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 Cerise ; to play make-believe. [Terminé]

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Avalon • Membre
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MessageSujet: Cerise ; to play make-believe. [Terminé]   Sam 13 Fév - 15:09
To play make-believe
with Cerise

Unys. Il ne serait pas un digne Pokémon, encore moins un digne membre d’Avalon, s’il ne haïssait pas cette région. Pire, s’il ne haïssait pas les types qui s’étaient proclamés rois du monde et se permettaient de croire sincèrement qu’un jour, ils étendraient leur influence. D’une certaine façon, sans doute, y parvenaient-ils, puisqu’on craignait Chronos bien au-delà des frontières d’Unys et que, plus d’une fois, on avait entendu parler de rapts commis dans les régions voisines. Faute, sans doute, de trouver encore suffisamment d’hybrides à emprisonner, dans cette région maudite. Si c’était possible, aucun doute, il ferait sauter le quartier général de l’organisation anti-Pokémons et tous les humains qui s’y trouvaient. Des enflures, des bons à rien, à la limite, bons à crever.

Le dilemme avait été grand, à Avalon. Devait-on confier une telle mission à deux êtres qui, s’ils le pouvaient, s’adonneraient sans doute avec une joie intense au massacre de tous les sbires de Chronos ? Mais les faits étaient tels qu’on connaissait leur professionnalisme, et leurs capacités à revenir avec de précieuses informations de leur escapade. Leurs compétences, en trois ans, n’étaient plus à prouver : elle avait l’esprit et la réflexion, il avait la force d’action et de persuasion. De plus, ils se connaissaient, savaient coopérer, quand bien même ils n'en savaient que trop peu l'un de l'autre. Les instances supérieures n’avaient pas manqué d’avoir vent de la mission à laquelle Akainu avait dû prendre part en compagnie de Réfia, et sans doute n’étaient-ils pas prêts à les remettre de si tôt dans la même équipe s’il ne s’agissait que d’un duo. Alors, les expériences se diversifiaient, l'algorithme variait. Tant que les résultats étaient satisfaisants, quelle importance ?

C’est parce que les supérieurs n’eurent aucun doute quant au succès de ce couple qu’Akainu se retrouva là, aux côtés de Cerise, dans les rues de Maillard. Il n’aimait pas être ici, dans un endroit qu’il savait possiblement infesté de types de Chronos, qui ne perdaient rien pour attendre. Peut-être que s’il avait été plus inconscient et moins soucieux de bien faire, il n’aurait pas pris tant de soin à se fondre dans la masse, à paraître le plus humain possible alors qu’au fond, il détestait ça. Autant qu’il détestait et ne comprenait pas que d’aussi jolies villes, où les hybrides auraient eu bon vivre, soient sous le joug de quelque organisation malfaisante et ses partenaires. C’était tellement frustrant d’y songer, qu’il préféra encore s’adresser à sa coéquipière qui, pourtant, ne lui rappelait toujours que trop ce qu’il tentait d’oublier, un peu plus chaque jour.

« Tu crois qu’ils seront là ? Ça fait bien longtemps que nous ne les avons pas vus. »

Il ne parlait qu’à demi-mots, conversant comme s’il ne parlait que d’amis de longue date qu’ils rejoignaient, plutôt que d’ennemis qu’ils s’en allaient espionner. C’était pour éviter que les oreilles traînantes des passants —rares, étant donné la saison et le temps glacial— ne surprennent des bribes dont il serait gênantes qu’ils fussent au courant.

« Est-ce que tu sais pourquoi ils veulent nous revoir ? »

Sous-entendu : qu’est-ce que nous sommes censés trouver ? Comme toujours, sans doute : de quoi les faire tomber, de quoi empêcher quelques enlèvements d’hybrides en masse, quelques informations précieuses à utiliser contre eux. Mais étaient-ils suffisamment stupides pour parler de telles choses dans un endroit public, tel le café qui se dressait à quelques dizaines de mètres devant eux, et qu’ils devaient rejoindre ? Peut-être bien. Après tout, craignaient-ils vraiment quelqu’un, ici ? Ils avaient tous les pouvoirs, et même les autorités avaient préféré coopérer ou démissionner que de tenter quoique ce soit contre Chronos. Alors, divulguer des noms, des dates, des rapports… Pas sûr que l’idée même d’être entendus puisse les décourager.

Avant même qu’il n’ouvre la porte, l’odeur amère du café lui parvint aux narines, lui faisant froncer le nez. Il en détestait l’effluve autant que le goût, et il n’était pas certain que cela change un jour. Galamment, il tint ouverte la porte pour Cerise, avant de s’engouffrer à sa suite dans le petit commerce, déjà animé des éclats de voix fortes qui cherchaient à se couvrir les unes les autres. Il se pencha vers Cerise, balayant les tablées du regard.

« Va t’installer, je vais commander. Un chocolat chaud te va ? C’est de coutume en hiver, il paraît. »

Il lui adressa un léger sourire en guettant son approbation, et puis se coula jusqu’au comptoir, où il commanda, l’air parfaitement dans son élément. Pourtant, il y avait trop d’odeurs humaines, et aucune hybride si l’on oubliait la leur, pour qu’il se sente en sécurité. Il n’était pas effrayé, non. Tout du moins, pas pour lui. Mais ça le mettait mal à l’aise, comme un mauvais pressentiment, mais encore différent de ça. Il tenta pourtant de ne pas y songer, récupérant les deux coupelles soutenant les tasses fumantes pour les déposer à leur table, sans maladresse d’aucune sorte.

Il s’installa alors, face à elle, après avoir retiré sa veste et l'avoir déposée là, sur la banquette, à ses côtés. Ceci fait, il posa ses mains contre la porcelaine de sa tasse. Elle-même paraissait presque plus froide que la peau d’Akainu, et cette simple idée lui arracha un sourire en coin. Autant l’admettre : il craignait terriblement les basses températures, quoique l’on en puisse penser. Portant  le chocolat à ses lèvres pour en boire une gorgée, il se concentra dés l’instant suivant sur Cerise, et la mission qui leur avait été confiée.

« Alors, quoi de neuf ces dernières semaines ? »

Encore et toujours du demi-mots, parce que c’était jouer la carte de sûreté. Dés lors, il écouta les voix qui l’entouraient, tenta de deviner derrière quelle nuque ou quel menu se cachait un sbire de Chronos. Il ne poussa pas le vice jusqu’à se retourner, considérant que ce serait au mieux malpoli, au pire clairement suspect. A la place, il plongea son regard dans celui de sa collègue, même si rien que ça lui coûta un effort douloureux. A elle de le lui dire, à elle de le guider s’il ne les voit pas : sois mes yeux, dis-moi, les vois-tu, toi ?
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MessageSujet: Re: Cerise ; to play make-believe. [Terminé]   Mar 16 Fév - 22:32
to play make-believe
Akainu & Cerise

Le nez fourré dans son écharpe et les mains au fond des poches, Cerise avançait d’un bon pas dans les rues d’Unys, faisant claquer ses talons sur la chaussée. Unys. Cette région maudite pour tous ceux qui étaient nés hybrides. Cette région dont elle s’était juré de ne jamais s’approcher. De vieux souvenirs devenus amers avec le temps refirent surface alors qu’une fine neige commença à tomber du ciel. Cerise adorait la neige, comme elle la détestait. Parce qu’elle lui rappelait Saul et ses incroyables bonhommes de neige, parce qu’elle faisait rire Mika aux éclats chaque fois qu’il la regardait dégringoler depuis la fenêtre. Un souffle tremblotant s’échappa des lèvres de la feuforêve pour aller se fondre dans l’atmosphère. Elle était nerveuse. C’était imperceptible, il fallait vraiment bien la connaître pour pouvoir le deviner -et ceux qui en étaient capables se comptaient sur les doigts d’une seule main- mais cette sensation insidieuse qui lui retournait doucereusement les tripes ne lui présageait rien de bon. Cerise n’était pas de ces personnes intuitives qui pouvaient deviner l’avenir en se confiant seulement à leurs tripes, mais aujourd’hui, et pour la première fois depuis un bon bout de temps, elle ressentait que les choses n’allait pas être facile. En même temps, en territoire ennemi, elle n’en attendait pas moins.
Elle resserra le col de son manteau.

▬ Tu crois qu’ils seront là ? Ça fait bien longtemps que nous ne les avons pas vus.

Cerise tourna la tête vers son partenaire et lui offrit un sourire entendu.

▬ Comme tu dis. Mais s’ils nous ont appelé, ce n’est pas pour rien n’est-ce pas ?

▬ Est-ce que tu sais pourquoi ils veulent nous revoir ?

▬ Comme d’habitude j’imagine, prendre des nouvelles, écouter les derniers potins, etc. Tu les connais comme moi, ils adore jouer les commères ! ajouta-t-elle avec un sourire en coin ironique -au fond, parler à demi-mots était passablement amusant.

La mission du jour n’était pas des plus compliquées en soit. Se poser dans un café en feignant d’y attendre de vieilles connaissances et en profiter pour glaner n’importe qu’elle information qui puisse être utile pour Avalon dans sa lutte contre Chronos n’avait rien d’exceptionnellement technique. Mais côtoyer l’ennemi de si près, à la source, multipliait par dix la sensation de danger. Heureusement qu’Akainu était un partenaire digne de confiance.
Elle était loin de le connaitre totalement et avait encore du mal à comprendre pourquoi il se montrait parfois très ambivalent avec elle, tantôt hargneux, tantôt attentionné…Mais si elle savait au moins une chose à son propos, c’était qu’en cas de problèmes, on pouvait compter sur lui, et pour le moment c’était tout ce qu’elle avait besoin de savoir à son propos.
L’enseigne de l’objectif se profila quelques mètres plus loin, et elle pénétra dans le café déjà bondé quelques secondes plus tard, précédée par Akainu qui eut la galanterie de lui tenir la porte sur son passage. Elle le remercia d’un sourire, et quand il lui proposa ensuite de se trouver une place pendant qu’il commanderait, elle ajouta d’un ton plus léger qui visait entre autres à détendre l’atmosphère que la mission rendait pesante :

▬ Un chocolat c’est parfait ! J’ai affaire à un vrai gentleman pour une fois, ça me change de Mike’ !

Puis elle l’observa se faufiler entre les clients avant d’en faire de même pour se trouver une table à deux assez bien placée pour qu’ils puissent avoir une vue complète de la clientèle. Quand elle eut trouvé chaussure à son pied, elle se laissa tomber sur une des banquettes en posant son sac à ses côtés, puis retira son écharpe et son manteau qui commençaient à lui donner bien trop chaud à l’intérieur. Telle un chat, elle s’étira sur son siège avant de poser les coudes sur la table et de loger son menton au creux de sa main, balayant machinalement la pièce du regard comme si elle attendait qu’on vienne la rejoindre -ce qui était vrai en soit. Mais déjà, elle avait enfilé son rôle de pêcheuse d’informations, et elle tendait l’oreille afin d’attraper n’importe quelle bribe de discussion qui puisse leur être utile.
Akainu revint du comptoir, deux tasses fumantes en main, et en posa une devant Cerise avant de s’asseoir.

▬ Merci, fit-elle avec un sourire qui atteignait plus ses yeux que ses lèvres.

Imitant son camarade, elle posa ses paumes contre la porcelaine chaude, et son corps fut parcouru d’un frisson d’aise, alors que ses doigts reprenaient peu à peu des couleurs.
La voix d’Akainu la fit lever le nez vers lui. Elle sourit à nouveau, mais plus pour tromper les potentiels guetteurs qu’autre chose.

▬ Rien de bien spécial, commença-t-elle en faisant tourner sans bruit sa cuillère dans sa tasse. J’ai eu quelques embrouilles avec un client qui a soudainement décidé qu’il allait arrêter de me payer mais à part ça, rien de bien méchant. Et toi ?

Il fallait bien entendu décrypter qu’à part un visage qu’elle avait déjà vu sur les bandes d’enregistrement d’Avalon, elle ne reconnaissait personne parmi les clients assis derrière le pyroli.
Mais trop occupée à se concentrer sur ce qu’il se passait devant elle -tout en prenant garde de ne pas agir de façon trop suspecte- elle ne remarqua pas le groupe de jeunes adultes qui entra dans le café, et dont les airs de racaille intouchable ne présageaient rien de bon…
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MessageSujet: Re: Cerise ; to play make-believe. [Terminé]   Mer 24 Fév - 14:27
To play make-believe
with Cerise

Quand bien même il est concentré dans la recherche d’un visage connu des dossiers d’Avalon ou de bribes traîtres de projets qu’il leur faudrait démonter, Akainu ne peut s’empêcher de couler quelques regards en direction de celle qui lui fait face. Quelque part, il pourrait presque croire qu’il ne s’agit là que d’une banale invitation à boire, entre amis ou quelque chose de semblable. Ça ne lui déplairait pas, si c’était avec elle. Parce qu’elle l’attirait, inéluctablement. Il ne parvenait jamais à savoir tout à fait de quelle façon, ce qu’il ressentait pour elle ; pourquoi, il le savait, comment, il n’en était pas certain. Ça n’était pas de l’amour, et c’était presque pire encore. Certains jours, il détestait ce qui bouillonnait en lui quand il entendait sa voix ou croisait son regard. D’autres, comme aujourd’hui, c’était tout ce qu’il désirait, tout ce dont il pensait avoir besoin pour ne pas se perdre. C’était idiot, stupide, incompréhensible. Lui qui avait pourtant la tête sur les épaules, il s’égarait un peu trop à rêvasser lorsqu’elle était dans les parages, parce que c’était comme entrevoir des vestiges du passé sans trop savoir s’ils étaient vrais ou faits tout en toc.

Une énième fois, il détourna le regard, s’évertuant à ne plus le laisser courir sur elle. C’était difficile, mais l’idée qu’une information puisse lui échapper eut finalement raison de lui, et il oublia presque qui était celle qui lui faisait face. Presque, parce qu’une part de lui ne parvenait pas à s’empêcher d’y songer, encore et encore ; qui elle était, à qui elle ressemblait. Il n’y avait que des discussions sans grande importance, des rires, ceux d’humains banals autant que de potentiels sbires mêlés. Certains affichaient clairement les uniformes de leur organisation, mais aucun visage ne revenait vraiment à l’esprit d’Akainu. Des hommes de main de bas-étages, sans doute, et pas suffisamment reconnus pour qu’à eux seuls, ils représentent la moindre menace.

« Rien de bien spécial. J’ai eu quelques embrouilles avec un client qui a soudainement décidé qu’il allait arrêter de me payer mais à part ça, rien de bien méchant. Et toi ?
Pas plus que toi, lâcha-t-il, dans un vague haussement d’épaules. J’envisage de me trouver un petit emploi de serveur, mettre de l’argent de côté, tout ça... »

Il porta à nouveau sa tasse à ses lèvres, prenant soin de souffler dessus avant même de songer à boire ne serait-ce qu’une gorgée, quand bien même il ne risquait pas de s’y brûler. Sa nature avait du bon, sans nul doute, même s’il devenait parfois difficile de savoir quand est-ce qu’il lui fallait simuler la douleur d’une quelconque brûlure qui ne l’atteignait pas vraiment.

Un courant d’air frais vint jusqu’à lui, le faisant frissonner de tout son être. Lentement, Akainu leva les yeux vers ce groupuscule qui venait de faire irruption dans le café. Pas bien nombreux, mais aux airs de princes des temps modernes ; pardon, de Dieux intouchables et supérieurs. Leurs sourires, ou grimaces hideuses aux yeux du Pyroli, le firent plisser les yeux. Son regard, loin d’être aimable, n’était pas bien loin de lancer des éclairs. Si les humains avaient tendance à l’agacer sans rien avoir fait, ceux-là le répugnaient carrément. Toutefois, il n’en fit pas cas, détachant son regard d’eux alors qu’ils s’installaient dans le dos de Cerise. Il les aurait voulus loin, loin de lui et loin d’elle, plutôt que d’avoir à entendre les voix qui tonnaient un peu trop fort si près d’eux deux.

Et puis, soudain, de grands éclats de rire ainsi qu’un cri, outragé, désolé, une sorte de lamentation presque déchirante, qui attirèrent à nouveau l’attention du rouquin. Debout à côté de la table des dérangeurs, une serveuse, sûrement bousculée, qui venait de renverser le contenu de sa théière, tout à la fois sur le sol, une table et un client du groupe, à présent hors de lui. Le silence venait de se faire à quelques tables, tandis que l’on se donnait des coups de coude à d’autres en ricanant. La serveuse se confondait en excuses, sous les insultes des types aux airs de rois des contrées lointaines.

Quand bien même il aurait pu se réjouir qu’une humaine soit ainsi malmenée par d’autres, l’injustice était une chose qui forçait Akainu à grincer des dents. Sans même qu’il n’y prête attention, ses doigts s’étaient plus fermement refermés sur son récipient de porcelaine. Il força son regard à se détacher de la scène immonde qui lui donnait envie de se lever et d’intervenir, et le posa sur Cerise, en face de lui, presque comme pour quémander une permission. C’était trop risqué pour la mission, que de remettre ces hommes à leur place ?

« Ils me répugnent..., souffla-t-il, de la voix la plus basse dont il était capable, même s’il semblait qu’un grondement menaçait de monter de sa gorge, d’un instant à l’autre. »

Cependant, il fut retenu, par le regard de Cerise que le jeune venait d’accrocher. C’était comme si, tout à coup, quelque chose venait de changer. Aussitôt, il se figea presque, et fronça les sourcils, soucieux, presque inquiet ; et ça n’arrangea pas sa prise sur la pauvre tasse, qui faisait bien d’être solide malgré la colère sourde qui courrait dans les veines de la flammèche.

« Cerise ? l’interpella-t-il doucement, lâchant son chocolat chaud d’une main pour la tendre vers celle de sa collègue et l’effleurer avec mille précautions. Ça va ? »
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MessageSujet: Re: Cerise ; to play make-believe. [Terminé]   Jeu 25 Fév - 1:11
to play make-believe
Akainu & Cerise

Cerise porta la tasse encore fumante à ses lèvre pour en boire une gorgée qui répandit sa chaleur dans tout son corps, au fil de sa progression dans l’oesophage. Mais peut-être que la boisson avait été faite un peu trop sucrée pour elle, car la sensation désagréable qu’elle avait ressenti au creux de son ventre un peu plus tôt revint à la charge. Cerise en venait presque à espérer être tombée malade, et que cette histoire de mauvais présage n’était qu’une farce de son cerveau que le stress faisait tourner trop vite.

▬ Pas plus que toi. J’envisage de me trouver un petit emploi de serveur, mettre de l’argent de côté, tout ça...

Cerise quitta des yeux le groupe de jeunes filles assises trois tables derrière Akainu -de simples civiles, très probablement- pour les ancrer dans le regard de son partenaire.

▬ Serveur, toi ? Elle arqua un sourcil et sa bouche prit un petit pli sarcastique. Avec le noeud pap’ et l’uniforme ? J’ai hâte de voir ça !

Machinalement, elle se mit à tapoter le bois laqué de la table du bout de ses ongles vernis. Un courant d’air frais dans sa nuque dégagée lui indiqua que la porte d’entrée du café avait été ouverte, et considérant le fait que le nombre de décibels venait d’augmenter passablement, elle en conclut qu’il s’agissait de nouveaux clients. Des clients particulièrement bruyants et dérangeants par ailleurs. La tête baissée, feignant de remuer sa cuillère dans sa tasse, Cerise garda néanmoins les yeux levés vers Akainu qui observait les nouveaux arrivés avec un regard mauvais qui confirma ses premières impressions. Elle sentit qu’ils s’installèrent à la table située juste derrière elle, une table pas particulièrement grande qui pouvait accueillir cinq personnes tout au plus. Ils n’étaient donc pas si nombreux, malgré le boucan qu’ils produisaient.
Ne pouvant pas décemment se retourner pour les regarder sans se faire remarquer -ou pire, éveiller les soupçons- Cerise ne put que soupirer faiblement d’ennui devant si peu de savoir vivre et reporta son attention sur ce qu’il se passait derrière Akainu, comptant sur ce dernier pour surveiller ses arrières. Et de ce qu’elle pouvait voir, plusieurs personnes semblaient mal à l’aise et parlaient plus bas, comme si elles ne voulaient pas se faire remarquer, jetant régulièrement des regards nerveux à la table de derrière. L’idée que le groupe soit possiblement connu et redouté dans le coin lui passa par la tête, et n’arrangea en rien cette foutue sensation dans ses tripes. De plus en plus anxieuse, Cerise jetait plus régulièrement des regards soucieux à son coéquipier, comme pour s’assurer toutes les cinq minutes que tout allait bien pour le moment.

Et puis d’un coup, un cri, des rires forts, un son de chaises qu’on raclait au sol et de vaisselle qui tombait. Et enfin, une voix, plus forte que les autres, qui dégueulait un flot d’insulte et couvrait les ricanements gras. Et cette voix qui vint lui vriller les tympans provoqua un écho qui se répercuta dans le corps et la tête de Cerise, martelant ses os, déchirant ses muscles. Cette voix, elle la connaissait, elle l’avait déjà entendu. Une seule fois dans la vraie vie, à maintes reprises dans ses cauchemars. Après tout, comment oublier la voix de celui qui l’avait maintenue immobilisée cette fameuse nuit en lui murmurant langoureusement à l’oreille les pires atrocités, tandis que sous ses yeux, son frère jumeau se faisait battre à mort par d’autres raclures de la même espèce ? Comme une bobine de film passée en accéléré, la scène repassa en boucle dans sa tête, et alors que sa main se crispa dangereusement sur sa tasse, tout autour d’elle semblait se fondre avec le décor dans une masse informe et brouillée -les clients, les meubles, les bruits, Akainu même. Il n’y avait que cette voix, ces souvenirs, et cette rage qui faisait bouillir son sang dans ces veines.
Durant quelques secondes, Cerise garda le regard fixé quelque part dans le vide, un peu au-dessus de sa tasse. Ses yeux écarquillés, ses sourcils froncés, ses épaules agitées de tremblement de colère qu’elle peinait à maîtriser ; toute cette haine et cette rancoeur qu’elle avait si longtemps caché au fond d’elle suaient maintenant par tous les pores de sa peau. Et sans la voix d’Akainu pour la ramener à la réalité, elle aurait probablement fait une bêtise. Une grosse bêtise.

▬ Cerise ? Ça va ?

Son ton était doux, tout comme sa main qui effleura la sienne. Ne s’attendant pas à ce contact, Cerise sursauta et leva vers son partenaire un regard perdu entre la colère et la confusion. Sa vision se fit plus nette, les bruits moins sourds. Elle était passée à ça d’exploser.
La brunette se redressa en prenant une grande inspiration, et se passa les mains sur le visage. Sa respiration était encore saccadée, et elle sentait encore la sueur froide qui collait son chemisier contre la peau de son dos.

▬ Ça va, articula-t-elle après avoir déglutis avec difficulté. Excuse-moi, c’est la chaleur je crois, j’ai eu un vertige.

Le mensonge visait moins à tromper Akainu -qui n’était pas assez bête pour gober un truc pareil- qu’à ne pas éveiller les soupçons des autres tables. Car maintenant qu’elle s’était calmée, Cerise avait pleinement conscience -ou presque- du genre de monde qui les entourait. Elle souffla. La mission devait passer avant tout. En temps normal c’était ce qu’elle aurait pensé. Mais là tout de suite, elle avait du mal à ravaler cette colère qui venait de sortir, et avait la ferme intention de ne pas laisser s’échapper l’un de ceux qui avait ruiné sa vie. Et comme il y avait moyen d’effectuer son devoir de membre d’Avalon tout en se vengeant -l’homme et ses amis étant membres de Chronos- alors elle n’allait pas se gêner pour le faire.

Son regard s'arma d'une détermination en titane. Rapidement, Cerise passa deux mains dans ses cheveux pour leur redonner du volume et défit deux boutons de son chemisier, laissant ainsi son décolleté entr’aperçu. Elle posa ensuite son sac sur la table et se leva en se penchant dessus pour fouiller dedans à la recherche de son porte-monnaie. Et tandis qu’elle s’affairait, elle murmura à Akainu, juste assez fort pour qu’il soit le seul à l’entendre malgré les éclats de voix.

▬ Derrière moi, je les connais. Pas des gros bonnets mais assez bien placés pour savoir deux trois trucs qui pourraient nous intéresser. Couvre-moi, je gère.

Cerise se releva et adressa à son partenaire un sourire qu’elle voulait rassurant, même si au fond, c’était peut-être elle qui avait besoin d’être réconfortée. Porte-monnaie en main, sac et manteau pendant au creux de son coude, elle quitta discrètement la table pour se diriger vers le comptoir où elle commanda une bière. Elle paya le serveur qui lui apporta la boisson, vida la bouteille de moitié d’un seul trait et se dirigea enfin vers son objectif, où une seconde serveuse était sur le point de se faire chahuter comme la première. Cerise enfila un de ces sourires insolents -intelligents mais pas trop- et prit la parole d’une voix parfaitement contrôlée, frisant la séduction.

▬ Excuse-moi trésor, fit-elle en s’adressant d’abord à la serveuse en posant une main sur son épaule dans un geste calculé au millimètre près, j’ai presque finit ma bière, tu pourrais m’en apporter une autre s’il te plait ?

Puis elle jeta un regard en coin aux quatre hommes installés à table et esquissa un sourire amusé avant de reprendre.

▬ Où plutôt cinq autres en fait, merci.

Et sans plus de cérémonie, elle prit place là où ces messieurs avaient eu la gentillesse -intéressée- de s’écarter pour qu’elle puisse s’asseoir.

▬ On peut savoir ce que nous vaut cet honneur ? Entama celui qui se trouvait tout à fait en face d’elle et qui ne se privait pas de loucher sur son décolleté.

▬ Je m’ennuyais toute seule au bar, et vous aviez l’air marrants, fit elle en jouant avec une mèche de ses cheveux noirs. Ne me dites pas que je me suis plantée, j’aurais les boules de payer des bières à des mecs qui n’en valent pas la peine !

Ses mimiques de pimbêches et son ton insolent eurent l’effet escompté, et des ricanements se firent entendre. Quand la serveuse apporta furtivement les commandes, elle jeta un regard mi-soulagé mi-navré à Cerise et s’éclipsa vite avant qu’on ne la chahute de nouveau. Les discussions reprirent, et la feuforêve, aux premières loges, n’en rata pas une miette.
Elle vida tout à fait sa première bouteille. Et en levant la tête pour en attraper les dernières gouttes, son regard croisa celui d’Akainu, assis une table devant elle, et hocha imperceptiblement la tête pour lui montrer qu’elle avait la situation sous contrôle, qu’il n’y avait pas lieu de se ronger les sangs.

Elle mènerait à bien sa mission, sans aucun doute. Tout comme elle planterait sa cuillère dans l’oeil de son ancien tortionnaire dès que celui-ci n’aura plus rien d’intéressant à lui apprendre.
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MessageSujet: Re: Cerise ; to play make-believe. [Terminé]   Lun 29 Fév - 14:43
To play make-believe
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Noeud pap’ et uniforme… Et ça la faisait rire ? Il faut dire, à l’idée, lui non plus n’avait pas pu s’empêcher d’esquisser un sourire. Pourtant, il était un familier des chemises et costards, alors ça ne le dérangeait pas tant d’avoir à adosser un habit aussi formel que celui qu’on lui refilerait forcément. CV et lettres de motivations étaient déjà prêtes, ne restait plus qu’à envoyer, et il le ferait assurément. Il ne savait pas trop ce qu’il espérait faire avec cet argent, mis à part prendre son indépendance. N’avoir plus besoin de revenir à Avalon pour loger, avoir son chez soi qui ne soit pas chez ses parents, sans doute. Il avait à peine dix-huit ans, et pour beaucoup il était encore bien jeune pour vouloir tant ne dépendre plus que de lui-même, mais les trois dernières années avaient suffisamment prouvé qu’il était capable de se gérer seul. On lui faisait confiance, ses parents les premiers. Si les choses avaient été différentes, peut-être qu’il n’aurait pas aménagé seul.

Pour peu, il aurait presque pu croire que c’était une sortie comme une autre, entre collègues, amis peut-être. S’il n’y avait pas eu ce courant d’air, s’il n’y avait pas eu ces rires, et s’il n’y avait pas eu cette chose étrange dans les yeux de Cerise. Une chose qu’il connaissait, un peu trop bien. Du ressentiment, ou pire encore, il n’en savait trop rien. Mais il savait que ça n’avait rien de normal, rien de bon non plus. Le trouble dans le regard de sa camarade avait quelque chose de douloureux, parce que c’était celui qu’il avait croisé mille fois dans le reflet que les miroirs lui renvoyaient. Qu’il croiserait peut-être encore, s’il se risquait à s’y regarder d’un peu trop près.

« Ça va. Excuse-moi, c’est la chaleur je crois, j’ai eu un vertige. »

Il n’en croyait pas un mot. C’était un mensonge, à n’en surtout pas douter. Mais il savait qu’il n’était pas en droit, pas en position de la contredire, de rétorquer. Les missions demandaient parfois d’oublier ses propres sentiments, pour préserver ses pairs et ne pas faillir. Pour la sûreté du groupe. Ça le répugnait d’avoir à se taire, à ne pas bouger. S’il s’écoutait, s’il n’était pas si déterminé à faire tomber Chronos, un jour, s’il ne craignait pas pour son rang et son rôle, sans hésiter il aurait saisi la main de Cerise, et l’aurait entraînée à l’extérieur. Là-bas, dehors, loin, ailleurs, surtout pas ici, surtout pas si près de ceux qui voulaient leur perte. Loin, là où ils seraient en sécurité. Et où il pourrait lui parler, l’interroger, ouvertement et sans avoir à faire semblant de crainte qu’ils ne soient découverts. Mais il n’en avait pas le droit, pas encore, pas pour le moment. Quand, alors ?

Quelque chose venait de changer, au fond des prunelles de la jeune femme, et Akainu écarta lentement ses doigts de la main qu’il était venu effleurer sans même y songer. Sourcils légèrement froncés, il ne comprit pas tout de suite ce qu’elle faisait, à passer ses mains dans ses cheveux, et à ouvrir légèrement son chemisier. Mal à l’aise d’avoir laissé ses yeux traîner un instant de trop sur les boutons défaits, il détourna le regard. Il avait comme une impression de déjà vu, et c’était la faute à Réfia. L’idée même que Cerise joue à son tour de ses atouts l’agaçaient, mais il n’osait rien dire, de peur d’attirer l’attention sur eux.

« Derrière moi, je les connais. Pas des gros bonnets mais assez bien placés pour savoir deux trois trucs qui pourraient nous intéresser. Couvre-moi, je gère.
Ai-je le choix ? rétorqua-t-il à voix basse, avec bien peu d’entrain. »

Il soutint son regard, difficilement, tâchant de répondre à son sourire, même si le sien fut plus crispé qu’il ne l’aurait voulu. Il n’aimait pas, il n’aimait pas qu’elle prenne ce risque et s’approche si près d’eux, si près de ces types qui ne les verraient jamais que comme des moins que rien, des bêtes, des chiens à tenir en laisse, des bâtards errants que l’on pouvait frapper tout son soûl et humilier sans représailles d’aucune sorte. Parce qu’ici, à Unys, il n’y avait pas de châtiment pour ceux qui commettaient des crimes, pourvu qu’ils soient commis à l’encontre des hybrides.

Tout en buvant à sa tasse, il observa Cerise, le plus discrètement possible. Si elle s’était tout d’abord dirigée vers le bar, elle s’adressait maintenant à la serveuse à quelques pas d’ici, lui parlait d’un ton qu’il ne lui connaissait pas vraiment. C’était dérangeant. Pire, encore, lorsqu’elle s’invita à la table des hommes de mains de Chronos. Les doigts à nouveau serrés sur la porcelaine, il faisait mine d’être fasciné par ce qu’il se passait de l’autre côté de la fenêtre, mais il ne perdait pas une miette des échanges qui se déroulaient aux alentours, et plus particulièrement devant lui, même s’il tâchait de n’en rien montrer.

Son regard accrocha celui de sa collègue, et il cligna simplement des yeux, comme un accord silencieux, un je te reçois, cinq sur cinq imperceptible. Pourtant, il n’était pas rassuré, et son esprit cherchait déjà comment la tirer de là. Tant pis pour la mission, c’était trop inconscient de la laisser là, au milieu… d’eux.

Des bribes lui parvinrent, et il ne su pas tout à fait d’où ça venait. Des éclats de voix entrecoupés du son des cuillères qui heurtent le bord des tasses, des multiples conversations et des machines à café du  comptoir. Un réseau de transfert d’enfants hybrides, qui avait été démonté, à Johto, des sbires rétrogradés. La frustration perçait dans les voix qu’il entendait, si le ton n’était pas parfois moqueur. Un sourire s’étira presque sur les lèvres d’Akainu, mais il le retint à grand peine. Jusqu’à ce qu’il saisisse autre chose, un autre réseau s’était apparemment ouvert, pour compenser. Il ne parvint pas à saisir le nom de la ville, pas même de la région. Où ? Quand ? Il étouffa un grondement qui menaçait de s’échapper de sa gorge, et chercha à nouveau le regard de Cerise.

Mais ce ne fut pas tout à fait ce qu’il rencontra ; c’était une main, un bras qui s’était cru permis de se glisser sur son épaule. Le type la rapprochait d’elle, semblait vouloir poser un droit d’appartenance sur elle. Ô combien il savait comment les hommes aimaient apposer leur suprématie sur celles qui leur plaisaient un peu trop. Ô combien il savait à quoi pouvaient penser les hommes, face à une femme attirante qui jouait impunément de ce qu’elle était.

Il n’y tint plus, il se leva et laissa là les deux tasses, récupérant simplement sa veste qu’il tint nonchalamment sur son épaule, et se dirigea vers le comptoir. Là, il commanda un simple café, même s’il savait qu’il ne le boirait pas. D’ici, il ne parvenait pas à voir ce qu’il se passait, là-bas, autour de la table que Cerise avait rejoint. Et ça l’angoissait. Il ne pouvait s’empêcher de laisser ses ongles heurter le bar en bois, encore et encore, jusqu’à ce que le type assis sur le tabouret, à quelques centimètres à peine de lui, ne lui adresse un regard d’avertissement. Il cessa donc, et se saisit vivement de la tasse brûlante qu’on lui tendait, et fit mine de chercher une table.

Seulement, son regard s’attarda sur Cerise, un instant, et il dessina sur son visage une surprise soudaine, et parfaitement simulée. Alors, d’un pas pressé, mais usant de mille précautions pour ne pas renverser son café, il avança vers elle, un sourire aux lèvres. Il n’adressa pas un seul regard aux types qui l’accompagnaient, tout entier concentré sur la jeune femme —et la tâche ardue qu’était de tenir d’une main une tasse brûlante remplie à ras-bord et de l’autre sa veste sur son épaule.

« Hey, Camille ! C’est bien toi ? »

Il n’attendit qu’un instant, qu’elle comprenne ce qu’il était en train de faire, avant de se pencher vers elle pour lui faire la bise, comme s’ils étaient deux amis de longue date qui ne s’étaient pas vus depuis bien longtemps. Lorsqu’il fut près de son oreille, et à l’abri des regards des sbires, il se permit un commentaire, lâché de la voix la plus basse dont il était capable.

« J’ai des infos. »

Il s’écarta d’elle, l’air toujours aussi enjoué, ravi, qui se ternit un peu lorsque son regard daigna enfin s’attarder sur ceux qui entouraient la table. A vrai dire, Akainu était presque déçu ; ils n’étaient pas les clichés des méchants des grandes histoires, dotés d’un physique atypique ni clairement repoussant, pas forcément des airs de génies ni d’imbéciles finis, pas de muscles des plus saillants sous leurs vêtements —sans doute plus que lui-même, cela dit, mais il avait d’autres capacités qui ne relevaient pas du champ des possibles humains. En vérité, ils avaient même l’air de types… banals, normaux ? Pourtant, rien que de savoir ce qu’ils étaient, et à quel genre de machineries ils prenaient part —toutes celles de Chronos n’étaient qu’immondices suprêmes—, il éprouvait un profond dégoût et une haine sans pareil à leur encontre. Sans eux, sans ces types, elle serait encore là. Et s’ils n’étaient pas les premiers coupables, aucun adhérant à Chronos n’échappait à son mépris révulsé.

« Qu’est-ce que tu deviens ? Tu ne me présentes pas à tes a- »

Sa veste tomba —et il n’était pas vraiment étranger à ce fait. Aussi, il se pencha pour la ramasser, s’interrompant dans sa prise de parole. Et, là, sans même hésiter, il joua la carte de la maladresse ; la tasse pencha dangereusement, et il fit mine de vouloir la redresser, tout en récupérant sa veste. Ce geste eu finalement raison de son équilibre précaire, et le contenu de la tasse t’en alla souiller chaussures et bas de pantalon de celui qui avait eu le malheur d’avoir une jambe dans l’allée. S’il avait pu, c’est celui qui avait eu l’audace d’approcher de trop près Cerise qu’il aurait ainsi dérangé, mais lui ou un autre, ça faisait tout aussi bien l’affaire.

Il se releva d’un bond, sa veste contre lui et la tasse à présent vide qu’il s’évertuait tout de même à garder droite, alors que le mal était déjà fait. Il paraissait mal à l’aise, et on ne peut plus désolé —pourtant, il ne l’était pas du tout, et, si sa couverture ainsi que sa survie n’avaient pas été en jeu, sans doute aurait-il même ri de sa petite ruse. C’était stupide, quasiment puéril, mais ce genre de choses fonctionnait toujours sur les types qui se croyaient les maîtres du monde. Ceux de Chronos comptaient parmi ceux-là.

« Je-euh, ex...cusez-moi ? Je suis maladroit, je… Je vais arranger ça !
Ah oui ? tonna l’intéressé en se relevant, surplombant Akainu, qu’il ne dépassait pas de beaucoup, finalement. Et comment ?
Eh-eh bien… On peut s’arranger... »

Il lança un regard de détresse à Cerise, en sachant que, s’il paraîtrait des plus crédibles aux yeux de ces types, elle, elle verrait que c’était tout de toc et de faux. Si elle savait jouer les insolentes, lui savait aussi se faire bien plus idiot et inconscient qu’il ne l’était vraiment. Ce petit jeu et cette fausse erreur, c’était comme un signal. Partir, rester, appuyer son jeu, se battre ou jouer encore les innocents ? C’est entre tes mains, Cerise. Lui, en tout cas, n’avait fait qu’ouvrir une brèche, qui se refermerait sur eux s’ils n’étaient pas capables de la maintenir aussi béante qu’elle l’était pour le moment.
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Akainu se moque en #AA8A75
Tell me : would you kill to save a life ? Tell me : would you kill to prove you're right ?



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MessageSujet: Re: Cerise ; to play make-believe. [Terminé]   Sam 5 Mar - 16:14
to play make-believe
Akainu & Cerise

Au-delà des regards appuyés que certains d’entre eux ne se privaient pas de lui lancer, la première chose qu’avait remarqué Cerise en s’asseyant à leur table était qu’ils empestaient le parfum ; cette odeur que les marques réservaient généralement à la gente masculine et qui, utilisée avec modération pouvait avoir son charme, mais qui donnait le tournis quand le porteur avait cru bon de se doucher avec. Là, ils avaient carrément baigné dedans. Et Cerise eut bien de la peine à ne pas rire jaune. Quand elle revenait sur les souvenirs de cette fameuse nuit de ses quinze ans, elle ne voyait que des silhouettes imposantes et effrayantes, des rires carnassiers et des tâches de sang. Ces assassins qu’elle avait plus imaginé que réellement vu au final -la faute à l’obscurité- elle se les était toujours représentés comme de véritables terreurs. Pas comme une bande de fils à papa qui gâchaient de leur parfum à cinq briques pour prouver qu’ils en ont plus dans le porte-monnaie que n’importe qui. Même cet enfoiré dont elle avait reconnu la voix et qu’elle avait toujours imaginé comme une espèce de démon venu des enfers avait la gueule d’un de ces gosses de riche aux vêtements griffés qui portaient les cheveux de façon soigneusement négligée pour se donner un genre et qui prenaient garde à ne pas érafler la voiture de papa maman en quittant le garage.
Dire qu’ils avaient ruiné sa vie, c’était vraiment du foutage de gueule.

La conversation n’avait rien de bien intéressant pour Cerise jusqu’alors, mais persuadée qu’ils finiraient par lâcher une information précieuse, elle continua à se forcer de rire à leurs blagues, oubliant du mieux qu’elle pouvait les regards désagréables et les contacts physiques trop « malencontreux » pour ne pas être calculés. La chaleur du café et ce foutu parfum qui lui montait à la tête commencèrent à lui donner mal au crâne ; pas assez pour l’empêcher de penser clairement, mais c’était suffisant pour la déranger plus qu’elle ne l’était déjà. Peut-être que la bière y était pour quelque chose aussi, et même si Cerise avait confiance en sa résistance face à l’alcool, elle nota dans un coin de sa tête de faire semblant de boire toute boisson alcoolisée qu’on pourrait lui servir plus tard.
Il y eut une sonnerie de portable, et l’un de ceux qui se tenaient en face d’elle s’adossa contre la banquette pour extirper le téléphone de sa poche et lire le contenu du sms. Et alors qu’un autre vint à demander ce qu’il en était, l’homme assis juste à sa droite profita de la brève distraction de ses camarades pour faire glisser ses doigts le long de la nuque de Cerise avant d’y passer carrément tout le bras pour agripper son épaule gauche d’une main ferme et la rapprocher de lui. La manoeuvre eut le don de lui arracher un horrible frisson, et elle pria pour que celui-ci ne soit pas mal interprété. Il serait après tout assez ironique qu’il aille s’imaginer que ce contact lui faisait un quelconque effet -outre de lui donner envie de prendre un bain à l’eau de javel et brûler ses vêtements.

▬ Hé mec, ça vient de là-haut, écoute ça, lança l’homme au portable à l’attention son camarade.

▬ Vas-y j’t’écoute, répondit l’autre en se penchant légèrement en avant, sans lâcher l’épaule de Cerise néanmoins. C’est en rapport avec le truc de l’autre fois là ?

Cerise se crispa, devinant que les infos qu’elle attendait désespérément commençaient à fuiter.

▬ Ouais, apparement ils veulent qu’on reporte ça le mois prochain sur Sinnoh, à Célestia.

▬ Ha, super, une ville paumée dans le trou du cul d’une montagne, on va se la donner, maugréa-t-il en s’adossant à nouveau contre la banquette, toujours en entraînant Cerise avec lui.

Célestia. Le mois prochain. Il allait se passer quelque chose, et il était impératif qu’Avalon soit sur les lieux pour déjouer leur mission, peut importe le but de celle-ci. Toute entrave à Chronos était bonne à prendre après tout.
Elle déglutis, difficilement. Mais alors qu’elle s’apprêtait à se tourner vers celui qui avait agrippé son épaule pour tenter de le faire parler, d’en apprendre plus sur cette mission dont elle ignorait encore les débouchés, son regard attrapa la table où elle se trouvait plus tôt avec Akainu. Et quand elle remarqua que le jeune homme n’y était plus, son coeur rata un battement. Où était-il parti ? S’était-il fait remarqué ? Qu’allait-t-elle faire s’il n’était plus là pour la couvrir ? Dissimulant son trouble avec peine, Cerise balaya la salle bondée du regard, à l’affût d’une chevelure rouge —ça ne devrait pas être si difficile à trouver pourtant, si ?
Quand elle le vit arriver vers elle, les mains prises et un sourire niais aux lèvres, la jeune fille eut d’abord un faible soupir de soulagement avant de froncer imperceptiblement les sourcils. Mais qu’est-ce qu’il foutait ?

▬ Hey, Camille ! C’est bien toi ?

Toujours un peu confuse, Cerise comprit néanmoins qu’il avait quelque chose en tête et joua la comédie.

▬ Dan' ! Bon sang ça fait un bail, comment tu vas ?

Cerise profita du fait qu’il se penchait vers elle afin de lui faire la bise pour tendre le cou et se dégager du bras de l’homme qui se tenait à côté d’elle, sans que cela ne paraisse trop suspect. Intérieurement, elle remercia son ami de lui avoir permis de se soustraire à se contact trop oppressant.

▬ J’ai des infos, lui murmura Akainu à l’oreille.

▬ Idem, lui souffla-t-elle de la même façon.

Il se redressa, et le silence se fit pendant quelques secondes à la table, les uns jaugeant les autres. Stressée, Cerise commença inconsciemment à gratter assez fort la peau qui bordait ses ongles. Elle la sentait mal cette histoire.

Finalement, Akainu reprit la parole, et feignant une maladresse, il se baissa et renversa son café sur les pieds de l’homme assis juste en face d’elle. N’importe qui aurait pu se douter que l’homme en question ne prendrait pas très bien la chose, et comme elle l’avait deviné, celui-ci s’emporta et se leva lentement -sûrement pour ménager son effet menaçant- pour se planter devant un Akainu qui se faisait tout petit. Tandis que des ricanements moqueurs fusèrent autour de Cerise, celle-ci observait la scène en silence, crispée comme pas permis, mais forcée de saluer le talent d’acteur du Pyroli. Son regard attrapa alors celui de son camarade, et dans ces yeux qui feignaient la détresse, elle comprit qu’il était temps d’amorcer une tentative de fuite. Si comme elle, Akainu avait réussi à attraper quelques infos au vol, alors ils n’avaient plus rien à faire ici. Peu encline à faire du grabuge et se retrouver avec tous les sbires de Chronos présents à leurs trousses, elle tenta une approche plus tranquille.

Cerise laissa alors échapper un petit ricanement visant à détendre un peu l’ambiance et les esprits échauffés.

▬ T’as pas changé depuis le collège toi, c’est dingue ! Toujours aussi maladroit ! —elle se leva de son siège, son sac sur l’épaule, et posa une main sur le bras de chacun des garçons levés, comme un arbitre signerait un temps mort— C’est pas la peine de s’emporter comme ça pour une petite tache comme ça voyons, vous êtes en train de ruiner l’ambiance !

Elle lança un regard appuyé à l’homme et ajouta avec un petit sourire en coin :

▬ En plus le café ça part facilement avec du vinaigre ou du bicarbonate de soude. J’ai grandit avec trois grands frères alors je m’y connais !

Heureusement pour elle, le garçon s’apaisa un peu et se rassit, quand bien même il darda sur Akainu un regard empli de mépris qui fit grincer la feuforêve des dents.
Cerise ajusta son sac sur son épaule.

▬ Je vous abandonne deux minutes, il faut que je passe aux toilettes !

Et elle s’éclipsa, non sans avoir lancé un regard entendu à Akainu. Quand la porte des toilettes se referma derrière elle, Cerise laissa échapper un soupir un peu saccadé par le stress, et se pencha sur les lavabos pour se passer un peu d’eau sur le visage. Son mal de tête ne voulait décidément pas s’atténuer, et elle n’avait rien sur elle pour l’en soulager, malheureusement. Elle jeta un coup d’oeil à sa montre pour être sûre de ne pas sortir trop rapidement, et au bout d’une minute, elle quitta les toilettes, faisant mine de sortir son portable de son sac. Quand elle arriva à la table, elle emprunta un ton ennuyé et fit une petite moue d’excuse aux personnes assises.

▬ J’suis vraiment désolée les garçons, j’ai un imprévu, un anniversaire improvisé, il faut que j’y ailles. Mais hé, choses promise, chose due, hein ! —Cerise se pencha sur la table pour déposer dans la coupelle qui trônait en son centre quelques billets pour payer les bières de tout à l’heure.

Elle se redressa, après avoir attrapé sa veste, et en l’enfilant, elle fit mine d’avoir eu l’idée du siècle et se tourna vers Akainu avec un large sourire.

▬ Mais je suis bête ! Dan', c’est l’anniversaire de Lola qu’on va fêter, tu te rappelles ? Lola, en dernière année ? Elle serait super contente que tu viennes, j’en suis sûre, tu veux qu’on aille ensemble ?

Elle se força à ne pas observer les mâchoires crispées des autres occupants de la table, et quand elle eut réponse à sa question, elle lâcha un « Super ! » dans un rire léger et attrapa le bras d’Akainu pour quitter le café.

▬ Navrée de vous lâcher comme ça, fit-elle en se retournant à l’attention des autres hommes, mais c’était vraiment sympa de discuter avec vous !

Elle considéra pendant une seconde l’idée de leur envoyer un baiser soufflé pour rester dans son rôle, mais l’abandonna très vite, aussi bien soucieuse de ne pas en faire trop que parfaitement répugnée par l’idée. Aussi, elle se contenta de leur adresser un signe de la main enjoué, et quitta le café au bras d’Akainu.
La fraîcheur du temps hivernal à l’extérieur la fit frissonner, mais pressée d’en finir avec cette mission, elle se hâter de « guider » Akainu jusqu’à leur voiture, garée plus loin dans une ruelle pas trop fréquentée.

▬ Là, c’est ma voiture, lança-t-elle en tendant les clés d’une main pour déverrouiller le véhicule —elle continuait de jouer son rôle, on ne savait jamais, des fois qu’ils eussent été suivis.

Cerise s’installa sur le siège conducteur et laissa Akainu prend place à côté d’elle, et quand elle verrouilla les portes, elle laissa retomber sa tête contre le dossier et ferma les yeux en lâchant un long soupir fatigué.

▬ Putain de merde.
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MessageSujet: Re: Cerise ; to play make-believe. [Terminé]   Ven 8 Avr - 16:13
To play make-believe
with Cerise

Idem. Ce idem qui signifiait qu’ils avaient fait ce qu’ils avaient à faire, qu’ils avaient au moins saisi quelques informations au vol. Peut-être de quoi déjouer quelques plans de Chronos, ne serait-ce qu’une fois de plus. Leur mettre des bâtons dans les roues, protéger les hybrides —parce qu’il s’agissait si souvent d’eux—, les sauver, limiter les pertes. Dans les deux camps, en théorie. Mais Akainu, pour sûr, ne cracherait jamais sur quelques soldats tombés au combat dans les lignes ennemies. Si la vie hybride valait des trésors à ses yeux, que la vie humaine avait un tant soi peu de prix pourvu qu’ils ne soient pas parmi ces monstres qui se pensaient supérieurs malgré l’époque révolue, celle des hommes qui ne savaient traiter ses pairs qu’avec mépris et cruauté ne coûtait rien, sinon un peu de sang sur une lame ou de la poudre sur les doigts. Il n’avait tiré que de rares fois, mais c’était grisant. Surtout lorsqu’il s’agissait de faire tomber un ou deux pions adverses.

Le pacifisme auquel beaucoup adhéraient n’était plus son objectif primordial. S’il l’avait espéré, pendant un temps, il n’avait, depuis, que trop vu la barbarie de ces sbires qui ne savaient même pas pourquoi ils étaient si révulsés par les hybrides —et sans doute était-ce aussi justifié que le profond dégoût du Pyroli envers les humains, tel un immonde cercle vicieux. Alors, il l’était devenu un peu lui aussi, barbare, avec ceux qu’il jugeait d’ors-et-déjà foutus dans leur conscience. Il n’y croyait pas, aux deuxièmes chances, pour des types de leur trempe. Et c’était sans vergogne qu’il contrecarrait leurs plans, avec une volonté de bien faire un peu trop pointue peut-être, et une rage de vaincre un peu trop furieuse. Mais, au moins, lui le faisait, lui agissait.

Même si agir, à l’instant présent, se résumait à une simple tentative de détourner l’attention que ces types portaient à Cerise, une simple tentative d’ouvrir une brèche, une faille dans leur emprise étouffante. Une échappatoire, pour ne plus rester là, à la merci de tout à commencer du danger. Et, cette ouverture, pourtant stéréotypée mais complètement avalée par les idiots attablés, Cerise venait de s’y engouffrer sans une seule hésitation.

Un rire de sa part, qui avait aussitôt détourné l’attention d’un Akainu que l’on tentait d’impressionner, un commentaire amusé qui lui arracha un haussement d’épaules contrit, et le sbire se rassit bien sagement. Les épaules du Pyroli, jusqu’alors parées à encaisser une attaque, à la contrer et même à y répondre, se détendirent quelque peu. Ce sbire ne prouva qu’une fois de plus qu’ils étaient faciles à berner, faciles à déstabiliser. Ce serait si simple, au fond, d’en écarter un ou deux, de les acculer à l’ombre d’un bâtiment, de leur faire cracher toutes les informations dont Avalon pouvait bien avoir besoin, et de les priver du droit de les dénoncer ensuite comme des infiltrés. Ce serait facile, ô combien si facile, et pourtant il savait que ça n’arriverait nulle part ailleurs que dans ses songes.

Des informations. Rien que des informations, c’était ce qu’on leur avait demandé. Alors, et puisqu’il le fallait, Akainu s’y plierait, même si ça le répugnait d’avoir à laisser des types tels qu’eux s’en tirer à si bon compte, même pas conscients de ce à quoi ils échappaient.

Cerise —ou Camille, à l’heure actuelle, et il devait y songer sans discontinuer pour ne pas risquer de faillir et de prononcer son véritable prénom, par pur réflexe— s’excusa, s’éclipsa, et Akainu l’observa un instant avant que la serveuse ne revienne dans son champ de vision. Il croisa son regard, qui pétilla de malice, rien que l’espace d’une seconde, et puis vint à son aide pour nettoyer les dégâts de sa petite mise en scène. Il fit mine de se confondre au milieu de pardons et d’explications bancales, mais le regard qu’ils échangèrent sous la table, à l’abri des regards noirs des sbires, lui confirma qu’elle avait bien compris sa petite manigance. Peut-être bien qu’elle n’en saisissait pas tout à fait —pas du tout, même— l’intérêt, mais au moins ne pouvait-elle s’empêcher d’être ravie que l’on ose ce que personne d’autre n’osait. Peut-être songeait-elle qu’il y avait finalement une justice dans ce monde ; aujourd’hui elle était représentée par deux menteurs, deux espions, deux hybrides qu’ici on voudrait voir tomber et qui se jouaient du danger au nom de leurs pairs. Mais qu’en savaient-ils donc, tous ces fous, au coeur pourri de corruption ?

Au moins n’aurait-il pas à simuler plus longtemps, puisque quand il se redressa, sa collègue revenait déjà. Elle affichait toujours cet inébranlable sourire, un peu insolent et qu’elle portait au demeurant si bien, et elle pressait le pas, comme agitée par une nouvelle qui la ravissait mais qui demandait à ce que l’on ne perde pas de temps. Aussitôt, il comprit. Elle avait trouvé leur aller sans retour en direction de la sortie. Une histoire de fête d’anniversaire improvisée, ces nouvelles que l’on apprend sur le gong et qui changent la donne tout à coup, qui font sauter les prévisions et saisir l’opportunité. Saisir la chance de s’échapper.

« Mais je suis bête ! Dan, c’est l’anniversaire de Lola qu’on va fêter, tu te rappelles ? Lola, en dernière année ? Elle serait super contente que tu viennes, j’en suis sûre, tu veux qu’on aille ensemble ?
Sérieux, Lola ? Oh bon sang, ce que ça fait longtemps, j’aurais presque oublié ! Pour sûr que je te suis, Cam’ !
Super ! »

Il n’allait pas nier : il n’était pas peu envahi d’une sorte de joie mesquine à voir les types grincer des dents face à l’annonce spontanée de la jolie demoiselle dont ils avaient sans doute apprécié la compagnie, mais qu’ils ne sauraient pas consommer comme ils l’auraient sans doute voulu. S’ils savaient ce qu’ils auraient risqué, à seulement essayer.

Son bras laissé aux bons soins de Cerise, il se laissa entraîner hors du café, sans même adresser un seul regard en arrière à ceux qu’il désirait tant voir gisant sur le carrelage sans n’être plus capables de faire le moindre mal à quiconque. Du même coup, il se faisait violence pour ignorer, oublier le rôle qu’elle jouait, et qui le répugnait tant. Comment y parvenait-elle seulement, face à eux ? Aussi ne put-il vraiment s’empêcher de presser le pas, sur les premiers mètres qui l’éloignèrent de ce café, empestant trop l’humain et la connerie profonde pour qu’il n’y respire vraiment bien.

Lorsqu’enfin la voiture fut en vue, il se contenta de commenter la carrosserie d’un vague «  Jolie » qui se voulait enjoué et bien heureux de se rendre à l’anniversaire surprise d’une amie qu’il n’avait pas revu depuis longtemps. En vérité, et il suffisait de glisser un oeil à ses poings un peu plus serrés qu’ils n’auraient dû l’être, il ne faisait qu’étouffer sa frustration, son agacement, sa colère aussi, sans doute, celle qui commençait à prendre de l’ampleur en lui, mais qu’il ne laissait pas encore éclater.

Elle déverrouilla les portières, grimpa du côté conducteur tandis qu’il prenait sa place de passager et, quand le son rassurant des verrous qui remontent se fit entendre, il parvint enfin à prendre une respiration convenable.

« Putain de merde. »

Trois simples mots, un peu trop parlants pour qu’il les ignore, et son regard se porta aussitôt sur elle. Une seconde de plus, une hésitation, et il céda à sa pulsion première : il explosa.

«  Putain de merde, ouais. Sérieusement, t’as réfléchi juste une seconde avant d’aller roucouler avec ces chiens en rut ? Putain mais t’as vu le regard qu’ils avaient ? Ils étaient clairement en train de te bouffer, je mettrais ma main à couper qu’ils étaient déjà intérieurement en train de te désaper et d’imager ce qu’ils pourraient te faire une fois le souci des fringues réglé ! »

Il avait du mal à se contenir ; pire, il n’y parvenait aucunement. Rien de malheureux n’était arrivé, et pourtant, la simple idée que ça aurait pu arriver suffisait à faire bouillonner cette colère en lui, qui venait par vague et ne diminuait pas vraiment. Il n’aurait pas dû lui parler ainsi, la traiter comme une enfant prise en faute, mais il ne savait pas s’en empêcher. Si ça la concernait, c’était plus fort que lui. Peut-être parce qu’au travers de la Feuforêve, il espérait sauver une Galopa qu’il n’avait pas su préserver ? Il n’en savait trop rien, et il évitait d’y songer : c’était si douloureux, au fond, de sentir encore la présence de Lorelei partout là où son regard se posait.

«  Et si je n’avais pas été là, hein, t’aurais fait quoi ? T’aurais fait quoi s’ils avait essayé de te faire du mal ? Tu te serais trahie en envoyant ces quatre-là au pays de Cresselia, et t’aurais laissé les autres faire une toi une de leurs esclaves, au pire des cas te buter ? »

Il laissa les derniers mots résonner dans le silence soudain de l’habitacle, prenant tout à coup conscience de ce qu’il venait de dire. Quelque part, au fond de lui, il y eut comme quelque chose qui se brisait, une nouvelle fois. Mais il n’en tînt pas compte, de toute façon blessé à n’en plus finir puisqu’elle n’était plus là.

Lentement, avec mille précautions et sans même songer à respirer, il s’enfonça dans son siège et renversa la tête en arrière. Il déglutit, difficilement, pris dans un dilemme intérieur stupide : s’excuser, prolonger le silence ? Il n’en savait trop rien. Mais il n’eut pas plus le loisir d’y réfléchir, puisque quand il se redressa, son regard se heurta au rétroviseur, dans lequel il aperçut un quatuor qui venait dans leur direction, sans qu’il ne sache encore trop bien si c’était ceux à qui ils venaient de fausser compagnie, ou s’il se trompait. Cela dit, il n’était aucunement curieux quant à la réponse, et c’est pourquoi il adressa un regard à son amie, à ses côtés, désignant d’un geste de la tête le volant devant elle.

«  Démarre. Je ne tiens pas à rester dans cet endroit de malheur, Unys c’est pas pour moi. Ni pour toi, d’ailleurs. »
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MessageSujet: Re: Cerise ; to play make-believe. [Terminé]   Mar 12 Avr - 15:43
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Le sang lui battait aux temps encore trop fort et son souffle se faisait saccadé alors qu’elle tentait de retrouver un rythme de respiration normal, la tête basculée en arrière, plaquée contre l’appuie-tête, et les yeux fermés. La rage et le stress coulaient encore dans ses veines, et elle avait du mal à ne pas trembler de tous ses membres sous la puissance des diverses émotions qui la submergeaient.
La voix résonnait toujours dans sa tête, et maintenant qu’elle pouvait y mettre un visage dessus, c’était encore pire qu’avant. Et par pur intérêt personnel, elle s’en voulait presque d’avoir fait passé la mission avant son désir de vengeance et de n’avoir rien tenté pour rendre justice à son frère. Si elle avait été seule dans la voiture, elle s’en serait peut-être mordue la lèvre jusqu’au sang tant la frustration lui montait à la tête. Mais ce n’était pas le cas, et bien vite, la voix chargée de reproche d’Akainu retenti dans le petit habitacle.

▬ Putain de merde, ouais. Sérieusement, t’as réfléchi juste une seconde avant d’aller roucouler avec ces chiens en rut ? Putain mais t’as vu le regard qu’ils avaient ? Ils étaient clairement en train de te bouffer, je mettrais ma main à couper qu’ils étaient déjà intérieurement en train de te désaper et d’imager ce qu’ils pourraient te faire une fois le souci des fringues réglé !

Cerise soupira et se pinça l’arrête du nez comme si ce geste allait atténuer son mal de tête. Sa voix fut plus froide qu’à l’accoutumée, mais demeura calme -du moins le plus calme dont elle était capable de faire preuve à l’heure actuelle- et seuls ses sourcils froncés témoignaient de son état d’irritabilité.
En tant qu’adulte, et encore plus en tant que femme, Cerise avait horreur qu’on lui parle comme si elle n’était qu’une enfant inconsciente.

▬ J’étais assez bien placée pour le deviner, merci.

Sa mâchoire se crispa un peu plus alors qu’elle revoyait les regards qui avaient été posés sur elle. Le genre de regard qui vous fait vous sentir sale, qui vous fait vous demander ce qu’il ne va pas chez vous pour qu’on vous reluque de la sorte, alors que le véritable problème ne vient pas de vous mais d’eux, évidemment. Et heureusement que Cerise était suffisamment alerte à ce sujet, autrement son malaise n’aurait été que plus grand.
Et pourtant, cela ne l’empêcha pas de frissonner de dégoût de nouveau, et de reboutonner son chemisier jusqu’en haut, ne laissant que le dernier bouton d’ouvert pour ne pas avoir la sensation d’être serrée au niveau du cou -elle était bien assez oppressée pour ça.

▬ Et si je n’avais pas été là, hein, t’aurais fait quoi ? T’aurais fait quoi s’ils avait essayé de te faire du mal ? Tu te serais trahie en envoyant ces quatre-là au pays de Cresselia, et t’aurais laissé les autres faire une toi une de leurs esclaves, au pire des cas te buter ?

Le ton réprobateur d’Akainu attaquait ses nerfs comme l’eau ronge le métal, et à son tour-et pour la première fois depuis longtemps- Cerise laissa la colère prendre visiblement le dessus elle. Elle fronça un peu plus les sourcils et sa main vint agripper l’accoudoir avec force alors qu’elle se tournait légèrement sur le côté pour faire face au pyroli.

▬ Bon sang, je ne suis pas débile, Akainu ! Si tu n’avais pas été là je serais restée à ma place et je n’aurais rien tenté parce que, contrairement à ce que tu laisses sous-entendre, j’ai pas quinze ans, et je sais parfaitement que faire quoique ce soit de ce genre, seule, à Unys c’est du suicide ! Et aux dernières nouvelles j’ai pas prévu de me foutre en l’air tout de suite si ça peut te rassurer.

Elle l’imita quand il s’enfonça dans son siège, alors que ses mots se répercutaient encore contre les parois du véhicule, et elle ne pouvait s’empêcher d’enfoncer ses ongles dans le cuir de l’accoudoir tandis que son être tout entier fulminait. Ses épaules et sa poitrine se soulevaient plus fort alors qu’elle peinait toujours à trouver une respiration régulière et l’écho des reproches d’Akainu venait se mêler aux rires gras de sa voix qui se heurtait contre son crâne à s’en déchirer le cerveau. Intérieurement, Cerise répétait en boucle « la ferme, la ferme, la ferme » comme une supplication faite à un tortionnaire imaginaire.

▬ Démarre.

La voix d’Akainu la fit sursauter et quand elle croisa son regard et que ses yeux se posèrent sur le rétroviseur au passage, elle comprit qu’il était temps de mettre les voiles. Elle attacha sa ceinture, tourna la clé pour démarrer le moteur et manoeuvra pour sortir la voiture de sa place, sans accorder d’attention à la dernière remarque du rouquin, qu’elle savait aussi véridique qu’insupportable à entendre.

Le silence se fit lourd dans l’habitacle alors qu’elle prenait la sortie de la ville, ses mains crispées sur le volant. Cerise se forçait à garder le regard fixé sur la route devant elle, sans tourner les yeux vers lui -autant par embarras que par contrariété. Mais à un feu rouge, elle n’y tint plus. Il lui fallait du bruit, un semblant de conversation, n’importe quoi qui pourrait étouffer les horreurs qui résonnaient sous son crâne.
D’un geste rapide, elle attrapa donc son paquet de cigarettes qui gisait sur le tableau de bord et en embrasa une à l’aide d’un briquet avant d’ouvrir la fenêtre et souffler la nicotine le plus loin possible de son partenaire -ne sachant pas s’il fumait ou non, elle trouvait normal de l’exposer le moins possible à la fumée.
Le feu passa au vert, elle redémarra.

▬ À part ça, qu’est-ce que t’as appris d’utile ? Elle lâcha dans un souffle tendu.

Maintenant que le sujet était détourné, les tremblements qui agitaient imperceptiblement ses doigts se calmèrent, mais elle faisait toujours l’effort de ne pas ciller car chaque fois qu’elle fermait les paupières, c’était la vision de Saul qui baignait dans son sang sur le bitume qui lui revenait en pleine gueule.
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MessageSujet: Re: Cerise ; to play make-believe. [Terminé]   Mar 12 Avr - 17:01
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Parce qu’il s’était emporté, elle avait fini par céder elle aussi, se tournant à demi vers lui, le regard furibond et la voix teintée de tant de colère qu’Akainu était certain de ne l’avoir jamais vue ainsi. Il la connaissait calme, au sang-froid sans pareil, piquante sans doute mais certainement pas agressive. Et, si une part de lui de se défaisait pas de sa propre rage, qui n’était due à rien d’autre qu’à l’angoisse de l’avoir vue si prêt de types tels qu’eux, d’un autre côté il ne pouvait s’empêcher de s’en vouloir de ce qu’il venait de dire. Bien sûr, qu’elle n’était pas débile, bien sûr, qu’elle n’avait pas quinze ans, et il se doutait qu’elle n’aurait pas pris tant de risques s’il n’avait pas été là. Mais si les choses avaient dégénéré, même avec lui dans les parages, qu’aurait-il donc pu y faire ? Il s’était interposé avant que la moindre hostilité ne s’élève à la tablée, mais s’il était intervenu plus tard ? S’il avait fallu se battre, qu’auraient-ils été, deux hybrides au milieu de plusieurs tablées pleines de sbires très certainement armés ? Ils auraient pu fuir, bien sûr, mais il n’aurait jamais parié sur leurs chances de sortir du café sans avoir tâté du plomb des pistolets ennemis. Ils étaient à Unys, bon sang. Le simple fait d’imaginer ce qui aurait pu arriver resserrait le noeud dans sa gorge, qui s’était formé alors qu’elle s’avançait à peine vers ces hommes qu’il méprisait tant sans avoir besoin de les prendre au cas par cas. Ils étaient de Chronos, et ils étaient tous les mêmes.

Alors qu’ils avaient déjà démarré, il se surprit quelquefois à jeter des coups d’oeil à la dérobée en direction de Cerise, tâchant pourtant de ne pas se détacher du paysage citadin qui défilait au-delà de la vitre. Sa main, sans même qu’il ne s’en rende compte, s’acharnait sur la ceinture qui passait sur ses genoux, dans un geste répété et qui dénotait d’une nervosité qu’il ne parvenait pas à faire taire, quand bien même il tentait de ne pas la montrer à celle qui, fort heureusement, semblait ne pas faire attention à lui —peut-être ne décolérait-elle pas vraiment ? Il préféra ne pas y songer, quand bien même l’espoir d’oublier un peu leur différent se révélait vain.

Dans son esprit en vérité, il y avait les souvenirs de cette tension qui s’était installée, de ce silence, de ces regards durs qui demandaient pardon tout en crachant un autre venin ; et puis cette mission, ces excuses jamais vraiment prononcées, cette chance qu’il avait laissé passer. Et cette détonation, qui avait forcé l’histoire, leur histoire à tourner plus court qu’elle n’aurait dû l’être. Il n’avait toujours lu ça que dans les livres, ces récits de culpabilité qui rongent le coeur de n’avoir jamais su se dire pardon avant qu’il ne soit trop tard pour le faire. Ça le bouffait, d’y songer, et pourtant il y revenait sans cesse. Comme si ses erreurs ne pouvaient que s’étaler un peu plus sous ses yeux, comme si de toute façon, Lorelei le hantait toujours, lui rappelait sa faute. C’était faux, bien sûr, mais il n’échappait jamais à ces pensées obscures qui assombrissaient sitôt son regard.

« À part ça, qu’est-ce que t’as appris d’utile ? »

Il tourna la tête en direction de Cerise, et si elle avait accroché ses yeux à cet instant-là, sans doute y aurait-elle lu cette lueur fugace de reconnaissance. Elle venait de le tirer de ses songes cruels, de ces remords qui lui faisaient un peu trop de mal, et il s’aviserait de ne plus y replonger tant qu’il serait en sa compagnie. D’un oeil critique, mais sans un commentaire, il avisa la cigarette qu’elle tenait. L’odeur du tabac lui faisait toujours froncer le nez, mais au moins finissait-il par s’y habituer, à force de fréquenter Heiji.
A la question de sa collègue, suivit un long silence, qui sembla s’éterniser tant il tergiversa intérieurement. Et puis, il trancha : plus jamais ça.

«  Excuse-moi, souffla-t-il, lui lançant un regard en coin, avant de se détourner à nouveau. Il venait de répondre à côté, mais qu’importe ; il en avait besoin. J’ai… flippé. Ouais, c’est ça la vérité : j’ai carrément flippé. »

Il marmonnait plus qu’il ne parlait, et quand bien même il n’articulait pas vraiment, les mots demeuraient compréhensibles pour qui l’écoutait un tant soit peu. Ça n’était pas dans ses habitudes de mettre sa fierté de côté au profit de la vérité, mais il n’avait plus envie de se déchirer avec d’autres et puis de s’en mordre les doigts lorsque Maître Destin se faisait tout à coup impitoyable. Alors, mal assuré quant à ce qu’il devait dire, il s’y risquait tout de même ; comme il aurait dû s’y risquer avec Lorelei, si seulement il n’avait pas été si imbécile, autrefois. Avec des si, on referait le monde, pas vrai ?

«  T’avais pas l’air bien. Et puis, je ne sais pas… Te voir au milieu de ces types qui espéraient juste te… hm. Désolé, c’était au dessus de mes forces. sur les derniers mots, il avait ricané, d’un de ces faibles rires teintés d’amertume. Et puis, disons que j'ai pas non plus vraiment envie d’avoir encore à justifier la perte d’un bon élément d’Avalon. »

Encore. C’était ce encore qui changeait la donne, ce encore qui en était déjà une de trop, ce encore qui le dévorait de l’intérieur en propageant son acide dans les chairs d’Akainu, et faisait bouillonner la rage dans ses veines. Ce encore dont il n'était même pas certain que Cerise connaisse la signification, et c'était sans doute mieux ainsi. Parce que c'était ce encore qui l’avait rendu si différent, si avide de vengeance, lors de sa dernière mission en compagnie de Réfia. Lorsqu’il s’était retrouvé, une arme dans les mains et face à deux sbires désarmés, à sa merci. L’envie folle d’appuyer sur la gâchette sans plus de cérémonie, c’était aussi la faute de ce encore un peu trop cruel pour le cœur de l’adolescent qu’il avait été, et qu’il demeurait encore un peu dans le fond.
Il secoua la tête pour dissiper le trouble de son esprit, et puis changea à nouveau de conversation afin de revenir au sujet initial. Le seul qui comptait vraiment, maintenant.

«  Sinon, je t’avoue que pas grand chose, lâcha-t-il avant de s’éclaircir la voix, puisqu’elle s’était faite un peu plus rauque auparavant. Enfin, la dernière mission à laquelle j’ai pris part, c’était à Johto. Oliville. Une histoire d’orphelinat qui fournissait des enfants à Chronos, on les a arrêtés. Apparemment, ils ont lâché l’affaire pour Johto, de ce que j’ai compris. Mais ils comptent remettre ça ailleurs, d’ici peu. Où, je ne sais pas. Et quand… Je ne pense pas que ce soit dans les habitudes de Chronos d’être patients… Alors d’ici, quoi, trois, quatre semaines, peut-être, même pas ? »

Son ton s’était fait quelque peu railleur, mais c’était qu’il ne supportait pas l’idée de savoir encore des enfants rendus victimes de types tels que les partisans de l’organisation criminelle. Que l’on s’en prenne à des adultes, majeurs, aptes à se défendre, conscients du danger, c’était une chose ; s’attaquer à des êtres qui avaient tout juste atteint l’âge de raison, parfois pas encore tout à fait, et être prêt à leur faire subir les pires immondices pour les caprices de leur chef, c’en était une autre.

«  Et toi ? »
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MessageSujet: Re: Cerise ; to play make-believe. [Terminé]   Mer 20 Avr - 13:47
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▬ Excuse-moi.

Subitement, son ton était devenu doux ; Cerise qui ne s’y attendait pas vraiment en fut assez surprise. Akainu lui avait parut assez en colère pour lui faire la gueule pendant tout le trajet, alors elle s’était plutôt préparée mentalement à affronter une espèce de tension sous-jacente, ou quelque chose du genre. D’autant plus que le long silence qui avait suivit sa question en premier lieu n’avait pas été des plus encourageants.
Silencieusement, elle passa son bras par la fenêtre pour faire tomber la cendre de sa clope à l’extérieur, et elle tourna la tête un peu plus vers Akainu pour mieux pouvoir le regarder du coin de l’oeil sans trop avoir à se détourner de la route. Subtilement, son visage se détendit, tout comme sa prise sur le volant. Mais d’un autre côté, un sentiment du culpabilité et d’incompréhension naquit au creux de son ventre.

Elle ne parvenait pas à le comprendre par moments. Il se montrait parfois excessivement prévenant avec elle, alors qu’au fond ils ne se connaissaient pas si bien que ça. Cerise s’était souvent persuadé qu’Akainu était tout simplement le genre de personne à faire particulièrement attention aux gens autour de lui, et qu’elle ne recevait pas comme une sorte de traitement de faveur de sa part, que c’était juste dans sa nature. Mais il y avait toujours ce petit quelque chose qu’elle n’avait encore jamais pu identifier qui lui disait que quelque part, elle faisait fausse route. Et c’était là qu’elle ne comprenait plus rien. Pourquoi s’énervait-il autant ? Pourquoi est-ce qu’elle avait l’impression qu’il se sentait impliqué quand ça la concernait ? À l’heure actuelle, Cerise n’en savait pas assez pour pouvoir faire autre chose que des hypothèses hasardeuses.
Et quelque part, cela l’agaçait passablement, de ne pas comprendre.

▬ T’avais pas l’air bien. Et puis, je ne sais pas… Te voir au milieu de ces types qui espéraient juste te… hm. Désolé, c’était au dessus de mes forces. –Cerise déglutit un peu plus difficilement en y repensant– Et puis, disons que j'ai pas non plus vraiment envie d’avoir encore à justifier la perte d’un bon élément d’Avalon.

Elle fronça les sourcils quand il prononça le mot « encore » et tourna un peu plus la tête vers lui, un air soucieux et interrogateur plaqué au visage. Encore ? Elle n’avait rien entendu de tel au sein d’Avalon jusqu’à maintenant -du moins pas le concernant, cela arrivait parfois qu’elle apprenne que des membres se soient fait tuer ou gravement blesser au cours d’une mission. Cela n’était jamais arrivé à quelqu’un qu’elle avait pu connaître concrètement, mais ça arrivait, malheureusement. Mais à propos d’Akainu, elle n’en savait rien.
Il faut dire qu’elle n’avait atteint une espèce de stabilité dans sa vie personnelle que depuis relativement peu de temps. Entre son intégration à Avalon, l’adoption de Mika et le lancement de son cabinet de psychanalyse, elle n’avait pas forcément eu le temps de prêter attention aux rumeurs qui circulaient dans l’organisation à cette époque. Elle avait souvent du enchainer les petits boulots pour joindre les deux bouts au début, et malgré sa maturité, elle était quand même trop jeune pour que tout se passe sans quelques complications.
Dans tous les cas, quoiqu’il ait pu se passer, c’était apparemment devenu tabou puisqu’elle n’en avait jamais eu vent. Du moins jusqu’à maintenant.

Elle garda le silence pour ne pas interrompre Akainu qui s’était finalement décidé à répondre à sa question première. Sa mâchoire se crispa subtilement quand il lui expliqua les tenants et aboutissants de sa dernière mission sur Johto. Si elle savait que Chronos était capable du pire, elle se surprenait parfois à redécouvrir encore et encore que l’organisation criminelle pouvait commettre des horreurs dont elle n’avait pas eu idée jusqu’alors. Des enfants, merde. Y’avait-il plus lâche et plus méprisable que ça ?
Cela lui fendait le coeur de penser comme ça, mais quelque part, elle était presque heureuse que Mika soit né humain. Car rien que pour cela, il risquait bien moins d’être confronté aux atrocités de Chronos.


▬ Et toi ?

La voix d’Akainu la ramena un peu à la réalité et elle se racla la gorge avant de prendre la parole.

▬ J’ai rien entendu de très concret concernant le but d’une de leurs prochaines actions mais ces abrutis ont balancé le lieu et la date devant moi sans se soucier de quoique ce soit –un sourire mauvais étira le coin de ses lèvre pendant une seconde ; règle numéro un quand on fait partie d’une organisation quelconque : ne pas divulguer des infos précieuses sur ses futurs actions à quelqu’un qu’on connait depuis approximativement dix minutes. Il fallait vraiment être totalement stupide ou pourri de confiance en soi pour en faire autrement. Ça se fera à Célestia le mois prochain apparemment. Je ne sais pas de quel genre d’opération il retournera mais vu ce que tu viens de m’apprendre ça ne m’étonnerait pas qu’ils aient décalé ça là-bas. Célestia est une petite ville toute calme dans la montagne, s’ils ont les bons moyens ça ne serait pas compliqué de kidnapper une poignée de mômes et de disparaître avant que les autorités n’aient pu faire quoique ce soit.

Ses mains se serrèrent plus fort autour du volant. Célestia, c’était à Sinnoh, et Sinnoh, c’était sa région. Elle en avait la gorge nouée de constater que Chronos étendait le champs de ses actions jusqu’à chez elle.
Feu rouge. Cerise inspira un grand coup et replaça nerveusement une mèche de cheveux derrière son oreille avant de se tourner presque totalement face à Akainu cette fois-ci.

▬ Sinon euh –Elle se grattait le cou plus machinalement que par réelle nécessité et avait du mal à le regarder dans les yeux plus de quelques secondes– c’est bon hein, pour tout à l’heure, je t’en veux pas.

Feu vert. Elle se replaça droite sur son siège avant de presser la pédale d’accélération du bout du pied.

▬ Et puis pour être honnête j’étais peut-être pas aussi objective que j’aurais du l’être, lâcha-t-elle dans un rire un peu amer. Excuse-moi de t’avoir inquiété.

Il lui suffisait d’en reparler pour que son souffle se fasse un peu plus fébrile et que le bout de ses doigts tressautent légèrement.

▬ On oublie tout et on repart à zéro, d’acc’ ? Ajouta-t-elle enfin avec un maigre sourire en accrochant du coin de l’oeil le regard ambré de son partenaire.
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MessageSujet: Re: Cerise ; to play make-believe. [Terminé]   Jeu 21 Avr - 19:05
To play make-believe
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Il avait la sensation qu’en s’excusant, la tension était tout à coup redescendue de quelques crans dans la voiture, jusqu’à presque tout à fait disparaître. De son côté, elle s’était plutôt muée en embarras et, si c’était déjà moins dérangeant, puisqu’il n’avait plus comme ces picotements qui remontaient le long de ses bras, c’était tout de même une sensation qu’il détestait : celle de n’avoir pas vraiment les mots pour s’exprimer, celle de ne pas savoir ce qu’il convient de dire ou de faire, dans une situation donnée qui lui échappe. Il ne comprenait lui-même pas tout, certaines choses lui apparaissaient encore floues, troubles lorsqu’il s’agissait de Cerise. Son comportement n’était pas normal, même un peu exagéré, sans doute, mais il n’y pouvait rien. Il espérait quelquefois que ça n’était pas trop flagrant, qu’il n’y avait qu’à lui que tout ça paraissait trop étrange. Il espérait, parce qu’elle ne lui en avait jamais parlé, ni elle ni personne d’autre. Alors, oui, il espérait, qu’il se faisait juste des films, que c’était dans sa tête, qu’il n’agissait pas de façon irrationnelle quand il s’agissait de Cerise, rien que parce que dans ses yeux il revoyait Lorelei. Il espérait, comme un idiot, comme un fou, mais il s’en moquait : il espérait quand même, sans trop savoir quoi en vérité.

Qu’importe : au moins l’air était-il devenu bien plus respirable dans l’habitacle, depuis qu’il s’était résigné à s’excuser le premier. Il n’aurait pas supporté un trajet entier, s’il lui avait fallu demeurer enfermé dans la voiture, avec l’électricité qui crépitait presque autour d’eux. A présent, couler un regard en direction de Cerise lorsqu’elle reprit la parole pour lui répondre ne le dérangeait plus ; il le fit même franchement, sans pouvoir réprimer le sourire narquois qui s’invita sur ses lèvres, à peu près en même temps qu’elle. Qu’ils étaient stupides, qu’ils étaient sûrs d’eux. Même lui était persuadé de l’être moins de ces types-là.

« Ça se fera à Célestia le mois prochain apparemment. Je ne sais pas de quel genre d’opération il retournera mais vu ce que tu viens de m’apprendre ça ne m’étonnerait pas qu’ils aient décalé ça là-bas. Célestia est une petite ville toute calme dans la montagne, s’ils ont les bons moyens ça ne serait pas compliqué de kidnapper une poignée de mômes et de disparaître avant que les autorités n’aient pu faire quoique ce soit.
—  Ils ont les bons moyens, n’en doute surtout pas, lâcha-t-il en un souffle, le regard fixé sur la route. Cela dit, pas sûr qu’il y ait un orphelinat, là-bas… Peut-être une petite école ? Peu d’enfants, mais aussi peu d’adultes... »

Il fronça les sourcils, tout entier occupé à réfléchir. Il ne connaissait pas vraiment Sinnoh ; il l’avait bien déjà arpentée pour quelques missions, mais il n’en savait pas suffisamment pour savoir ce qui s’y trouvait. Célestia, par contre, il n’y avait jamais mis les pieds, ou bien c’était trop lointain pour l’avoir vraiment marqué. Ce qu’il connaissait, lui, c’était Hoenn, c’était Johto. C’était Avalon, et c’était chez lui. Quand bien même il avait maudit de tout son être les sbires de Chronos d’oser s’aventurer jusque sur les terres qui l’avaient vu grandir, lors de sa dernière mission en compagnie de Réfia, il devait au moins admettre qu’ils ne s’en seraient pas si bien sortis, s’il n’avait pas connu la région comme s’il en avait lui-même dessiné les plans. Mais c’était affreusement désagréable, savoir que leurs pires ennemis, à eux les hybrides, venaient jusque chez eux pour les en déloger, pour les emprisonner. Chaque fois qu’une mission l’envoyait à Johto combattre pour la cause hybride contre la cause humaine, il en revenait chaque fois un peu plus terrifié pour les siens, pour sa famille qui vivait encore là-bas. Et pour Fuyuki, dont il ignorait le lieu de résidence actuel, si tant est qu’il ne vagabondait pas.

« Sinon euh (il se détourna enfin de la route, posa les yeux sur Cerise à ses côtés, tiré de ses réflexions intérieures ; cette fois-ci, c’était elle qui se dérobait à son regard.) c’est bon hein, pour tout à l’heure, je t’en veux pas. Et puis pour être honnête j’étais peut-être pas aussi objective que j’aurais du l’être. Excuse-moi de t’avoir inquiété. »

Ce furent deux ambres suspicieuses qui vrillèrent en direction de Cerise. Pas aussi objective qu’elle aurait dû l’être ? Il ne comprenait pas, quelque chose lui échappait de nouveau. Comme s’il manquait une pièce au puzzle, ou bien un chiffre à l’équation. Et ça le dérangeait, tout à coup, cette impression qu’elle ne lui disait pas tout. Sans doute était-il bien mal placé pour s’en plaindre, lui qui faisait tant de secrets sur les évènements de l’an passé, sur Lorelei, sur sa culpabilité et sur toute la répulsion qu’il avait envers les regards empreints de pitié, tant et si bien qu’il avait préféré se taire et faire comme si de rien était que les subir encore. C’était surfait, venant de ceux qu’il ne connaissait pas ou peu, c’était immonde, venant de ceux qui le connaissaient plus que personne. Surtout, c’était inutile : les pardons ne ramenaient personne à la vie.

« On oublie tout et on repart à zéro, d’acc’ ?
Je serais sans doute mal placé pour te juger, concéda-t-il après un silence, sourire en coin. Je te demande pas d’être parfaite et de toujours agir selon de nobles vertus. (il ricana doucement, histoire d’appuyer sur la bêtise de ses mots) Mais, je sais pas. Juste… fais gaffe. J’ai pas envie qu’il t’arrive un sale truc. »

Il renversa sa tête en arrière contre le siège, et son regard se perdit un instant sur le paysage qui défilait, les lumières qui s’allumaient au fur et à mesure que le soir tombait. Il était encore tôt, mais la saison décidait qu’il fasse nuit avant même que les premiers services du soir des restaurants les plus en vogue ne soient entamés. A nouveau, ses yeux, qui avaient retrouvé leur éclat malicieux tantôt disparu, vinrent se poser sur sa camarade. Il était presque quémandeur, comme un enfant en l’attente d’une permission d’adulte pour quelque demande un peu sotte et futile, qui lui tenait pourtant presque à cœur.

«  Tiens, arrête-toi à la boulangerie, là. J’ai les crocs, pas toi ? Je te paie un truc, ça me ruinera pas. »

Lorsque le véhicule se stoppa devant l’entrée, Akainu en sortit, profitant d’être détaché et capable de tous ses mouvements pour remettre sa veste, sans laquelle le froid prenait un malin plaisir à tenter d’outrepasser la barrière de température bien plus élevée que la normale de sa peau. Et puis, il se pencha vers Cerise, par la portière ouverte. Regard pétillant, sourire qui se voulait mi-charmeur mi-amusé, il prit délibérément une voix quelque peu suave, bien qu’elle dénotait quand même de cette espièglerie dont il ne se défaisait que rarement.

«  De quel fameux met désirez-vous donc vous sustenter, demoiselle Martell ? Il osa un clin d’oeil, avant de reprendre. Je peux aussi prendre quelque chose pour le petit frère. Tu n’auras qu’à lui dire que c’est de la part d’un bel inconnu qui t’offre des fleurs et qui voudrait bien obtenir sa bénédiction pour te kidnapper. »

Il n’en pensait pas un mot —tout du moins il n’était clairement pas en train de flirter avec elle— mais c’était sa façon d’être avec les filles qui le lui permettaient. Toujours dans l’ambiguïté, à coups de plaisanteries, déplacées quelquefois sans doute, mais jamais prononcées sur un autre ton que celui de l’humour ou du sarcasme. Une demande, et il arrêtait ; une réponse, et il continuait. C’était ainsi qu’il fonctionnait, et sans doute que cela plaisait bien, puisqu’il n’avait encore fait fuir personne de son entourage.
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MessageSujet: Re: Cerise ; to play make-believe. [Terminé]   Dim 24 Avr - 0:56
to play make-believe
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Le noeud qui la serrait au niveau de la gorge avait presque finit de se défaire, et Cerise commençait enfin à respirer convenablement. Engager pour de bon la discussion avec Akainu lui permettait à la fois de faire redescendre la tension que la mission avait considérablement fait monter, mais cela lui évitait également de ressasser encore et encore les mauvais souvenirs et les idées noires qui -même si elle n’y pensait pas- étaient toujours là quelque part, planqués sous le tapis dans un coin de son esprit, et menaçaient de jaillir au moindre silence.

▬ Je serais sans doute mal placé pour te juger. – Cerise haussa un sourcil en tournant le regard vers lui, un peu dans l’attente d’une explication qui ne vint pas ; elle le laissa enchaîner. Je te demande pas d’être parfaite et de toujours agir selon de nobles vertus. Mais, je sais pas. Juste… fais gaffe. J’ai pas envie qu’il t’arrive un sale truc.

Deux secondes s’écoulèrent avant qu’un soupir amusé ne s’échappe d’entre ses lèvres qui s’étirèrent en un sourire à la fois un peu moqueur, mais aussi un peu touché. Il ne pouvait pas s’en empêcher, pas vrai ?

▬ T’inquiète pas Maman, je ferais attention, lâcha-t-elle dans un ricanement en lâchant le volant d’une main pour aller donner un petit coup de poing affectif sur l’épaule du rouquin. Mais t’as intérêt à ce que ce soit réciproque, elle ajouta avec un de ces petits sourires suffisants qu’elle arborait quand elle se voulait moqueuse sans être méchante.

À l’ouest, le soleil était déjà presque couché, ses rayons baignant le ciel d’une lueur orangée, tandis que l’autre côté du ciel arborait déjà l’indigo de la nuit. D’un bref coup d’oeil à la montre discrète qui trônait à son poignet, Cerise réalisa qu’il était pourtant encore assez tôt – pas encore dix-neuf heures. S’ils roulaient aussi bien jusqu’au port où les attendaient les passeurs d’Avalon qui transportaient les membres d’une région à l’autre par la voie des mers, peut-être bien qu’ils arriveraient plus tôt que prévu au QG. Elle n’était pas déçue de voir la fin de la mission pointer le bout de son nez, au contraire. Son estomac commençait à crier famine, son mal de tête -quoique qu’un peu atténué par l’air frais et la cigarette- continuait de la lancer, et elle n’avait qu’une envie : prendre un bain –brûlant si possible– et s’enterrer sous une montagne de couverture jusqu’au matin. Heureusement, elle avait réservé une chambre au QG –elle y avait d’ailleurs laissé Mika en arrivant tôt le matin– et elle n’aurait pas à se taper en plus la route jusqu’à Floraville pour pouvoir se reposer ; elle faisait ça régulièrement quand ses missions l’emmenaient trop loin de chez elle.

La voix d’Akainu résonna dans l’habitacle, et machinalement elle tourna la tête vers la boulangerie qu’il lui désignait. Devant son air qui lui rappelait terriblement Mika quand celui-ci avait repéré un beau jouet au magasin et qu’il lui faisait les yeux doux pour qu’elle cède à sa demande, elle échappa un petit ricanement accompagné d’un petit hochement de tête, avant de tourner le volant pour sortir de la route et garer la voiture devant le commerce dont s’échappait une odeur -atrocement- délicieuse. Elle serra le frein à main tandis qu’Akainu sortait déjà de la voiture, et elle défit sa ceinture pour se mettre un peu plus à l’aise le temps qu’il achète ce qu’il voulait. Mais en relevant la tête, son regard croisa celui de son ami, penché vers elle à travers la portière ouverte, et qui affichait une expression presque…charmeuse ? Cerise haussa un sourcil, un air blasé sur le visage –qui se changea néanmoins bien vite en amusement alors qu’Akainu se proposait à lui payer à manger, tel le plus généreux de tous les gentlemen. Ahem.

▬ Tu rigoles ? Si je lui dis ça il aura vite fait m’enfermer dans ma chambre, ironisa-t-elle – Mika pouvait se montrer très possessif avec elle, notamment vis à vis d’autres membres de la gente masculine. Si tu peux me prendre un truc salé ça serait super, merci. Et n’importe quoi pour Mika tant qu’il y a du chocolat et pas trop de risque qu’il s’en foute partout.

La tête penchée, elle l’observa se diriger vers la boulangerie.
Et dès qu’il fut hors de son champ de vision, elle sentit un frisson le long de ses bras qui lui fit serrer les dents et crisper les muscles. Un instant de silence, seule avec elle-même, et son rire retentissait déjà au fond de sa tête. Ça n’allait pas partir en un claquement de doigt hein ?
Rapidement, elle sortit à son tour du véhicule et le verrouilla après avoir claqué la portière, son sac dans un bras et sa veste en cuir sur le dos, et entra à son tour dans la boutique. La chaleur douce qui régnait à l’intérieur vint lui picoter le visage et les mains, et elle s’approcha discrètement du comptoir, les mains dans le dos, pour regarder ce qu’avait choisit Akainu par dessus son épaule.

▬ Oh nickel, c’est pile ce que je préfère, remarqua-t-elle. T’as bon goût, c’est bien !

Leurs achats faits, ils quittèrent la boutique en saluant la vendeuse, et Cerise mordit avidement dans la ficelle aux olives qu’Akainu venait de lui tendre.

▬ Rappelle-moi de t’inviter la prochaine fois, j’ai l’impression d’avoir fait que de manger à tes frais aujourd’hui ! Elle lança alors qu’ils regagnaient la voiture.
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MessageSujet: Re: Cerise ; to play make-believe. [Terminé]   Dim 24 Avr - 15:46
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Maman. Il avait grimacé, bien que ses yeux pétillaient de malice. Touché ; il savait bien qu’il en faisait trop, mais c’était parce que ça la concernait, elle. Il protégeait toujours ses collègues, ses amis, il avait un sens du sacrifice sans doute un peu trop marqué de temps à autres, mais finalement, il n’était plus très certain que sa tendance exagérée à la sur-protection lorsqu’il s’agissait de Cerise ne soit pas depuis longtemps démasquée par la principale intéressée, qui se tenait à côté de lui et se permettait le loisir d’un petit coup dans l’épaule. Détail qui fit que l’hilarité l’emporta sur les doutes du Pyroli, et il rétorqua à ses mots par un simple froncement de nez, qui n’eut pour effet que d’accentuer les ombres de ses quelques infimes tâches de rousseur —lui donnant du même coup l’air d’un gamin espiègle, ce qu’il n’était au fond pas très loin d’être, lorsqu’on le connaissait bien.

Au moins, ses petits airs d’enfant avaient eu raison de Cerise, qui s’était garée sur le parking de la boulangerie, d’où s’échappaient de délicieuses odeurs de pain encore chaud, et elle était maintenant occupée à passer sa commande auprès d’Akainu. Il prenait soigneusement note, dans un coin de son esprit, sans se défaire de son sourire malicieux et de l’envie de glisser une énième remarque, dont il s’abstint pourtant. En un sens, peut-être qu’il pouvait comprendre le jeune frangin de Cerise… Celui qui désirerait faire de sa soeur une femme aurait tout intérêt à être préparé ; elle était entourée de trois frères, certainement pas décidés à la céder au premier venu. Les ruses des hommes, leurs regards, leurs victoires, ils les connaissaient par coeur. C’était leur devoir d’en protéger Atsue, qu’aucun de ces types ne fasse jamais ployer la douce Nymphali sous les larmes. Alors, oui, il comprenait que le petit fut déjà bien peu décidé à laisser la Feuforêve lui filer entre les doigts —il était un bon frère, en somme, malgré son si jeune âge.

« Si tu peux me prendre un truc salé ça serait super, merci. Et n’importe quoi pour Mika tant qu’il y a du chocolat et pas trop de risque qu’il s’en foute partout.
Vos désirs sont des ordres, demoiselle Martell, lâcha-t-il en s’inclinant, les épaules secouées d’un rire qu’il ne retenait pas —c’était tellement bon d’oublier les risques qu’ils avaient pris, la tension qui été montée entre eux un peu plus tôt. »

Il s’éclipsa à l’intérieur sans rien ajouter, et la chaleur ambiante de l’espace réchauffé par les fours à l’arrière eut tôt fait de l’embrasser, se mêlant aux effluves mi-sucrées, mi-salées et définitivement horriblement alléchantes qui flottaient dans l’air. Son regard coula lentement sur les viennoiseries alors qu’il approchait du comptoir sans trop se presser, puisqu’il y avait devant lui une femme occupée à compter sa monnaie. Elle ne mit cependant qu’un instant, et il s’avança alors qu’elle sortait dans l’air frais de la soirée. Les portes automatiques qui s’ouvrirent une seconde du côté de l’entrée suffirent à ce que le froid vienne lui chatouiller la nuque, mais il n’en tint pas compte, tout entier à sa commande —une ficelle aux olives, un pain aux baies Resin, le trio terminé par une chocolatine.

« Oh nickel, c’est pile ce que je préfère, retentit tout à coup une voix dans son dos, qui le fit sursauter —non, il ne s’y était pas attendu. T’as bon goût, c’est bien !
On a qu’à dire que c’est l’instinct. J’aime pas vraiment les olives, de mon côté. Mais une femme raffinée telle que toi... »

Il s’était fendu un énième sourire en baissant le ton, quand bien même la vendeuse, si elle entendait leur échange, n’en montra rien —à travailler ici, elle devait en avoir entendus, et des pires que celui-ci. Il confia la monnaie à la caissière, récupéra le sachet de papier, et ils s’en retournèrent tous les deux dans la nuit qui tombait peu à peu, après un remerciement et une salutation. Akainu jeta un regard au ciel, dont les premières étoiles étaient camouflées par les milles réverbères un peu trop lumineux à son goût, et puis il s’en détacha pour tendre à Cerise son bien, tandis que lui même arrachait un bout de son pain aux baies pour y mordre —avec pas peu de satisfaction, il devait l’admettre.

« Rappelle-moi de t’inviter la prochaine fois, j’ai l’impression d’avoir fait que de manger à tes frais aujourd’hui !
Tu te rattraperas en m'offrant des pourboires, quand je serai serveur, rétorqua-t-il aussitôt, sans trop que l’on puisse deviner s’il était sérieux ou s’il se moquait encore. »

Cerise déverrouilla la voiture et, plutôt que de la contourner pour rejoindre son propre siège, Akainu resta là, du côté de la portière de sa collègue, positionné de telle sorte qu’elle ne puisse la refermer sans lui avoir d’abord fait face. Son sourire avait fini par s’effacer, et c’était à présent un air sérieux, inquiet qu’il affichait. La question qui lui brûlait les lèvres depuis qu’ils étaient passés par l’étape des excuses ne désirait plus demeurer silencieuse ; il cédait. Il voulait savoir, même s’il devinait sans peine que ce devait être l’une de ces choses douloureuses, que l’on refuse de dire parce qu’elles font déjà si mal à l’état de secret flou que les énoncer à voix haute les rendrait trop réelles, trop tangibles pour être supportables. Lui-même taisait tant cette chose douloureuse qui dormait au fond de lui, et s’éveillait dans les pires situations —lorsqu’il était armé, face à deux désarmés de Chronos, par exemple— qu’il ne pouvait juger les silences d’autrui. Un frisson remonta le long de sa colonne vertébrale et, un instant, il songea à se taire. Il ne le fit pas.

«  Tout à l’heure, tu as dit que… t’avais peut-être pas été aussi objective que t’aurais dû l’être, avec ces types, dans le café. Pourquoi ? Qu’est-ce qui t'en a empêchée ? »

Sa voix était basse, c’était presque un souffle, comme une confession, un aveu qui n’appartenait à personne d’autre qu’à eux d’eux. Il n’était pas certain d’être en droit de demander, encore moins d’être en droit de savoir —qu’était-il après tout, sinon un gamin un peu trop impulsif et passionné ?— et pourtant il avait osé. Demander, outrepasser les barrières des douleurs qui ne demandaient qu’à être tues. Et il s’en voulait, un peu. Non, il n’avait pas le droit, et il le savait. Pourtant, il venait quand même de le faire.
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MessageSujet: Re: Cerise ; to play make-believe. [Terminé]   Lun 25 Avr - 2:43
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▬ Tu te rattraperas en m'offrant des pourboires, quand je serai serveur !

▬ Haha, vendu !

Il y avait l’odeur réconfortante du pain à peine sortit du four et la chaleur qui se diffusait à travers le sac en papier et rendait à ses doigts engourdis par le froid un peu plus de mobilité. Il y avait le sourire au bout de ses lèvres et le poids de la tension de tout à l’heure qui s’envolait petit à petit et soulageait ses épaules.
Cerise ouvrit la portière côté conducteur pour s’y installer, prête à reprendre la route, mais en se tournant pour s’asseoir et fermer la portière, son regard attrapa au vol celui d’Akainu et son coeur loupa un battement à la vue de sa mine devenue si sérieuse subitement.
Elle fronça les sourcils, soucieuse.
Que lui arrivait-il ?

Et il posa sa question, qui de toute évidence lui avait brûlé la langue depuis tout à l’heure. Et cette fois, Cerise sentit son coeur s’emballer douloureusement alors que son visage déconfit perdait des couleurs à vue d’oeil. Sa main toujours posée sur la portière se crispa sans qu’elle prenne la peine de le dissimuler, et elle planta son regard dans celui d’Akainu. Qu’elle y décerne la moindre once de curiosité banale et malsaine et il pouvait faire une croix sur les révélations. Mais force était de constater qu’à part de l’inquiétude, de la douleur et de la détermination, il n’y avait rien dans les yeux d’ambres du jeune homme qui la dissuadait catégoriquement à parler à coeur ouvert.
Cerise échappa un soupir tremblant qui secoua ses épaules, et elle sentit le besoin urgent de s’asseoir au plus vite, sinon quoi elle ne garantissait pas que ses jambes allaient la supporter sans défaillir encore longtemps.

▬ Monte, lui ordonna-t-elle presque dans un souffle avant de s’asseoir sur son siège.

Elle attendit qu’il s’installe à son tour, puis elle fit remonter les verrous des portières. C’était futile au fond, mais elle avait l’impression que rien de ce qu’elle s’apprêtait à dire n’allait fuiter de l’habitacle si elle en verrouillait l’accès.
Elle avait la tête renversée en arrière contre l’appuie-tête et les yeux fixés sur un point imaginaire au niveau du toit de la voiture. Eviter le regard du pyroli lui permettait de se concentrer sur chacune de ses réactions, pour ne pas laisser les émotions prendre le dessus, pour garder son self-control intact.
Mais les tremblements dans son souffle ne trompaient personne, et encore moins Akainu.

▬ J’avais un frère jumeau avant, Saul. –c’était toujours aussi douloureux de prononcer son nom à voix haute malgré tout ce temps–  On habitait Unionpolis quand j’avais quinze ans parce que j’étudiais dans une école de médecine à l’époque.

Elle eut un ricanement amer ; elle en avait presque oublié sa toute première vocation de médecin. Elle y serait sûrement parvenue si les choses s’étaient déroulées autrement pourtant. Elle fronça les sourcils et secoua imperceptiblement la tête pour se sortir cette idée du crâne. C’était malsain de penser avec des « si ». C’était vain également.

▬ Un soir en rentrant de l’école, une bande de mecs nous est tombée dessus. Je sais pas, nos têtes devaient pas leur revenir, ils étaient peut-être frustrés que j’ai pu entrer dans cette école avant tout le monde, j’en sais rien du tout. Mais ils lui ont si bien tapé dessus qu’il est mort après une semaine de coma.

Cerise n’aimait pas tourner autour du pot. Elle considérait que les choses difficiles à avouer, c’était comme retirer un pansement. Valait mieux y aller vite et d’un coup sec plutôt que de prendre des pincettes.
Sa main se crispa un peu plus sur l’accoudoir, et elle sentait ses yeux la piquer à force de fixer le plafond sans jamais ciller.

▬ Il faisait noir, et tout était allé trop vite pour que je puisse en reconnaitre un seul quand c’est arrivé. Mais si y’a une chose, une seule, dont je me rappelle clairement, c’est la voix du fils de pute qui m’avait coincée contre le mur pour m’empêcher de faire quoique ce soit.

Chaque mot, chaque syllabe qu’il lui avait murmuré à l’oreille ; elle se rappelait de tout. De ce qu’il pensait de leur condition d’hybride, de ce qu’il était bien content qu’il leur soit tombé dessus ce soir là, et surtout de ce qu’il avait juré de lui faire une fois qu’ils en aurait fini avec Saul. Ce n’était plus seulement la peine ou la tristesse qui vibrait dans la gorge de Cerise ; c’était aussi la rage, la haine, la confusion, le chagrin, et tout se mélangeait dans un maelström qui lui écorchait la voix à chaque fois qu’elle ouvrait la bouche.

▬ C’est sa voix que j’ai entendu au café tout à l’heure.

Elle avait toujours cru qu’en quittant le reste de la famille pour traquer les agresseurs, son père était parvenu à tous les faire payer pour ce qu’ils avait fait à sa progéniture. Réaliser qu’au moins un d’entre eux y avait réchappé lui donnait la nausée. Et s’il n’y en avait pas qu’un ? Ses souvenirs confus d’adolescente ne lui donnait aucun indice sur leur nombre ; ils aurait pu être cinq, dix, vingt. Comment savoir combien avaient véritablement payé ?
Ça la déchirait de ne pas pouvoir répondre à ces questions.

▬ J’ai pas juste perdu Saul cette nuit-là, reprit-elle d’une voix qui ressemblait plus à un murmure. C’est tout ma famille qui a volé en éclat quand mon frère est mort.

Le divorce de ses parents. Le départ de l’un et la dépression de l’autre. Le remariage de sa mère. La naissance de Mika.
Mika. Dans tout ce bordel sans nom, s’il y avait bien une seule bonne chose qui en était ressortie, c’était lui. Si Mika n’avait pas été là pour lui servir de point d’ancrage, elle se serait laissée couler depuis longtemps déjà.

Cerise ferma les paupières sur ses yeux rougis et prit une grande inspiration pour calmer un tant soit peu son rythme cardiaque qui résonnait trop fort dans sa poitrine. Pas de larme, pas de sanglot. Elle avait réussit à se maîtriser, à tout garder à l’intérieur. Et comme à chaque fois, elle évacuerait tout quand elle se retrouvera seule –pas par gêne ou manque de confiance, mais parce qu’elle avait toujours procédé ainsi.

Lentement, elle tourna la tête vers son ami, les traits fatigués. Confier son passé à quelqu’un aussi sincèrement, elle ne avait encore jamais fait, et putain, ça lui avait demandé bien plus d’énergie qu’elle ne l’aurait songé.
Elle laissa quelques secondes s’écouler dans le silence avant de planter son regard dans les yeux d’Akainu.

▬ À ton tour.
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MessageSujet: Re: Cerise ; to play make-believe. [Terminé]   Lun 25 Avr - 7:22
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Un instant, il avait cru qu’elle le remballerait. Qu’elle lui rirait au nez, et l’enverrait sur les roses, lui cracherait que ça ne le concernait pas. Oh, oui, il était même certain du déroulement de ce scénario, plus encore lorsque, même dans l’obscurité tombante, il la vit pâlir et crisper ses doigts sur la portière. Il n’aurait pas dû demander, il le savait, il n’aurait pas dû. Pourtant, il n’arrivait pas tout à fait à regretter de l’avoir fait. Aussi, il soutint le regard que Cerise posa sur lui, ses deux prunelles qui paissaient le sonder, avec un mélange d’émotions qu’il ne parvenait pas à décrypter. Souvent, la Feuforêve était une énigme pour Akainu, et c’était d’autant plus vrai qu’à l’instant précis, lui-même avait l’impression d’être un livre ouvert alors qu’il ne saisissait rien des éclats dans les iris de la mannequin. Il aurait pu revenir sur ses paroles, lui dire qu’elle n’était pas obligée de répondre ; mais il savait que, si elle n’en avait pas envie, elle ne le ferait de toute façon pas. C’était, surtout, la manière dont elle lui jetterait son refus à la figure qui l’inquiétait —et Arceus sait qu’au fond, quand ça le concernait lui et seulement lui, il ne s’inquiétait que de bien peu de choses, un peu trop confiant certainement qu'il était.

« Monte. »

Il frissonna, bien malgré lui. Il ne savait pas tout à fait ce que cela signifiait, si elle comptait lui parler, ou si c’était là sa façon de lui claquer la porte des confidences au nez. Pourtant, il n’insista pas ; il n’esquissa qu’un geste de recul afin de libérer la portière, et puis s’en retourna de son propre côté, où il s’installa sans prononcer le moindre des mots. Le sachet qui embaumait la douce odeur de viennoiseries, il le posa sur la boîte à gants, renonçant pour le moment à son pain aux baies qu’il n’était de toute façon pas certain d’être capable d’avaler à l’heure actuelle. Il y avait un silence à la limite du pesant, et l’atmosphère lourde qui régnait à l’intérieur de l’habitacle lui nouait un noeud dans la gorge, sans qu’il ne soit trop capable d’en deviner l’origine. L’angoisse, l’appréhension, tout du moins quelque chose qui y était semblable ; il n’aimait pas ça, cette impression que les choses lui échappaient, ne dépendaient pas de lui, que c’était inéluctable et que même lui n’y pouvait rien.
Il réalisa, à l’instant précis où il comprit ; le silence s’éternisait de trop, son regard ambré était soigneusement évité, elle ne s’était pas rattachée. Au fond de lui, il le su, comme on sait que le jour se lèvera demain, ou que les dernières neiges fondront sous les premiers rayons de soleil : elle allait parler. Et, finalement, c’était peut-être au moins tout aussi oppressant que l’ignorance qu’il côtoyait jusqu’alors.

« J’avais un frère jumeau avant, Saul. (il eut, une seconde, comme la sensation que son souffle se coupait ; il n’osa plus un seul mouvement, comme si tout pouvait la couper dans son récit et faire qu’elle n’en reprenne jamais le fil) On habitait Unionpolis quand j’avais quinze ans parce que j’étudiais dans une école de médecine à l’époque. »

Il haussa un sourcil, stupéfait ; quinze ans, études de médecine ? Dans d’autres circonstances, sans doute aurait-il laissé échapper un sifflement admiratif. Mais la gravité de la situation l’empêcha d’avoir une réaction si frivole, si désinvolte. Pour autant, une part de lui prenait conscience qu’il ne savait véritablement rien d’elle, du moins rien d’autre que les banalités du quotidien, mais pas ce qu’elle était, ce qu’elle aimait. Il cilla ; médecine, hein ? L’idée était venu le frapper, aussi sûrement que les coups qu’il avait pris en plein visage, lors de sa dernière mission : elle n’était pas Lorelei. A vrai dire, il était incapable de savoir si ça le rassurait, ou si ça l’inquiétait de voir tout à coup le fantôme s’effriter entre Cerise et lui. Qu’importe.

« Un soir en rentrant de l’école, une bande de mecs nous est tombée dessus. Je sais pas, nos têtes devaient pas leur revenir, ils étaient peut-être frustrés que j’ai pu entrer dans cette école avant tout le monde, j’en sais rien du tout. Mais ils lui ont si bien tapé dessus qu’il est mort après une semaine de coma. »

Cette fois-ci, il fut secoué d’un long frisson, qu’il tâcha de réprimer du mieux qu’il pu, mais sans grande réussite. Son frère était mort. Apprendre ça, à brûle-pourpoint, alors qu’il ignorait encore ne serait-ce que l'endroit où qu’elle avait vécu jusqu’à ce qu’elle ne le lui dise, quelques secondes auparavant, ça lui laissait un mauvais goût dans la bouche, brûlant et amer, semblable à la bile et tout aussi douloureuse dans sa gorge.
Il éprouvait tout à coup une haine profonde envers ces types, qui s’en étaient pris à deux gosses qui n’avaient rien demandé, qui ne leur avaient rien fait ; ces types qui avaient réduit à néant des années de bonheur, d’habitudes et de promesses d’avenir, en une soirée, en quelques jours, quelques heures. Il le savait, pourtant : ça se jouait à peu, ça se jouait à rien, mais ce que l’on misait sur le tapis velouté de ce jeu malsain coûtait toujours bien trop cher à perdre. Pire encore était le prix à payer lorsque l’on n’avait pas signé d’accord, lorsque l’on n’avait même pas connaissance de ce que l’on risquait. Il les maudissait, ces fils de putes qui ne paieraient jamais suffisamment cher pour laver leurs mains du sang qui avait coulé —la mort même était encore un châtiment bien trop doux pour qui ôtait la vie, pour qui se croyait permis de la réduire en cendres entre ses doigts, aussi simplement que l’on écrase une cigarette contre un mur lorsque vient l’heure de l’éteindre.

« Il faisait noir, et tout était allé trop vite pour que je puisse en reconnaitre un seul quand c’est arrivé. Mais si y’a une chose, une seule, dont je me rappelle clairement, c’est la voix du fils de pute qui m’avait coincée contre le mur pour m’empêcher de faire quoique ce soit. C’est sa voix que j’ai entendu au café tout à l’heure. »

Il comprenait, tout à coup ; il comprenait même un peu trop bien. Lui savait qu’il ne verrait ni n’entendrait plus jamais celui qui l’avait privé du meilleur de lui-même, puisque le Pyroli, ce jour-là, n’avait renoncé ni à la haine, ni à la vengeance, et s’était fait justice soi-même, à l’encontre des ordres et de la sécurité de ceux qui l’entouraient. Il l’avait vengée, celle qu’on lui avait arrachée, alors qu’elle était la personne avec la volonté de vivre la plus prononcée qu’il eut jamais connue, celle qui croyait en demain, celle qui, aussi, croyait aux secondes chances. Lui n’en avait pas laissée une, de seconde chance, à celui qui l’avait privé de s’endormir et s’éveiller encore en tenant la Ponyta bien vivante entre ses bras, comme il le faisait depuis longtemps déjà, lorsque tout s’était écroulé. Cet enfoiré non plus, n’avait plus jamais vu le soleil éclairer le monde.

« J’ai pas juste perdu Saul cette nuit-là. C’est tout ma famille qui a volé en éclat quand mon frère est mort. »

Il ferma les yeux, un instant, rien que le temps d’inspirer profondément, d’assimiler tout ce qu’elle venait de lui dire. C’était si douloureux, d’entendre les tremblements de sa voix, sa douleur, sa détresse, et la colère sourde qui grondait en elle —qui gronderait certainement toujours, même lorsque le temps se serait chargé de la transformer en simple habitude. Lentement, après une brève hésitation qu’il choisit de ne pas écouter, il vint saisir la main de la Feuforêve dans la sienne, avec tant de douceur que s’en était touchant, tant de force en même temps que c’en était poignant. Peut-être que, quelque part, il espérait que la chaleur qui émanait de lui suffirait à calmer les tremblements de sa camarade, à l’apaiser quelque peu ? Il n’en savait trop rien ; il serrait tout de même les doigts de la jeune femme entre les siens, comme si c’était naturel. Pourtant, la dernière main qu’il avait tenue avec tant de tendresse et de rage mêlées, c’était celle de Lorelei.

Le regard qu’il posa sur Cerise n’était certainement pas celui auquel on aurait pu s’attendre ; on avait l’habitude des âmes prises de pitié pour ceux qui avaient perdu un bout d’eux-mêmes dans des circonstances plus ou moins tragiques —se voir retirer ce que l’on avait de plus cher l’était, tragique—, on avait l’habitude des phrases toutes faites, des excuses, des condoléances. Rien de tout ça, venant d’Akainu ; il avait méprisé les visages tristes à en mourir sur son passage, les yeux emplis d’un trop-plein d’une compassion trop débordante pour être totalement sincère, les mots que tout le monde disait sans être certains de les penser, si bien et si fort qu’il ne se risquerait jamais à se plier à ces réactions qu’il détestait. Dans ses ambres, rien qu’un éclat qui signifiait qu’il savait, qu’il pouvait comprendre, avec toute l’empathie dont il était capable ; un éclat qui signifiait qu’il était là, aussi, même si elle l’oublierait peut-être —il ne savait pas. Il était là, et il savait ce que c’était que d’avoir le coeur déchiré, que de tenter de le recoudre et de le réparer, à coups de rires et de bons moments, qui pourtant ne changeaient jamais la donne.
Il avait voulu croire que l’amour suffisait à guérir de tout, même de la mort. Il s’était illusionné si fort qu’il s’était fait bien plus de mal encore, et pour quoi au bout du compte ? Comprendre que de l’autre côté, on n’en revenait pas. Sortir de la phase de déni avait sans doute été le plus difficile dans son deuil, qu’il n’était pas certain d’avoir véritablement achevé —acceptait-on jamais vraiment d’avoir perdu ce qui comptait tant ?

« À ton tour. »

A nouveau, il sourcilla. Il ne s’y était pas attendu, au retour de balle. Il s’était si peu imaginé qu’elle puisse lui poser la question qu’il lui fallut de bien longues secondes pour comprendre, pour réaliser. Elle le lui demandait, vraiment. Ce fut comme un coup en plein estomac, qui le laissa à bout de souffle alors même qu’il n’avait pas bougé. Et, pourtant, même là, mis face à ce qu’il avait soigneusement évité, soigneusement tu pendant toute une année, il trouva la force de sourire —c’était plus qu’un rictus déformé par la douleur qu’un véritable sourire, mais n’importe quoi qui, à l’heure actuelle, pouvait s’en rapprocher, avait quelque chose de rassurant. C’était sa façon d’être : toujours, il saisissait l’occasion de rire, même lorsque pourtant, la vie lui intimait l’ordre de pleurer. Il effaçait les maux sous une tonne de plaisanteries, de sarcasmes et de dérisions —c’est toujours plus facile de dire que l’on est heureux que d’expliquer pourquoi on a mal. Mais Cerise venait de faire tomber les barrières qu’il avait érigées tout autour de son cœur, à force de détermination, de volonté, et de douleur —de beaucoup de douleur. Sa faute, son erreur ; cette fois-ci, il ne pouvait pas y échapper.

« C’est si facilement grillé, que j’ai un truc à cacher ? lança-t-il à voix basse, tentant de ricaner, alors même que ça sonnait si faux qu’il cessa aussitôt. »

Il n’était pas certain d’en être capable, pas sans s’écrouler, pas sans faillir ; il n’en avait jamais vraiment parlé, pas même à sa propre famille. Le secret était lourd à porter, mais tant qu’il ne le prononçait pas à voir haute, il pouvait encore se dire que tout n’était qu’un rêve, qu’une supercherie. Qui s’éternisait un peu trop, certes, mais qui n’était pas si vrai. Pourtant, il refusait de se défiler ; elle avait mis son cœur à nu alors que rien ne l’y forçait, et lui savait qu’il pouvait lui faire confiance. Rien de ce qu’ils diraient ne sortirait d’ici.

« Quand j’ai débarqué à Avalon y’a trois ans, j'étais jeune, alors on m’a refilé à une ancienne, une sorte de tutrice. Lorelei. (sa voix manqua déjà s’étrangler ; ça faisait si mal de prononcer son nom à voix haute, alors qu’il ne l’avait plus fait depuis ses funérailles.) L’histoire veut que l’on ait fini par vivre une petite idylle, j’avais seize piges et j’étais heureux, en somme. Juste une amourette, peut-être. Je sais pas, je m’en foutais. Ça durait. Je l’aimais. »

Cette fois, sa voix se brisa, se fit plus rauque. Il l’aimait. Tout le monde le savait, à l’époque : ils ne s’étaient jamais cachés, ça n’était un secret pour personne, et l’on savait qu’il valait mieux ne pas approcher sa compagne de trop près. On savait la tendance possessive d’Akainu, et elle était plus vraie encore lorsqu’il s’agissait de la Ponyta. Il l’aimait, de l’amour fou qu’ont les adolescents pour leurs premières histoires, avec tous les promesses, tous les chahuts, toutes les futiles disputes qu’elles engendrent. Une part de lui n’avait jamais pu s’empêcher de la mépriser, cette hybride aux yeux d’acier et aux paroles tranchantes, mais il l’aimait, et rien n’aurait jamais su changer cette version-là de l’histoire.

« Y’a un an… Je sais pas si t’étais déjà là. Tu venais peut-être tout juste d’arriver, ou alors juste après. J’étais en mission avec elle et d’autres. Pas trop loin d’Unys, on savait qu’on aurait affaire à des types de Chronos. On était préparés —aussi bien qu’on peut l’être quand on file droit à l’abattoir, ajouta-t-il, d’un ton plus acerbe qu’il ne l’aurait voulu. On s’était engueulés, quelques semaines avant, sur des histoires de savoir qui des hybrides ou des humains avaient la plus grande populace en bourreaux et criminels. J’étais con et utopiste, à l’époque. »

Il siffla entre ses dents, et ses doigts serrèrent un peu plus fort ceux de Cerise entre les siens, sans trop qu’il n’y prenne garde. Il réalisa, baissa les yeux sur leurs mains liées —puisqu’il évitait méticuleusement son regard, comme elle un peu plus tôt—, et défit presque aussitôt sa prise, sans pour autant la libérer totalement —tenir sa main, la toucher, c’était comme se garantir un pilier, un soutient, de quoi ne pas s’effondrer ; pas tout de suite, en tout cas.

« On a dû se battre. Et ils l’ont tuée, lâcha-t-il enfin, après un long silence, la voix réduite à l’état de souffle pour qu’elle ne tremble ni ne se brise plus encore qu’elle ne l’était déjà ; c’était si douloureux de l’admettre enfin. J'ai rien pu faire pour la sauver. Mais j’ai pas non plus laissé à cette enflure l’occasion d’ôter la vie à qui que ce soit d’autre. Maintenant il pourrit six pieds sous terre, et c’est encore trop peu cher payé. »

Il grondait, le ton tout à la fois haineux, hargneux et déchirant ; il l’avait tué une fois, mais s’il avait été capable de le ramener à la vie pour recommencer, il l’aurait fait, encore et encore, un millier de fois au moins, de mille façons différentes, toujours plus lentes, plus douloureuses les unes que les autres, et jusqu’à être lassé de lire la souffrance dans les yeux de ce type. Faire couler le sang le répugnait ; pas quand il s’agissait d’une justice qui ne serait pas rendue s’il ne s’en chargeait pas lui-même.

« Y’a rien qui a volé en éclats, après ça. Juste… moi, et moi seul. J’étais le seul capable de la supporter plus d’une demi-journée, il paraît, glissa-t-il en un rire douloureux et empli d’une nostalgie bouleversante. Et tu… lui ressembles. Dans ta façon d’être. (il releva les yeux vers Cerise, l’air tout à coup mal à l’aise, pourtant un peu rêveur, plongé dans les souvenirs qu'il avait d'elle) Elle était… piquante, sarcastique et railleuse. Déterminée, un peu téméraire. Et surtout indomptable et indomptée. Même moi, je n’ai jamais eu la prétention d’affirmer que j’avais réussi à emprisonner son cœur d’oiseau. »

Son cœur d’oiseau, fragile et pourtant si fort, dont il s’était saisi d’une poigne aussi délicate qu’hésitante, et dont il avait pris le plus grand des soins. Il était certain de l’avoir écorché, quelquefois, mais il était plus sûr encore de l’avoir soigné à coups de mots brûlants et de nuits d’amour passionnées.
Il inspira, profondément. Il lui restait une dernière chose à dire, mais cette fois-ci il n’était pas certain des conséquences que l’aveu aurait. Il s’était évertué à le camoufler, tant qu’il pouvait, et pourtant en ces circonstances, il décidait d’abattre cartes sur table. Peu importe, au point où ils en étaient maintenant.

« Parfois, je me dis que… s’il t’arrivait quelque chose, ce serait comme… la laisser mourir, une deuxième fois. (il déglutit, avec toute la difficulté du monde.) Je suis désolé. »

De quoi s’excusait-il ? Etait-il désolé qu’elle ait souffert, qu’elle ait perdu son frère ? Désolé de s’épancher ainsi, alors qu’il n’était pas certain de pouvoir, alors même que c’était elle qui l’y avait incité ? Désolé de n’avoir pas été capable de l’approcher autrement qu’en voyant en elle le reflet de celle qui n’était plus ? Lui-même était incapable de le dire avec la moindre des certitudes.
© ASHLING DE LIBRE GRAPH'




Akainu se moque en #AA8A75
Tell me : would you kill to save a life ? Tell me : would you kill to prove you're right ?



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