui a perdu son mari et son enfant dans un incendie. Elle est en pleurs car ils étaient tout ce qu'elle avait. Jasper va la prendre dans ses bras avec le sourire bienveillant que son frère a toujours fait quand il était petit. C'est devenu la devise de Jasper. Plus les choses vont mal, plus il faut sourire pour les rendre moins affreuses. Elle s'accroche à lui comme à une bouée de sauvetage et enfouit sa tête dans sa veste. Elle la mouille de larmes et le jeune homme lui tapote le dos, la rassure, lui caresse la tête. Il est toujours aussi familier avec les gens qui viennent chercher du réconfort chez lui, car il sait qu'ils en ont besoin.

« Mon bébé, mon bébé ! Il était tellement jeune, il avait tout à vivre. Et mon mari, il était tout... tout... » Elle éclate en sanglots avant de pouvoir terminer sa phrase. Jasper a le cœur déchiré, comme s'il ne pouvait jamais être en assez de pièces, mais il continue de sourire.

« Toutes mes condoléances madame. Cela n'aurait jamais dû arriver. Vous auriez dû vivre votre vie avec votre mari et élever votre enfant. Mais sachez-le, la vie n'est pas terminée. Vous, vous avez encore des choses à vivre. Vivez pour eux. Car chaque vie qui s'en va permet à une autre d'arriver... »

Il ne croit pas lui-même à ce qu'il dit. Personne ne devrait avoir à partir pour que d'autres personnes puissent venir. Tout le monde devrait pouvoir rester le temps d'accomplir ce qu'il a à accomplir. Mais cela, il le garde pour lui. Parler de renouveau est l'une des façons qu'il a trouvé de consoler les gens qui viennent trouver du confort chez lui. Leur parler d'injustice et d'un monde plus idéal ne serait pas la meilleure façon de les aider. Au contraire, cela risquerait d'empirer leur condition, et il vaut mieux leur faire croire que les choses sont bien de la façon qu'elles sont. Cela vaut mieux, pense Jasper.

Gareth est très fier de son élève. Il lui dit que grâce à son travail, il pourra prendre sa retraite lui aussi, avec bonheur et sans regret. Bien entendu, Jasper n'a pas envie que son modèle le laisse tout seul. Alors il lui dit qu'il espère que ce jour viendra le plus tard possible, et il le lui dit. « Gareth, je n'ai pas envie que tu me laisses m'occuper des tombes tout seul. Je veux que tu restes avec moi. » Chaque fois, le desséliande a un petit sourire bienveillant. Quelque part, il est heureux que son élève tienne autant à lui. Alors il lui ébouriffe un peu ses cheveux mi-longs, comme quand il était enfant. Jasper a une mine renfrognée et lui rappelle qu'il a bientôt vingt ans. Pour Gareth, cela ne semble rien changer.

Partie 3 : Spectrum

Un jour, alors qu'ils s'occupent d'entretenir les tombes, Gareth et Jasper sentent approcher une silhouette derrière leur dos. Ils se retournent simplement, s'attendant à trouver un hybride doté de la capacité lévitation ou quelque chose comme cela. Ils ne se sont pas trompés. Le jeune fossoyeur reconnaîtrait ce visage entre mille. C'est celui du spectrum qui l'a attaqué quand il était petit. Tout à coup, il devient plus blanc et il se met à suer. Les souvenirs remontent en lui comme des lames de couteau s'enfonceraient dans du pain. Lui soulevé et plaqué contre l'arbre, Alice et Martial qui s'enfuient, la petite phrase affreusement chuchotée à son oreille et la langue froide et gazeuse qui s'approche de son cou. Il pense qu'il va défaillir.

Gareth, lui, se met immédiatement en position de combat. Il n'est pas question qu'il laisse ce criminel s'approcher. Quand bien même il ne souhaite pas s'intégrer dans la société humaine, et qu'il préfère vivre dans la forêt, il reconnaît, en partie grâce à Jasper, que le meurtre inutile devrait être puni. Et il ne le laissera pas s'en prendre à son protégé, à son petit fossoyeur. D'un air mauvais, il le défie de s'approcher, la tête haute et le regard noir, tandis qu'il tend ses mains vers les arbres pour leur commander d'attaquer son ennemi. Le spectrum lève les mains en signe de paix. Il indique très clairement qu'il ne souhaite pas se battre et seulement parler. Le desséliande baisse ses bras, mais reste sur le qui-vive.

« Du calme. J'étais venu m'excuser », commence le spectrum.

« T'excuser ? » Demande le desséliande, méfiant.

« M'excuser en effet. J'ai fait quelques années de prison pour cette agression, avec raison. Cela m'a fait un peu réfléchir. Il m'a fallu du temps pour réaliser que s'intégrer à la société humaine était la meilleure chose à faire. Malgré l'enseignement de mes parents, je n'ai plus besoin de tuer, comme toi, tu n'as plus besoin d'enfermer ceux qui abîment la forêt dans les branches des arbres. Je suis déjà un peu vieux, j'imagine, à soixante ans, j'aurais dû le comprendre plus tôt. Tu as quoi, la quarantaine ?

- J'ai quarante-deux ans.

- C'est bien ce que je croyais. Eh bien à quarante-deux ans, tu as l'air d'avoir plus d'expérience que moi dans la vie. Malgré ton appartenance à la Team Avalon, tu sembles pouvoir faire la part des choses.

- Pardon ?

- Je suis au courant. J'en fais partie aussi et je me suis renseigné sur toi. »


Jasper est toujours blanc comme un fantôme et ne sait pas ce qu'il doit en penser. La Team Avalon n'est-elle pas censée détester les humains ? Pourquoi Gareth l'a-t-il défendu, dans ce cas ? Était-ce pour cela qu'il avait dit qu'un spectrum qui vole la vie des autres est dans l'ordre des choses ? Pendant que le spectrum s'avance, Jasper recule. Des gouttes de sueur commencent à perler le long de sa tempe et à couler lentement dans son cou. Gareth, lui, reste en place. Il n'a pas l'air d'avoir peur, au contraire, il reste stoïque et fixe son ''camarade'' dans les yeux. Les deux se jaugent de haut en bas, l'un sourit, l'autre ne dit rien. Probablement qu'il attend la suite, et pourquoi il s'est renseigné sur lui.

« Tu es un traître.

- Je te demande pardon ?

- Tu es un traître. Tu as enfermé un pokémon qui ne faisait qu'agir selon sa nature, tout cela pour sauver un humain.

- Je croyais que tu te repentissais. »


Le spectrum était de plus en plus proche.

« Ah ah, tu y as cru ? »

A ces mots, le spectrum se jeta sur le desséliande, qui avait baissé sa garde. Il le serra de toutes ses forces, comme un rapace serrerait une souris, et lui lécha doucement le cou de sa langue gazeuse. Jasper voulut hurler, mais aucun son ne daigna sortir. Il était comme figé. Gareth poussa un juron en repoussant son adversaire et l'attaqua de toutes ses forces, le frappant de plein fouet. Le spectrum alla s'écraser quelques mètres plus loin et se releva en ricanant, tenant sa joue endolorie, mais fier de lui. Le pauvre desséliande n'avait plus aucun moyen de s'en sortir à présent. Dans les quelques jours, il dépérirait et mourrait.

Mort de rage, Jasper se jeta de lui-même sur l'hybride qui avait osé attaquer son ami. Il tenta de le frapper de ses pauvres poings humains, mais son adversaire l'envoya vite au tapis avec une simple hypnose. Pour s'amuser, il lui jeta un dévorêve et s'amusa de le voir se tortiller au sol, en plein cauchemar terrible. Il ne comptait pas le tuer, cela dit. Il se disait que cela servirait de petit avertissement aux humains de Kalos, pour qu'ils sachent que les pokémons n'avaient pas tous renié une partie d'eux pour s'adapter à leur ridicule mode de vie. Après tout, la Team Avalon devait s'étendre à d'autres régions que Hoenn si elle voulait une vraie influence, même si ce n'était pas l'action isolée d'un petit sbire qui changerait quoi que ce soit.

Sans un mot, il s'éloigna du Desséliande, qui respirait bruyamment et qui tentait désespérément de réveiller son ami. Il ne tenta même pas de rattraper son ennemi, il avait plus important à faire. Le bien-être de son protégé valait plus que toutes les vengeances du monde. Il finit par donner des claques au jeune Jasper, qui émergea doucement, encore dans le coaltar. Il ouvrit et ferma les yeux dans une tentative désespérée d'en sortir. Quand il aperçut Gareth, il eut un sourire rassuré. Finalement, il n'avait fait que dormir. Personne n'avait vraiment léché le cou de son ami. Tout était un cauchemar. Le desséliande serra Jasper de toutes ses forces dans ses bras.

« C'était un cauchemar n'est-ce pas ?

- Oui. Tout va bien. Tout ira bien. »



Acte III - Marchandage

Partie 1 : Tremblements

Tout ne va pas bien. Au fil des jours, Gareth devient de plus en plus pâle et tremblant. Jasper l'amène chez lui et reste à son chevet tous le long. Il a désormais les cernes de Devin, pendant qu'il s'occupe de son ami, tente de lui apporter des antidouleurs en vain, change la serviette chaude sur sa tête, lui amène régulièrement de l'eau et de quoi se soigner. Rien ne semble fonctionner. Un spectrum qui lèche un autre vivant lui met une épée de Damoclès sur la tête, une épée de Damoclès qui semble refuser de s'en aller peu importe combien on l'implore de le faire. Jasper passe ses journées à pleurer et est de plus en plus mal en point.

Il n'arrive pas à croire que rien n'était un cauchemar. Que tout était vrai. Et s'il avait fait autrement ? Et si au lieu de reculer pour laisser à son ami le soin de le protéger, il avait offert son propre cou au Spectrum ? Et s'il s'était jeté sur lui pour le repousser au bon moment, au lieu de rester tétanisé ? Et s'il avait combattu plus efficacement ? Et s'il n'avait pas agi comme un lâche ? Les questions défilent dans sa tête comme du poison se répandrait lentement dans ses veines. Ce poison semble devenir physiquement visible puisqu'il commence à ressembler à Devin. Des joues creusées, des cernes de la taille de ses yeux, un temps considérable passé à pleurer. Il a même perdu son sourire.

Alice et Martial, malgré leur éloignement, lui parlent encore de temps en temps. Après tout, le laporeille est comme son frère. Quant à Alice, elle reste une bonne âme sur laquelle on peut compter. Alors quand ils entendent, de la part de Devin, qu'il est si mal en point, ils ne peuvent rester les bras croisés et reviennent à Kalos. Avec Devin, ils aident à tenter de remettre Gareth sur pied, même si rien ne semble fonctionner. Alors ils tentent de consoler Jasper, et lui faire accepter la mort en douceur. Cela ne marche pas non plus. Jasper refuse d'accepter une fatalité qui aurait pu si facilement s'éviter. S'il le faut, il ira chercher Ho-Oh pour qu'il redonne vie à son ami.

Comme ils ne peuvent ni soigner Gareth, ni faire accepter sa future mort à Jasper, Alice tente de lui donner meilleure humeur. Elle joue devant lui des tours de prestidigitation. Par exemple, elle lui fait des tours de carte, elle fait voler des pokéballs avec des fils invisibles ou fait sortir des bouquets de fleur de son chapeau. Cela le fait sourire comme avant, alors elle continue. Elle lui propose même de les lui apprendre. Il accepte. Mais cela ne fait que lui redonner un sourire extérieur. Dans le fond, il est toujours aussi atterré. Ces tours, il va les jouer à Gareth, qui les apprécie et qui se sent un peu mieux chaque fois que son petit Jasper vient et fait sortir un bouquet de son chapeau.

« Tu sais Jasper », lui dit un jour Alice. « On a vraiment tout essayé. On l'a amené au centre pokémon, on a appelé tous les docteurs du monde, testé tous les traitements. Je crois que s'il survit, ce sera un miracle de Xerneas. Toutes mes condoléances... mais je crois que c'est fini.

- Un miracle de Xerneas ? »


Alice n'aurait pas dû dire cela, car Jasper passe désormais tout son temps libre à implorer Xerneas. Il le prie le matin, le midi, le soir, partout dans la journée, dès qu'il le peut. Parfois, il l'implore en criant et en pleurant « Xerneas, Xerneas ! ». Devin, qui l'entend depuis la cuisine, se sent de plus en plus mal pour lui. Gareth, quant à lui, aurait presque un sourire en voyant son ami supplier d'une telle façon pour lui. Même s'il sait que tout est fini, il pourra partir en sachant que quelqu'un l'aura aimé plus que tout au monde. C'est une pensée égoïste, car il sait bien que cela brisera le cœur de son protégé.

Et puis, en quelques jours, Gareth reprend des couleurs. Ses tremblements s'amenuisent. Il y a de nouveau de la vie dans ses yeux. Tout le monde reprend espoir et croit à un miracle. Jasper est estomaqué, terriblement heureux et soulagé, et il continue d'implorer Xerneas dès qu'il le peut. Au fil des jours, le desséliande peut marcher à nouveau. Et finalement, il guérit entièrement. Personne ne sait si ce sont les soins intensifs, si le spectrum ne l'a pas léché assez fort, ou s'il s'agit tout bonnement et simplement d'un miracle, mais tout le monde est heureux et fait la fête pour célébrer cela. Jasper n'a jamais été aussi heureux de toute sa vie, et persuadé qu'il s'agit de Xerneas, il le remercie comme il n'a jamais remercié personne.

Cela dit, cela lui laissera des séquelles. Il est désormais terrifié à l'idée de perdre ses proches, tellement que cela lui donne des crises d'angoisse. Il sait que la prochaine fois que quelqu'un tombera gravement malade, il ne suffira peut-être pas de prier Xerneas pour le ramener. Cela ne peut pas fonctionner à chaque fois. Il commence à se poser des questions sur la mythologie pokémon. Et si certains d'entre eux étaient capables de ramener les gens à la vie ? Il lui semble que c'est le cas de Ho-Oh. S'il pouvait rencontrer ce dernier et lier un lien amical avec lui, il pourrait peut-être le convaincre d'éviter la mort de ses proches. Et qui sait, peut-être pourrait-il même lancer un projet à plus grande échelle, s'il rencontrait son bien-aimé Xerneas ? C'est ce jour-là qu'il décida de faire des études en mythologie pokémon approfondie. Il n'y a qu'ainsi qu'il pourrait apprendre tout ce dont il a besoin. Il dut dire au revoir à Devin, Alice, Martial et Gareth pour se rendre à Illumis. Bien entendu, il leur rend encore de nombreuses visites. Il n'y a qu'une route à traverser pour cela.

Partie 2 : Le Dieu de la vie


Xerneas, le dieu de l'existence. Yvetal, le dieu de l’annihilation. On pourrait croire que les deux vivraient dans un parfait équilibre, puisque la mort est nécessaire à la vie et que la vie est nécessaire à la mort. Mais d'après ses études, ce n'est pas le cas, les deux cherchent à se détruire l'un l'autre, comme s'il ne pouvait y en avoir qu'un. Pour Jasper, ce que cela signifie est très clair. La mort se bat contre la vie et vice versa. Un jour, il y aura un gagnant. Et la dernière chose que Jasper veut, c'est que ce soit Yvetal qui remporte ce combat des titans.

Malgré tout, il y a bien un équilibre, mais il est maintenu par un troisième dieu. Zygarde, le légendaire qui empêche Yvetal et Xerneas de s’entre-détruire. Pour qu'il faille ajouter un troisième élément à l'équation, Jasper se dit que le calcul de départ n'est sans doute pas fait pour amener à un équilibre. Quand on lui dit que la mort est nécessaire à la vie et que la vie est nécessaire à la mort, et que sans mort, il n'y aurai aucune vie, Jasper répond que c'est théologiquement faux. Qu'en vérité, la vie et la mort souhaitent s’entre-déchirer, et qu'il faut l'équilibre pour les empêcher de le faire. Un moment, Jasper se demande si cet équilibre est bien une bonne chose, et s'il ne faudrait pas le faire sauter pour que la vie puisse prendre le pas sur la mort.

Les autres élèves ont tendance à le trouver étrange, à passer ses journées dans la bibliothèque à chercher des informations sur tous les dieux qui ont un rapport de près ou de loin avec la vie ou la mort. Il n'a pas beaucoup d'amis, et il n'en cherche pas. Tout ce qui l'importe, c'est de trouver toutes les légendes qui peuvent lui permettre d'arriver à ses fins, et d'avoir les meilleures notes possibles pour être certain d'avoir tout maîtrisé. Il s'intéresse aussi un peu à Ho-Oh, qui est capable de ressusciter les morts, et à Dialga et Palkia, qui pourraient lui permettre de créer de nouveaux univers pour accueillir tous les défunts et les vivants.

Il s'imagine déjà toutes les familles qu'il pourrait réunir. Tous les pleurs de joie quand les endeuillés retrouveraient leurs proches. Dans un monde où nul ne pourrait mourir, il n'y aurait plus de besoins non plus. Or les gens volent, tuent, font le mal pour satisfaire leurs besoins et envies. Sans mort, ils n'auront plus de besoins, et ne voleraient plus, ne tueraient plus, ne feraient plus le mal pour les satisfaire. Il y aurait toujours l'envie, mais qui pourrait tuer dans un monde sans décès ? Tout le monde ne se prêterait-il pas tout ce qu'il possède ? Ne serait-ce pas là un monde parfait, la quête du véritable bonheur achevée ?

C'est dans cette période qu'il commence à prendre des cours de violon. Au début, il a seulement dans l'idée de pouvoir jouer des requiem pour pouvoir faire plaisir aux morts, mais au fil du temps, cela devient son échappatoire. Cela lui permet de se détendre et d'oublier que Gareth, Alice, Martial et Devin risquent de mourir à tout moment. Cela l'angoisse tellement que c'est dans cette période qu'il commence l'alcool. Il est particulièrement friand de vodka, et il a tendance à se saouler pour oublier toutes ses peurs inconscientes. Malgré son sourire permanent, Jasper est devenu un très grand anxieux.

Il se fait néanmoins remarquer par Angéline, une jeune fille de son âge qui fait les mêmes études que lui. Elle n'a cependant pas de carte dresseur et souhaite devenir théologienne. Elle lui demande ce qu'il fait ici plutôt que d'aller parcourir le monde. Jasper, qui ne souhaite pas passer pour un fou, lui dit qu'il s'intéresse beaucoup aux mythes, et qu'il ira parcourir le monde quand il en saura suffisamment pour pouvoir raconter des histoires aux quatre coins du globe. Après cela, il sort son jeu de cartes et lui demande d'en tirer une. Elle le fait et la remet au hasard dans le deck. Il mélange ce dernier, puis il lui sort exactement la carte qu'elle avait choisie.

« Je veux donner le sourire aux gens avec mes tours et en leur racontant des histoires », dit-il. Elle est un peu sous le charme.  

Angéline est sa première aventure de jeunesse. Elle ne dure cela dit pas longtemps, car la jeune femme ne tarde pas à remarquer ce quelque chose d'obsessionnel chez Jasper. Toujours cette envie de lui demander si elle va bien, de lui demander ses dossiers médicaux pour les vérifier, de lui demander gentiment d'aller se faire ausculter chez un généraliste, et surtout, cette obsession morbide qu'il a pour Yvetal, à chercher désespérément des légendes qui le concernent. Il finit par la fatiguer et lui faire un peu peur, alors elle rompt. Jasper vit alors son premier petit chagrin d'amour, à peu près aussi éphémère que leur relation.

Au début, même s'il a conscience que c'est très étrange, Jasper la surveille un peu de loin pour vérifier qu'elle ne tombe pas malade ou ne meure pas en son absence. Les gens qui le remarquent le prennent pour un simple stalker en manque d'affection maladif, pourtant il ne semble jamais retourner parler à Angéline, il ne fait que la regarder et vérifier ses comptes sur les réseaux sociaux. Elle-même le remarque, et finit par avoir tellement peur qu'elle le menace de porter plainte. Il ne comprend pas pourquoi elle voudrait le faire. Après tout, il ne la harcèle pas, il ne fait que vérifier si elle n'est pas morte et si il ne doit pas l'ajouter à la liste des gens à ressusciter. C'est qu'il tient encore un peu à elle.

Partie 3 : L'enquête

A vingt-cinq ans, la fin de ses études, il décide qu'il ira trouver Ho-Oh pour faire ressusciter ses parents. Il s'agira de sa première expérimentation avant qu'il lance son grand projet. Mais tout d'abord, il faut qu'il sache qui ils étaient exactement et qu'il retourne dans sa maison à Romant-Sous-Bois. Après tout, tout ce qu'il connaît d'eux, c'est qu'ils s'appelaient William et Blair Hodgkin, rien de plus. Il décide de commencer des recherches sur ces prénoms. Il ne trouve aucun maçon d'Illumis qui ait porté ce nom, mais en revanche, il trouve un gérant de casino. Cela le fait tiquer. Il mène des recherches plus approfondies, et ne trouve rien sur ce maçon. C'est comme s'il n'avait jamais existé.

Puisque Internet et les archives ne donnent rien, il ira plutôt se renseigner chez son frère. Ce dernier a d'abord l'air interloqué, l'air de se demander pourquoi son frère se pose des questions soudainement. Pourtant, il ne l'a jamais fait avant. Il lui répond que leur père n'aimait pas beaucoup la technologie, et que c'est pour cela qu'il n'a pas laissé une seule trace sur Internet. Quand Jasper lui demande s'il a laissé la moindre autre trace n'importe où, Devin lui répond que non, pas qu'il sache du moins. Il lui demande quelle était la profession de sa mère. Après avoir légèrement hésité et jeté un regard vers la fenêtre, il lui répond qu'elle était fleuriste.

Il en est de même pour elle. Jasper ne trouve absolument aucune information sur une certaine Blair Hodgkin qui serait fleuriste. Il ne trouve même pas d'acte de décès. Il va en parler à Gareth, et quand il lui demande s'il a assisté à l'enterrement de ses parents, il lui répond que non, pas du tout. Que cette tombe semble être apparue du jour au lendemain, et que c'est pour cela qu'il s'en souvient si bien. Jasper trouve cela de plus en plus mystérieux et surtout de plus en plus louche. Il décide alors d'engager un détective privé.

Même ce dernier ne semble trouver aucune information. Jasper lui demande tous les jours l'avancée de l'enquête, et il lui dit que rien, que ce William et que cette Blair semblent être apparus du jour au lendemain pour mourir. Il lui dit tout de même qu'il parviendra à trouver le fin mot de l'histoire, car elle est bien trop étrange pour être honnête et que cela l'intéresse beaucoup. Plus il y a de challenge, plus il est intéressé, apparemment. Jasper est un peu moins enthousiaste. Il veut seulement savoir qui sont ses parents, pas se lancer dans un mauvais thriller.

« Écoute Devin », s'énerve un jour Jasper, « même le détective privé que j'ai engagé ne trouve aucune information sur papa et maman. Cela devient trop étrange pour être honnête.

- Je ne comprends pas pourquoi tu veux autant savoir qui ils étaient. Tu ne les a même pas connus.

- Je veux le savoir parce que c'est important pour moi. »


Il ne dira pas qu'il compte tenter de les ressusciter et que pour cela, il aura peut-être besoin d'être certain de qui ils sont au préalable. Devin se braquerait, et jamais il ne le saurait alors. Non, la meilleure chose à faire, c'est de faire croire qu'il est simplement en quête de ses origines. De nombreuses personnes le sont après tout. Quand on n'a pas connu ses parents, il est tout à fait naturel de vouloir savoir qui ils sont à un moment ou à un autre. Ce n'est pas le cas de Jasper, mais il a juste à le faire croire.

Devin baisse les yeux et regarde le plancher. Jasper a de plus en plus l'impression qu'il a quelque chose à cacher. Pourquoi serait-il tellement réticent à avouer quoi que ce soit s'il n'avait aucun secret ? Jasper fronce un peu les sourcils. Cette histoire est tout de même de plus en plus louche et tout comme l'a dit le détective, il en trouvera le fin mot. Il est désormais curieux et rien ne pourra l'empêcher de savoir qui sont, ou plutôt qui étaient Blair et William Hodgkin.

Un jour, le détective le contacte pour lui apprendre que Devin n'a pas toujours vécu à Kalos. Qu'en réalité, il est arrivé dans ce village exactement deux semaines avant la date qui a été écrite sur la tombe, et qu'auparavant, il vivait à Unys, plus exactement dans une villa à Papeloa. Jasper est complètement estomaqué. Ils seraient morts une ou deux semaines après leur arrivée à Illumis ? Mais pourquoi est-ce que Devin ne lui a jamais parlé de l'endroit où ils habitaient auparavant ? Pourquoi lui a-t-il caché le fait qu'ils avaient déménagé ?

« Tu vivais à Papeloa avant, Devin », le confronte Jasper. « Pourquoi tu ne me l'as pas dit ? »

Encore une fois, Devin regarde la fenêtre, la bouche légèrement entrouverte, et semble chercher ses mots. Ce tic commence à énerver Jasper de plus en plus. C'est comme s'il le prenait pour un idiot, et qu'il ne pouvait pas voir qu'il est évident qu'il cherche un mensonge de plus. Jasper serre légèrement les poings. Est-ce que pour une fois, il ne peut pas être simplement honnête ? Ce n'est plus un enfant, il n'est plus en sucre, et même si la vérité peut être difficile, il est largement capable de la supporter à son âge.

« Je ne pensais pas que c'était nécessaire.

- Pas nécessaire, je crois que tu te fiches de moi. »


C'est là-dessus que se termine leur discussion. Jasper n'aura pas appris grand-chose de plus, mais il s'en moque, l'important est qu'il le sache un jour. Et grâce à l'aide de son détective privé, il le saura définitivement.

Acte IV - Dépression

Partie 1 : La vérité véritable

« Écoute Jasper », soupire un jour Devin, « arrête cette enquête. Cette tombe est fausse.

- Je te demande pardon ?

- Cette tombe est fausse. Je ne sais pas si ta mère l'est, mais notre père est en vie.

- Quoi ? Je te demande pardon ? » Il faut un moment pour que Devin réponde, il

- Laisse-moi t'expliquer. Notre père est un sbire de Chronos. Il est le gérant non-officiel d'un casino à Lavandia, alors que le PDG officiel est un hybride. Son esclave hybride. Il utilise son entreprise pour blanchir l'argent de la vente de pokédrugs à Hoenn, et a son compte implanté dans cette région, pendant que lui vit bien caché à Unys. Crois-le ou non, cela fait un carton dans cette région, car les esclaves rescapés y viennent trouver refuge et qu'ils y sont souvent accroc. Les Hodgkin sont en réalité une famille très riche de par leurs activités, et je suis leur fils légitime. Quant à toi, tu es un demi-hybride. Tu es le fils de notre père et d'une magirêve.

- ...

- Tu m'as bien entendu. »
Devin soupira longuement. Les mots refusaient de sortir de sa gorge. « Cette magirêve était son esclave. Mais il ne t'aimait pas, car tu étais un fils illégitime, la preuve qu'il avait fauté, ce qui aurait été terriblement mal vu. Il a failli engager des hommes pour te faire tuer. Et là, ta mère m'a regardé dans les yeux et elle m'a dit ''s'il te plaît, sauve-le''. Alors je t'ai sauvé. Je suis parti à Kalos avec mes propres moyens pour m'installer à Romant-Sous-Bois. J'ai sacrifié pour toi ma mère, mon père, la richesse de ma famille et je ne l'ai jamais regretté. J'ai créé cette fausse tombe pour que le jour où tu poserais des questions, je puisse te raconter une histoire bateau. Voilà. C'est tout. Ah, et je t'aime. Sache-le. Cela ne change rien. Sinon, je ne serais jamais parti pour toi et je n'aurais rien sacrifié.

- Je... merci Devin. »


Jasper est livide comme un linge. Voilà donc la vérité. Voilà pourquoi son frère a toujours eu l'air si fatigué. Il a dû tout abandonner. Toute sa vie. Pour lui. Et tout cela à cause de qui ? A cause d'un père chronosien égoïste qui n'a pas voulu d'un enfant semi-hybride, et qui a voulu le tuer. Jasper a comme un étau autour du cœur. Son papa qu'il a tant idéalisé dans sa tête, qu'il a imaginé revenir et le faire tourner dans ses bras, lui tapoter la tête et lui dire qu'il est fier de lui. Ce papa-là, c'est en réalité un monstre qui a voulu le tuer. Et qui en a sûrement tué d'autres pour arriver à ses fins. Et en tentant de le faire, il a détruit la vie de son propre fils aîné.

Pendant quelques jours, Jasper refuse de sortir de sa chambre, s'enfile des bouteilles entières de vodka et passe son temps à jouer du violon. Le deuil par lequel il doit passer est le plus lourd et le plus douloureux qu'il ait jamais vécu, pourtant il en a vécu. Il ne peut s'empêcher de poser des questions malgré tout. Et si l'acte même de tuer avait été une chose impossible ? Devin aurait probablement pu continuer à vivre sa vie, il n'aurait pas eu à prendre la charge d'un poids comme Jasper. A cette pensée, il se met à pleurer. Est-ce là tout ce qu'il est ? Un poids ?

Est-ce à cause de lui que Devin a ces cernes creusées de la taille de ses yeux ? Est-ce à cause de lui qu'il est si pâle? Est-ce à cause de lui qu'il se sous-alimente ? Est-ce que parce que dans le fond, il regrette d'avoir pris la décision de le sauver ? Martial vient parfois ramener son repas à Jasper, pour le sortir de la léthargie dans lequel il se plonge, et il lui demande de se confier. Alice et Gareth viennent parfois aussi, fortement préoccupés par l'état de leur ami. Le jeune homme doit prendre quelques jours, alors qu'il est allongé dans son lit, pour finalement mettre des mots sur ce qu'il ressent.

« Si je n'étais pas là, Devin n'irait pas aussi mal. Il serait en bonne santé. Il serait heureux, entouré par une famille qui l'aime. Je suis l'élément perturbateur qui vient tout foutre en l'air. C'est à cause de moi que Devin est malheureux.

- Mais qu'est-ce que tu racontes ? »
S'écrie Gareth. « C'est parce que ton frère t'aime qu'il fait des sacrifices pour toi.

- Je sais qu'il m'aime. Là n'est pas le souci. Le souci, c'est les conséquences que son amour pour moi ont sur sa vie. Je ne veux pas ça pour lui. Je veux qu'il puisse revenir auprès de sa famille.

- Jasper, tu es sa famille »
, murmure un Martial tremblant. « Tu es ma famille.

- Oui, je sais. Et on devrait justement penser au bien-être de sa famille avant de penser au sien. »


C'est sur cette conclusion ouverte que se termine la discussion. Jasper ne semble pas vouloir dire un mot de plus et répond par des monosyllabes. Il a pris une décision. Il peut déprimer, mais il ira déprimer ailleurs. Le plus loin, le meilleur. Il a vingt-six ans. Il est plus que temps de commencer sa vie de dresseur, la vie pour laquelle il a fait des études quand il était petit. Il allait partir et découvrir le monde. Et ainsi, Devin pourrait retourner aux côtés de son père et de sa mère, vivre dans l'opulence, et être finalement heureux. Heureux, que Jasper soit là ou non.



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MessageSujet: Re: Pourquoi la vie ressemble à un avis ? || Jasper Hodgkin || U.C    Mar 20 Juin - 23:53

Histoire •

Partie 2 : Ceux qui sont toujours là

Jasper passe de plus en plus de temps auprès des tombes. Il a parfois l'impression qu'elles lui tiennent compagnie. En vérité, c'est le cas, quelque part. Il leur parle comme s'il s'adressait à des vivants. Qui sait, peut-être qu'ils l'écoutent, il n'en sait rien. Peut-être qu'il existe des esprits qui n'ont pas encore quitté ce monde, sans doute parce qu'il leur reste quelque chose à faire ? Si c'est le cas, il est certain qu'un peu de compagnie doit leur faire du bien, comme elle lui fait du bien à lui. Il passe souvent ses journées allongées à côté d'elles pour discuter.

Il fait toujours son travail de fossoyeur, il le fait même avec plus de ferveur qu'il ne l'a jamais fait. Il veut que les tombes de ses amis soient les plus belles et les mieux entretenues possibles. Gareth vient souvent lui apporter son aide, mais il décline et il lui demande d'aller s'occuper d'autres sépultures. Il lui dit quelque chose comme « bien sûr, je veux bien de ton aide, peux-tu t'occuper des tombes à l'autre bout de la forêt ? Je n'en ai pas eu le temps. » Ce n'est pas qu'il ne l'aime plus, ni qu'il ne veut plus lui parler, c'est qu'il a un très grand besoin d'être seul.

Son entourage trouve cela extrêmement préoccupant. Comment peut-on préférer la compagnie des morts à celle des vivants ? Alice vient souvent lui poser la question, il répond que ce n'est pas le cas et qu'il va très bien. Qu'il tente simplement de faire son travail correctement. Ce malgré les grandes cernes qui soulignent ses yeux, comme s'il pleurait en permanence. Martial, Devin, Gareth et Alice s'inquiètent de plus en plus, et ils viennent de plus en plus le déranger, seulement pour se faire rembarrer de plus en plus.

Alice vient lui apporter un gâteau fait maison, un jour. Il la remercie chaleureusement, mais il le mange avec un regard tellement vide et tellement absent qu'elle ne peut plus penser qu'il va bien. Il y a définitivement quelque chose qui cloche. Et ce quelque chose, elle croit savoir ce que c'est. Jasper pense avoir gâché la vie de son frère par sa simple existence, elle en est persuadée. Alors un jour, elle décide de le confronter à ce sujet. De lui demander en face ce qui ne va pas, car auparavant, elle n'a réussi qu'à lui poser de vagues questions. Désormais, elle aura sa réponse, dusse-t-elle le forcer à se confier.

« Dis-moi Alice », demande Jasper pour toute réponse, « ne penses-tu pas que c'est la mort qui pousse l'être humain aux pires vices ? Si mon père n'avait pas pu me tuer, il n'aurait pas tenté de le faire, et Jasper n'aurait pas eu à s'enfuir avec moi. Il y aurait tant de gens qui auraient évité les pires injustices. Et sans mort, il n'y aurait plus de désir, pas vrai ? Pourquoi vouloir du confort avec une énergie vitale infinie ? Le désir est ce qui pousse au vice. Du moins je le pense. Supprimer la mort, ce serait supprimer le vice et en arriver à un monde parfait. Tu ne crois pas ?

- Qu'est-ce que tu me racontes là ? Je t'ai demandé pourquoi tu n'allais pas bien.

- Ce n'est pas la réponse à ta question, d'accord. Mais c'est une question intéressante tout de même. Qu'est-ce que tu en penses ?

- J'en pense que tu prends de plus en plus d'airs de gourou de secte, et que tu es un peu cinglé. Mais pour te répondre, non. D'abord parce que la suppression de la mort n'impliquerait pas la suppression du désir, et que si les gens ne pouvaient pas tuer, ils trouveraient d'autres moyens, comme la torture. Et puis la mort et la vie sont nécessaires l'une à l'autre. Comment veux-tu vivre sur une planète surpeuplée ? Et comment veux-tu que de nouvelles vies puissent apparaître s'il n'y a pas de place pour elles ?

- Il n'empêche que cela réglerait beaucoup de problèmes. Quant au souci de surpeuplement, il suffirait de trouver d'autres planètes. Les pokémons légendaires, maintenant qu'ils ont forme humaine et vivent parmi nous, ne doivent pas être bien difficiles à dénicher...

- Toi tu as de la fièvre. Je vais te chercher de l'eau. »


Alice se lève et s'en va. Pourtant, Jasper n'a pas de fièvre. Il pense sincèrement tout ce qu'il a dit. Peut-être parce que sa déprime est si forte qu'il ne peut que tenter de trouver les solutions qui auraient pu l'éviter. Peut-être parce qu'il devient vraiment fou. Côtoyer presque exclusivement des tombes n'est peut-être pas la meilleure façon de se sociabiliser durant son enfance. Xerneas, Ho-Oh. Palkia. Dialga. Seraient-ils seulement d'accord avec lui ? S'il argumentait avec eux, est-ce qu'ils pourraient comprendre ce qu'il entendait ? Et s'ils ne comprenaient pas ?

Jasper attend qu'Alice lui ramène de l'eau et il la boit d'un air pensif, sans se lever du lit où il est nonchalamment allongé. Il ne le quitte pas pendant quelques jours et attend qu'on lui ramène son repas. Pendant un moment, Devin hésite à l'emmener voir un psychiatre, mais devant le refus catégorique de Jasper, il soupire et finit par céder et le laisser s'allonger. Puis quelques jours plus tard, il repart s'occuper des sépultures et reprend sa routine. Son entourage est de plus en plus inquiet mais le montre de moins en moins. Après tout, tout ce que cela parvient à faire, c'est braquer Jasper, qui soutient que les tombes ont besoin de compagnie aussi.

Partie 3 : La vie de dresseur

Un jour, Martial rompt son lien avec Devin et en établit un avec Alice. Il lui explique qu'il veut qu'elle soit sa dresseuse et qu'ils aillent parcourir le monde ensemble. Devin accepte avec joie. Même s'il est un peu triste de voir son petit frère de cœur s'en aller, il est heureux qu'il prenne enfin son indépendance et qu'il puisse aller découvrir le monde. Du côté de Jasper, cela ne lui donne plus qu'une seule envie. L'envie de faire de même et de devenir enfin dresseur, comme il aurait dû le devenir après être allé à l'école.

Il ne veut plus vivre près d'Illumis, ni à Romant-Sous-Bois. Il veut que son frère puisse rentrer à Unys et ne soit plus retenu par lui. Mais pour cela, il n'a pas trente-six solutions, il faut qu'il parte. Et ce n'est pas la seule raison. Lui aussi, il faut qu'il aille dans cette région. Il a voulu ressusciter ses parents. Il n'aura peut-être pas besoin de le faire, car sa mère qui l'aime sûrement est sans doute toujours en vie. Et il peut toujours la sauver. Il pense bien que c'est une bonne raison pour s'en aller et pour devenir enfin dresseur, ce pourquoi il est allé à l'école avant de devenir fossoyeur.

« Tu devrais retourner à Unys, Devin », propose Jasper. « Ton père et toute ta famille t'attendent.

- Qu'est-ce que tu racontes ?

- Tu devrais retourner à Unys. Je n'ai pas fait des études de dresseur pour rien, je m'en vais comme Martial et Alice. Mais avec Gareth. Je ne vois pas ce qui te retient à Romant-Sous-Bois. Je suis certain que ta famille s'inquiète beaucoup. Tu es leur héritier. Ta mère, ton père. Est-ce qu'ils ne te manquent pas ? Dis-le moi franchement.

-... »


Devin s'est contenté de regarder le sol et n'a pas répondu. C'est le cœur lourd et les yeux vitreux à force d'avoir pleuré que Jasper demande à Gareth de se lier à lui par une pokéball. Ce dernier comprend qu'il veuille commencer à vivre sa vie, même s'il ne sait pas que c'est pour cesser de pourrir celle de Devin. Il est flatté que son petit Jasper lui demande d'être son premier partenaire en tant que dresseur, alors il accepte. Ils s'en vont tous les deux acheter une pokéball dans un magasin, pressés de voir quelle couleur elle pourra bien prendre une fois que le pacte sera fait.

Lorsqu'ils créent le lien, la boule rouge prend soudain une couleur rose et jaune. Les deux sont un peu surpris. Ils s'attendaient à ce qu'elle soit violette et rose foncé, avec un M dessus, la balle qui lie les meilleurs amis et confidents. Mais non, elle a pris la couleur de celles qui lient les membres d'une famille. Ou plutôt, dans leur cas, de ceux qui se considèrent comme tel. Cela a beau surprendre le duo, cela les fait aussi un peu sourire. Que sont-ils alors ? Des frères ? Un oncle et son neveu ? Un père et son fils ?

C'est ce jour-là qu'ils partent ensemble découvrir le monde. Forcément, ils arrivent d'abord à Illumis, et avec les quelques pokédollars qu'ils ont sur eux, ils payent un hôtel. Jasper s'étale sur le lit, quand bien même il n'a traversé que la route quatorze pour la énième fois. Gareth s'assoit à côté de lui pendant qu'il enlève ses chaussures. L'ambiance est réconfortante. Cette chambre d'hôtel représente pour eux l'aube d'une nouvelle aventure. Après un long silence sans gêne, simplement reposant, le desséliande finit par prendre la parole.

« Et que comptes-tu faire, en tant que dresseur ? Aller te battre à la ligue ? Être connu à la télévision ? Parcourir le monde ?

- Parcourir le monde. Mais d'abord, je veux me rendre à Unys et retrouver ma mère pour l'arracher des griffes de mon géniteur. Tu m'accompagnes ?

- Tu veux sauver ta mère ? N'est-ce pas une mission impossible ? Ton père m'a l'air d'être quelqu'un de très influent. Dans le sens où il est riche. Les gens riches ne sont pas une partie de plaisir à attaquer, surtout lorsqu'il s'agit d'être un fils illégitime qui veut voler une esclave.

- Il faut que je le fasse. C'est ma maman. Elle a souffert pour moi. S'il le faut, je souffrirai pour elle.

- Si tu es sûr de toi, je te suivrai. Tu sais que tu es mon protégé. Je ne laisserai personne te faire du mal.

- De même pour toi, Gareth. »


C'est ainsi que le lendemain matin, Gareth et Jasper partent sur la route en direction d'Unys. Ils ont un peu de difficultés au départ, surtout lorsqu'il faut camper, mais les connaissances de la forêt du Desséliande leur servent beaucoup. Grâce à lui, ils parviennent à trouver de quoi manger, de quoi construire des abris, de quoi vivre pleinement une aventure, en somme. Ils sont tout de même heureux chaque fois qu'ils peuvent passer en ville pour prendre une douche et faire le plein de provisions et de matériel médical. L'aventure oui, mais quand il y en a trop, cela devient un peu difficile à vivre.

Quand ils peuvent enfin prendre le ferry, ils s'installent presque confortablement en troisième classe en attendant d'arriver à Unys. Ils se posent beaucoup de questions en chemin, comme par exemple, s'il est réellement une bonne idée d'y aller comme cela sans établir de plan au préalable et sans prévoir ce qu'ils feront ou diront, mais il est désormais trop tard pour reculer. Ils iront simplement à Volucité pour rencontrer la famille de Jasper et ils enlèveront la pokéball de sa mère. Cela semble être un bon plan, du moins à première vue.

Acte V - Rébellion

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