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 Something borrowed. ✘ Azilys

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MessageSujet: Something borrowed. ✘ Azilys   Mar 1 Déc - 23:02
Something borrowed.
Azilys x Oswald

Il pleuvait, à grosses gouttes peu nombreuses. Elles éclataient contre le sol, en un fracas agréable à l'oreille. Le son de la pluie n'avait jamais déplu à Oswald, aujourd'hui encore il savait l'apprécier, le trouvait apaisant, même, et un brin poétique pour qui avait l'âme et la sensibilité d'un artiste. Il n'y avait que la sensation des vêtements humides collés à la peau qui pouvait le déranger mais, heureusement, les nuages avaient cédé bien tard, et il n'avait pas eu le temps d'être véritablement mouillé avant d'avoir pu se réfugier sous le porche de l'auberge qu'il convoitait. Il y avait songé, quelques fois, depuis que Sky avait plus ou moins ralliée l'aubergiste à leur cause : il devait voir, un jour, de quoi la jeune avait l'air. C'était un bon atout paraissait-il, une femme dont on ne soupçonnerait jamais la complicité avec l'organisation. Un As en la matière, pas indispensable mais fort utile. Oswald ne l'aurait pas nié, les hybrides qui lui parvenaient de l'auberge étaient toujours de bons Pokémons, choisis avec soin et d'un œil expert. Le travail était fait, chaque part du contrat tenue. Personne ne s'en plaignait, et le chef ne se déplaçait souvent qu'en cas d'ennuis. Mais pour cette fois, il était curieux.

Si Sky avait vu en elle une femme à utiliser, c'est qu'elle avait quelque chose qui la démarquait des autres. Elle devait être différente des femmes qui se retournaient sur lui, lui tournaient autour, des filles de ses partenaires financiers que leurs parents désiraient voir obtenir les faveurs du chef. Elle ne pouvait pas être si stupide, sinon jamais son lieutenant n'aurait pris la peine de l'influencer en leur sens. Mais il l'avait fait, ça changeait la donne. Il ne savait rien d'elle finalement, rien sinon son nom. Azilys Joly. Si elle était semblable à l'image qu'il se faisait d'elle, rien qu'au travers de ce patronyme, alors pour sûr, jamais on ne l'accuserait de collaboration avec Chronos. Ce nom respirait l'innocence, la candeur, pas le mal, pas la violence, pas la trahison. Et pourtant, elle devait haïr, ô combien haïr les hybrides. C'était compréhensible, pas répréhensible ; pas aux yeux d'Oswald en tout cas. Elle bernait les hybrides, elle bernait ceux qu'elle jugeait néfastes. C'était, finalement, toute la politique de Chronos en une seule personne.

Chassant les quelques gouttes d'eau qui persistaient dans ses cheveux, d'un passage de sa main pour les ramener en arrière, il poussa la porte de l'auberge et s'y enfonça. La douce chaleur de l'intérieur l'accueillit à bras ouverts, et il sentit aussitôt, dans l'air, flotter une subtile odeur de plante. Il n'aurait pas su dire précisément ce dont il s'agissait, mais ce n'était pas déplaisant. A regarder autour de lui, il avait l'impression d'être coupé du monde ; on se serait cru tout là-haut, sur les monts enneigés, dans un chalet logeant les vacanciers avides d'altitude. Le feu crépitant dans la cheminée apportait aussi une odeur de bois, réchauffait toute la pièce et même au delà sans doute. Tout autour, il y avait presque autant de livres que dans son bureau, et l'endroit donnait envie d'en saisir un et puis de s'installer sur un fauteuil pour profiter du feu tout autant que d'un peu de lecture. Il esquissa un sourire, en songeant que l'auberge était au moins de bon goût ; ça n'était pas surprenant qu'on aimât y trouver refuge, dans cette région où rien n'était vraiment sûr. L'endroit portait bien son nom.

Il s'arracha à sa contemplation, et puis s'avança vers le comptoir. La pièce était déserte ; peut-être l'actuelle gérante était-elle absente, simplement occupée ? Mais il y avait là un témoin de son récent passage, signe qu'elle ne devait pas être bien loin : une petite fiole, emplie d'une concoction qu'il n'avait pas souvenir d'avoir déjà vue un jour. Aucun symbole, aucune marque pour lui indiquer sa provenance. Peut-être était-ce une préparation maison ? Il n'en savait trop rien, et pourtant il se permit ce qui lui serait sans doute bien vite reproché : il se saisit du petit objet, l'inspecta sous tous les angles, et puis l'ouvrit délicatement. Au moins prit-il bien soin à ne pas en renverser, se contentant d'en humer l'effluve. C'était semblable à celle qui emplissait la pièce, le confortant dans l'idée qu'elle avait été préparée ici même. Toujours soigneusement, il la referma, mais la conserva. Quoi de plus agaçant que de savoir l'un de vos biens entre les mains d'un inconnu ? Les femmes, encore plus que les hommes, accordaient de l'importance à ce qui leur appartenait.

Alors, s'agacera, s'agacera pas ? Il misa tout sur la deuxième option, et puis s'éclaircit la gorge avant de s'annoncer, à voix haute et sans salutations préalables. Allons donc, elle n'était pas là ; on ne saluait point le vide. « Charmante, la décoration. Vous avez bon goût, mademoiselle Joly... De même pour l'étrange mélange à l'odeur de plante fraîchement coupée que je tiens dans les mains, hm... » C'était une entrée en la matière originale, bien digne de ce qu'il était ; il se riait de ce dont il avait l'air, sans doute d'un homme irrespectueux et un peu trop sûr de lui. Mais ça eu au moins l'effet escompté : elle arriva enfin. Il entendit ses pas avant de la voir, et eu le temps de lever les yeux pour croiser son regard. C'était un visage fin, deux perles océaniques et une cascade blonde sagement peignée. Oswald fronça légèrement les sourcils, rien qu'une seconde, et puis se dérida pour sourire à nouveau. Il s'en était douté, pourtant : elle avait les traits bien trop doux pour ce qu'elle était. Mais la mort, la douleur étaient des choses qui, souvent, vous changeaient bien plus qu'on ne pouvait l'imaginer. Lui-même était monté bien haut dans l'immondice en tombant pourtant si bas au nom d'une souffrance que d'autres auraient endurée autrement, et sans jamais blesser personne. Mais là résidait toute l'horreur humaine : on ne savait jamais d'où venaient les pires.

Oswald se tourna, appuyé dos au comptoir, les yeux posés sur la jeune femme. Il agitait légèrement la fiole devant lui, une lueur de défi dans le regard. « Ainsi donc, je te rencontre enfin, Azilys. Il m'en aura fallu, du temps. » lâcha-t-il, d'un ton léger. Il avait abandonné le vouvoiement, qui n'avait été qu'un sarcasme comme un autre. Il se tenait là, un peu trop fier, en possession de quelque chose qui ne lui appartenait pas, et qu'elle voudrait sans doute récupérer —et il l'en empêcherait tout aussi sûrement. Il venait d'ouvrir les hostilités, sans savoir ce à quoi il devait s'attendre, de la part de cette petite blonde qui s'était engouffrée dans une allée bien trop sombre pour elle.
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MessageSujet: Re: Something borrowed. ✘ Azilys   Jeu 17 Déc - 22:55

Welcome    Auberge "Le Refuge"


PARTICIPANTSAzilys Joly & Oswald W. Phoenix
Résumé • Il pleut. L'auberge est vide. La journée aurait du être parfaite pour s'adonner à la concoction de divers remèdes mais la pénurie d'herbes empêche Azilys de travailler autant qu'elle l'aurait souhaité. Et pour couronner le tout, un visiteur assez spécial décide de lui rendre une petite visite ...


Something borrowed

Le temps était bien maussade en ce début d'après-midi automnal, au même titre que l'humeur d'Azilys. Assise à son bureau, à moitié affalée sur ce dernier, elle observait d'un œil distrait la pluie tambourinant sur les feuilles et se fracassant sur les vitres. Autour d'elle était éparpillées herbes et fioles, restes de longues heures de travail sur diverses concoctions. Les derniers clients de l'auberge s'en étaient allés le matin même et, depuis, la grande bâtisse était calme, silencieuse. La blonde en avait donc profitée pour se pencher sur ses différents remèdes, espérant pouvoir en préparer le temps possible à l'avance, car elle ne savait jamais réellement quand du temps libre se profilerait de nouveau. Néanmoins, Azilys n'avait pu préparer que deux cataplasmes, un laxatif et un remède pour la gorge. Elle n'avait pas eu le temps récemment de faire des cueillettes et ses réserves étaient vides. S'il n'avait pas plut, elle aurait pu s'accorder quelques instants en forêt, mais le rideau d'eau à l'extérieur la dissuadait de faire ne serait-ce qu'un pas dehors.

Poussant un long soupir, elle se résolut finalement à se redresser, puis à se lever. En passant devant la fenêtre la plus prêt de son bureau, elle jeta un coup d’œil à l'extérieur. Cette fenêtre donnait sur les écuries. Même si elle ne voyait pas à l'intérieur du bâtiment, Azilys savait que Calev et Yoshihiro s'y trouvaient en ce moment même, occupés à entretenir les chevaux et les petits animaux  y ayant élu domicile afin de fuir la pluie. Son frère de lait étant jeune, il avait besoin de dépenser son surplus d'énergie. Alors la blonde cherchait toujours comment l'occuper, que ce soit aux cuisines avec Ozvan ou au ménage avec Christa. Néanmoins, lorsqu'il pouvait s'adonner à des activités un peu plus intéressantes et utiles, elle n'hésitait pas à les lui confier. Étant donné les derniers événements, Azilys avait jugé plus prudent d'envoyer Calev avec lui. Le Grahyena à ses côtés, le jeune Vipélierre ne risquait rien ...

Azilys sorti finalement de son bureau, ses nombreuses petites fioles à la main. Elle devait les ranger dans le tiroir adéquat du comptoir et rajouter de l'eau dans l'une d'entre elles, cette préparation nécessitant une infusion longue pour un meilleur résultat. La blonde rejoignit donc les cuisines, saluant au passage Ozvan occupé à éplucher des pommes de terre pour le dîner du soir. Normalement, Yoshihiro était tout le temps à ses côtés pour l'aider mais, présentement, il semblait profiter de sa solitude et sifflotait gaiement en débarrassant les tubercules de leur peau marron. La blonde ne l'embêta donc pas, se contentant de mettre sur le feu une petite casserole d'eau. A peine quelques centilitres, sa fiole n'étant pas bien grosse. L'eau porta rapidement à ébullition, alors Azilys se hâta de retirer la casserole du feu et rejoignit le comptoir. Elle déposa l'objet en inox sur un petit dessous de plat et réalisa alors qu'elle avait oublié son entonnoir dans son bureau. Soupirant, elle rangea d'abord les autres fioles dans son tiroir avant de rejoindre sa pièce de travail.

Aussitôt à l'intérieur, Azilys se dirigea vers le grand meuble qui occupait à lui seule les deux tiers du pan du mur. N'étant pas encore habituée à ce gigantesque rangement, elle ouvrit tiroirs et placards au hasard, à la recherche de son entonnoir. Où l'avait-elle bien rangé la dernière fois ? La connaissant, ce devait être à un endroit logique, car elle a toujours été très organisée. Pourtant, elle n'avait en ce moment même par la moindre idée de l'endroit où elle avait bien pu le mettre. Quand s'en était-elle servie pour la dernière fois … ? Pour la concoction d'un onguent pour les muscles douloureux. Elle ouvrit alors le troisième tiroir en partant de la gauche. Bingo ! Dans la précipitation, Azilys l'avait rangé au même endroit que ses ciseaux les plus coupants. Se saisissant du petit objet, elle se désinfecta pour être sûre qu'il était propre. Elle ne prenait aucun risque, même si elle lavait toujours son matériel avec beaucoup de soin après chaque utilisation.

Le tintement familier de la petite clochette de l'entrée tinta alors. Surprise, Azilys se redressa. Un client à cette heure-ci ? Et par ce temps ? Ou alors était-ce Calev et Yoshihiro qui revenaient des écuries ? Christa et Ozvan étant occupés, c'était donc à la blonde d'aller accueillir le nouvel arrivant. Une voix masculine retenti alors dans le silence. Et ce n'était ni celle de Yoshihiro, ni celle de Calev. Pas plus que celle de Ozvan, d'ailleurs. D'autant plus que l'on semblait d'adresser à elle directement … Attendez, comment ça « de même pour l'étrange mélange à l'odeur de plante fraîchement coupée que je tiens dans les mains » ?! Ni une ni deux, Azilys se rua presque vers la porte de son bureau. Au moment d'en sortir, elle fit cependant un arrêt. Elle ne devait pas paraître effrayée, étonnée ou quoi que ce soit d'autre. Une attitude neutre était plus adéquate. Elle ne savait pas à qui elle avait à faire, elle devait donc rester sur ses gardes. Ses yeux de dirigèrent presque par réflexe vers l'épée reposant contre le mur, juste à côté d'elle. Néanmoins, elle ne l'empoigna pas. Pas de ça dans son auberge.

Un peu plus relaxée et sûre d'elle, Azilys passa enfin la porte de son bureau. Et la première chose qui attira son regard fut la chevelure blonde de son visiteur … puis ses yeux rouges sangs. Elle reconnue immédiatement son hôte et, étrangement, cela la fit davantage grimacer que sourire. Qu'est-ce que le chef de la team Chronos faisait-il ici ?! N'était-il donc pas conscient que son faciès était connu de tous et que le présenter ici risquait de mettre en péril la réputation de l'auberge ? En plus, il se permettait de tripoter ses affaires comme s'il se croyait tout permis. Faisant de gros efforts pour paraître la plus calme possible alors qu'elle bouillonnait à l'intérieur, Azilys brisa la distance qui l'a séparait du chef de la pire team qui soit. Déposant son entonnoir sur le comptoir à côté de la casserole d'eau encore fumante, elle tendit la main en direction du blond, le regard sévère, alors qu'un sourire moqueur se dessinait sur ses lèvres fines :
❝ ▬ Si vous le voulez bien, j'aimerai récupérer ce laxatif. A moins que vous en ayez besoin ? ❞
En effet, il s'agissait bien là d'un laxatif avec lequel jouait Oswald d'un air si suffisant. Évidemment, il ne s'agissait pour le moment que d'un mélange de plantes très odorantes mais une fois infusé dans l'eau chaude, il n'y avait rien de plus efficace pour se guérir d'une constipation tenace. Elle doutait donc que l'homme face à elle en ait réellement besoin … Que quoi, personne n'en est à l'abri, après tout. Cependant, elle avait réalisé ce remède pour une habitante d'Entrelasque, dont l'enfant souffrait de constipations très récurrentes. Elle ne tenait donc pas à laisser son visiteur jouer avec comme un enfant avec une peluche. Azilys n'avait plus assez de plantes nécessaires pour en fabriquer un autre, en plus de cela. D'où l'urgence de récupérer la fiole prestement. S'il venait à l'échapper, elle ne survivrait pas d'une chute de cette hauteur sur le carrelage … Et ce genre de petites fioles coûtaient bien plus chers qu'on ne le pensait.

Une voix résonna alors d'en haut des escaliers. C'était Christa, qui lui demandait si elle avait besoin d'aide. Le sang de l'aubergiste ne fit qu'un tour. Sa nourrice ne devait pas voir Oswald. En tant qu'hybride, elle prendrait peur en faisant face à l'homme qui souhaitait les voir réduit à l'état de bétail ou d'esclaves. Azilys se hâta donc de lui répondre, la rassurant. Néanmoins, elle ne pouvait pas laisser Oswald assit installé au comptoir à la vue de tous les futurs arrivants. Calev et Yoshihiro risquaient de revenir des écuries à tous moments. Ni une ni deux, la blonde contourna le comptoir, se retrouvant dans le dos de l'homme pour le pousser de toutes ses forces jusque dans son bureau. Tant pis pour son eau chaude qui allait refroidir, mais elle avait plus urgent à traiter pour le moment. Une fois en sécurité dans son espace personnel, Azilys verrouilla la porte à clé. Nous ne sommes jamais trop prudent, autant s'assurer que personne ne risque d'entrer par mégarde.

Enfin en sécurité, Azilys poussa un petit soupir. Heureusement, Ozvan n'était pas sorti de la cuisine pour voir qui était leur visiteur. Il aurait été difficile de lui expliquer ce que faisait le chef de la team Chronos dans une auberge supposée recueillir les hybrides en fuite. Bref, personne ne semblait se douter de quoi que ce soit donc elle pouvait se permettre de souffler. En tout cas, elle était assez surprise de cette visite pour le moins inattendue. Azilys n'avait encore jamais eu la chance de rencontrer le chef de l'organisation qu'elle avait rejointe depuis peu – et elle n'aurait jamais penser que les présentations aient lieu dans son auberge. D'ailleurs, quelle idée de venir en personne ici en sachant pertinemment le but premier de l'établissement … Venait-il vérifier en personne son efficacité ? Sa visite avait-elle seulement un but, sinon l'enquiquiner et se moquer d'elle ? Difficile à dire …
❝ ▬ Tout de même, vous êtes un sacré numéro. Venir ici en sachant très bien que tout le monde peut vous reconnaître … Êtes-vous idiot ou bien le faites-vous exprès ?  ❞


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MessageSujet: Re: Something borrowed. ✘ Azilys   Jeu 31 Déc - 11:30
Something borrowed.
Azilys x Oswald

Elle se tenait là, face à lui, surplombée par sa taille mais par rien de plus. Aucune crainte dans ses yeux, aucun véritable mépris non plus. C’était différent des émotions qu’il réveillaient chez les autres de ses sbires, hommes ou femmes. Peut-être était-ce parce qu’elle n’était pas au quartier général même, parce qu’elle n’était pas directement impliquée dans les affaires les plus tordues, ni victime de tous les caprices d’Oswald, qu’elle avait l’air plus sûre d’elle et moins déstabilisée parce qu’il était ; par qui il était. Le mélange d’autorité et de cynisme qui se dégageait d’elle lorsqu’elle lui adressa la parole lui arracha un rire amusé, alors qu’il reculait d’un pas dans la pièce, non sans demeurer tout de même accoudé au comptoir. C’aurait été trop que de se déranger véritablement. De toute façon, il savait qu’il n’aurait qu’à lever le bras pour qu’elle ne puisse pas atteindre son bien, même perchée sur la pointe des pieds. Elle n’était pas si petite au fond, plutôt grande même, pour une femme, mais pas suffisamment pour récupérer quelque chose qu’il mettrait plus haut que lui.

Tout sourire, il paru l’ignorer quelques instants, observant la fiole sous toutes ses coutures. « C’est bien différent de tous ces produits purement chimiques que l’on trouve sur le commerce… Du fait maison, je suppose ? » Il n’y avait aucun insigne, aucun logo, aucune étiquette qui indiquerait une provenance extérieure. Ça devait avoir du bon, de savoir que l’on avait à domicile quelqu’un capable de vous soigner avec quelques plantes ramassées dans les bois. Quoique ce devait avoir un côté effrayant, aussi, si l’on songeait au fait qu’il n’existait pas que des remèdes dans la nature, mais aussi des poisons plus vifs encore que tout ce que l’homme pourrait jamais inventer. « Et si je ne veux pas te le rendre, que risque-je ? » La colère d’une femme ? Le beau sexe était réputé pour avoir la rancune tenace, et un don incomparable pour faire regretter leurs affronts à ces messieurs. Oswald ne trouvait pourtant qu’à s’amuser de la situation, comme un enfant dans un carrousel, qui ne cesserait d’obtenir des tours gratuits, encore et encore.

Et puis, tout à coup, une voix. Féminine, venue d’en haut des escaliers. Oswald leva les yeux, même si son regard ne parvint qu’à se heurter aux marches qui montaient, peut-être vers les chambres de la bâtisse. C’est qu’il semblait y avoir du beau monde, par ici. Avait-elle poussé le vice jusqu’à engager des hybrides pour faire tourner son auberge ? Il avisa la jeune femme, avec ce petit sourire en coin qui déplaisait à bien plus d’une personne. Mais il ne prit pas la peine de glisser le moindre commentaire, c’était inutile de s’attarder sur ce genre de détails qui ne valaient pas la peine d’être sujets à discussion, quand bien même ça intriguait légèrement le patron. Peut-être le personnel était-il déjà là avant qu’Azilys ne reprenne l’affaire, et qu’elle n’avait pas eu le coeur de leur trouver des remplaçants ? Il n’en savait rien, au fond. Mais il n’allait pas s’en plaindre, puisqu’il n’avait, pour l’instant, rien à reprocher, ni au Refuge, ni à sa propriétaire actuelle, qui le servait si bien.

De toute façon, il n’aurait pas vraiment eu le temps de glisser un quelconque commentaire, avant qu’elle ne se mette en tête de le faire bouger de là où il se trouvait, l’entraînant sans explication ni quoique ce soit de semblable de l’autre côté du comptoir, pour achever de le pousser dans la pièce d’où elle était venue, un peu plus tôt. Les sanguines de l’homme firent un rapide état des lieux ; il ne s’agissait de rien d’autre qu’un bureau, sobre sans que l’on puisse toutefois douter qu’il s’agissait de celui de la petite blonde qui fermait la porte à double tour dans son dos. « Tout de même, vous êtes un sacré numéro. Venir ici en sachant très bien que tout le monde peut vous reconnaître … Êtes-vous idiot ou bien le faites-vous exprès ? » Oswald lui jeta un petit regard déconfis, alors que son sourire ne l’avait pas encore quitté. Elle en avait, du cran, pour oser s’adresser ainsi à celui qui avait tant de sang sur les mains. Au moins n’avait-il pas pour projet que celui d’Azilys rejoigne tous les autres. « Peut-être un peu des deux ? Voyons… Est-ce si mal de vouloir connaître le visage de ceux et celles qui travaillent pour moi ? Tu me vexerais presque... »

Et puis, s’autorisant un rire narquois, il s’approcha de la belle, la repoussant contre le mur, avec toutefois une douceur qu’on lui connaissait peu. C’était une femme, et il savait prendre soin d’elles lorsqu’elles ne l’ennuyaient pas. Pourtant, il était si près que s’en était indécent, et qu’elle aurait eu un millier de raisons au moins de se débattre pour le repousser, voire d’essayer de lui donner un coup pour se débarrasser de lui. « Ceci dit… Tu veux déjà passer à l’étape du bureau ? Je n’aurais pas cru te voir si pressée... » Et il s’écarta vivement, d'une révérence exagérée, qui lui permit de venir saisir la main d’Azilys, avec la délicatesse que seuls apprennent les fils de bonne famille —il n’en était pourtant pas un. Il s’y pencha pour y déposer un baise-main, non sans mille éclats amusés dans le regard. « Je préférerais tout de même apprendre à te connaître d’une autre façon, avant toute chose, si cela ne te dérange pas de trop. Je ne voudrais pas décevoir une si belle femme que toi. » Il se redressa, tout en retournant la main qu’il avait capturée, paume face au ciel, pour y déposer enfin la fiole qu’il avait conservée tout ce temps. Il se plongea dans le regard de l’aubergiste, s’attendant presque à recevoir un coup dans la mâchoire. S’il avait déjà été frappé par des femmes ? Plus d’une fois, pour sûr. Mais c’était le prix à payer pour se lasser de leur corps au profit d’un autre.
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MessageSujet: Re: Something borrowed. ✘ Azilys   Sam 2 Jan - 23:57





Something borrowed.

feat. Oswald ♥

Azilys n'est pas en colère. Du moins, pas encore. Elle n'est qu'au stade de l'agacement, pour le moment. Agacée qu'il se présente ainsi sans réfléchir aux conséquences. Agacée qu'il vienne pour une raison qu'elle ignore. Agacée qu'il touche ainsi à ses affaires. Agacée qu'il garde ce sourire suffisant aux lèvres. Agacée de devoir le dissimuler ici, dans son bureau, dans son univers. Car depuis que Léon n'en est plus le propriétaire, ce bureau n'a plus la même ambiance, la même âme qu'avant. Tout correspond à la nouvelle habitante, désormais. Des plantes sur les étagères aux livres dans la bibliothèque. Tout est ordonné, rangé de la façon la plus maniaque possible. Seul son bureau demeure un peu en désordre après ses manipulations de plantes : piges et  pétales sont éparpillés ça et là, au milieu de schémas de plantes et d'ouvrages de pharmacologie. C'est son parfum à elle qui embaume la pièce désormais, mêlé aux senteurs des fleurs et des herbes sauvages. Difficile à croire qu'il y a à peine quelques mois, c'était un vieillard assit derrière ce bureau en bois, sans aucune odeur d'une quelconque fleur flottant dans l'air …

Quand Oswald lui jette un regard déconfis, elle se retient de justesse de lui adresser un petit sourire moqueur. Elle n'est certes pas peu fière de l'avoir étonné, mais elle ne veut pas lui donner l'impression de s'en vanter pour autant. Sûrement n'est-il pas habitué à ce que l'on s'adresse ainsi à sa personne, mais ce n'est pas une raison pour le regarder de haut. Bien qu'elle ne le craigne pas, elle est consciente qu'il pourrait être risquer de lui chercher des noises. Car même si elle n'y va pas avec le dos de la petite cuillère, elle sait à qui elle s'adresse et quand s'arrêter pour ne pas friser l'impolitesse. Alors même si son sourire l'agace, même si elle rêve de lui arracher cette fiole des mains, elle n'en fait rien. Il finira bien par la lui restituer à un moment ou à un autre. Rentrer dans son jeu, s'est s'assurer de l'amuser et de ne pas récupérer son bien tant qu'il n'en aura pas décider autrement. Les hommes sont parfois plus puérils que les enfants, quand ils s'y mettent.

Tandis que, mentalement, Azilys se fait ses réflexions, elle ne remarque pas Oswald qui s'approche, comblant la distance les séparant en quelques pas seulement. Elle en prend conscience à l'instant où doucement, elle se sent repoussée contre le mur. L'homme est si proche d'elle qu'elle en a le souffle coupé. Il est tellement prêt d'elle que ses narines sont inondées par son parfum, qu'elle est incapable d'identifier ou de reconnaître. Elle sent son cœur qui s'affole, qui ne comprend pas ce qu'il se passe, ce qui lui arrive. Jamais un homme ne l'a approché de si près. Elle est troublée. Ses joues la brûle, elle est sûre qu'elles ont prit une pigmentation vive, trop vive même. Elle doit le repousser. Elle veut le repousser. Et pourtant, elle n'en fait rien. Parce qu'elle est trop troublée pour faire quoi que ce soit. Parce que les mots qu'il accompagne à son geste la terrifie. Pendant un court instant, elle se croit chaperon rouge prisonnière du loup.

Mais Oswald finit par reculer dans une révérence, attrapant cependant sa main pour y déposer un baiser. Au contact de ses lèvres contre sa peau, un long frisson remonte le long de sa colonne vertébrale. Elle le sait, pourtant, qu'il se joue d'elle. Ça se voit à l'éclat malicieux voire moqueur brillant au fin fond de ses yeux rubis. Mais elle est incapable d'y rester totalement insensible, même si elle se répète de ne pas rentrer dans son petit jeu. Parce qu'elle ne connaît pas, tout ça. Jamais elle n'a fréquenté le moindre garçon, même au collège ou au lycée. Jamais l'un d'eux de s'est retrouvé si près d'elle, au point qu'elle en sente son souffle contre sa nuque. Jamais on ne lui a fait de baise-main à la manière d'un prince. Jamais on ne lui a sous-entendu de choses aussi indécentes la concernant. Et si d'aventures quelques jouvenceaux ont un jour convoités sa chasteté, elle ne l'a encore jamais cédé à quiconque. Elle demeure intacte, intouchée, intouchable.

Sa main pivote alors, Oswald la présente paume au ciel. Il finit alors par y déposer la petite fiole, et les doigts de la jeune femme se referme aussitôt sur le petit objet en verre. Il a plongé son regard dans le sien, elle tente de le soutenir, mais en est incapable. Il suffit de quelques secondes pour qu'elle détourne les yeux, échappant à ses sanguines, de peur de s'y perdre ou de ne jamais parvenir à s'en détacher. Ses mains pressent la petite fiole contre sa poitrine, elle a besoin de sentir quelque chose de réel entre ses mains, pour se rassurer. Elle a perdu le contrôle d'elle-même et s'en veut affreusement. Elle aurait du le repousser, s'échapper à son étreinte. Lui montrer qu'elle n'était pas un jouet qu'il avait droit de manipuler à sa guise. Qu'il n'avait pas le droit de sous-entendre de telles choses les concernant. Mais elle en avait été incapable, elle était restée pétrifiée comme une idiote, comme une enfant trop timide. Elle se mordit la lèvre inférieure, observant le sol d'un air vague. Elle n'ose même pas relever les yeux. Elle ne veut pas se confronter à nouveau à son regard. Elle craint de se pétrifier de nouveau, de savoir s'il se rapproche.

Sa voix est bloquée dans sa gorge. Pourtant, il faut qu'elle parle. Qu'elle se reprenne, et au plus vite. Il est trop tard pour feindre l'indifférence, mais elle peut encore faire passer sa réaction sur le compte de la surprise et se reprendre en main. Elle doit se reprendre avant qu'il ne se fasse une opinion erronée d'elle. Azilys ne perd pas si facilement ses moyens, en temps normal. La preuve lorsqu'elle l'a accueillit, puis emmené jusqu'ici. Mais le blond a su trouver sa corde sensible en quelques petites minutes seulement – et sans vraiment la chercher. Juste en se jouant d'elle. Ce qui est assez difficile à encaisser pour l'aubergiste. Elle n'aime pas être prise pour une idiote. Que l'on se moque d'elle de la sorte. Que l'on ose lui dire de telles obscénités. Son invité semble apprécié les plaisirs de la chair, mais elle, elle n'y a jamais goûté encore. Et elle ne peut accepter qu'on la voit seulement comme une pièce de viande délicieuse.

▬ Si c'est là tout ce que vous avez à me dire … Vous pouvez tout aussi bien partir.

Articule-t-elle finalement, en levant enfin les yeux vers lui. Il est difficile de soutenir son regard après tout ça, mais elle s'y force. Elle ne veut pas céder à la faiblesse pour la deuxième fois. Maintenant qu'elle sait ce dont il est capable, qu'elle sait à quoi s'attendre, elle espère être en mesure de réagir la prochaine fois. S'il y a une prochaine fois, bien entendu. Azilys préfère penser qu'il n'y en aura pas, d'ailleurs. D'un pas qu'elle veut assurer, elle rejoint son bureau pour ranger dans l'un des tiroirs la petite fiole restituée plus tôt. Ses tiroirs sont plein à craquer de papiers en tout genre, surtout des schémas et des recettes qu'elle n'a encore jamais prit le temps de classer. En refermant le tiroir, l'une d'elle s'envole de son bureau et finit sa course aux pieds du chef de l'organisation avant qu'elle ne puisse la récupérer. La blonde regarde tour à tour Oswald et la feuille. Elle veut la récupérer. Mais elle est trop près de lui. Et son corps refuse de s'approcher, d'esquisser le moindre geste dans sa direction. Alors elle demeure à moitié avachie sur son bureau, sa poitrine écrasée contre le bois, sa main bêtement en avant. Elle serre les dents.

Cette journée est définitivement contre elle.

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MessageSujet: Re: Something borrowed. ✘ Azilys   Dim 3 Jan - 18:34
Something borrowed.
Azilys x Oswald

Il l’avait prise au dépourvu, l’avait mise mal à l’aise, lui avait fait perdre ses moyens. Il n’y aurait eu rien d’autre qu’un aveugle pour ne pas s’en rendre compte. Aux yeux d’Oswald, c’était amusant, bien qu’un peu surprenant. Il s’était attendu à ce qu’une femme de sa trempe ait au moins le courage de le repousser, sinon de lui rire au nez lorsqu’il outrepassait les barrières que l’on dresse normalement entre deux inconnus. Mais rien, elle s’était contentée de garder le silence, et de rougir comme il n’avait jamais vu une femme rougir face à lui. Et, oui, vraiment, ça l’étonnait. Elle n’avait pas eu l’air si facile à déstabiliser, lorsqu’elle lui avait adressé la parole plus tôt, lui avait presque donné des ordres, l’avait traîné dans son bureau comme un enfant qu’elle punissait d’avoir désobéi. Elle vacillait finalement bien plus facilement qu’il n’aurait pu le croire venant d’elle, et il se demandait à quel point il pouvait en profiter, s’il le désirait. Il y avait sûrement de quoi, mais en vérité, son regard avait rencontré ce qu’il devinait être un sabre, non loin de là, et il se doutait que s’il se trouvait là, c’était qu’il appartenait à la jeune aubergiste et que, sans aucun doute, elle savait s’en servir. Ou peut-être pas, d’ailleurs, mais il n’était pas certain de vouloir en faire lui-même l’expérience. « Si c'est là tout ce que vous avez à me dire … Vous pouvez tout aussi bien partir. » Il adressa un regard légèrement amusé à Azilys, tout en se demandant si elle était aussi combattante qu’elle était pucelle.

Parce que pucelle, elle ne pouvait que l’être de par ses réactions. Oswald venait de le comprendre, et il ne savait pas tout à fait s’il devait à nouveau en rire ou plutôt se laisser surprendre. Comment une femme avait une telle allure et des atouts non négligeables pouvait-elle ne jamais avoir connu les plaisirs de la chair ? N’avait-elle jamais aimé ? Pour sûr, par contre, elle avait dû l’être, elle. Il se demandait si elle avait été de ces adolescentes courtisées par des pré-pubères en pleine mue, maladroits et hésitants. N’y avait-elle donc jamais cédé ? Ainsi donc, c’était une femme qui se respectait ? Il avait l’impression d’en voir de moins en moins ; ou alors c’était qu’il n’attirait que les compagnes lassées de leur fiancé, pire, de leur époux. C’est qu’on le savait volage, sans véritable morale quant à celles qui se permettaient l’adultère. Il ne s’en tenait jamais responsable, il n’accusait jamais le coup, il se contenter d’envoyer paître les hommes qui, parfois, rarement, venaient lui demander des comptes. Il en avait eu quelques uns mais plus depuis longtemps, il fallait l’avouer. Ils avaient dû se lasser, sans doute. Et puis, ils avaient déjà perdu la fidélité de leur femme, leur amour parfois, ils savaient que justice ne serait pas rendue. Peut-être prenaient-ils conscience de l’absurdité de leur désir de vengeance. Quoiqu’il en soit, c’était rarement des femmes chastes qu’il fréquentait, et il ne s’était pas attendu à ce que celle-ci en fut une en l’approchant de la sorte.

Et elle… Elle, désormais, paraissait ne plus vouloir l’approcher. Par crainte, peut-être, qu’il ne recommence ce qu’il avait fait un peu plus tôt, voire qu’il aille plus loin encore. Un viol ? Oswald s’y était déjà abaissé, plus jeune, mais ça faisait longtemps qu’il n’avait pas récidivé. Les femmes, il préférait les séduire que les prendre de force. La victoire, dans ces cas-là, était plus délicieuse encore, surtout s’il s’agissait de créatures qui avaient su faire preuve de résistance avant de lui tomber dans les bras —dans les draps, en l'occurrence. Azilys, c’était encore différent. Ça n’était ni une femme qui se soumettait à ses désirs, ni une qui lui résistait, c’était une femme qui ne connaissait rien au monde de la luxure. Sans doute était-ce mieux, d’ailleurs ; et il éprouvait presque quelque remord à l’avoir ainsi brusquée, sans même que ce ne soit son but initial.

Son regard, il le fit couler de l’aubergiste à la feuille qui venait de s’échouer à ses pieds, et puis de nouveau sur la jolie blonde. Non, elle n’osait vraiment plus approcher de lui. « Non, j’ai encore quelque chose à te dire, je crois, Azilys... » Répondit-il enfin, après avoir laissé le silence s’éterniser. Il alla se saisir de la feuille égarée, et puis s’approcha du bureau pour l’y déposer, prenant soin de ne pas la froisser, et sans même avoir jeté un oeil à ce dont il s’agissait. Seulement, il ne la lâcha pas tout de suite ; il se pencha sur le meuble, et vint glisser ses doigts sous le menton de la belle pour capturer son regard. « Excuse-moi. »

Il la relâcha presque aussitôt, tout en la laissant récupérer son bien. S’il y avait eu un éclat sans doute amusé, ou qui y ressemblait, dans son regard, il n’en était pas moins qu’il y avait une part de sincérité dans ses excuses. Si elles étaient désintéressées ? Rien n’était moins sûr, il fallait l’avouer, mais au moins s’était-il plié au respect pour cette fois-ci. Toutefois, il n’était pas encore décidé à s’en aller. Il préféra s’approcher de la bibliothèque, pour observer les livres qui trônaient là. Il y avait notamment des ouvrages qui ressemblaient à ceux qu’il avait deviné comme emplissant l’espace de son bureau, des tomes qui semblaient causer plantes médicinales et recettes à base de celles-ci, et sur les tranches desquels il laissa vaguement courir ses doigts. « Ainsi donc, tu mènes une double vie d’aubergiste et d’herboriste… Intéressant. » Il se tourna d’un quart vers elle, une faible lueur d’intérêt dans le regard, étouffée par quelque chose d'indescriptible et d'impénétrable. « Depuis combien de temps manipules-tu les plantes pour en faire des remèdes ? Que sais-tu faire, avec tout ceci ? » N’avait-il après tout pas dit qu’il préférait la connaître autrement que par la chair, peu de temps auparavant ? A nouveau, il était impossible de savoir si ses intentions étaient bonnes comme rarement, ou mauvaises comme à l’accoutumée, mais au moins faisait-il un effort d’intérêt pour la jeune femme. Ou bien, n’était-ce qu’une façon de l’ennuyer un peu plus, cette fois encore ? Arceus seul savait, sans doute.

Lentement, il s’écarta des étagères, et alla s’appuyer au plus près de la fenêtre, pour observer la pluie qui tombait, dehors. Les feuilles s’agitaient sous les lourdes gouttes, et le sol était détrempé au possible. Ça risquait d’être toute une aventure pour rejoindre Janusia, à moins qu’il ne prenne soin d’appeler une voiture avant de s’enfoncer sous le presque déluge de l’extérieur. Un sourire différent des précédents, plus franc et moins moqueur, s’invita sur ses lèvres lorsqu’il jeta un regard à Azilys. « Regarde-moi ce temps… Tu ne comptes pas me mettre dehors tout de suite, rassure-moi ? » Il la taquinait, en se demandant si elle en serait capable… Peut-être bien ? Si jamais elle essayait, en tout cas, il ne serait même pas surpris. C’est que les femmes avaient des armes bien plus cruelles que les hommes, lorsqu’on les forçait à bout ; et Oswald était doué, ô combien doué pour pousser les femmes jusque dans leurs derniers retranchements.
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MessageSujet: Re: Something borrowed. ✘ Azilys   Dim 24 Jan - 4:52





Something borrowed.

feat. Oswald ♥

Azilys fulmine. Pas particulièrement contre Oswald – quand bien même il en est la source – mais surtout contre elle-même. Elle s'en veut d'avoir ainsi perdu son self-control. D'avoir céder à cet instinct primaire qu'est la panique, que l'on ressent face à une situation dont on a peur ou qu'on a du mal à cerner. La blonde est consciente qu'elle n'est pas infaillible – personne ne l'est de toute façon, même pas l'homme en face d'elle. Elle est même bien lucide concernant ses faiblesses. Et les hommes n'en font pas parti, en temps normal. Ceux qui l'enquiquine, elle les envoie balader comme des moucherons, des indésirables. Mais aucun ne l'a jamais approché comme ça. Personne n'a osé franchir cette zone interdite qu'elle a déterminé au moment même où elle est devenue une femme. Et lui, lui, l'avait foulé du pied, l'avait pénétré avant même qu'elle ne puisse l'en empêcher. Et elle n'a pas été capable de le repousser, comme elle aurait du le faire. Parce qu'il était son supérieur ou pour une autre raison, elle l'ignore. Mais les faits sont là. Et ça l'enrage. Car maintenant, même récupérer une feuille par terre est devenue compliqué. Car elle ne veut pas qu'il puisse de nouveau pénétrer dans cet espace, que ce soit par son propre biais ou pas.

Bien qu'elle l'ai indirectement sommé de partir, Oswald ne semble pas disposer à lui obéir. Il reprend même la parole après un long silence. Encore quelque chose à lui dire ? Azilys n'est pas réellement disposée à l'écouter. Elle veut plutôt le voir débarrasser le plancher. Néanmoins, elle reste muette comme une tombe tandis qu'il se baisse pour récupérer la feuille échouée à ses pieds. Puis il s'approche, lentement, jusqu'à atteindre le bureau. Il fait mine d'y déposer le document égaré - sans même y laisser traîner le moindre regard curieux, au moins semble-t-il respecter les travaux d'autrui – mais ne le relâche par pour autant. Tandis que la blonde lorgne sur la feuille quasiment restituée, elle sent les doigts de l'homme sous son menton. Il cherche son regard. Elle lui offre sur le champ. Cette fois, elle ne baissera pas les yeux. Elle lui prouvera qu'elle n'est pas si faible. Elle y tient. Pour la simple et bonne raison qu'elle désire qu'il conserve une bonne estime d'elle. Qu'il la voit comme une femme forte avec la tête sur les épaules, pas une petite chose fragile risquant de se briser à tout instant.

▬ Excuse-moi.

Sincères ou non, ces excuses ont pour effet d'adoucir un peu le regard dur de l'aubergiste. Elle est sincèrement étonnée mais, d'un autre côté, elle se doute qu'il n'est pas entièrement désolé. L'éclat dans ses yeux ne sait pas mentir aussi bien que sa bouche. Mais Azilys s'en contente. Au moins a-t-il fait l'effort de se montrer poli. Oswald la relâche alors, lui restituant sa feuille avant de s'approcher des grandes bibliothèques. Ces dernières sont pleines à craquer de livres en tout genre, essentiellement des recueils sur diverses plantes ou des traités de médecine. La plupart lui ont été offerts suite à des concours remportés haut-la-main pendant ses études. D'autres appartenaient à son ancien professeur herboriste, auprès duquel elle a tout apprit. Lorsqu'il a décidé de prendre sa retraite, il a cédé tous ces ouvrages à son élève : de vieux livres d'antan comme ses recherches personnelles. Et Azilys a tout lu. D'ailleurs, tout ce qui est présentement aligné sur les étagères de sa bibliothèque est passé sous son nez au moins une fois. Sa soif de connaissance ne connaît pas de limite.

Le laissant tout à sa contemplation – elle n'a de toute façon rien à cacher concernant ces livres – la blonde examine rapidement sa feuille. C'est le schéma d'un millefeuille, une plante connue pour ses propriétés anti-inflammatoires. Elle ignore ce qu'il fait là, étant donné qu'elle n'a pas utilisé de millefeuille depuis longtemps. Ouvrant un tiroir de son bureau, elle en sorte une pochette cartonnée jaune et y glisse le schéma, au milieu de nombreux autres. Azilys aime les avoir à porter et préfère donc les garder tout près d'elle plutôt que de les ranger dans ses bibliothèques. Contrairement aux livres, les schémas se perdent très facilement et elle ne veut pas prendre le risque d'en égarer un seul. Ils sont tous importants. D'autant plus que celui-ci a été réalisé par son professeur un peu avant son départ. Le document a donc un connotation affective qui la pousse à ne jamais s'en séparer et à toujours le conserver tout près d'elle, quand bien même le millefeuille n'est pas une plante qu'elle manipule très souvent.

▬ Ainsi donc, tu mènes une double vie d’aubergiste et d’herboriste… Intéressant. Depuis combien de temps manipules-tu les plantes pour en faire des remèdes ? Que sais-tu faire, avec tout ceci ?

S'y intéresse-t-il vraiment, difficile à dire. Mais Azilys perçoit ces questions comme la chance qu'elle attendait pour se racheter. Lui montrer ce qu'elle vaut. Les plantes sont son domaine de prédilection. Elle est fière de ses connaissances, car elle a travaillé dur pour les parfaire. Son adolescence n'a été bercé que par ça : par les plantes et leurs différentes propriétés. Et elle était réputée pour ça, à l'officine. Pour son savoir. Mais désormais, si on ne la connaît pas personnellement, il est difficile de se douter de la double-vie qu'elle mène. Pourtant, elle a été herboriste avant d'être aubergiste. Elle le serait encore, d'ailleurs, si son grand-père n'avait pas périt. En ce moment-même, elle serait à l'officine, occupée à manipuler les plantes pour le bien-être de ses clients. Mais inutile de remuer le passé. Tout en saisissant une pile de feuilles vierges qu'elle s'applique à ranger dans un coin de son bureau, elle prend la parole d'un ton très professionnel :

▬ Je les manipule depuis ma plus tendre enfance. J'ai toujours été fasciné par les plantes, même si je ne peux plus m'y consacrer autant qu'autrefois. Mes connaissances actuelles me permettent de concocter de nombreux remèdes, pour le stresse comme pour les soucis gastriques. Des décontractants musculaires aussi. Mais je suis tout aussi capable de produire des poisons. Bénins comme mortels.

Elle prononce ses derniers mots en levant innocemment les yeux vers lui. Du poison, elle en a concocté peu. Mais elle sait qu'ils sont efficaces pour les avoir testé. L'un de ses poisons bénins l'a d'ailleurs aidé pour la capture du dernier hybride livré récemment à Chronos. Incolore, inodore et dénué de goût, elle en avait glissé une simple goutte dans le verre de sa cible, juste avant qu'elle n'aille se coucher. Et quand Azilys avait rejoint la chambre un peu plus tard, elle l'avait retrouvé pétrifié. Conscient, mais incapable de bouger le moindre muscle. Le céder à l'organisation fut pour ainsi dire une véritable promenade de santé. Selon la dose qu'elle verse dans la boisson, l'effet dur plus ou moins longtemps. Mais elle en abuse rarement, car les plantes nécessaires pour cette concoction sont rares, très rares. Il en pousse très peu à Unys, se les procurer demande donc une somme assez coquette qu'elle ne peut pas céder souvent. Quant au poison mortel … il est très récent. Elle ne l'a à ce jour testé que sur une poule. La mort a été immédiate, foudroyante. Et terriblement grisante à admirer.

Suivant Oswald du regard, Azilys finit, comme lui, par observer la pluie par la fenêtre. Elle ne semble pas décider à s'arrêter de si tôt. Typique de la saison, cela dit. Mais la blonde veut que ça s'arrête. Sous ses trombes d'eau, impossible pour elle de se rendre en forêt pour une cueillette de plantes. Pourtant, ses réserves s'épuisent. Il devient urgent de les refaire. Contournant son bureau, elle s'approche du large meuble en bois où sont alignés la plupart des bocaux contenant les plantes les plus fragiles ainsi que de petites boîtes ont elle conserve les fleurs séchées. Ouvrant un petit tube à essai, elle l'approche de son nez et sent le parfum qui s'en échappe. Cette verveine commence à dater, son odeur citronnée s'estompe petit à petit. Il s'agit pourtant d'un ingrédient phare d'Azilys, car il facilite la digestion en plus d'avoir des propriétés anti-inflammatoires. Les quelques habitants d'Entrelasque fréquentant énormément l'officine autrefois lui en demandent souvent, elle ne peut donc pas se permettre de manquer de verveine. Elle allait devoir en trouver coûte que coûte.

▬ Regarde-moi ce temps… Tu ne comptes pas me mettre dehors tout de suite, rassure-moi ?

Arquant un sourcil, elle lui lance un petit regard suspicieux. S'approchant finalement de lui à pas de loup – sois forte Azilys, tu peux le faire – elle réduit l'espace les séparant puis lève la main pour tâtonner ses épaules, l'une après l'autre, puis le haut de son dos. Le vêtement est à peine mouillé. Elle ne va pas jusqu'à toucher ses cheveux, mais eux aussi paraissent à peine humides. Il n'a donc pas affronté le déluge à l'extérieur pour parvenir jusqu'ici. La route entre Janusia et l'auberge est longue. Et impossible que le couvert des arbres soit suffisant pour l'épargner de la pluie. Quelqu'un l'a donc emmené jusqu'ici. En voiture, sûrement. Elle imagine mal Oswald patauger dans la boue juste pour lui rendre visite. Et l'état de ses chaussures est la preuve même qu'il n'a pas mit le pied dans la moindre petite flaque. Elle ne doute donc pas qu'à l'instant même où elle le pousserait dehors, une limousine ou une luxueuse voiture de marque serait déjà là à l'attendre. Alors son petit numéro, il ne fonctionne pas avec elle. Il ne cherche qu'à la taquiner, et elle le sait très bien.

▬ Allons, ne me faites pas croire que vous êtes venu à pied. Je suis certaine que votre chauffeur n'attend qu'un appel de votre part pour accourir aussitôt.

Retournant auprès de ses plantes, Azilys remit le tube à essai à sa place. Elle sort alors un petit calepin de sa poche, tire le crayon accroché aux spirales et griffonne deux-trois mots rapidement. Elle semble déterminer à travailler malgré la présence du blond dans son bureau. Elle ne veut pas prendre de retard à cause de lui. Puisqu'elle ne peut pas se procurer ses plantes à cause de la pluie, autant faire un peu de ménage. Certaines herbes sont maintenant trop sèches pour être utilisées. Alors la blonde s'active à vider certaines petites caisses en bois et de rayer sur son calepin les plantes dont elle se débarrasse. Dans le petit carnet, tout est organisé : les plantes sont listées selon leur propriété. Derrière chaque nom est inscrit une date, correspondant à celle de la cueillette. Ainsi, la blonde détermine les plants les plus anciens et dont elle doit se débarrasser même s'ils n'ont pas encore commencés à trop sécher. Certaines fleurs et herbes perdent en efficacité très rapidement, les conserver est donc inutile. Réalisant que sa poubelle se trouvait près de son bureau, Azilys dépose son carnet sur son meuble afin d'aller la récupérer. En passant à côté du blond, elle lui glisse :

▬ Si vous êtes venu pour me dire quelque chose, faites-le. Comme vous le constatez, je suis assez occupée. Je n'ai pas seulement l'auberge à faire tourner.


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MessageSujet: Re: Something borrowed. ✘ Azilys   Sam 30 Jan - 22:22
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Azilys x Oswald

Des cataplasmes et concoctions capables du meilleur comme du pire. Une femme au visage d’ange était donc capable de nourrir tant de noirceur en elle ? Il lui jeta à peine un regard, qui glissa sur elle de la tête au pied, et puis s’en détourna. Elle n’avait pas le profil de la traîtresse, pas le profil de celle qui ment et qui se joue de ce qu’elle paraît être : les sourires devaient être envoûtants sur son visage. C’était sans doute ce qui la rendait dangereuse : elle était insoupçonnable. Il savait que cette auberge avait, de toute façon, bonne réputation. On y venait les yeux fermés et tout en confiance. Elle avait été un véritable refuge pendant des années, jusqu’à ce que la jeune fille non loin de lui reprit l’affaire, sans doute pas par désir que survive la volonté de son aïeul. Un bien, un mal ? Pour son entreprise, un bien, très certainement. Mais elle, ne s’en voulait-elle pas, quelque fois ? Et ces employés, qu’on lui avait dit hybrides quelquefois, comment s’occupait-elle à les distraire pour qu’ils ne remarquent jamais les disparitions soudaines, comment les tolérait-elle ? Etait-ce un peu comme lui et cette éternelle aux yeux plus bleus encore que ceux d’Azilys, cette déesse jamais affectée par le temps et les aléas ? Etaient-ils ses exceptions ?

Il chassa ces pensées cruelles dans un coin de son esprit, il ramena ses cheveux humides sur son crâne, même s’ils revinrent presque aussitôt balayer ses tempes. « Rappelle-moi de ne rien boire ni manger qui provienne de chez toi, hm ? Quoique… Tu n’oserais pas empoisonner ton patron, n’est-ce pas ? » Comme pour ponctuer sa question —tout en soi rhétorique—, il lui lança un regard lourd de sous-entendus. Pourtant, en se donnant la peine de chercher plus profondément dans ses sanguines, on pouvait la voir : cette petite lueur amusée qui dansait dans ses iris enflammés. « Remarque, beaucoup seraient heureux de me voir enfin tomber pour tenter de prendre ma place. Le revers de la médaille, dit-on. » Oh, oui, certains désiraient sa chute. Que ce fut pour prendre sa place ou pour démanteler l’organisation, il ne doutait pas qu’il y en avait plusieurs dizaines. Ils obéissaient sagement, et pourtant réfléchissaient à mille façon de le mettre hors d’état de nuire. Il ne savait jamais vraiment qu’en penser ; mais qu’importe le nombre de fois où l’on avait contesté son autorité, il s’était débarrassé des nuisibles. Oswald n’était pas de ceux qui laissent la place au risque, encore moins à l’échec.

Alors qu’il se plaignait du mauvais temps de l’extérieur, non sans s’en rire un peu, il l’observa qui s’approchait de lui, non sans méfiance. Allons, l’effrayait-il donc tant ? Pourtant, elle vint jusqu’à lui, et laissa ses mains courir sur ses épaules. Sourcil arqué, sourire en coin, il la laissa faire sans même frémir. Et ensuite, elle se permettait de paraître si outrée au moindre contact qu’il engageait avec elle ? Les femmes… toujours si indécises et compliquées, à ses yeux. Elles changeaient d’avis dés qu’on leur en laissait l’occasion, qu’on approuve ou qu’on conteste leurs mots, elles paraissaient ne jamais savoir véritablement ce qu’elles désiraient, ce qu’elles voulaient qu’on leur dise, les mensonges qu’elles voulaient que l’on maintienne : Oswald les comprenait trop peu. Sans doute n’en faisait-il en vérité pas l’effort, parce qu’il n’y en avait qu’une qui valait mieux que toutes les autres ? C’est que l’amour rendait aveugle, disait-on, et c’était aussi, sans doute, aveugle à ce qui vous entourait. Si elle était son centre de gravité, alors à quoi bon se donner de la peine à tenter de comprendre ces autres qui ne valaient jamais autant ?

Il soupira, ignora superbement les paroles de la petite blonde, et reprit son inspection de son bureau. Il touchait plus avec les yeux qu’avec ses mains, mais il savait que c’était souvent quelque chose d’agaçant : lui-même avait horreur que l’on vint ne serait-ce que poser les yeux sur ce qui trônait sur les étagères, qu’il s’agisse de livres, de trophées, de lettres officielles échangées avec ses partenaires. Il n’avait pourtant pas grand chose à cacher, mais c’était toujours quelque chose qui l’exaspérait. Plus ou moins, selon qui s’y risquait. Ce ne fut qu’après un long silence qui jeta un coup d’oeil à Azilys, par dessus son épaule. « Il ne pleut pas depuis si longtemps, et ton auberge n’est décidément pas bien loin de notre quartier général. Qui te dit que je ne suis pas arrivé avant le déluge ? » Sa question sonna presque comme une sorte de défi, et il la laissa vibrer dans l’air quelques instants.

Son regard, comme plus tôt, accrocha l’arme qui reposait là, contre le mur et non loin de la porte. Il s’en approcha, la sortit à peine de son fourreau et, dans un geste sans doute absurde, fit glisser son pouce sur le tranchant de la lame. Alors, il observa les fines gouttes écarlates de la plaie bénigne qui venait de s’ouvrir et, loin de grimacer, se contenta de sourire. Il se redressa, en reposant sagement le sabre là où il se trouvait avant qu’il n’y touche, et puis se tourna vers la jeune femme à quelques pas de là. « Aiguisée… Je suppose que ça n’est pas pour faire joli, qu’elle est là, n’est-ce pas ? Manies-tu l’épée depuis aussi longtemps que tu manipules les plantes, ou bien as-tu appris sur le tard ? » Lui-même avait attendu des années avant de tenir son katana entre ses mains : ç’avait été un héritage de son prédécesseur, et il avait tenu son revolver bien avant d’en revenir à l’arme blanche. Qu’il s’agisse d’un sabre ou d’un pistolet, ça n’était qu’à ses dix-huit ans —son entrée à Chronos— qu’il avait appris à tenir une chose capable de tuer. Pourtant, son premier crime lui avait était volé bien plus tôt, alors qu’il n’était qu’un gosse ayant à peine atteint l’âge de raison.

On l’avait, au fond, forcé à tuer ; c’était marche ou crève, et rendre l’âme avant même d’avoir vraiment connu la vie n’était pas dans ses projets. Il voulait avoir une chance de grandir, une chance de ne plus avoir mal. Son coeur, de ce temps-là, croyait encore pouvoir retrouver la belle aux cheveux d’aurore, la rattraper, comme si elle n’était au fond pas si loin. Récupérer sa main, oublier qu’ils s’étaient fait du mal et reprendre leur route ensemble, libres et heureux. Il avait été stupide d’y croire, mais au moins était-il parvenu à fuir, à respirer un peu mieux, à s’éloigner de ce qui, pendant quatre ans, l’avait détruit. Il avait été un enfant, un adolescent marqué par les coups, certaines cicatrices lui étaient restées, mais au moins était-il parvenu à guérir. Longtemps, pourtant, le sang qui avait coulé cette nuit-là avait paru ne jamais vouloir quitter ses mains, et l’odeur putride le prenait souvent à la gorge. Mais les mois, les années avaient fait leur affaire : la répugnance d’avoir tué avait été vaincue par l’amour de la liberté. Et pourtant, pourtant, la vengeance n’avait pas su taire la haine qui brûlait encore dans ses veines, et lui donnait envie de déchiqueter ce Spectrum, encore et encore, un millier de fois comme il l’avait déjà fait, une seule et unique.

Le souvenir lui arracha un froncement de sourcils, et il s’écarta du sabre, comme s’il risquait de venir le brûler s’il ne faisait que l’effleurer. Il vint s’appuyer contre le bureau d’Azilys, se saisissant d’un crayon qui traînait là pour s’amuser distraitement avec. Rien de mal, en soi, mais l’on pouvait rapidement se sentir frustré qu’un inconnu s’amuse avec tout ce qui n’était pas à lui, pourvu que ça lui passe sous la main. Cependant, quand bien même la chose puisse-t-elle mettre les nerfs à fleur de peau, il ne laissa pas à Azilys l’occasion de s’exprimer avant de plonger dans son regard. « J’ai entendu dire que tu engageais des hybrides pour t’aider à tenir l’auberge… Pourquoi ? » Question piège, réel intérêt ? Allez savoir…
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MessageSujet: Re: Something borrowed. ✘ Azilys   Ven 19 Fév - 16:09





Something borrowed.

feat. Oswald ♥

Un petit sourire en coin, presque effrayant, déforme les lèvres à peine maquillées d'Azilys. Si elle oserait empoisonner Oswald ? Voilà une idée bien saugrenue. Bien qu'il soit plutôt enquiquinant et envahissant, ce n'est pas une raison pour le réduire éternellement au silence. D'autant plus que ça ne lui serait en rien profitable. Et même si ces poisons sont les fruits de sa création, la blonde ne compte pas les utiliser sans bonne raison. Son objectif, à l'heure actuelle, est de retrouver le meurtrier de son grand-père et de se venger. Mais tant que Calev n'aura pas retrouver la mémoire, ce sera chose impossible. Néanmoins, elle se prépare pour ce jour, en inventant des concoctions toujours plus dangereuses, toujours plus foudroyantes. Elle le sait, elle est consciente. Elle se montrera sans pitié envers cet assassin. Elle le fera souffrir comme elle, elle a souffert. Comme Yoshihiro a souffert. Comme Christa et Ozvan ont souffert. Rien au monde ne peut ramener Léon parmi les vivants, mais la disparition de son assassin sera le juste retour des choses. Une vie pour une vie.

Ainsi donc, non, jeter Oswald dans sa tombe n'est pas dans ses projets. De son bureau, déjà, c'est plus plausible. Mais Azilys sait qu'elle a besoin de sa protection pour mener à bien sa petite enquête. Avant de livrer des hybrides à Chronos, elle s'assure qu'ils ne soient pas le meurtrier qu'elle recherche. Et s'il s'avise que non, elle leur lègue. Elle ne peut pas prendre le risque de les relâcher dans la nature, où ils risqueraient de propager des rumeurs peu gratifiantes au sujet de l'auberge. L'établissement doit demeurer un asile sûr pour les hybrides, un refuge comme son nom l'indique si bien- ou si mal ? C'est d'une importance capitale. Rien ne promet évidemment que le meurtrier revienne sur les lieux du crime, mais il est toujours permis d'espérer. D'autant plus que Calev a été victime du même agresseur : si ce dernier apprend que sa victime est encore en vie et risque de le vendre, sûrement reviendra-t-il s'occuper de son cas. Mais il ignore sûrement que Azilys est préparée à le recevoir.

▬ Il ne pleut pas depuis si longtemps, et ton auberge n’est décidément pas bien loin de notre quartier général. Qui te dit que je ne suis pas arrivé avant le déluge ?
▬ J'ai déjà fait la route d'ici à Janusia. Le quartier général n'est, certes, pas loin mais il demande une bonne vingtaine de minutes de marche. Vous n'avez donc pas éviter l'averse.

Elude-t-elle en plantant son regard dans le sien. Pourquoi ne pas vouloir admettre qu'il était parvenu jusqu'ici en voiture ? La prend-t-il à ce point pour une idiote ? La pluie a commencé à tomber une petite heure avant son arrivée. Cherche-t-il à la mettre au défi ou s'amuse-t-il seulement à l'enquiquiner ? Choix numéro deux, sans l'ombre d'un doute. Suite à sa réaction plus tôt, sûrement la croit-il désormais faite de cristal, capable de se briser entre ses doigts à la moindre caresse. Cela lui plaît guère. Elle a eu un instant de faiblesse, certes, elle doit bien le reconnaître. Mais maintenant qu'elle a reprit le contrôle d'elle-même et mit de l'ordre dans ses pensées, elle ne veut plus paraître aussi fragile qu'elle l'a été. Sûrement faudra-t-il un petit peu plus de temps pour que Oswald le comprenne, cependant. Qu'à cela ne tienne, Azilys lui montrera de quoi elle est faite. S'il pense avoir affaire à une pauvre femme fragile et androphobe, il se met le doigt dans l’œil. Sa surprise passée, elle ne le craint plus – surtout s'il garde une distance assez raisonnable d'elle et garde ses propos salaces pour lui.

Tandis que la blonde retrouve ses plantes et son carnet, chargée de sa poubelle, elle entend Oswald qui passe dans son dos. Elle ne daigne même pas jeter un regard en arrière, préférant vider ses petits tiroirs dans la poubelle, les débarrassant des feuilles mortes devenues inutiles. Azilys n'a pas besoin de se retourner pour deviner ce qu'il fait : le son de l'épée tirée de son fourreau, il est devenu familier au point qu'elle ne s'en étonne plus. Cet homme se croit vraiment chez lui. Il se conduit même comme un enfant trop curieux, à toucher à tout ce qui l'intéresse, à poser des questions sur son environnement, sur la maîtresse des lieux. Difficile de se faire à l'idée que cet énergumène est à la tête d'une organisation comme Chronos. Ses mains doivent être souillées de sang comme de larmes et, pourtant, il n'en donne aucunement l'impression. Quiconque ignore le faciès du dirigeant de Chronos peut le croiser par hasard dans la rue et lui donner le bon dieu sans confession, sans se douter de quoi que ce soit. C'est sûrement ce qui le rend si troublant, si menaçant. Et qui lui confère, malgré tout, un air irrésistible.

▬ Aiguisée… Je suppose que ça n’est pas pour faire joli, qu’elle est là, n’est-ce pas ? Manies-tu l’épée depuis aussi longtemps que tu manipules les plantes, ou bien as-tu appris sur le tard ?
▬ Elle n'est pas là pour faire joli, en effet. Mais je ne manipule pas l'épée comme les plantes. J'ai commencé plus tard, aux alentours de mes quatorze ou quinze ans. J'étais encore au collège.

Répond-t-elle sans détourner ses yeux de son travail. Elle ouvre, sent, tâte, renferme, jette, raye, écrit, effrite, déchire, crayonne. Oswald peut bien faire ce qu'il veut dans son dos, elle n'a guère de temps à lui accorder. Peut-être finira-t-il par débarrasser le plancher en voyant qu'elle ne s'intéresse aucunement à lui ? Trop beau pour être vrai. Il doit prendre bien trop de plaisir à l'enquiquiner de la sorte. Une pensée s'impose alors à son esprit : commence-t-il à la prendre au sérieux ? Les poisons, l'épée … Toute femme ne se vante pas d'être entourée de pareilles choses. Dans cette petite pièce, se côtoient les concoctions bienfaitrices, les poisons mortels et les épées aiguisées. Ici, on peut sauver une vie comme en voler une. Ce bureau peut sembler être l'endroit le plus sûr de l'auberge, mais il n'en n'est rien. Du moins, pour les personnes extérieures à l'auberge. Voilà longtemps que Christa et Ozvan n'y pénètrent plus seuls, même s'ils ignorent tout des filtres mortels qui s'alignent aux côtés des cataplasmes, comme aussi inoffensifs que ces derniers.

Bientôt, l'intégralité des petits tiroirs de bois ont été vidés de leur contenu. La plupart des plantes ont finit à la poubelle, mais d'autres demeurent sur le plan de travail. Alors la blonde se charge de les trier, ne gardant que les plus belles pousses. Elle ne se débarrasse pas des abîmées pour autant : elle en forme plutôt plusieurs petits tas, mêlant parfois certaines plantes, sans aucune hésitation. Une fois la plupart des tiroirs remplis, elle s'occupe de ce qu'elle a laissé en tas, les ramassant pour ensuite les glisser dans des petits tubes à essai qu'elle bouchonne systématiquement. Ces plants-là servirons pour des remèdes très simples, se consommant comme du thé. Selon les mélanges qu'elle a fait, ils traitent les maux de tête, des règles douloureuses ou les fièvres bénignes. Des petits bobos de la vie de tous les jours, en somme. Qu'elle peut administrer à certains clients ou même à elle-même. Parce qu'Azilys profite évidemment de ses concoctions pour apaiser ses propres maux, ce que Christa n'apprécie pas spécialement. Mais la blonde a suffisamment confiance en ses capacités pour avaler ses remèdes sans la moindre crainte.

Oswald se meut de nouveau dans son dos. Ne cesse-t-il donc jamais de bouger, celui-là ? Ne peut-il pas demeurer sagement dans un coin sans déranger autrui, en attendant tranquillement qu'elle ait terminé ? Pourquoi s'entête-t-il à rester, d'ailleurs ? Azilys lui adresse un petit regard, vérifiant juste sa trajectoire, avant de se concentrer de nouveau sur son travail. Il se dirige vers son bureau. Que souhaite-t-il donc y faire ? Feuilleter un traité de médecine ? Admirer un schéma complexe ? Vraiment, cet homme est agaçant. Alors qu'elle lui jette un nouveau coup d’œil, elle réalise qu'il s'est appuyé sur son bureau et qu'il s'est permis de lui chiper un crayon pour s'amuser avec. Ses sourcils se froncent et elle réprime une moue agacée. Où donc croit-il être ? Dans son propre bureau, au quartier général ? Azilys se demande bien ce qui la retient de le tirer par les bretelles jusqu'à la sortie de son bureau. Ou plutôt, jusqu'à la sortie de son auberge. S'il est venu ici dans le seul but de l'agacer, il peut tout aussi bien repartir. Azilys n'a pas de temps à perdre avec lui. Alors qu'elle s'apprête à ouvrir la bouche, il s'exclame :

▬ J’ai entendu dire que tu engageais des hybrides pour t’aider à tenir l’auberge… Pourquoi ?

Les doigts d'Azilys se resserrent aussitôt autour de son stylo. Elle se doute bien qu'ils sont au courant, à Chronos. Pour Christa, Ozvan, Yoshihiro, Calev. Si le dernier a conclu un pacte avec elle, ce n'est pas le cas des trois autres. Ce sont des hybrides totalement libres, ne dépendant aucunement d'un lien envers elle. Si ce n'est les liens du cœur. Plus forts encore que ceux qui relient un humain à un hybride. Ses yeux se posent alors sur la Pokéball blanche de Calev, dressée sur son bureau. Une neutralité totale, voilà la force de leur lien au jour d'aujourd'hui. Le Grahyena ne fait pas parti de sa famille au même titre que les trois autres. Ils sont plus importants à ses yeux que n'importe qui d'autre au monde. Ils font parti intégrante de sa vie, et ce depuis toujours. Elle a grandi à leurs côtés. Ce sont sous leurs yeux qu'elle est passée de petite fille à adolescente, puis d'adolescente à femme. Ils ont été témoins de ses réussites et ses échecs. De ses moments de joie comme de ses instants de peine. Et même s'ils ne partagent pas la moindre goutte de sang en commun, ils constituent tout de même une famille, une famille soudée, une famille aimante. Parfois, Azilys s'en veut de leur mentir. Mais elle le fait pour leur bien. Pour qu'ils n'aient plus jamais à souffrir.

Christa n'a pas été que sa nourrice, elle a été sa mère, prenant le rôle qu'une autre a refusé. Elle l'a élevé avec tout l'amour du monde. Et aujourd'hui encore, le regard qu'elle pose sur la blonde sont doux, affectifs. Sûrement la voit-elle encore comme le poupon qu'elle a prit sous son aile il y a des années. Ozvan, il est comme l'oncle discret et froid en public, qui ne dévoile ses sentiments qu'à l'abri des regards, quand il n'y a personne aux alentours. Une main dans les cheveux, un sourire rassurant, une tisane laissée sur son bureau … Il la gâte d'attentions subtiles mais véritables, dont elle est très sensible. Yoshihiro …. Yoshihiro il est ce petit frère, arrivé brusquement, sans n'avoir été désiré. Et pourtant, elle s'en est entiché dès le premier jour où elle l'a vu, tout petit, tout rose dans son bureau. Elle a été témoin de ses premiers babillages, de ses premiers pas. Elle l'a vu grandir, trop vite, bien trop vite. Il a toujours été son principal soutien, son meilleur ami, l'épaule sur laquelle elle pouvait se reposer en sachant que, jamais, elle ne se déroberait. Ils sont tout pour elle. Absolument tout.

▬ On colporte donc des rumeurs au sujet de mon auberge … Mais ce que vous avez entendu est vrai. Parmi les employés de cette auberge, je suis la seule humaine. Mais ne vous méprenez pas : je ne les ai pas engagés. Ils ont simplement … toujours été là.

Elle n'en dit pas plus, s'arrachant à ses yeux sanguins pour reprendre son travail. Azilys ne souhaite pas lui parler davantage d'eux. Cela rentre dans le domaine du privée, domaine qu'il n'a pas le droit de visiter. Christa, Ozvan et Yoshihiro ne sont peut-être pas ses Pokémons, ils restent néanmoins sous sa responsabilité au même titre que Calev. Parfois, elle se demande si se lier avec eux ne serait pas plus prudent, mais elle refuse de leur prendre leur liberté. Si Léon ne s'est jamais lié avec eux, c'est parce qu'il leur faisait suffisamment confiance pour ne pas en avoir besoin. Pas besoin de pactiser avec eux pour savoir qu'ils seront toujours là pour elle, à la soutenir, à répondre présent au moindre souci. Elle ignore encore pourquoi Calev, lui, a tant tenu à se lier avec elle. Il lui arrive souvent de garder cette Pokéball en main en l'admirant des heures durant, se questionnant sur les intentions du beau Grahyena. Elle l'a certes tiré des griffes de la mort, mais est-ce une raison suffisante ? Léon a sauvé Ozvan de la même façon, pourtant le Hariyama ne lui a jamais supplié de pactiser. Du moins, à sa connaissance.

Des voix venant de l'extérieur s'élèvent alors près des étables. En jetant un regard vers la fenêtre, Azilys aperçoit Yoshihiro et Calev, couverts de boue, se pressant sous la pluie battante. Sûrement ont-ils oubliés quelque chose dans la petite cabane, un peu plus loin. Par réflexe, ils jettent un coup d’œil en direction de la fenêtre du bureau et adressent de larges signes de main à Azilys. Cette dernière leur répond d'un petit sourire crispé et, aussitôt qu'ils se sont éloignés, elle tire le rideau. Il ne faut surtout pas qu'ils voient qu'elle a de la compagnie. Et que cette compagnie n'est qu'autre que le dirigeant de l'organisation qui leur veut du mal. Si Calev, à priori, ne risque rien, ce n'est pas forcément le cas de Yoshihiro. La pièce est ainsi plongée dans une demi-obscurité, ce qui force la blonde à aller presser l'interrupteur près de la porte. L'ampoule grésille, en fin de vie, mais finit par projeter une lueur presque tamisée sur les murs. Rien de bien agréable, mais c'est toujours mieux que de ne rien voir. Se tournant finalement vers Oswald, elle juge important de lui expliquer son geste :

▬ Il est préférable qu'ils ne remarquent pas votre présence. Je ne veux pas les effrayer pour rien.


(c) Moona Neko






AZILYS ♥
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MessageSujet: Re: Something borrowed. ✘ Azilys   Dim 28 Fév - 22:33
Something borrowed.
Azilys x Oswald

Elle répondait, elle rétorquait, du tac-o-tac, sans faillir face au petit jeu d’Oswald, et avec une logique implacable contre laquelle il ne pouvait pas rivaliser. Et cette simple idée suffisait à le faire sourire : elle le contredisait. Il était celui face à qui on tournait l’échine, celui dont on ne contestait jamais les ordres, celui dont on ne jugeait jamais ouvertement les décisions, il était celui à qui l’on ne disait pas non, parce que l’on craignait son courroux, et la cruauté qui l’accompagnait souvent. Ça en devenait lassant, parce que s’il aimait qu’on lui obéisse, qu’on le respecte, mieux, que l’on se soumette, il appréciait bien plus encore les défis, les difficultés. Les femmes d’esprit, souvent, représentaient des challenges qui lui plaisaient, et qu’il aimait ennuyer plus que de raison. Avec elle, ça n’était pas que les plaisirs de la chair qu’il désirait, c’était plutôt ce divertissement digne d’un grand enfant capricieux, mais qui mettait un peu de piment dans pauvre petite vie de grand chef adulé et sans conteste.

Il n’avait même pas pris la peine de répondre, pleinement satisfait de la réponse d’Azilys, avant d’entamer son petit tour du propriétaire. C’était comme s’il se croyait chez lui, il se permettait ce que l’on n’était pas censé s’autoriser, lorsque l’on s’invitait chez quelqu’un. Plus encore lorsque c’était impromptu et que, sans doute, on dérangeait l’hôte qui n’espérait sans doute pas une telle visite. Mais le savoir-vivre, s’il le connaissait, il n’en usait que lorsqu’il le décidait, lorsque ça lui chantait. A l’instant précis, il trouvait plus amusant d’oublier les bonnes manières au profit d’une attitude un peu trop curieuse sans doute.

C’est ainsi qu’il se retrouva à examiner à peu près tout ce qui lui passait sous les yeux, et surtout sous la main, étant donné qu’il laissait courir ses doigts sur tout ce qui passait à portée. C’était la tranche des livres sur les étagères, les quelques bibelots qui traînaient dans les parages ou, plus intriguant encore, cette épée au tranchant sans pareil qui trônait là, dans le bureau d’Azilys. On ne s’attendait sans doute pas à rencontrer une femme armée de la sorte, et pourtant il n’était au fond qu’à moitié surpris : il était le chef de Chronos, celui qui distribuait des armes à tous ceux et celles qui n’en avaient pas lorsqu’ils entraient dans l’organisation, qui les leur retirait parfois, lorsque bavures, écarts et autres affronts étaient commis. Il armait donc aussi les femmes, et c’était finalement monnaie courante à Unys, de croiser quelque être, revolver à la ceinture, poignard sous la veste. Mais ici, c’était différent ; jamais il n’avait reçu une quelconque demande, remontée depuis l’auberge. Elle était déjà armée, et c’était là qu’il se questionnait. C’était peut-être même un réel intérêt qu’il portait à la réponse, cette fois-ci.

« Elle n'est pas là pour faire joli, en effet. Mais je ne manipule pas l'épée comme les plantes. J'ai commencé plus tard, aux alentours de mes quatorze ou quinze ans. J'étais encore au collège. » Le collège… Si jeune ? Sans doute avait-elle eu l’environnement qu’il lui fallait pour apprendre à manier la lame. Ça n’était pas le cas d’Oswald, qui avait passé des années à l’orphelinat, et avait connu deux ou trois familles chez qui il n’avait pas vraiment fait long feu. Il n’était pourtant pas bien désagréable comme garçon, de ce temps-là, mais on s’investissait de responsabilités que l’on ne savait pas tenir sur le long terme, parce que l’on déménageait, parce que l’on tombait soudainement en une situation précaire, parce que les temps étaient durs, ou qu’en savait-il encore. Il n’avait jamais trop eu le temps de s’attacher à ces parents improvisés, un peu plus à ces gamins qu’il côtoyait au quotidien entre les quatre murs de la maison d’orphelins. Ils étaient un peu comme lui, pour diverses raisons, si l’on oubliait qu’ils n’avaient sans doute pas de sang sur les mains tel qu’il pouvait en avoir. « Tu étais bien jeune pour apprendre déjà à tenir un artefact capable de donner la mort... » souffla-t-il, songeur, avant de hausser les épaules. « Je suppose qu’il est utile de savoir se défendre, dans un monde pareil. » Et il ponctua ses paroles d’un ricanement railleur ; il savait parfaitement qu’il était parmi les pires et qu’il en terrorisait tant qu’ils apprenaient à prendre les armes contre lui. C’était si ridicule, au fond.

Il s’intéressait désormais à toute son activité sur son bureau et dans ses tiroirs, à ce tri minutieux et ses ratures au stylo qui n’en finissaient plus. C’était presque fascinant, et sans doute aurait-il pu demeurer ainsi des heures rien que pour la regarder s’affairer, avec une concentration telle qu’elle paraissait imperturbable, même face aux enfantillages de son hôte. Pourtant, il vint tout gâcher, d’une simple question, un peu trop soudaine et inattendue sans doute. Il les vit aussitôt, les signes d’une tension chez son interlocutrice : ces jointures blanchies des doigts qui se resserraient sur le stylo, et ce regard qui se posa là, quelque part sur le bureau, au-delà des feuilles crayonnées et des restes de ses réserves de plantes. Ce regard céruléen qui s’échappait, il le suivit, et le sien heurta les reflets d’une sphère d’un blanc si pur qu’il aurait pu lui brûler les rétines. Quelque chose s’agita en lui, dans son coeur et dans ses souvenirs, sans doute. Cette Pokéball… C’était ainsi qu’elle était, au début, celle qui l’unissait à l’éternelle. C’avait quelque chose de douloureux d’en voir une semblable, exposée ici.

Il ne l’avait pas remarquée avant et, maintenant, ça le surprenait. Ça n’était pas l’une des Chrono Ball que son prédécesseur avait mises au point. C’en était une autre, des plus banales, de celles avec lesquelles on faisait des pactes consentants des deux côtés, jamais forcés et qui attachaient autant l’humain à l’hybride que l’hybride à l’humain. C’était une prison douloureuse pour les deux, une prison dont il ne se souciait plus maintenant que les maux de ses liés ne l’atteignaient plus. Ceux de la Mew, à l’époque, lui avaient bien suffit, et la rupture du pacte avait été l’une des douleurs les pires, sûrement, qu’il eut connu dans sa vie. Les contrats qui ne demandaient plus d’engagement tels que ceux que permettaient les Pokéballs de son organisation étaient préférables, sans doute plus encore pour lui que pour d’autres.

Ses sanguines se détachèrent de la surface lisse et brillante de la capsule, pour revenir se perdent dans les prunelles océan de sa sbire. « On colporte donc des rumeurs au sujet de mon auberge … Mais ce que vous avez entendu est vrai. Parmi les employés de cette auberge, je suis la seule humaine. Mais ne vous méprenez pas : je ne les ai pas engagés. Ils ont simplement … toujours été là. » Toujours été là ? Ça se tenait. C’étaient ses exceptions, et c’étaient ceux sur lesquels il n’avait aucun droit, quand bien même il l’aurait voulu. Oh, il en avait privé un bon nombre de ces hybrides si chers à leur coeur, il avait fait coulé le sang de bien des exceptions qui égaraient ses hommes de mains et les conduisaient à la trahison. C’étaient ces exceptions qui menaient à l’erreur, celles dont ils s’entichaient parce que leur dévotion n’était pas celle attendue. Mais puisqu’eux avait toujours été là, comme elle avait toujours été là depuis sa plus tendre enfance, que pouvait-il juger, ici, dans l’auberge ? Puisqu’elle n’échappait pas à sa tâche, il pouvait bien fermer les yeux. Plus encore si cela profitait à l’entreprise, puisque les hybrides trouvent plus rassurants leurs pairs que les humains, à Unys et aussi près de Janusia plus encore.

Tout à coup, des voix ; il releva les yeux en direction de la fenêtre, et il vit deux silhouettes dehors, trempées mais à l’air enjoué, de ce qu’il en voyait. S’il ne s’attarda pas bien longtemps sur le plus grand des deux, parce que son regard fut irrémédiablement attiré par le visage de celui qui paraissait le plus jeune. Une vague sensation de déjà-vu l’étreignit, et il plissa les yeux, comme pour tenter de travers le rideau de sable qui l’empêchait de mettre le doigt sur ce qui le dérangeait. C’étaient peut-être son allure ou les traits incertains de son visage, le sombre de ses cheveux ou l’émeraude de ses iris qu’il avait deviné d’ici, il n’en était pas certain. Mais quelque chose l’ennuyait, sans qu’il ne sache trop ce que c’était. Il n’eut pas plus de temps pour y réfléchir, parce que les deux hybrides disparurent, et on lui coupa la vue de l’extérieur, assombrissant du même coup la pièce. Il suivit les mouvements d’Azilys jusqu’à l’interrupteur, avant de jeter un coup d’oeil à l’ampoule, qui paraissait ne pas apprécier cette sollicitation soudaine. « Il est préférable qu'ils ne remarquent pas votre présence. Je ne veux pas les effrayer pour rien. » Compréhensible, sans doute, lorsque l’on savait qui il était.

Reprenant ses aises, une nouvelle fois et de façon toujours aussi impolie, il se saisit délicatement de la Pokéball posée sur le bureau. Pour peu, elle lui aurait brûlé les doigts, rien que parce que les souvenirs douloureux se heurtaient à sa conscience actuelle et son désir d’oublier. Mais ça n’était plus possible, maintenant qu’elle était revenue. Il se prit à l’observer sous toutes ses coutures, d’abord silencieux. Et puis, lorsque, enfin, il sembla reprendre vie, ce fut pour la tendre en direction d’Azilys. « Quel hybride ? » C’était une simple curiosité pour cette fois-ci, même si, un instant plus tard, son air se fit plus sérieux et plus suspicieux, comme à la recherche d’une réponse qu’il ne parvenait pas à trouver seul. « Dis-moi, ce garçon, le jeune, que l’on a vu par la fenêtre… Qu’est-il ? » Il s’interrompit, secoua la tête. « Pardonne mes questions, j’apprécie savoir comment mes subordonnés s’entourent, à défaut de parfois leur confier moi-même quelque hybride que je juge adapté à ce qu’ils sont. » C’était ce sentiment étrange et indéfinissable qui ne le quittait pas et le rendait un peu trop indiscret peut-être. Mais, de toute façon, puisqu’ils étaient ses exceptions, que pouvait-il bien y faire ? Pire, que pouvait-il bien leur faire ?
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MessageSujet: Re: Something borrowed. ✘ Azilys   Sam 9 Avr - 19:16


Something borrowed
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Tu étais bien jeune pour apprendre déjà à tenir un artefact capable de donner la mort... Très jeune, oui. Tandis que les filles de son âge apprenaient à manier le tube de rouge à lèvres et le fer à lisser, Azilys apprenait à manier l'épée. Elle avait elle-même réclamé une arme blanche au tout début de ses cours d'autodéfense. Bercée par les romans de son enfance, cette arme a toujours représenté quelque chose de très symbolique à ses yeux. L'épée, c'est l'artefact du héros, du preux chevalier en armure, du guerrier défendant sa patrie. Et c'est bien dans le but de défendre autrui qu'Azilys a désiré une arme. Pour protéger sa famille des menaces extérieures. De cette silhouette sombre et inquiétante dans les bois. De Chronos aussi, étrangement. Quand Azilys les prenait encore pour les grands méchants de l'histoire, les ennemis se dressant sur la route des bonnes gens. Mais son épée n'a jamais tranché la moindre chair, sa lame n'est souillée d'aucun sang. Du moins, c'était le cas jusqu'à ce qu'Oswald y promène son doigt.

Néanmoins, Azilys ne souhaite pas se justifier, que ce soit sur l'arme ou sur son apprentissage. Oswald n'a pas besoin de savoir tout ça. Qu'elle a apprit à s'en servir afin lui trancher la gorge, à lui, à l'un de ses sbires ou n'importe qui que ce soit chargé de mauvaises intentations, si jamais il s'approchait trop prêt des membres de sa famille. Qu'il continue donc de penser qu'elle n'est là que pour la légitime défense. Désormais les membres de Chronos ne risquent plus rien, tant qu'ils se tiennent à carreau et n'approchent pas l'auberge sans bonnes raisons. La seule personne contre qui la jeune femmme brandirait son épée, au jour d'aujourd'hui, c'est l'assassin de son grand-père. Il doit être celui qui baptisera la lame, en goûtera le tranchant le premier. C'est son sang qui doit en souiller le métal, en faire une véritable arme mortelle. Si Azilys doit devenir une meurtrière, se sera pour se débarrasser d'un assassin. Aussi ironique cela soit-il.

Le fourreau se dresse à ses côtés, brillant, patient. Azilys lui lance un regard, songeuse, mais détourne les yeux aussitôt. Oswald s'est saisit de la Pokéball de Calev, elle en fronce les yeux. Cet homme manque cruellement de retenu. Se croit-il donc puissant, intouchable, irrépréhensible, au point de faire tout ce qu'il désire quand il le désire, que ce soit chez lui ou chez les autres ? Azilys a toujours eu du mal avec les personnes sans-gêne. Et parmi ses clients, elle en a rencontré plus qu'il n'en faut dans une vie. Ceux qui se croyaient tout permis, au point de prendre l'auberge pour un moulin, à ouvrir toutes les portes et les placards sans se rendre compte de leur impolitesse. Ceux qui viennent mettre leur museau de partout, écoutant les conversations comme s'ils en faisaient partis. Ceux qui mettaient les pieds sur la table et attendait que tout leur soi du. Et Oswald est de ceux qui se croit à la maison même à l'autre bout du globe, qui prend ses aises sans qu'on ne lui propose, qui envahi l'espace comme s'il était sien.

Quel hybride ?
Un Grahyena

Répond-t-elle du tac-o-tac, sans chercher à en avouer plus. Oswald ne lui demande pas de lui décrire le portait complet de l'hybride, de toute manière. Et Azilys ne préfère pas en parler plus que nécessaire. Si elle a pactisé avec lui, c'est seulement dans l'espoir qu'il retrouve la mémoire. Et lui, c'est par simple loyauté, en gage de gratitude pour celle qui l'a tiré des griffes de la mort. Ce qui explique la totale neutralité de leur relation et la blancheur parfaite de la Pokéball. Sans avoir fait l'école des dresseurs, la blonde sait tout de même interprété les couleurs des capsules. Selon la relation qu'entretient les deux pactisants, elle peut être rose, verte, violette, parme, noire et jaune ... La Pokéball était rouge et blanche lorsque Azilys l'a acheté. Elle est devenue blanche depuis que le pacte a été scellé. Aucune variation de couleur depuis. Ce qui n'est pas étonnant, le pacte est encore tout récent. En trois mois, avec leurs charges de travail quotidiennes, difficile de voir évoluer leur relation. Si tant est qu'elle évolue un jour.

Jamais Azilys n'aurait pensé se lier à un Pokémon un jour. Léon ne l'avait jamais fait, et Christa comme Ozvan lui étaient restés fidèles malgré ça. La blonde a toujours cru qu'il ne fallait rien de plus qu'une confiance commune pour garantir la fidélité d'autrui. De ce fait, un pacte lui a toujours paru désuet, inutile. De toute façon, elle comptait destiner sa vie aux plantes et à sa famille, présente comme future. Se lier à un hybride ne lui aurait rien apporté, si ce n'est une responsabilité en plus. Alors la demande de Calev l'avait prise de court et, encore aujourd'hui, elle se demande pourquoi elle a accepté. Pour s'assurer qu'il ne mettrait pas les bouts du jour au lendemain ? Les Pokéballs ont la particularité de créer un portail afin de téléporter l'hybride à l'endroit où son dresseur se trouve. Si jamais le Grahyena voulait lui fausser compagnie, ce portail le rappelerait aussitôt à l'ordre. Mais si Calev lui avait proposé ce pacte, c'était justement parce qu'il voulait demeurer ici, à ses côtés, qu'importe les circonstances. Une fidélité étrange, qu'Azilys n'est pas encore à même de comprendre.

Dis-moi, ce garçon, le jeune, que l’on a vu par la fenêtre… Qu’est-il ? Pardonne mes questions, j’apprécie savoir comment mes subordonnés s’entourent, à défaut de parfois leur confier moi-même quelque hybride que je juge adapté à ce qu’ils sont.

Nouveau froncement le sourcil. Décidément, Oswald a la capacité de savoir taper où ça fait mal. Sans en avoir eu la confirmation de la bouche de Léon, Azilys sait pertinemment que la mère de Yoshihiro provenait de Chronos. C'est pourquoi elle a fuit quelques jours seulement après la naissance de son fils. Pour lui offrir une chance de s'en sortir, de grandir dans un environnement où il ne serait pas vu comme un paria. Le jeune Vipélierre a peut-être été élevé par un hybride, il a cependant reçu la même éducation qu'Azilys. La frontière entre les races, rendue minime depuis le grand changement provoqué par Arceus, s'est brisée entre les deux enfants à l'instant même où leurs regards ce sont croisés, alors que Yoshihiro n'était qu'un bébé et Azilys une fillette de cinq ans. Il est cependant condamné à demeurer à l'auberge pour échapper à la folie humaine, aux dangers qui l'attendent au delà de la forêt. Est-ce vraiment une vie rêvée pour lui ? La blonde se l'est souvent demandé. Et se le demande encore souvent.

Yoshihiro, il est bien plus qu'un ami aux yeux d'Azilys. C'est un frère. Un confident. Le seul capable de lui rendre le sourire lorsqu'elle est triste. Le seul capable de lui redonner espoir lorsqu'elle baisse les bras. Le seul capable de la faire hésiter sur le mal qu'elle voit en chaque hybride inconnu depuis l'assassinat de Léon. Et pourtant, elle lui ment. Elle lui ment chaque jour, chaque heure, chaque minute. Yoshihiro ne sait pas qu'elle a changé. Qu'elle n'est plus la même qu'autrefois. Celle qui lui prenait la main pour l'emmener dans la forêt, à la recherche de plantes ou de baies. Celle qui s'installait avec lui sur le grand tapis devant la cheminée pour lire, lire des heures sans voir le temps passé. Celle qui lui promettait que, à eux deux, ils viendraient à bout de Chronos … S'il savait. Ô, si Yoshihiro savait tout ça. Qu'elle accueillait le chef de Chronos dans son bureau. Qu'elle avait rejoint sa cause. Qu'elle capturait ses congénères pour les livrer à des criminels. Si Yoshihiro savait tout ça, l'aimerait-il quand même encore ?

Désolée, mais je refuse de vous répondre. Mon entourage ne concerne que moi. Mais je vous remercie de vous préoccuper ainsi de ma sécurité.

Sa dernière phrase transpire l'ironie. Azilys n'est pas bête au point de croire qu'il s'en inquiète tant que cela. Si c'était le cas, il ne viendrait pas jusqu'ici. D'ailleurs, la blonde ignore toujours quelle raison l'a poussé jusque dans son auberge. Elle a beau insister, il ne semble pas disposer à lui répondre. Et cela commence sérieusement à agacer la maîtresse des lieux. En plus de lui prendre inutilement de son temps, il se permet de la questionner sur tout et n'importe quoi. Pourquoi se complait-il à réclamer son attention de la sorte ? Il n'a donc pas de travail qui l'attend ? Voilà qui serait étonnant. Lorsque l'on dirige une organisation de la trempe de Chronos, on ne doit pas passer son temps à son tourner les pouces. Alors pourquoi vient-il l'enquiquiner de la sorte ? Azilys le pousserait elle-même de son bureau si elle avait la force nécessaire. Mais la nature n'est pas clémente avec les femmes, condamnées à demeurer plus faibles que les hommes.

Pardonnez-moi d'insister, mais votre venue a-t-elle un but particulier ou souhaitez-vous seulement m'empêcher de travailler ?

Son ton est critique, son humeur se dégradant de minute en minute. Si Oswald ne lui dit pas clairement la raison de sa visite, Azilys risque réellement de sortir de ses gongs. Si lui ne veut pas travailler, grand bien lui fasse. La jeune femme, elle, a une auberge à faire tourner et des remèdes à concocter. Si l'officine a mit la clé sous la porte, la jeune femme n'est cependant pas décidée à faire une croix sur sa vocation d'herboriste. Et même si elle ne peut lui accorder que son rare temps libre, au moins a-t-elle l'impression de se rattacher à une parcelle de son ancienne vie. Néanmoins, si Oswald continue de gâcher ce moment déjà bien trop rare, elle ne donne pas cher de sa peau. S'il cherche à la mettre en colère, c'est presque chose faite. Même si le visage d'Azilys n'accuse qu'un froncement de sourcil mécontent, sa tête bouillonne comme une cocotte minute, et elle risque d'exploser à tout moment.

La porte principale de l'auberge claque alors que le rire familier de Yoshihiro résonne comme un clairon. Azilys ne lâche pas Oswald du regard. S'il cherche à mettre un pied dehors, la lame de son épée goûtera le sang avant l'heure.




© Halloween




AZILYS ♥
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MessageSujet: Re: Something borrowed. ✘ Azilys   Mar 12 Avr - 20:40
Something borrowed.
Azilys x Oswald

Elle avait répondu, le plus brièvement possible et sans une seule marque d’hésitation. Un Grahyena ? Un instant, il songea aux deux silhouettes qu’il avait aperçues, par delà la fenêtre. A la réflexion, il y avait bien celui qui marchait aux côtés du jeune garçon qui pouvait en être un. Vu de loin, il lui rappelait légèrement l’ancien hybride de son lieutenant le plus proche. C’avait été une brave bête à sa façon, mais il avait trouvé la mort dans d’obscures circonstances. A vrai dire, cette prétendue mort, personne n’avait jamais tenté de la vérifier, encore moins de la prouver, mais c’était la justification qui plaisait le mieux. Qu’il fusse encore ou non en train de vagabonder, à Unys ou même ailleurs —et mieux valait certainement pour lui qu’il ait quitté la région—, il n’était déjà plus vraiment dans les esprits. Rares étaient les hybrides fuyards dont on se souvenait longtemps, entre les murs de Chronos. La plupart, de toute façon, étaient souvent retrouvées dans les premiers kilomètres de leur fuite, au mieux emprisonnés à nouveau, au pire tués pour qu’ils ne réitèrent pas. Il y en avait parfois quelques uns, plus rarement encore, qui parvenaient à s’en aller sans être rattrapés. On ne savait jamais vraiment ce qu’ils devenaient, ce qu’ils racontaient ; mais ils ne pouvaient faire à Chronos une réputation pire que celle qu’elle avait déjà. Il y en avait tout de même, parfois, qui étaient un tant soit peu regrettés, comme le fut peut-être le Dracaufeu que posséda Oswald, quelques années durant. S’il avait aussi été l’hybride le plus insolent, le plus irritant qu’il eut connu de toute sa carrière dans l’organisation, il n’était pas non plus parmi les moins compétents qu'un jour il posséda.

Le chef avait fini par perdre le compte des hybrides qui lui étaient passés entre les mains au fil des années, à mesure que certains mourraient, fuyaient ou qu’il les accordait à autrui car lassé, au profit d’autres qu’il ne connaissait pas encore, et qu’il avait appris à briser pour les faire plier. Il n’avait pas été si monstrueux, à ses débuts ; empli de colère et de rancœur, mais peut-être encore capable de pardonner. Mais la doctrine de l’affaire dans laquelle il s’était engagé l’avait finalement pourri jusqu’à la moelle, jusqu’à ce que se trouve cet homme, en face d’Azilys, le sourire au coin des lèvres et les prunelles sans cesse luisantes de cet éclat malsain, capable de faire frissonner les plus sûrs des êtres.

Il y eut un silence qui suivit la nouvelle question d’Oswald, et il ne pu s’empêcher de vriller plus encore la jeune femme de ses sanguines insolentes. Il tentait de déchiffrer les mots de ses yeux, ce qu’elle pensait mais ne disait pas, la vérité, les secrets peut-être, toutes ces choses qui ne peuvent être dites, et moins encore à quelque inconnu dont on ne sait rien sinon qu’il a du sang sur les mains et ne tremble jamais à l’idée d’ôter la vie. Qui pourrait le faire, là, maintenant, tout de suite, pourvu qu’on lui en donne une bonne raison. Mais Azilys n’était pas sa proie, ni sa victime ; c’était son alliée, au sens large puisqu’elle était l’une de ses subordonnés, et c’était aussi sa distraction du moment, sans pour autant qu’il ne voit en elle qu’un futile objet d’amusement de quelques instants à peine avant qu’il ne s’en lasse. On pouvait douter de ses intentions ; si elles n’étaient pas simplement mauvaises, alors on pouvait le soupçonner désireux de l’inviter sous ses draps, comme tant d’autres avant elle. C’était si plausible, au fond, qu’il pourrait faire taire tous les questionnements en tout juste quelques mots.

Mais ce ne fut pourtant pas ceux qu’il prononça lorsqu’elle refusa de lui répondre, encore moins lorsqu’elle lui demanda une nouvelle fois ce qu’il venait faire là, chez elle, en un lieu qui se devait d’être blanchi de toute mauvaise réputation si l’on voulait maintenir l’affaire en marche. Au lieu de quoi, il se contenta de reposer délicatement la Pokéball là où il l’avait prise, se penchant sur le bureau pour se mettre à la hauteur de la jeune Joly qui lui faisait face. Il ne se défaisait pas de son sourire, qui se fit même un peu plus narquois l’espace d’un instant. « Allons, ne me dis pas que tu n’es pas honorée que ton si fameux patron vienne te rendre une petite visite de courtoisie, à toi et toi seule ? » Il ricana doucement, et puis s’apprêta à reprendre d’un ton un peu plus sérieux, lorsqu’il entendit les éclats de voix et de rire qui résonnaient dans la pièce d’à côté. Il jeta un regard aussi fugace qu’un soupir en direction de la porte, avant de se tourner à nouveau en direction d’Azilys, qui le fixait toujours. Il ne lui fallut qu’une seconde pour comprendre la menace silencieuse qu’elle lui soufflait, au travers de ses prunelles d’un bleu si pur et pourtant incendiaires à l’instant précis. S’il s’avisait de sortir, s’il s’avisait d’approcher de ses exceptions, il ne doutait pas un instant qu’elle l’arrêterait. Et ce ne serait certainement pas avec le plus grand des pacifismes.

Le rire aux lèvres, il se pencha un peu plus dans sa direction, les mains appuyées contre le bureau. « J’adore la façon dont tes yeux lancent des éclairs, quand tu es en colère. » souffla-t-il d’un air entendu, dont il était impossible de discerner l’honnêteté de l’énième raillerie. Il se redressa légèrement, sans vraiment s’écarter, ni même esquisser le moindre geste vers la sortie. « Il semblerait toutefois que je doive m’attarder un peu plus longtemps, puisque tu ne parais pas vouloir me présenter à tes camarades. Chose… que je peux sans doute comprendre, je suppose. Ou bien est-ce encore une science qui m’échappe ? » Il haussa un sourcil, comme s’il s’agissait d’une véritable question, mais ça n’était en vérité rien d’autre qu’une simple rhétorique, une moquerie de plus dans un flot de paroles qui en paraissait essentiellement constitué.

Ne réprimant pas le soupir qui s’échappa d’entre ses lèvres, et recouvrant du même coup quelque peu son sérieux, il revint vers la fenêtre, observant l’extérieur et la pluie battante qui commençait à s’apaiser, sans plus rien toucher d’autre dans ce bureau qui n’était pas le sien. Enfin, après avoir laissé planer un silence, il se décida à reprendre la parole, pour enfin répondre à la question de son hôte qu’il laissait dans l’ignorance, depuis qu’il avait passé le pas de la porte. « Ma visite n’a pas véritablement de but autre que satisfaire ma curiosité. Tu tiens un rôle un peu particulier et différent des postes habituels au sein de l’organisation, et c’est une adhésion que j’ai acceptée sans même te connaître personnellement, simplement parce qu’une personne de confiance m'a longuement vanté ton potentiel. » Il s’interrompit, adressa un regard de biais à l’intéressée. « Je crois que je ne regrette pas d’avoir accepté, ceci étant dit. » Il suivit des yeux la course des gouttes qui venaient frapper contre la vitre, troublant la vue qu’il avait de l’extérieur à chaque fois ; ceci étant dit il ne les regardait pas, quelque peu plongé dans ses pensées.

Ce ne fut qu’après un nouveau silence qu’il acheva enfin, son sérieux semblant à nouveau s’être dissipé au profit de ses incessantes facéties. « Mais puisque je t’ai tant importunée… Dans mon humble clémence, je t’autorise à me demander ce que tu veux pour me faire pardonner. Ce qui te ferait plaisir ; quelques mots et c'est à toi. » Il s’inclina légèrement, presque comme s’il s’agissait d’un geste de galanterie et, si le ton employé tout autant que son sourire pouvaient semer le doute quand à sincérité de sa proposition, ses sanguines elles, luisaient d’un tel éclat de défi qu’il était impossible de s’inquiéter plus longtemps d’un énième de ses petits jeux sans fond ni forme. Cette fois-ci, il jouait avec le feu, et c’était un jeu qui lui plaisait plutôt bien.
© ASHLING DE LIBRE GRAPH'




♔ Oswald ordonne en #cc0000


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MessageSujet: Re: Something borrowed. ✘ Azilys   Jeu 14 Avr - 16:00


Something borrowed
feat. Oswald ♥

Une petite visite de courtoisie. Azilys aimerait croire que ce n'est que cela, mais elle en doute. Venant de n'importe qui d'autre, ça aurait pu être plausible. Mais d'Oswald en personne … Elle refuse d'y croire. Honorée ? Dans d'autres circonstances, en un autre lieu, peut-être. Sûrement. Il n'est probablement pas le genre d'homme qui offre de son temps à n'importe qui, que l'on fasse parti ou non de son organisation. Alors oui, Azilys se serait sûrement senti honorée, voire privilégiée, d'avoir un tel tête à tête avec lui, qu'il vienne de lui-même la voir – en terrain neutre - sans qu'elle n'ait rien réclamé. Ce sont cependant tous les petits à-côtés qui pêchent. Sa présence dans une auberge destinée aux hybrides. Sa façon de se croire chez lui. Son intérêt inquiétant pour Yoshihiro. Son intrusion dans sa vie privée. Toutes ces petites choses qui, mises bout à bout, font que la présence d'Oswald à ses côtés n'est pas un honneur, mais une contrainte. Une gêne.

La Pokéball de Calev a retrouvé sa place sur le bureau, mais Azilys n'y fait même pas attention. Ses yeux sont fixés sur l'homme en face d'elle, ses doigts crispés. Oswald a comprit sa menace sourde, il ne bouge pas d'un iota. La blonde se doute qu'il n'est pas effrayé pour deux sous, mais qu'importe. Seul le résultat compte. La voix de son frère de lait se mêle à celle de Calev, puis celle de Christa. Azilys ne comprend pas ce qu'ils disent, mais ce n'est pas l'important. Tout ce qu'elle désire, c'est que tous ne demeurent pas en bas plus longtemps. Ils sont trop prêts du plus grand des dangers. Le grincement familier des escaliers lui apprend que certaines personnes montent. Qui, elle l'ignore. Une porte claque. Celle des cuisines. Puis le silence retombe. Il ne demeure plus que le clapotis de la pluie contre les vitres, accompagné parfois du fracas assourdissant d'un éclair au loin.

Mais cela ne perdure pas. Oswald est déjà penché vers elle, le sourire aux lèvres, accompagnant à son geste une phrase qu'Azilys ignore comme étant sincère ou moqueuse. C'est toujours la même chose avec lui : difficile de deviner où se situe la frontière entre l'honnêteté et l'ironie. Elle se contente de froncer davantage les sourcils, refusant de prendre ceci comme un compliment. Et cerise sur le gâteau, la voilà prise au piège. Avec toute sa famille dans les parages, impossible de se débarrasser d'Oswald. Du moins, pas tant qu'elle soit certaine qu'ils ne risquent pas de croiser sa route sur le court chemin entre son bureau et la porte principale. Or, l'heure qu'affiche sa pendule lui rappelle que c'est le moment qu'ils accordent tous au ménage. L'emploi du temps de l'auberge est calculé à la minute près, le désordre n'a pas sa place sous le toit d'Azilys. Ainsi, elle a elle-même découpé les journées de la manière la plus adéquate afin que chaque tranche horaire corresponde à une tâche en particulier.

Et entre quatorze heure trente et seize heure, c'est le ménage dans les cuisines. Juste à côté du bureau. Même si la pièce est plutôt bien insonorisée, le risque zéro n'existe pas. D'autant plus que les aller-retours entre les cuisines et le reste de l'auberge risque d'aller bon train. Difficile de faire sortir Oswald de là dans de telles conditions. Azilys se mordille la lèvre inférieure. La voilà prise au piège dans sa propre auberge. Si ce n'est pas ironique. Cet homme semble décidé à lui mettre des bâtons dans les roues, qu'il en soit conscient ou non. Elle n'a désormais plus d'autre choix que supporter sa charmante compagnie jusqu'à être certaine de pouvoir le mettre dehors sans que, pour autant, il ne croise la route de l'un des membres de sa famille. Ce qui s'annonce difficile.Voire quasiment impossible. Et quelque chose lui dit qu'elle n'est pas au bout de ses peines. Cette journée n'est vraiment pas destinée à être de tout repos …

Il semblerait toutefois que je doive m’attarder un peu plus longtemps, puisque tu ne parais pas vouloir me présenter à tes camarades. Chose… que je peux sans doute comprendre, je suppose. Ou bien est-ce encore une science qui m’échappe ?

Chose qu'il peut comprendre ? Comment le chef de la team Chronos pourrait-il comprendre l'attachement qu'elle ressent pour Yoshihiro, Christa et Ozvan ? L'affection sincère entre une humaine et des hybrides ? En a-t-il également, des exceptions, des êtres qu'il aime, qu'il défendrait au péril de sa vie, pour lesquels ses idéaux ne sont que du vent ? Ne serait-ce pas totalement ironique et déplacé qu'il puisse nourrir de tels sentiments ? Cependant, ce n'est pas Azilys qui pourrait le juger là-dessus. Si elle ne voit que des ténèbres dans le cœur de chaque hybride, elle refuse d'en imaginer le moindre soupçon dans ceux de ses proches. Ils ne sont pas pareils, quand bien même rien ne les différencie de leurs congénères. Si ce n'est la relation qu'ils entretiennent avec elle. Ils sont différents parce qu'elle les connaît. Parce qu'elle les aime. Parce qu'elle ne veut pas imaginer les choses différemment. Parce qu'elle veut que les choses soit ainsi, et pas autrement.

Mais l'heure n'est pas à l'introspection. Ni aux spéculations concernant les probables exceptions d'Oswald. Puisque son après-midi est définitivement gâchée, autant abandonné ses remèdes. Ainsi, alors qu'un silence de plomb pèse sur la pièce, Azilys attrape ses outils dispersés ça et là afin de tous les ranger à leur place adéquate. Ses bras et ses jambes s'activent comme des automates, ouvrant et fermant les tiroirs, se saisissant de tel ou tel objet traînant ici et là pour les déposer à leur place prédestinée. Rien n'est disposé au hasard dans le bureau de la blonde, même un œil extérieur peut s'en rendre compte. Tout est agencé de façon pratique, logique, voire même esthétique. Si ce livre-ci est déposé sur cette étagère-là, ce n'est pas par hasard. Mais parce qu'à cette distance du bureau, il est à porté de main sans avoir à se lever. Or, ce traité sur les plantes médicinales uniques au continent d'Unys est l'ouvrage le plus utile pour la jeune herboriste. Dans sa vie comme dans son travail, le hasard n'existe pas. Sauf quand des éléments perturbateurs viennent chambouler son monde organisé.

Ma visite n’a pas véritablement de but autre que satisfaire ma curiosité. Tu tiens un rôle un peu particulier et différent des postes habituels au sein de l’organisation, et c’est une adhésion que j’ai acceptée sans même te connaître personnellement, simplement parce qu’une personne de confiance m'a longuement vanté ton potentiel. Je crois que je ne regrette pas d’avoir accepté, ceci étant dit.

Le regard d'Azilys glisse en direction d'Oswald, mais ne rencontre que son dos. Il est de nouveau face à la vitre, libérée de ses rideaux, et observe le déluge à l'extérieur. Il a fallu du temps, mais il lui fourni enfin la réponse qu'elle lui réclame depuis qu'il a franchi les portes de l'auberge. Pour qu'au final, tout cela ne soit qu'un simple besoin de satisfaire sa curiosité. Il est vrai que la blonde a rejoint la team sans même en rencontrer le chef – ce qui l'a d'ailleurs étonnée. Une personne de confiance lui a vanté son potentiel … L'homme aux yeux violets?. Sûrement. Il est le seul qu'elle ait vraiment fréquenté – si leurs rapides entrevues dans la forêt peuvent rentrer dans le registre de la fréquentation. Néanmoins, cette histoire de potentiel la turlupine. Azilys doute vraiment d'en posséder. D'autant plus qu'elle a rejoint Chronos avant tout pour son propre intérêt. Celui de mettre la main sur l'assassin de son grand-père tout en bénéficiant d'une certaine sécurité de la part de l'organisation. Elle n'embrasse pas leurs idéaux, du moins sûrement pas de la même façon.

Qu'est-ce que l'homme aux yeux violets a donc pu lui raconter à son sujet ? L'observe-t-il depuis longtemps ? Un souvenir lointain lui revient alors en mémoire. Elle se rappelle de cette silhouette étrange au beau milieu des bois, ce jour où elle se promenait avec Yoshihiro. Cette même ombre qui avait inquiété Léon, au point qu'il demande à Ozvan d'apprendre des techniques d'autodéfense aux deux enfants. Au point qu'à seize ans à peine, Azilys tenait une épée entre ses mains. Et si cette silhouette, c'était cet homme aux yeux violets ? Un frisson glacé lui court dans le dos telle une vipère affamée. Est-ce possible que cet homme les ai observé pendant tout ce temps ? Azilys refuse d'y croire et, pourtant, c'est fort possible. A cette époque, l'auberge était un véritable refuge pour les hybrides. Un fervent partisan à leur cause. Chronos l'avait sûrement dans le collimateur depuis de nombreuses années, puisque son quartier général se tient à Janusia, la ville voisine. Un nid de serpents trop près d'un poulailler.

La curiosité d'Oswald est néanmoins justifiée. Voilà près de trois mois qu'Azilys a rejoint Chronos et qu'elle leur livre quelques hybrides spéciaux qui viennent s'échouer à son auberge. Son implication n'est pas la même que la plupart des autres sbires. Elle n'a pas la moindre ambition au sein de l'organisation. Elle ne vient pas lécher les bottes des hauts dirigeants, elle ne va pas se crever sur le terrain dans l'espoir d'être remarquée. D'ailleurs, elle aurait très bien pu se passer de toute entrevue avec Oswald : qu'elle l'ait rencontré ne changera rien quant à sa manière de procédé. Le menu fretin ne l'intéresse pas. Tous ces hybrides communs, ridicules, trouillards qui viennent se cacher en grelottant comme des lâches peuvent bien repartir aussitôt, elle ne s'en préoccupe pas. Ce sont les gros morceaux qui intéressent Azilys. Les menaçants. Les effrayants. Les brutes épaisses. Tout ceux au profil d'assassin-né. Même trois mois après le décès de son grand-père, les larges plaies dans sa chair restent fraîches dans son esprit. Sa cible est un hybride monstrueux. Pas une mauviette.

Mais puisque je t’ai tant importunée… Dans mon humble clémence, je t’autorise à me demander ce que tu veux pour me faire pardonner. Ce qui te ferait plaisir ; quelques mots et c'est à toi.

Ce qu'elle veut .... Azilys pèse le pour et le contre de cette proposition. Venant d'Oswald, c'est certain que cette clémence est factice et que l'offre est à double-tranchant. Cependant, se serait bête de ne pas saisir une telle opportunité. Reste à savoir quoi lui demander. Autant donné que sa vie privée ne l'intéresse pas le moins du monde, elle oublie déjà tout ce qui peut entrer dans le domaine du personnel. Si elle s'aventure dans ce brasier, elle risque de pas s'en sortir indemne. Les secrets les plus profonds de Chronos ne lui disent rien qui vaille non plus. C'est peut-être un peu lâche, mais Azilys préfère demeurer dans le silence et l'ignorance que découvrir les mystères qui entourent l'organisation. « Ce que tu veux. » Tournée ainsi, la phrase laisse penser qu'elle peut tout autant demander quelque de chose de matériel. Comme de l'argent, des armes … ou un autre hybride pour accompagner Calev et elle dans leurs transactions. Mais Azilys ne veut pas ainsi dépendre d'autrui. Son grand-père l'a éduqué sous la doctrine du « si tu désires quoi que ce soit, obtiens-le par tes propres moyens ». La solution de facilité n'a jamais été son genre. Et ce n'est maintenant que ça commencera.

Sauf votre respect, j'ai du mal à croire que vous pouvez faire preuve de véritable clémence, soupire-t-elle en replaçant une mèche derrière son oreille. Cependant, je vais tout de même vous poser une question. Une seule.

Une seule, mais pas des moindres. Du moins, pas pour elle. Car elle la taraude depuis qu'il a parlé de ce potentiel qui semble l'avoir intéressé, qui l'a encouragé à l'accepter au sein de Chronos sans même l'avoir préalablement rencontré. Si le hasard n'existe pas dans l'esprit d'Azilys, il est certain qu'il n'existe pas non plus dans celui d'Oswald. Cet homme ne fait rien au hasard. Il y a toujours une explication, un but derrière chacune de ses actions, chacune de ses paroles. Car il est de ceux qui contrôle chaque paramètre de sa vie – et de celle des autres. Elle en a l'intime conviction. Azilys ne peut évidemment pas prétendre connaître cet homme par cœur – elle ne sait d'ailleurs rien de lui – mais il donne cette impression de tout contrôler, d'avoir les rênes du monde entre ses mains. Et c'est à la fois fascinant et effrayant. Car à le regarder, on croirait faire face à un enfant joueur, taquin, rusé, charmeur mais inconscient de la laideur du monde … alors qu'il est l'un des peintre de ce tableau hideux.

Qu'attendez-vous de moi ?

Elle l'a rejoint, elle se tient à côté de lui face à la fenêtre. Néanmoins, elle ne le regarde pas. Ses yeux suivent la course de l'eau sur les vitres. Les gouttes glissent, se mêlent, disparaissent sur les carreaux sans interruption. Un éclair illumine le ciel, il suffit d'une paire de seconde avant que son fracas ne résonne dans la clairière. Le temps se dégrade de plus en plus. En contrebas, sur le petit chemin menant aux écuries, l'herbe est détrempées, la terre est boueuse. Yoshihiro et Calev ne risquent pas de remettre un pied dehors avant quelques heures. Azilys les entend cependant s'activer dans la pièce d'à côté, dans un brouhaha de voix, de casseroles et d'assiettes. Ils ignorent ce qu'il se trame ici, si près d'eux, et c'est mieux ainsi. Ils n'ont rien à craindre. Elle veille sur eux. Elle ne laissera jamais rien leur arrivée. Quitte à y laisser des plumes, Azilys les protégera. C'est une promesse. Et elle tient toujours ses promesses. Le serpent a envahi le poulailler. Mais comptez sur le renard pour vous protéger.

Vous n'êtes pas sans savoir quelle était la politique première de l'auberge. Qu'est-ce qui vous conforte de l'idée que je vous suis véritablement fidèle ?

Qui vous dit que je ne pourrai pas vous tuer, ici et maintenant ?




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MessageSujet: Re: Something borrowed. ✘ Azilys   Lun 18 Avr - 16:55
Something borrowed.
Azilys x Oswald

A sa bien étrange proposition, peu commune et qui aurait raison d’attiser la méfiance chez autrui, suivit un silence, qu’il devina comme étant celui de la réflexion, et qu’il s’avisa de ne pas troubler. Au lieu de quoi, il se prenait d’une fascination sans précédent pour la pluie qui tombait au-dehors, toujours plus violemment à mesure que les minutes passaient, par delà le rideau. Si le fait qu’il soit rabattu sur la fenêtre assombrissait déjà la pièce, les nuages lourds et bas qui pesaient au dessus de l’auberge achevaient d’étouffer le peu de lumière qui pouvait encore venir de l’extérieur. Si l’on était encore en plein après-midi, l’on aurait aisément pu songer que la soirée était déjà bien avancée. Pourtant, l’heure sur la montre d’Oswald lui indiquait qu’elle n’était même pas encore vraiment entamée. Il ne pouvait qu’admettre qu’il était rassuré en ces jours-ci, ou la pluie tombait régulièrement et sans discontinuer, d’avoir toujours une voiture à portée de main. Qu’il la conduise ou qu’il laisse à ses hommes de mains le loisir de le faire pour lui, au moins l’habitacle de sa Volvo le préservait des intempéries, et c’était à peu près tout ce qu’il lui demandait, finalement.

Aussi s’était-il égaré dans sa contemplation de l’extérieur, et il n’en fut tiré que lorsque la voix d’Azilys s’éleva enfin, à quelques pas de lui. « Sauf votre respect, j'ai du mal à croire que vous pouvez faire preuve de véritable clémence » Il haussa un sourcil, le temps de saisir précisément ce qu’elle lui disait, et ne pu s’empêcher alors de plisser les yeux, quand bien même son sourire ne se détachait pas de ses lèvres. Allons, elle ne le connaissait en rien, ne savait de lui que ce que l’on soufflait dans son dos, à propos de son rang et de ses actes immondes, ignorait tout sinon qu’il était celui que les hybrides craignaient, à Unys et même au delà ; elle ne le connaissait aucunement, et elle se risquait tout de même à porter à son propos de quelconques jugements de valeur ? Il ne pouvait qu’admettre qu’elle avait du cran, de l’audace d’oser lui répondre sans même s’incliner, ce que d’autres faisaient, par crainte ou par habitude, il n’en savait trop rien, mais le résultat était toujours le même. Elle n’outrepassait par les limites du respect qu’elle lui devait en tant qu’il était son supérieur, mais il y avait dans ses mots, dans sa façon de s’adresser à lui, cette insolence, trop tamisée cela dit pour qu’il ne trouve quoique ce soit à y redire. Sans doute, aussi, était-ce qu’elle n’avait pas bien tort, quand bien même il se serait véritablement plié à la moindre de ses demandes, sans trop savoir d’où lui venait cette idée soudaine, surprenante et inattendue venant de lui. C’étaient ses caprices, ses sautes d’humeur et ses défis personnels, certainement, comme ça l’était toujours.

« Cependant, je vais tout de même vous poser une question. Une seule. » Aussitôt, le regard d’Oswald se posa sur Azilys qui s’avançait pour le rejoindre à la fenêtre, et ne s’en détacha plus. Il y avait, dans la voix de la jeune femme, quelque chose qui le força à reprendre son sérieux, ne fut-ce rien qu’un peu, rien qu’une seconde. Il était intrigué, presque pendu à ses lèvres, en attente de ce qu’elle lui demanderait ; elle pouvait lui demander tout ce qu’elle désirait, parce que c’était les règles qu’il avait lui-même posées. Tout ce que tu veux, quelques mots et c’est à toi, avait-il dit, et c’était ce qui, tout autant que l’idée l’amusait, l’inquiétait. Lui non plus, ne connaissait pas Azilys. Il ne savait rien de ce qu’elle était, rien de ses ambitions, rien de ce qu’il se passait dans son esprit, et s’il s’avisait pour une fois d’être honnête à ce petit jeu, alors il lui faudrait répondre à cette question, quelle qu’elle puisse être. Et, si Oswald était un mauvais joueur qui tendait à exploiter les failles de ses propres lois pour les changer à sa guise, il n’était pas mauvais perdant : peut-être saurait-il la satisfaire, si elle ne se risquait pas à s’aventurer sur un terrain un peu trop escarpé.

Il s’interrogeait, il ne pouvait le nier : qu’est-ce qu’une femme comme elle pouvait bien vouloir, venant d’un homme tel que lui ? Qu’avait-il donc, qui puisse répondre à la moindre de ses interrogations ? Oh, sans doute beaucoup plus qu’il ne pouvait l’imaginer, dans le fond. « Qu'attendez-vous de moi ? » Il y eut le silence pour seule réponse, alors qu’Oswald fronçait les sourcils. On ne lui avait jamais vraiment posé une question semblable : si l’on était sous ses ordres, on connaissait sa place, on connaissait son rôle, on faisait du bon travail ou l’on était puni, et c’était tout ce qui comptais. Personne ne s’interrogeait vraiment plus que ça, à l’accoutumée, parce que c’était comme un accord tacite qui n’avait pas le besoin d’être expliqué, pas plus que celui d’être confirmé. Ce qu’il attendait d’elle ?

Enfin, ses sanguines cillèrent, se détachèrent d’Azilys pour en revenir au paysage, dont l’obscurité venait d’être déchiré par un éclair soudain. Un instant plus tard, le grondement résonna, se mêlant à tous les bruits de l’agitation qui résonnaient dans l’auberge, des casseroles et autres sons métalliques, sans doute traîtres de couverts ou d’autres ustensiles de cuisine. Ce qu’il attendait d’elle, en vérité il n’était pas certain de connaître la réponse. La même chose qu’il attendait de tous les autres, peut-être ? Ce serait la réponse satisfaisante, celle que tout le monde accepterait sans broncher, parce qu’Oswald tenait des leaders, des tyrans peut-être, de ceux qui avaient fait main basse sur le pouvoir et pensaient l’air sûr que tout leur était dû, au même titre que l’obéissance et le respect. « Vous n'êtes pas sans savoir quelle était la politique première de l'auberge. Qu'est-ce qui vous conforte de l'idée que je vous suis véritablement fidèle ? » Oh, oui, la politique première de l’auberge, il la connaissait, et d’un peu trop près. Les premiers temps, lorsqu’on lui avait rapporté ce qui se tramait à deux pas du quartier général, il avait laissé couler ; il savait qu’il y avait toujours quelques fous pour croire en la paix, quelques idiots pour le provoquer. Et puis, était venu un jour, un caprice comme tant d’autres, une envie soudaine de réduire en poussière entre ses doigts ce si bel altruisme qui le répugnait. Un ordre, et c’était terminé. Finie, la paix ; terminé, le bonheur ; achevées, toutes leurs billevesées. Ça n’était qu’un sang parmi tant d’autres, quelques larmes de plus sans doute, et il s’en moquait. Il était là, aujourd’hui, dans le bureau de celle qu’il avait, d’une certaine façon, laissée orpheline ; il était là, et il admirait son oeuvre, cette tragédie, cette femme qui lui faisait face et lui tenait tête, jouait avec le danger comme lui-même le faisait si souvent. Ça lui plaisait, il ne pouvait pas le nier.

Lentement, il se pencha vers Azilys, et ses doigts vinrent se glisser sous le menton de la jeune femme, lui relevant la tête jusqu’à pouvoir se perdre au plus profond de ses yeux. Son sourire était revenu, pas seulement malicieux, mais aussi teinté de quelque chose… d’étrange, et d’indéfinissable, et le souffle d’Oswald n’en fut rendu que plus inquiétant encore, comme si ses mots pouvaient en cacher d’autres, comme s’il ne disait pas tout, comme s’il savait quelque chose qui pouvait changer la donne. « Rien de plus que ce qui me garantit la fidélité de tous mes hommes de mains : vous avez chacun un intérêt personnel à satisfaire, en choisissant de vous plier à mes ordres. » Il ricana, dangereusement proche de la blonde, suffisamment pour sentir son souffle sur sa peau ; pourtant, il n’avait aucune arrière pensée, et son regard ne dérivait pas des azurs de son interlocutrice. Il venait de trouver un nouveau jeu pour le moins amusant : celui des non-dits et des ambiguités. « Te concernant, Azilys… C’est la colère dans ton regard qui te rend fidèle à ma cause. C’en est presque fascinant. Mais je crois que je comprends : trois mois, c’est trop peu pour avoir renoncé à la haine et à la vengeance, n’est-ce pas ? » Il accompagna son murmure, dont chaque mot avait été soigneusement pesé, d’un sourire fugace, acerbe, qui se dissipa sitôt qu’il daigna laisser retomber sa main.

Il prit le soin de s’écarter alors d’un pas, sans pour autant vraiment s’éloigner de la fenêtre. Un nouvel éclair illumina, suivi d’un coup de tonnerre puissant. L’orage rendait l’atmosphère lourde et pesante, l’air humide et étouffant, malgré la pluie sans doute glaciale qui tombait au dehors. A le voir ainsi occupé à fixer l’extérieur, on aurait pu croire qu’il avait oublié la présence d’Azilys à ses côtés. Pourtant, il ne fit en réalité qu’une courte pause avant de reprendre, déchirant le silence d’une voix revenue à la normale ; il ne murmurait plus, parce que ses mots n’avaient plus à être prononcés sur le ton de la confidence. « Quant à ce que j’attends de toi… Eh bien, tu n’as qu’à me le dire : que puis-je donc bien attendre de toi ? Qu’as-tu à me donner, Azilys ? » En prononçant son nom, qui avait comme sifflé entre ses lèvres tandis qu’il détachait chacune de ses syllabes avec soin, il lui prêta enfin attention, reposant son regard sur elle, comme s’il ne l’avait jamais détourné. « Qu’as-tu donc que je puisse désirer, si fortement que je quitte le quartier général pour me rendre jusque dans ton humble auberge ? » Et il s’était rapproché, encore, sans la toucher cette fois-ci, mais avec une lueur si inquiétante dans le regard qu’il était possible de douter de ses intentions, alors même qu’il ne faisait que s’amuser, que jouer avec sa proie, comme un chat avec une souris.
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MessageSujet: Re: Something borrowed. ✘ Azilys   Jeu 5 Mai - 12:27


Something borrowed
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« Le Refuge ». Léon n'a pas choisi ce nom au hasard. Lorsque l'âge de la retraite est arrivé pour cet ancien cheminot, il a mit toutes ses économies dans la rénovation de cette vieille bâtisse abandonnée sur la route 12. Il a fallu de longs mois de travaux pour lui offrir une apparence convenable et, surtout, aux goûts de son nouveau propriétaire. Ce dernier désirait une auberge chaleureuse, agréable, familiale. L'important était que chaque personne s'y sente comme chez elle. D'où l'importance d'une cheminée et de larges canapés. Rien ne vaut une soirée au coin du feu, plongé dans un livre ou blotti contre des êtres chers. Lui-même ayant perdu sa femme il y a une dizaine d'année au suite d'un cancer, il ne souhaitait que le bonheur de chacun. Que ce soit les êtres humains ou les hybrides. Son père ayant connu les Pokémon avant leur radicale transformation, il avait apprit à Léon à respecter ces êtres hors du commun. Car malgré leur force et leur courage, ils se montraient doux avec l'homme et capables de faire de grandes choses à leur côté. Qu'ils aient une apparence plus humaine depuis ne changeait rien : ils demeuraient bien plus puissants et pourtant, tout aussi coopératifs.

Et sa volonté, en bâtissant l'auberge, était d'y accueillir des voyageurs fatigués comme des hybrides égarés. Sur Unys, les Pokémon sont vus comme des parias, comme des esclaves ne méritant aucune forme de respect. Traités comme de simples animaux, ils menaient pour la plupart des existences misérables. Ceux encore libres vivaient dans la peur continuelle d'être attrapés et réduit à l'esclavage comme leurs congénères. Malgré son idéalisme, Léon demeurait réaliste : il ne pourra pas changer la condition des hybrides sur Unys. Mais il pouvait leur offrir un foyer, une maison, un refuge le temps d'une nuit ou deux. Il démarra son affaire seul, bien vite rejoint par Ozvan, un Hariyama qu'il a retrouvé blessé à Voilaroc. Une fois remit sur pied, l'imposant ex-combattant insista pour suivre son bienfaiteur et devenir son employé. Petit à petit, l'auberge se fit une réputation dans la région. Les humains y voyaient un endroit idéal où passer la nuit pendant leurs voyages. Les hybrides y voyaient un toit sûr sous lequel se réfugier avant de reprendre leur fuite vers des continents plus sûrs.

Azilys y a grandi sans se douter de tout cela. Léon ne voulait pas la mêler à ces histoires, de peur de lui attirer des soucis. Et c'est justement lorsqu'une ombre menaçante se dressa devant elle que la blondinette apprit la véritable nature de son foyer. Après seize années à vivre dans l'ignorance, elle apprenait la véritable signification derrière le nom de l'auberge. Et elle trouva cela tellement noble qu'elle fut incapable d'en vouloir à son grand-père. Elle-même se voyait fervente défenseuse de la cause hybride plus tard, quand elle sera assez mature, assez forte pour se dresser contre ce pays pourri jusqu'à la moelle. Mis à part son grand-père et elle, sa famille entière était composée d'hybrides. Ozvan, Christa et Yoshihiro ne sont pas si différents d'elle et, pourtant, dans la tête des hommes et des femmes d'Unys, ils ne sont que des moins que rien, des bêtes sauvages à dompter et utiliser. Un point de vu que la petite blonde refusait de partager, même si l'on tentait de l'endoctriner à l'école. Ses enseignants pouvaient bien dire tout le mal qu'ils souhaitaient des hybrides, elle savait que ce n'était que des tissus de mensonges et que les Pokémon valaient bien mieux que ce qu'ils laissent entendre.

Ah, le pauvre Léon doit se retourner dans sa tombe à l'heure qu'il est. Il a sué sang et eau pour faire de l'auberge ce foyer pour les hybrides et voilà que sa propre petite-fille en fait un odieux piège à rats. Azilys est consciente de piétiner la mémoire de son grand-père, mais le désir de vengeance qui l'habite est bien plus forte que sa raison. Le vieil homme a consacré la fin de sa vie aux hybrides, et c'est l'un d'eux qui lui a arraché. De la façon la plus sauvage qui soit. Comment peut-elle encore voir ces êtres comme pacifiques et dignes de respect après avoir vu ces plaies béantes sur le corps de son grand-père ? Il a été déchiqueté comme un vulgaire animal, comme une souris dans les griffes d'un chat. Ce jour-là, Azilys a comprit. Toute sa vie, elle a vu les humains comme les chasseurs et les hybrides comme les chassés. Mais cela est faux. Ce sont les Pokémon les véritables prédateurs. Leurs crocs, leurs griffes, le feu ou l'eau qu'ils sont capables de contrôler … Ce sont des armes puissantes, mortelles. Depuis le début, ce sont les humains les proies. Les proies qu'ils peuvent réduire en pièces de leurs propres mains.

Un doigt glisse sous son menton, tirant Azilys de ses pensées. Son regard croise à nouveau celui de son invité indésirable, qui sourit. Et ce sourire n'a rien à voir avec les précédents. Il semble sous-entendre des milliers de choses que la blonde est incapable de comprendre. Elle a beau fouiller dans ce regard sanglant, elle n'y trouve rien de plus qu'une malice digne d'un raton-laveur. Et c'est sans hésiter l'animal qui correspond le plus à Oswald. Il donne l'impression d'être un homme honnête, bon, droit alors qu'il est la pire des pourritures de ce monde. Cependant … Azilys peut-elle se vanter d'être mieux ? Elle aussi cache son véritable visage derrière des sourires et des gestes tendres. Elle dupe même sa propre famille, ceux qu'elle aime le plus au monde. Tous ces hybrides terrifiés qu'elle accueille sous son toit lui font confiance, la voit comme une sauveuse, alors qu'elle attend le moment opportun pour les condamnés. Pour leur faire payer la douleur qui refuse de s’atténuer depuis la mort de son grand-père. Elle a souffert, ils souffriront aussi. C'est de bonne guerre. Œil pour œil, dent pour dent. Certains sont innocents, mais ne l'était-elle pas, elle aussi ?

Un intérêt personnel à satisfaire. Venger son grand-père est devenu son objectif à l'instant même où ses yeux se sont posés sur son corps déchiqueté. Un meurtrier revient toujours sur la scène de son crime. Alors Azilys l'attend, impatiemment, prête à lui faire payer la blessure qu'il a ouvert dans son cœur. Mais en attendant, elle mène tout de même son enquête. Tous ces hybrides imposants, fiers, menaçants qui passent la porte de son auberge se condamnent aussitôt qu'ils demandent une chambre. Ce sont eux les plus dangereux, les plus susceptibles de tuer sans la moindre état d'âme. Alors elle s'assure qu'ils ne mettent plus jamais les pieds ici en les offrant à Chronos. Nul doute que l'organisation saura faire bon usage de leur force, de leur haine. Et à chaque fois qu'Azilys voit sa proie passée entre les mains des sbires, elle sent un infime morceau de cœur se recoller à ce qui demeure dans sa poitrine. Comme un point de suture sur son âme brisée, qui ne cicatrisera qu'une fois sa vengeance accomplie.  

Te concernant, Azilys… C’est la colère dans ton regard qui te rend fidèle à ma cause. C’en est presque fascinant. Mais je crois que je comprends : trois mois, c’est trop peu pour avoir renoncé à la haine et à la vengeance, n’est-ce pas ?

Trois mois. C'est long et court à la fois. Long par l'absence de Léon, court par la douleur persistante. Parfois, Azilys aimerait se réveiller et réaliser que tout cela n'était qu'un horrible cauchemar. Mais trop de jours se sont enchaînés depuis cette nuit funeste, preuve douloureuse que tout cela est bien réel. Trois mois, c'est bien trop peu, en effet. Le bureau porte encore le parfum de son ancien propriétaire, malgré les plantes odorantes qui y règnent. Son souvenir est encore net, frais, comme s'il n'était pas réellement parti. Pourtant, la tombe à l'orée des bois est l'implacable preuve de l'horrible réalité. Léon est mort. Léon ne reviendra jamais. Léon a été arraché à sa famille. Par un hybride. Une saloperie d'hybride sûrement fier de son méfait. Les poings d'Azilys se contractent. Si ses larmes se sont taries, sa colère demeure sourde, puissante. Envolée, la demoiselle naïve et ignorante qu'elle était autrefois. Disparues, son innocence et sa volonté d'un monde meilleur. Son cœur ne désire ni amour, ni empathie. Il a soif de vengeance, soif de revanche. Si elle doit se salir les mains, ce sera du sang de cet enflure qui a fait de sa vie un enfer.

La main d'Oswald s'éloigne finalement et Azilys en vient presque à regretter sa chaleur. Une partie d'elle sait que cet homme est la passerelle de sa vengeance. C'est grâce à lui qu'elle pourra l'accomplir, elle en a la certitude. Si elle a rejoint Chronos, c'est parce qu'elle savait que l'organisation lui serait utile. Qu'elle lui offrirait une sécurité qu'elle ne pouvait se procurer elle-même. Et surtout, parce qu'une partie d'elle – et cet homme aux hypnotisant yeux violets - lui a intimé de faire payer à la communauté hybride le crime de l'un des leurs. Et c'est sûrement le sentiment qui habite chaque membre de l'organisation, des sbires de bas étages au chef en personne. Au final, Oswald et elle ne sont peut-être pas si différents. La blonde ignore la rancœur qui l'anime, qui a fait de lui l'homme qu'il est aujourd'hui, mais elle se doute que la flamme de la vengeance qui brûle dans son cœur tient plus de l'incendie que de la braise. Elle ne connaîtra sûrement jamais les raisons qui le pousse à agir de cette façon, à mépriser les hybrides si férocement, mais qu'importe. L'important n'est pas de savoir ce qui a déclaré l'incendie, mais ce que ce dernier va encore engloutir.

Qu’as-tu donc que je puisse désirer, si fortement que je quitte le quartier général pour me rendre jusque dans ton humble auberge ?
C'est justement ce que je souhaite savoir également. Que désirez-vous donc ? Que je me prosterne ? Que je vous jure ma loyauté face contre terre ? Un sourire narquois se dessine sur ses lèvres. Ne pensez pas que je puisse être comme les autres, à courber l'échine juste pour vos beaux yeux.

Son regard est traversé par un étincelle de défis. Elle ne répond pas à la question qu'il lui a posé, elle en a bien conscience. Mais elle en a bien le droit, après qu'il lui ait caché la raison de sa visite pendant tout ce temps. Disons que c'est de bonne guerre. Azilys tâtonne, cherche ses failles. Elle ne prétend pas pouvoir les trouver, mais ça l'amuse d'essayer. De tester ses résistances. Un homme de sa trempe doit être plus blindé qu'un char de guerre et ça la fascine. Elle veut savoir s'il existe des limites à sa patiente, à ses moqueries, à sa malice. S'il est capable de perdre son sang-froid face à quelqu'un comme elle. Quelqu'un qui refuse de s'imaginer autrement que sur un pied d'égalité, qui lui oppose de la résistance. Ses réactions incontrôlées au début de leur entretien a froissé son image, mais elle compte bien se débarrasser rapidement de ces nombreux plis. Azilys est consciente qu'elle ignore de quoi il peut être capable, jusqu'où il peut aller juste par plaisir personnel. Mais plus que de l'effrayer, ça la captive, l'ensorcèle. Elle veut connaître l'éventail de ses possibilités. Le feu dans ses yeux la fascine. Et elle veut s'en approcher, le toucher. Quitte à se brûler.

Je ne peux me vanter d'avoir quoi que ce soit d'incroyable, reprend-t-elle finalement. Cependant, contrairement à vos autres sbires, je possède une certaine indépendance. De ce fait, je vois notre relation comme une collaboration.

Azilys ne détourne pas le regard. Mieux, elle se plonge davantage de ce brasier ardent. Elle n'est pas une sbire à la façon de ces sous-fifres galeux qui obéissent comme des petits chiens bien dressés. Jamais elle ne viendra lécher les bottes de qui que ce soit pour être reconnue dans l'organisation. Elle se fiche bien de ce que l'on pense d'elle et du rôle qu'elle joue. Azilys ne s'est jamais laissée influencer par les rumeurs et les ouïe-dires de toute façon. Si certains sbires savaient que leur chef tant aimé s'était déplacé sous cette pluie pour lui rendre visite, ils seraient verts de jalousie. La blonde ne cherche ni gloire, ni reconnaissance et pourtant, c'est elle qui a su attirer l'attention de Oswald. Bien contre son gré, cela dit. Étrangement, elle aurait préféré ne jamais le rencontrer – du moins, pas dans son bureau. Elle a pourtant eu l'occasion de le rencontrer. Comme cette fois où elle est venue au quartier général pour signaler la fuite d'un hybride oiseau qui en savait un peu trop sur elle. Le garçon qu'elle a rencontré là-bas aurait pu la mener jusqu'à Oswald, mais elle a préféré s'adresser à des hommes un peu moins hauts placés. Azilys a toujours fait en sorte de l'éviter. Il a donc du venir la trouver jusqu'ici.

De vous, je reçois une certaine protection et le gage de ma vengeance. Mais vous, qu'obtenez-vous de moi, sinon quatre hybrides en trois mois ? Sa voix est douce, presque innocente. Que puis-je donc vous offrir de si exceptionnel pour que vous soyez là, face à moi, dans mon auberge, monsieur Phoenix ?

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MessageSujet: Re: Something borrowed. ✘ Azilys   Dim 15 Mai - 23:56
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Trois mois, il l’avait dit, était bien trop peu pour renoncer à la haine, trop peu encore pour renoncer à la vengeance. D’aucun dirait que cette dernière n’était qu’un peu plus d’huile sur le feu, un cercle infini, une boucle qui ne se bouclait jamais, une page déchirées, réduite en lamelles, en lambeaux, tâchée de tant d’encre —et celle-ci portait la couleur du sang— qu’elle en était rendue illisible depuis longtemps, détrempée, et c’était inutile de chercher encore à la déchiffrer. Pourtant, on se refusait à la tourner ; parce qu’il n’y avait jamais véritablement eu justice, ou seulement pour se tenir en vie, un objectif en tête, une route tracée que l’on pouvait suivre. Une raison d’avancer, d’une façon ou d’une autre. Oswald avait eu la chance de pouvoir se faire justice ; et c’avait été au prix de ce qu’il lui restait d’insouciance, de ce temps-là, ce temps où il s’était pour la première fois accordé le droit d’ôter une vie pour préserver la sienne. Mais la blessure ne s’était pas refermée, pas aussi bien que ne l’avaient fait celles qui marquaient son corps, les hématomes et les contusions. Il n’avait jamais vraiment guéri, parce qu’il avait gardé le goût de l’amère trahison sur son palais, et la sensation d’avoir fait quelque chose de mal. Quelque chose que l’on ne fait pas, à douze ans. Il ne connaissait que trop peu les notions de mort, de crime, ce qu’il risquait, et pourtant il savait déjà que ça n’était pas normal. Il s’en était rendu malade, alors qu’il fuyait vers la ville, trempé de s’être lavé au mieux du sang à l’odeur étouffante qui l’avait fait se sentir nauséeux.
L’image du corps inerte n’avait jamais vraiment quitté son esprit : aujourd’hui encore, il serait capable de la retranscrire, de la dessiner à la perfection. Chaque ombre, chaque froissement du drap qui couvrait le Spectrum endormi, chaque goutte tombée sur le sol, jusqu’au reflet du rayon de lune qui se faisait une place entre les rideaux tirés, et qui se perdait dans le verre à moitié vide, posé là, sur la table de nuit où trônait un livre. Posé en travers, les pages cornées, le titre était indiscernable dans l’obscurité, mais il l’avait à peine touché qu’une odeur de cigarette l’avait pris à la gorge.

Couteau abaissé, gargouillis d’un corps qui proteste contre la vie qui s’en va tus à tout jamais, c’était lui qui s’était enfui, se heurtant aux bouteilles d’alcool vides dans l’entrée —il s’était figé quand elles étaient toutes tombées, certaines brisées ; il avait eu le souffle coupé, l’impression que le Spectrum se réveillerait, et le punirait pour sa maladresse. Et puis, il s’était rappelé qu’il ne pourrait plus jamais, parce que la mort l’avait happé. C’était un concept dont les finesses lui échappaient encore, mais qu’il avait déjà appréhendé, lorsque c’était la dépouille de sa mère qu’il avait trouvée. Il l’avait cru endormie d’un sommeil rendu lourd par les nuits passées à tenter d’arrondir les fins de mois, pour assurer une vie un peu moins misérable que la sienne à son fils, et puis il avait fini par comprendre que c’était l’un de ces sommeil dont on ne se réveillait jamais.
Il ne se souvenait pas de s’il avait éprouvé de la peine en réalisant qu’il n’aurait plus le droit aux baisers qu’elle posait sur son front, quand elle venait le border avant de partir au travail, qu’il ne humerait jamais plus cette odeur qui, si elle lui piquait le nez, était celle qui lui signifiait qu’il était ici chez lui ; il ne se souvenait pas de s’il s’était déjà senti coupable d’avoir laissé ses chairs pourrir sur un lit aux draps défaits, au fin fond d’un appartement miteux dont il ne retrouva jamais le chemin. Mais il savait qu’il y avait cette tendresse, toujours, qui s’éveillait quelque part en lui, chaque fois qu’il repensait à cette femme qui, si elle n’avait pas été une femme respectable, avait au moins tâché d’être une mère digne de ce nom pour son enfant —qu’elle aimait d’un amour fou, il n’en avait jamais douté, quand bien même ses souvenirs se limitaient à quelques images rendues floues par son trop jeune âge de l’époque, ainsi que le temps qui avait passé depuis.

C’était parce qu’elle était morte dans le silence et le dédain de tous —hommes, hybrides, il s’en moquait encore à l’époque— qu’il avait compris que s’endormir trop longtemps était quelque chose de mauvais, qui condamnait à la solitude et menait à souffrir. Parce qu’il avait souffert, encore, lorsqu’il avait cru trouver un père, et lorsqu’il avait trouvé une amie, une étoile, une chance d’exister autrement, et qu’ensemble ils l’avaient trahi, l’un et l’autre à leur façon. S’était ancrée en lui la conviction que l’on ne pouvait compter sur les hybrides, qu’aucun n’avait qu’une parole à donner, qu’ils étaient faux, menteurs, lâches et toujours intéressés, qu’ils n’accordaient jamais de crédit à la vie humaine ; qu’en ayant la possibilité de leur être égaux, ils s’étaient senti le droit de devenir supérieurs. C’était la haine et la folie d’un homme, la peur et le regret d’une femme qui l’avaient atteint, l’avaient brisé à son tour ; il s’était retrouvé avec des chaînes aux poignets, un briquet et un bidon d’essence entre les mains. En grandissant, il avait appris qu’il suffisait de bien peu pour allumer un brasier et consumer les coeurs.

C’était parce que Chronos existait qu’Avalon s’était fondée, c’était parce qu’il y avait tant de fous que Chronos était si importante, c’était parce qu’il y avait trop d’idéaux mêlés de colère que la guerre était sans fin. Un jour, le sang coulerait forcément, et les flammes auraient raison de l’un ou l’autre des camps. Mais les fous seraient toujours là, toujours debout. Et ils reprendraient, là où leurs prédécesseurs en étaient restés. Alors, s’il n’y avait pas de gloire à l’emporter, pas de finalité véritable à jouer sa vie, que pouvait-il bien attendre d’une femme dont il ne savait rien, qui ne savait rien de lui non plus, et qui plantait pourtant son regard dans le sien avec une assurance à l’air —et seulement l’air— inébranlable ? « C'est justement ce que je souhaite savoir également. Que désirez-vous donc ? Que je me prosterne ? Que je vous jure ma loyauté face contre terre ? Ne pensez pas que je puisse être comme les autres, à courber l'échine juste pour vos beaux yeux. » Il haussa un sourcil, avant que ses traits ne prennent une mine plus légère, et il paraissait apte à s’esclaffer dans l’instant, si sa voix n’avait pas été plus posée que l’impression qu’il donnait. « Oh, non, pas tant : tu me verrais peiné s’il te fallait m’ôter de la vue ton si joli visage pour quelque courbette. » Difficile encore de dire si son ton n’était que moquerie, ou s’il y avait une part de vérité dans ce qu’il disait. Il avait toujours détesté les mille manières que se donnaient ceux des hautes sphères, qu’il côtoyait pour le bien des financements, mais qui le faisaient doucement rire. Il ne s’en cachait jamais vraiment, mais tous n’y voyaient que du feu ; ou bien ils fermaient les yeux en toute connaissance de cause, rien que parce que c’était de bon ton, de côtoyer Oswald —quand bien même c’était de très loin, il n’aurait pas été surprenant que quelques hyperboles se glissent dans les mots de ceux qui voulaient paraître plus proche de lui que leurs compétiteurs financiers.

« De vous, je reçois une certaine protection et le gage de ma vengeance. Mais vous, qu'obtenez-vous de moi, sinon quatre hybrides en trois mois ? » Il esquisse un sourire, quelque peu mauvais. « Quatre hybrides en trois mois, c’est quatre fois plus que certains de mes sbires en trois ans. » Il les détestait, ceux-là. Les incapables. Mais c’était de la main d’oeuvre bon marché, dont il ne se privait pas, même s’ils avaient l’art de le mettre hors de lui, en le forçant toujours à terminer les besognes dont il les affligeait, et qu’ils ne savaient jamais mener à terme. Il les méprisait, ceux-là, les agneaux sages qui se brisaient au moindre de ses coups, les pissenlits fragiles qu’un souffle faisait s’envoler au vent. Et c’était parce qu’il les dépréciait, eux, qu’il l’appréciait, elle. Cette presque inconnue face à lui, qu’il provoquait ; cette jeune femme, avec qui il jouait à un jeu auquel trop peu se prêtaient, même lorsqu’il les y invitaient. Ils étaient tous si stupides, persuadés d’obtenir ses faveurs en étant des ombres, marionnettes obéissantes au bout de leurs fils, membres désarticulés et volonté captive.
Pourtant, c’était elle, Azilys, loin du quartier général, ombre parmi les ombres, qui détonnait, l’intriguait, l’intéressait ; c’était à elle qu’il accordait de son temps sans même s’en inquiéter, avec plaisir d’une certaine façon. Elle était différente, différente de ces épatés qu’il enverrait à l’échafaud, si c’était encore de mise à cette époque révolue. « Que puis-je donc vous offrir de si exceptionnel pour que vous soyez là, face à moi, dans mon auberge, monsieur Phoenix ? » Un énième sourire ; fugace, avant que ne s’efface toute trace d’amusement sur son visage, au profit d’un sérieux qui semblait ne pas lui ressembler, à cet enfant capricieux persuadé que tout lui était dû, et que le monde n’était qu’un immense plateau d’échecs.

Ce dont il pouvait avoir l’air à changer de figure comme on change de chemise, il s’en moquait bien ; ça l’amusait même souvent de lire la décontenance dans le regard de ses interlocuteurs. Tantôt un garçonnet tortueux, tantôt un homme droit, il était risible d’observer les bonnes gens qui ne savaient plus sur quel pied danser, face à lui. Ceux qui étaient les plus difficiles à déranger étaient aussi ceux qu’il prenait un plus grand plaisir à tester, incessamment, jusqu’à les voir enfin faillir. La concernant, elle, celle qui se tenait à quelques pas de lui, c’était déjà fait ; mais il se demandait : était-il encore capable de lui faire perdre ses moyens ? Si l’absence de l’un de ses fameux rictus ne laissait rien présager de ses intentions, ses sanguines, elles, s’étaient à nouveau éveillées, luisantes de l’insolence curieuse qu’ont les adolescents qui s’essaient à franchir les limites qu’on leur impose.

Il fit un, deux pas dans sa direction, et réduisit à néant la distance —certes minimale, mais respectable— qui s’était installée entre eux, puis écarta lentement les mèches blondes qui venaient se perdre devant les prunelles de givre de la belle. Penché vers elle, on le prenait encore à violer les barrières de la décence que l’on se devait de révérer. « Que peux-tu donc bien avoir à m’offrir… Il est vrai que je suis on ne peut plus curieux de le savoir, moi aussi. » Il ne lui répondait toujours pas. Peut-être parce qu’il ne le savait pas vraiment ? Et si, au fond, il n’était pas lui-même occupé à tenter de trouver la réponse à sa propre question, à celles qu’Azilys lui posait ? Ça n’était pas véritablement lui qui l’avait engagée, il n’avait fait qu’écouter son lieutenant et ami, parce qu’il avait toujours été de bon conseil, et qu’Oswald lui vouait une confiance aveugle. D’autre part, il avait certainement songé qu’aucune recrue ne serait jamais pire que certaines parmi les bras cassés du fin fond de son organisation —ces sbires qu’il reléguait forcément aux tâches ingrates, qui ne demandaient aucun savoir faire particulier quant à l’utilisation de la cervelle manquante entre leurs deux oreilles. Ces missions futiles, dont il n’aurait sûrement jamais affligé la demoiselle devant lui, même s’il en avait eu l’occasion —parce qu’elle avait de l’esprit, et sans doute bien d’autres atouts dont il ignorait pour l’insant toute l’étendue.
Lentement, il laissa ses doigts quitter la frange écartée sur les iris au bleu aussi captivant que l’était celui des mers du sud, puis courir sur sa joue, dans son cou, le long de son épaule, de son bras, jusqu’à sa taille où il cessèrent leur course qui n’avait été qu’effleurements légers comme le vent. Son autre mains, distraitement, vint jouer sans avoir l’air d’y prendre garde avec l’une des mèches qui encadraient son visage. Il le faisait avec un soin tel que l’on avait l’impression qu’il détenait au creux de sa paume le bien le plus précieux, mais aussi le plus fragile qui soit, celui susceptible de se briser en une seconde, en un mauvais geste, alors qu’il était d’une valeur tout aussi inestimée qu’inestimable. Pourtant, ça n’étaient qu’une mèche de cheveux, aussi doux puissent-ils être ; il prenait grand soin à ne pas l’emmêler avec sa nonchalance affolante. « Crois-moi, Azilys : les femmes, j’en ai connues bien plus que tu ne pourras jamais l’imaginer, et il y en a tellement qui voudraient être à ta place et plus encore, en ce moment. » Et c’était peut-être ça, le pire dans l’histoire : celles qui paieraient, tueraient peut-être, pour un peu d’attention de la part de celui que la plupart désirait voir tomber. « Pourtant, il n’y a que les respectables qui peuvent prétendre avoir quoi que ce soit pour happer ne serait-ce que brièvement mon intérêt… Crois-tu que je fasse bonne route, en me complaisant dans l’idée que tu fais partie de celles-ci ? » C’était à elle qu’il renvoyait la balle, encore une fois ; c’était à elle qu’il posait la question, plutôt que d’y répondre —si tant était qu’il avait une réponse satisfaisante à fournir, s’il se décidait à baisser les armes un jour. Sa main sur sa taille, qui la maintenait près de lui, cette autre sur cette mèche égarée, et ce regard qui ne la lâchait pas : c’était autant de prisons, pour lui signifier qu’elle ne lui échapperait pas. Pas maintenant ; pas tant qu’il ne serait pas lassé d’elle.
© ASHLING DE LIBRE GRAPH'





♔ Oswald ordonne en #cc0000


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