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 【 Stars always shine for you 】 ▬ ANUSHA

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MessageSujet: 【 Stars always shine for you 】 ▬ ANUSHA   Dim 10 Sep - 22:23



「 STARS ALWAYS
SHINE FOR YOU 」

Anusha & Altais
Altais n'aime pas Poivressel. Du moins, il ne l'aime plus. Bien que la ville ait été le théâtre de son enfance, c'est sûr une scène tragique que le rideau est retombé. A chaque fois que le dragon passe près du port, il se rappelle le jour de son départ. Il se revoie, tout jeune qu'il était encore, sa valise à la main, prêt à rejoindre Kalos et sa ville lumière afin de poursuivre son rêve. Il se rappelle des adieux hésitants de ses parents, de leurs accolades tremblantes, de leurs regards perdus. Il se souvient de leurs mains gauches privées de leurs anneaux d'engagement, du vide dans son cœur, de la colère dans ses entrailles. Ce jour-là, ses parents ont décidés de l'abandonner. Altais a eu du mal à s'y faire, les premiers temps. Mais il a fini par s'y habituer – comme à tout. Mais malgré tout, l'air salé de la ville portuaire lui laisse toujours ce goût âpre sur la langue, cette désagréable sensation de revenir fouler la terre que l'on a abreuvé de sang par le passé. Comme s'il marchait sur les cendres d'une vallée à laquelle il aurait lui-même mit feu par inadvertance, en jouant innocemment avec des allumettes, inconscient du danger. Et le temps a eu beau passer, l'herbe a eu beau repousser, il demeure dans l'air et enfoui sous terre les regrets sincères d'un dragon légendaire.

Mais Altais n'est pas de ceux qui se rendent compte de leur chagrin. Il l'enfouie plutôt au plus profond de lui-même, tellement loin qu'il fini par les oublier. Ou par se forcer à les oublier – il ne saurait le dire lui-même. En tout cas, cette étape de sa vie n'est plus apte à lui tirer la moindre larme – elle lui provoque tout au plus une désagréable sensation au creu de l'estomac, comme une envie de vomir qui surgit sans explication. Ca ne l'empêche pourtant pas de venir régulièrement à Algatia. Bien qu'il apprécie Pacifiville, où il est désormais établi depuis quelques annés, elle n'a pas le dynamisme propre à une mégalopole. Et pour quelqu'un qui a passé plus de vingt ans de sa vie à Illumis, le calme devient très vite ennuyant. Mais le Rayquaza n'a pas choisi cette ville-ci par hasard – s'il ne désire que de l'animation, Lavandia est bien plus adaptée. La capitale ne dort jamais : nuit et jour, les habitants comme les touristes flânent dans les rues, défilent dans les boutiques, piaillent avec animation et sirotent des verres en terrasse.

Mais il ne s'agit pas là d'activités qui enchantent le dragon vert. Depuis quelques mois maintenant, il fréquente régulièrement la maison de passe de la ville. Pas toujours pour s'abandonner dans les bras d'une femme, mais parfois seulement pour avoir de la compagnie. Pour s'entourer de personnes qui, il le sait, ne le chasseront pas. Qui l'accueillent toujours à bras ouvert – tant qu'il n'omet pas de laisser quelques billets en partant. Lors de son adolescence, Altais a bien évidemment goûté au plaisir de la chair. Pourtant, il lui semble n'en connaître la véritable saveur que depuis peu. Depuis qu'il a compris qu'une étreinte, aussi éphémère soit-elle, a le pouvoir de le guérir pendant quelques heures de la solitude qui pèse sur lui comme le monde sur le dos d'Arceus. Il trouve dans des bras cajoleurs l'attention qui lui manque, dans des baisers ardents la passion qui le fuit. Altais est évidemment conscient qu'il ne s'agit que d'une solution à court thème : de la même façon qu'une drogue, le sexe le satisfait le temps de quelques heures, avant que la réalité ne le rattrape et l'enchaîne de nouveau à sa solitude.

Lorsque Altais pousse les portes de la maison de passe, il est assailli par ces parfums devenus familiers. Parfois, il a l'impression qu'ils embaument l'air pour lui seulement, que les filles n'attendent que lui. Pourtant, le dragon sait bien qu'il n'est pas le seul habitué. Il demeure cependant celui qui assume le plus : les hommes qu'ils croisent sur le chemin, rouges comme des baies tomato et qui osent prétendre qu'ils ne viennent pas de la maison de passe, ça le fait doucement rire. Le sexe a beau être un code social chez l'être humain, il n'est pas toujours capable de l'assumer. Pourtant, il n'y a pas de mal à se laisser aller. D'autant plus que ces filles le font en pleine connaissance de cause. Il s'agit là de leur métier. Qui rougirait de faire appelle à un charpentier pour réparer son toit ? Pour un ancien Pokémon – et un demi-dieu de surcroit – Altais est bien plus à l'aise avec ce genre de chose. Bien qu'il ne soit pas recommander de comparer Rayquaza aux autres – il est un mystère, une énigme dépourvue de solution.

Un petit sourire aux lèvres, Rayquaza balaie l'entrée du regard. Pour lutter contre la chaleur étouffante des derniers jours, un petit ventilateur brasse l'air, installé sur le comptoir. De l'autre côté du bois, de dos, une jeune femme semble plonger dans des papiers. Qu'importe le marché, la maison de passe reste une entreprise qui doit gérer ses finances. Mais de l'avis du dragon, il y a des moments plus importun pour s'occuper de la paperasse. Pourtant, plutôt que de s'annoncer, il laisse son regard se balader sur les épaules, puis le dos, puis les fesses de la demoiselle. C'est la première fois qu'il la voit, il en est certain. Ses yeux se rappellent de toute les courbes sur lesquelles ils ont glissés. Et celles-ci, elles lui sont inconnues – et pourtant, elles réveillent en lui un sentiment étrange, une attirance qu'il ne saurait expliqué. Ce n'est pas comme s'il était excessivement en manque au point que la première paire de belles jambes lui fassent un tel effet. Et de toute façon, ce n'est pas seulement un désir charnel qui l'anime. C'est un sentiment plus profond, une sensation étrange et pourtant si familière. Comme s'il retrouvait quelque chose qu'il avait perdu – qu'il avait oublié.

Mais il lui en faut plus pour le déstabiliser. Et plutôt que de rester planter comme un piquet à la recherche du pourquoi et du comment, Altais s'adresse à la demoiselle :

Bonjour à toi ma jolie. Tu es nouvelle ici ? Je ne t'ai jamais vu auparavant – du moins, je crois ?



ALTAIS
{  A l'endroit comme à l'envers, ma vie est toujours aussi vide de sens }

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MessageSujet: Re: 【 Stars always shine for you 】 ▬ ANUSHA   Lun 11 Déc - 2:48
Anusha
&
Altais
Stars always shine for you
La vie à la maison de passe pour Anusha était une suite sans fin de jeux. Elle n'avait jamais vu cela comme une corvée, plutôt un moyen comme un autre de profiter de chaque instant que l'éternité avait à lui offrir. Si certains des compagnons d'Anusha trouvaient sans doute à la vie un goût fade, Latias, elle, en appréciait chaque minute et chaque seconde et à vrai dire chaque rencontre.

Anusha savait que tous les moments qu'elle passait avec quelqu'un étaient susceptibles d'être les derniers, qu'en un battement de cils tout pouvait simplement s'arrêter, que le temps passait vite et inexorablement et que le client d'hier aurait un fils qui serait bientôt le client de demain. Au début, cela la blessait, cela la fragilisait, mais désormais, elle voyait les visages défilés et les gravait dans sa mémoire, avec un soin et une mélancolie qui embaumait de douceur son cœur si solitaire.

D'ailleurs, à la pénombre du soleil en cette chaude journée, Anusha est en train de ranger quelques photos, les yeux rivés sur du papier jauni par les mois. Elle sait pertinemment qu'au fil des siècles tout ceci va s'effriter et partir en miettes, et qu'elle sera toujours en vie à ce moment-là, pour regarder ces souvenirs s'envoler en fumée. Malheureusement, il n'y a rien qu'elle puisse faire pour l'empêcher, à part les regarder, encore et encore, jusqu'à ce qu'elle puisse dessiner chacune de ses shilhouettes les yeux fermés. Elle est entrain d'en gribouiller une sur un cahier vierge quand elle entend la porte claquer. Immédiatement, elle se redresse et fait mine d'être absorbée par son travail, des feuilles de compte qu'elle n'a pas finit de classer.

Un coup de vent passe par la porte qu'on ouvre et immédiatement l'odeur de la mer monte jusqu'à ses narines. C'est normal, même si on est pas forcément prêt du port, toute la ville est imprégnée de cette odeur de sel. Anusha a appris à l'aimer, elle aussi. Quand la dragonne sent ce parfum, elle a l'impression de retrouver une vielle amie. Cela titille des souvenirs dont elle ne sait même plus qu'ils existent, ceux de ces siècles oubliés qu'elle passait à écumer les océans et le ciel. Le faisait-elle seule ? Ce devait-être une vie bien morose.

De son existence de pokémon légendaire, Anusha n'a que des souvenirs très vagues, ce qu'ont bien voulu lui dire les autres, et les livres. Ce qu'on raconte ou murmure sur les chemins. Mais même là, elle entend plus souvent parler de son homologue, Latias, que d'elle-même, qui n'est que la déclinaison chromatique de sa consœur, plus rarement vue, plus rarement connue.

Avec un sourire professionnel, Anusha réajuste sa jupe bleu marine et son chemisier blanc, des habits souples qui ne cachent ni totalement ses formes, ni ses jambes, mais qui ne laissent certainement pas entrevoir ce qu'elle cache derrière un sourire et le tissu. Elle veut être attirante, mais mystérieuse, assez pour que le client se demande ce qu'il peut trouver de plus beau encore quand il va défaire les premiers boutons de son haut.

▬ Bonjour à toi ma jolie. Tu es nouvelle ici ? Je ne t'ai jamais vu auparavant – du moins, je crois ?

Anusha se racle la gorge et se tourne, prête à désaffirmer -elle connaît tous les clients de la maison- mais se stoppe. Ses pupilles s'écarquillent un instant et elle ne peut s'empêcher de noter une légère tension qui s'insinue dans l'air. C'est drôle et c'est étrange, fascinant aussi, non seulement parce qu'elle ne le connaît en effet pas, ce qui l'étonne profondément, mais et surtout parce qu'en un instant, Anusha devine qu'une légende vient de rentrer dans sa maison. Et ça la trouble. La jeune femme n'a jamais été aussi certaine d'être face à un autre légendaire, en fait, elle en a l'intime et puissante conviction, et cela lui paraît étrange.

Anusha papillonne des yeux et chasse ses quelques doutes avec désinvolture, elle est orgueilleuse de son savoir, celui dont elle prétend qu'il lui permet d'évaluer les gens d'un simple regard. Elle ne va pas gratter plus loin, et se dire que tout ceci n'est que le fruit de son fabuleux instinct. Quant à son cœur qui lui remonte dans la gorge et son ventre qui se noue, elle met cela sur le compte du physique de son interlocuteur et l'émotion de rencontrer, enfin, après tant de temps, un congénère. Après-tout, ce n'est pas tous les jours qu'elle a la chance de rencontrer un homme à sa hauteur, littéralement. Elle surplombe la plupart des gens, hommes comme femmes, et si ses yeux bleus et sa candeur ont beau plaire, sa taille ont fait qu'elle a de nombreuses fois perdu des clients au profit de ses cadets. Anusha n'en tient pas rancœur, mais en tant que maîtresse de maisonnée, il lui semble normal d'afficher un palmarès aussi fourni que celui de ses filles et fils.

La jeune femme referme son album d'un coup sec pour le ranger dans un tiroir et classe ses papiers proprement sur le côté. C'est presque automatique, elle prend un chiffon et un verre, l'essuie, remplit le fond d'un glaçon ou deux et d'une pincée discrète de cannelle, puis sort une bouteille de son meilleur cidre et lui sert. Avec un sourire en coin, coquine, elle s'accoude au comptoir, et fait glisser le cocktel avec adresse jusqu'au bord.

-Tenez, cadeau de la maison, juste pour les habitués. On en a, en effet, jamais eu le plaisir de se croiser, je me serais rappelé de vous au premier coup d'oeil.

Un fait qui l'étonne à nouveau et la satisfait en même temps. Elle aurait juré ne jamais manquer un homme pareil, surtout qu'il est véritablement difficile à manquer. Il est immense et ses cheveux sont d'un vert étrangement soyeux. Elle se fait la réflexion qu'il est un peu comme un grand sapin, mais en plus attirant. Elle étouffe un rire poli et le dévore du regard, croisant les jambes pendant qu'elle prend place sur un tabouret juste en face et l'invite à s'installer pour discuter. Ses yeux bleus essaient de capter les siens, mais comme elle ne veut pas être trop évidente, elle fixe un point sur le côté, en direction de la grande baie vitrée qui donne sur la petite rue.

Quoi qu'il en soit, il n'a pas l'air de savoir qu'elle est la patronne ici, à moins qu'il ne fasse semblant ? Mais son injonction semblait terriblement sincère et contenu du fait qu'elle-même ne se souvient absolument pas de l'avoir déjà vu, aussi troublant cela soit-il, il est fort possible qu'il ne soit pas du tout au courant de son statut ici. Et moi qui pensais que ma réputation n'était plus à refaire, je ne sais pas si je dois être heureuse ou déçue de l'opportunité.

-Cela dit, ça fait quelques temps que je vis ici. Je suis même une favorite, j'ai accès à beaucoup d'endroits de la maison dont vous ne douteriez même pas de l'existence. -elle avance avec confidence, après-tout si elle peut s'amuser un peu, pourquoi n'en profiterait-elle pas?-

Anusha remet en arrière sa longue queue de cheval pour dévoiler un peu plus de son clivage, sa nuque, sa gorge, le début de ses clavicules fines et à peine marquées. Elle avance aussi sa main aux ongles vernis de façon juste naturelle, aux embouts arrondis, aux phalanges fines et à la souplesse indéniable pour tapoter le bois du comptoir très légèrement.

-S'il y a quoi que ce soit que je puisse faire pour rendre votre après-midi plus agréable, surtout, n'hésitez pas. -murmure-t-elle sur le ton de la confidence, avant de reprendre plus fort.-

-Mais, donc, d'où êtes vous exactement ? C'est drôle, je n'ai pas l'impression que vous soyez de Poivressel, vous n'avez pas cette forte odeur salée caractéristique des marins de la ville, mais vous n'avez pas l'air de vivre en ville non plus. Je me trompe, ou c'est juste que vous ne travaillez pas au port ?




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MessageSujet: Re: 【 Stars always shine for you 】 ▬ ANUSHA   Jeu 11 Jan - 18:13



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Anusha & Altais
La brise tiède générée par le ventilateur repend dans la jolie pièce une douce odeur de sel. La maison de passe a beau se tenir éloignée du port, Poivressel est imprégnée du parfum de la mer. Une fragrance dont Altais s'est privé pendant de bien longues années, la troquant avec la pollution d'Illumis. La ville lumière de Kalos, toute magnifique qu'elle est, souffre du mal propre aux mégalopoles : l'avancée technologique et les déchets qu'elle produit. Quand bien même les scientifiques du monde entier se penche sur ce problème, il n'existe pas encore de solution miracle. Si ce n'est revenir à des méthodes de déplacement plus naturelles, préférant une bonne bicyclette à une automobile, ou parier sur les transports en commun. Ce n'est pas ce qui manque, dans les grandes villes. Altais n'en a cependant jamais eu réellement besoin : le jour où il a apprit qu'il était capable de voler, il n'a quasiment plus remit les pieds dans une voiture ou un train. Et maintenant qu'il est établit à Pacifiville, il a définitivement fait une croix sur les moyens de transport en règle générale – si ce n'est le bateau, de temps en temps : une barque, ça ne consomme pas la moindre goutte d'essence à l'odeur nauséabonde.

Poivressel étant une ville portuaire, elle s'est également développée au fil des années et n'échappe pas à l'avancée de la technologique. L'exemple le plus pertinent est sans conteste son chantier naval : afin de construire des bateaux de plus en plus performants et répondant aux besoins actuels, les ouvriers n'ont pas d'autres choix que d'investir dans des machines plus coûteuses et gourmandes en énergie. C'est un cycle infini qui ne connaîtra jamais de fin. Une course à la technologie que Altais a bien du mal à comprendre, par moment. C'est pourquoi il se réjouit de sa vie simple à Pacifiville : le temps semble arrêté dans cette bourgade bâtie sur les flots. Bien évidemment, les habitants jouissent d'un confort de vie égale à d'autres : ils ont accès aux soins et aux outils modernes de communication. Mais il demeure dans cette ville sur pilotis une atmosphère simple, tranquille, hors du temps, à la manière de Cimetronelle, dans le nord de Hoenn. Un confort qui ne peut que réjouir le dragon ancestral.

Dans cette maison de passe, Altais a l'impression d'être au centre même de Hoenn. Il retrouve entre les murs de la bâtisse des sensations propres à ce qu'il ressent lorsqu'il se promène dans sa région de prédilection. L'odeur du sel digne des villes portuaires, le parfum des encens vendus sur les marchés, la décoration sobre mais soignée des bâtiments traditionnels, l'accueil chaleureux et poli des commerçants. Le dragon ne saurait dire si ces sentiments sont dignes du Rayquaza qu'il est ou s'il les a lui-même ressenti pendant sa vie hybride. Peu lui importe cependant, ce n'est pas comme si cela représente une réelle différence. Il se questionne davantage sur cette impression de déjà vu qui l'assaille en découvrant le joli minois de la blonde de l'autre côté du comptoir. Son cœur et son estomac qui se tordent à l’unisson, c'est trop peu commun pour qu'il refuse de s'y attarder. Voilà quelque chose qu'il n'a jamais ressenti auparavant : pas même devant la figure vieillie de Lola, son ex-petite amie.

Néanmoins, Altais couvre son malaise avec soin, préférant étirer un long sourire ravi. Faire la rencontre de nouvelles personnes, voilà un plaisir qu'il apprécie. Mais à peine la blonde lui fait face qu'une réalisation soudaine le frappe en pleine figure. Impossible d'en douter, il fait face à un congénère. Il ne saurait dire lequel – il y a bien trop de possibilité – mais c'est un être de sa trempe, à ne point en douter. Et à en juger par l'air légèrement troublé de son interlocutrice, il est certain qu'elle vient de faire la même constatation. Aussitôt étonnant que cela puisse paraître, Altais a croisé très peu de compatriotes demi-dieux – qu'un seul, pour être exact – et ce d'aussi loin qu'il s'en souvienne. Il n'a d'ailleurs pas revu ce Giratina immaculé depuis quelques années … Il serait peut-être bien d'aller lui rendre visite, un de ces jours. Pour ce qui est des autres, Prince excepté, il ignore bien où ils peuvent se cacher et comment ils mènent leur vie, désormais.

La blonde ne relève cependant pas l'évidence et Altais choisit de l'imiter. Inutile de fêter de quelconques retrouvailles : ils ne savent même pas à qui ils ont à faire. Alors la demoiselle préfère préparer un petit cocktail que Rayquaza accepte avec grand plaisir – cette chaleur étouffante aura raison de lui, à ne point en douter.

Tenez, cadeau de la maison, juste pour les habitués. On a, en effet, jamais eu le plaisir de se croiser, je me serais rappelé de vous au premier coup d'oeil.

Un sourire fier étire les lèvres d'Altais avant qu'il n'y porte son verre. La reconnaissance, c'est bien là quelque chose qu'il apprécie - surtout venant d'une femme. De part sa haute stature, il sait qu'il marque facilement les esprits et se vexe lorsque ce n'est pas le cas. Charmé par les paroles agréables de la blonde, Altais prend place sur un tabouret sans se le faire prier. Son interlocutrice en fait de même, de l'autre côté du comptoir. Le dragon prend ainsi un plaisir certain à la détailler du regard, sans pudeur aucune. Il n'a aucunement honte d'être ici et le prouve par un flegme séduisant. Il se lèche même les lèvres avec un certain charme, recueillant quelques gouttes perdues du breuvage sur son arc de cupidon. Tel un Poissirène dans l'eau, il nage en pleine zone de confort. Et ce ne sont pas les paroles tentatrices et les gestes enjôleurs de la blonde qui le départissent de son calme légendaire – bien qu'il ne rate pas une miette de la petite scène qu'elle joue d'un professionnalisme affolant. Impossible de remettre en question le titre de favorite dont elle se targue avec tant de fierté.

S'il y a quoi que ce soit que je puisse faire pour rendre votre après-midi plus agréable, surtout, n'hésitez pas. L'invitation est plus que tentante. Mais Altais n'est pas vraiment pressé, alors il écoute la suite sans prononcer le moindre mot. Mais, donc, d'où êtes vous exactement ? C'est drôle, je n'ai pas l'impression que vous soyez de Poivressel, vous n'avez pas cette forte odeur salée caractéristique des marins de la ville, mais vous n'avez pas l'air de vivre en ville non plus. Je me trompe, ou c'est juste que vous ne travaillez pas au port ?

S'il y a bien quelque chose qu'Altais est incapable de comprendre, c'est bien ce besoin de savoir d'où chacun vient. Lui ne se pose jamais ce genre de question : sa curiosité s'arrête à un stade bien inférieur à la plupart des autres individus. Néanmoins, il reconnaît que les observations de la blonde sont pertinentes. Bien qu'il habite officiellement une ville sur l'eau, l'odeur du sel ne lui colle pas à la peau – sûrement parce qu'il passe bien trop de temps à batifoler à droite ou à gauche et qu'il passe, au final, que très peu de temps à son domicile. Comme réponse, il se contente d'un sourire mystérieux. Garder un petit suspense, une petite part d'ombre, c'est plus amusant non ? Altais préfère de loin prendre une nouvelle gorgée que cidre, appréciant la sensation des bulles qui pétillent sur sa langue. Cette jeune femme l'intéresse, et pas uniquement dans le cadre de la maison de passe. Il y a quelque chose chez elle qui l'attire comme un aimant, une sensation étrange qu'il ne saurait expliquer. Altais s'est toujours laissé guidé par son instinct : pourquoi ne pas lui faire confiance, une fois de plus ? Qui sait quelle distraction il pourrait en retirer.

Et si nous mettions de côté les questions conventionnelles ? Elles ne sont pas faites pour nous.

D'un mouvement gracieux, il croise sa jambe droite sur sa jambe gauche et dépose son coude sur le comptoir, laissant sa joue se poser sur sa paume ouverte. Altais se met à l'aise, profite de l'espace qui s'offre à lui. Du bout du doigt, il effleure les parois du verre avant de le tremper dans le liquide doré. Il vient ensuite récolter l'unique goutte prélevée de l'extrémité de sa langue, volontairement coquin et taquin. Ce serait mentir de dire qu'il ne cherche pas à provoquer la blonde mais son attention n'est pas non plus de communiquer son désir de s'ébattre. Avant toute chose, il est curieux d'en savoir davantage sur elle. Après tout, c'est une Légendaire au même titre que lui. Une puissance fondue dans la masse. Qu'un être de sa trempe se vante comme la favorite d'une maison de passe ne le dérange pas outre-mesure : chacun a le droit d'occuper la place qui lui sied. Il doute bien qu'elle soit là contre sa volonté. Si elle se satisfait de sa situation, Altais n'a rien à redire – et même si ce n'était pas le cas, ça ne le concerne en rien. Après tout, il n'est pas un héros.

Vous savez ce que je suis. Vous l'avez su à l'instant même où nos regards se sont croisés. Ne feignons donc pas l'indifférence, nous sommes dans le même bateau.

D'un geste ample de la main, Altais rejette sa longue queue de cheval en arrière, dévoilant le début de sa nuque encore à moitié dissimulée sous le col haut de son kimono. Lorsqu'il passe par ici, le dragon ne se surcharge pas en vêtements superflus. Il préfère de loin enfiler l'un de ces robes traditionnelles sous lesquelles il se contente de légers pantalons en toile légère. En plus d'être simple à retirer, cet accoutrement cache tout ce qu'il y a à cacher de manière efficace. Combien de ses conquêtes se sont dévorées les lèvres en attendant le moment fatidique où le kimono finirait par tomber ? Voilà une sensation qui réveille en lui des sentiments oubliés depuis bien longtemps. Se sentir désiré, que ce soit sexuellement ou le plus platoniquement du monde, est ce dont il a le plus besoin. Son désir de reconnaissance et d'affection, il le trompe avec des relations éphémères et des stratagèmes grossiers. Qu'importe la manière dont il étouffe ce besoin impérieux, seuls les résultats comptent. Et étrangement, rien que le poids du regard azur de la blonde suffit à calmer cette bête d'ordinaire si têtue et désireuse.

Je vous propose un jeu. Si vous parvenez à deviner qui je suis, je me plierai à n'importe laquelle de vos volontés. Dans le cas contraire, ce sera à vous de m'accorder quelque chose. Qu'en dites-vous ?

Un jeu, bien sûr. Altais ne changera donc jamais. Mais le faut-il vraiment ?


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